MICHEL (Sigisbert), sculpteur
Sigisbert Michel, succéda en 1764, en qualité de sculpteur du roi , à Adam ; il a achevé la statue de Mars en fureur et celle du maréchal comte de Schwerin.
« En 1770, il quitta [Berlin], dit Matthias OEsterreich , sans qu’on en ait su la raison , et retourna à Paris. » On trouve la raison de sa retraite dans une pièce très-curieuse insérée dans les Archives de l’art français3.
1 Description de Berlin, p. 113 , 321, 608, 519, 520, 521, 522. — Matthias QEsterreich y Descript. de la collect. du roi de Prusse, 1 vol. in-8°, 1774, Berlin.
* Archives de Part français, 1. 1, p. 180.
* T 1, p. 177. Michel ne se décida à invoquer le secours de l’empereur d'Allemagne qu’aprèg avoir lutté lui-mémc contre Frédéric. Thiébault , (t. 1, p. 275), sans nommer Michel, nous parle de ses lettres à Frédéric. « Après son retour en France, ne recevant aucune réponse à plusieurs réclamations, il lui écrivit une lettre de reproches et d’injures dont j'ai vu la copie entre les mains du chargé d'affaires de France. Cette lettre, écrite ab irato, n'était pas mal rédigée; le ton en était ferme et hardi; elle était même assez noble et philosophique; il n'y avait d'injures que par le fond des choses; mais à ce dernier égard, on n’y trouvait aucun ménagement. Le* filous, les suborneurs, les voleur» de grands chemins y étaient offerts comme objets de comparaison qui méritaient la préfê' rencc parce qu’au moins on avait contre eux des recours ou des moyens de vengeance. Frédéric méprisa cette lettre dont on n’a jamais parlé. » Mais il ne paya pas.
PRISSE
C’est un placet adressé par Michel à l’empereur d’Allemagne, chef souverain de tous les États allemands. Le vieil et infortuné sculpteur s’adresse à Sa Majesté Impériale et Royale Joseph II, pour obtenir justice contre un roi qui dispose de 300,000 hommes, et lui adresse la requête suivante :
a L’année 1764, le roy de Prusse ayant l’intention d’avoir à son service un sculpteur françois; m’étant distingué dans le nombre des artistes, Sa Majesté, pour m’exciter à sortir de ma patrie et quiter mon établissement , me signa un contrat en calité de son premier sculpteur , ce contrat est composé de dix articles , pas une seule n’a été exécuté ;
« La statue de Mars posée à Sans-Soucy a été le premier ouvrage exécute avec l’applaudissement du roy, par ses expressions, me disant : Elle est belle, très- belle;
« Le monument du chancelier de Coccey, placé dans la cour souveraine et la statue du feld- maréchal -général Schwerin, posée dans la place royal de Berlin reçurent les mêmes uplaudissemcns;
« Ces deux monument ne m’ont pas été payez, je réclame mon salaire, j’ay les titre les plus fort, lettre du roy, lettre du ministre, du baron de Kniphausen ; mais aucuin tribuneaux ne peut rien en connoltre, j’ay affaire à un roy qui a 300,000 homme; je suplie donc Sa Majesté Impérial et Roynlle de faire à mon égard , un acte de justice et d’humanité, car je suis figée de 78 ans et suis grand père. Je mouray de fain est toutes ma famille , si je ne reçois ce qui m’est du. La somme n’est que 21230 livres pour deux monument En Marble; sur lesquelles j’ay suez sans est Eaux; ces deux monument Existe, le roy a été satisfait, et ne ma pas payéz. »
La cour de Vienne parait avoir donné suite fi la réclamation de Sigisbert Michel : on lit en effet, à la suite de sa requête, les lignes suivantes :
« V. M. verra parles deux nottes officielles, dont copie est ci-jointe, que j’ai employé en vain la médiation de Son Ex. le ministre des relations extérieures, et que le conseil privé de Berlin s’est condamné lui-même par ces deux notes '. »
* Voy. sur ce sculpteur, Bachaumont, t. ixvii, p. 311.
ALLEMAGNE
140. VANL00 ( Charles -Amédée- Philippe), peintre, né en 1715 ou 1718, à Turin; on ignore la date de sa mort. Fils et élève de J.-B. Yanloo.
Amédée Vanloo fut peintre du roi de Prusse et résida à Berlin de 1751 à 1 769 1 . Nous connaissons parmi les œuvres de cet artiste le portrait en pied de Frédéric II, exposé au salon de 1769 (gravé par P.-G. Langlois en 1785) ; le portrait du prince de Prusse, Frédéric- Henri, peint en 1765 ( gravé par Schmidt en 1 767 } ; une fresque représentant la Religion, à l’église Saint-Nicolas de Postdam. Vanloo a fait aussi des cartons pour les tapisseries exécutées à Berlin dans la manufacture do Vigne a. 11 a peint aux appartements (l’État du chétcau de Postdam un plafond représentant l’apothéose du Grand- Électeur ; il a fait aussi , à Sans-Souci , à la grande salle de marbre, le plafond qui représente l’assemblée des Dieux pour recevoir Ganymède. 11 a peint également les plafonds du nouveau Sans-Souci 3 et a fait deux portraits de Frédéric, en 1764, l’un pour l’impératrice d’Allemagne et l’autre pour le prince de Kaunitz, son ambassadeur *.