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LEGEAY (Jean), architecte, peintre et dessinateur

Le Geay, qu’on appelle aussi Lejai ou Léger, mais à tort, jouissait d’une grande réputation vers le milieu du xvm* siècle; cette réputation arriva jusqu’il Berlin, et, en l'.'it, il y fut appelé et devint architecte du roi. « Il y fit , dit Nagler, plusieurs plans que l’on trouva tout à fait beaux , et les Allemands reconnurent alors aux Français l'honneur d’avoir produit un des plus grands architectes du temps. » Le Geay a peu bâti , mais il a fait un grand nombre de dessins et de plans, dont quelques-uns ont été suivis dans les bâtiments élevés à Potsdam par Frédéric ; entre autres , il a fait les plans, d’après les idées mêmes du roi , et dirigé l’exécution des travaux du nouveau château près de Sans-Souci J. Il donna aussi les plans du nouveau palais de Potsdam , ou palais de marbre , commencé en 1703 , et qui ne fut fini qu’en 1790, sous la conduite de l’architecte Charles de Gnnlard né en 1738 à Manheiin, mort en 1802, et qui était venu à Paris étudier sous Blondel. Le Geay a construit à Berlin l’église catholique, dont il a gravé lui-même le dessin en une feuille, et encore en trois feuilles in-folio *; cette église a été aussi gravée par Schleuen, P. Haas et Frosbergen. C’est un édifice circulaire, à coupole surbaissée et surmontée d’une lanterne; le porche est formé par six colonnes ioniques , supportant un fronton orné d’un bas-relief et de statues aux angles. Le style général et l’ornementation de l’édifice , le maître-autel, et les peintures de la coupole , sont dans le goût français de l’époque.

En 1763, Le Geay quitta la Prusse, à la suite d’une violente querelle avec le roi au sujet du nouveau Sans-Souci, le Geay avait fait de fort beaux plans pour ce second château, dont le grand commun, fort bel édifice, a été construit sur ses dessins. Mais le roi s’obstinant à ne vouloir d’autre entrée au palais que lu fenêtre du milieu de la

1 Presque tout cct article a été traduit de Nagler.

* Description de Berlin, p. 613 et 527. Yoy. aussi Patte, et l'article BouUe de la Biographie universelle.

3 Guide du voyageur 4 Berlin, 1844, à Berlin, cher Morin, p. 197.

4 L’estampe qui est au cabinet de la Biblioth. impér. ( Topographie . Berlin ), porte une note ms. qui dit que l'église a été bâtie par Le Geay.

PRUSSE

façade, qu’on ouvrirait jusqu’à terre, Le Geay refusa d’exécuter une pareille extravagance, et Frédéric le menaçant de sa canne, il mit la main à la garde de son épée Le Geay se rendit à Schwerin, travailla aussi à Rostock; mais on ignore où et quand il est mort1 * 3. On voit de lui, dans la galerie de Schwerin, deux tableaux sur loilc représentant des sujets d’architecture. (V. p. 48).

137. ADAM (François- Gaspard -Balthfczar), le cadet, sculpteur, né en 1710, à .Nancy, mort a Paris, en 1761. Elève de ses frères.

Le roi de Prusse ayant besoin d’un sculpteur pour les ouvrages dont il voulait décorer les palais et jardins de Potsdam et de Sans- Souci, fit venir Adam à Berlin, en 1748; il y resta jusqu’en 1700, qu’il revint à Paris3. Adam, premier sculpteur du roi de Prusse, a exécuté un Apollon tenant un livre où sont tracés, en lettres d’or, deux vers de Lucrèce ( Te sociam studeo, etc.); cette statue, exécutée à Berlin en 1748, est en marbre. Adam a fait aussi :

Une Flore couchée ; un petit amour badine avec elle et se joue avec des fleurs; groupe fait à Berlin en 1749; le piédestal est d’un beau dessin \

Cléopâtre se faisant piquer le sein par un aspic; un petit amour tâche de l’arrêter; la douleur de Cléopâtre est très-naturellement rendue; faite à Berlin, en 17.70; en marbre.

Le triomphe de Galatée , dans le bassin du milieu du jardin de Sans-Souci. — Lucrèce, la Volupté, dans le salon du milieu de ce château s.

Le Feu; groupe représentant Vulcain remettant des armes à Vénus; 1756; en marbre. — La Terre; groupe représentant un roi qui laboure et un enfant; 1758; en marbre. Ces deux groupes sont sur des piédestaux ornés de bas-reliefs ayant rapport aux figures.

1 Frédéric le Grand , etc., ou Mes Souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin, par îhièbault. 5 vol. in-8®, Paris, 1827 ; 1. 1, p. 277.

* Sagler. Il semblerait d’après ThiébauU qu’il est revenu végéter et mourir Pans.

3 ï 4 ariette y Abecedario, 1. 1, p. 9.

* C’est derrière le piédestal de cette statue que Frédéric faisait enterrer ses chiens. Chacun est recouvert d’une pierre sur laquelle est gravé son nom. La chienne Byges, peinte par Pesiie, est enterrée la première. ( Matth . Œs 1er reich.)

1 Notes ms-, nu divers plans de Sans Souci, conservés au cabinet des estampes; ( Topographie, Berlin ).

Apollon (1752); — Diane sortant du bain (1753); — Junon (1753); — Jupiter (1754); — Mars en fureur lance un javelot; commencé par Adam et achevé par Sigisbert Michel, à Berlin, en 1701; — Minerve (1760). Ces six statues de marbre, de 8 pieds 2 pouces, sont autour du grand bassin qui est au pied des terrasses du jardin de Sans- Souci,

Le buste du chancelier de Coceeji,

Adam a commencé la statue du maréchal de Schwerin , tué en 1757 ; cette statue a été terminée par Sigisbert Michel. Pendant qu’il était pensionnaire, à Home, Adam avait fait pour le roi de Prusse un Faune qui tient une grappe de raisin; c’est une belle copie d’un antique du Capitole ' .

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