‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 22 sur 452 · XC L’A II T FRANÇAIS · texte numérisé non relu

XC L’A II T FRANÇAIS

Pierre , Carie Vanloo peignirent aussi à Paris des tableaux pour le roi de Prusse. En Angleterre, c’est Wattcau, J. -B. Vanloo, Dominique Serres et Loutherbourg; en Espagne , c’est Michel-Ange Houasse, liane, Louis -Michel Vanloo et Olivier; en Hollande, Aved. En Italie, nous trouvons travaillant à Livourne, Rivière; Favray à Malthe; Adrien Manglard, Trémollière , Sublevras , à Rome 1 * * 4 ; Carie Vanloo, Laurent Pescheux, à Turin; en Portugal, Quilliard ; en Russie, Robert le Lorrain, Lagrenée l'alné; en Suède, Thomas- Raphaël Taraval ; en Danemarck, Tocqué. La Chine elle- même compte deux (H'intres français, les Pères jésuites Belleville et Attiret.

Partout on se disputait les œuvres de Watteau, de Chardin*, d’Oudry, les gouaches de Baudouin représentant des sujets galants.

Challe 5 eut aussi une grande réputation hors de France : « Tout en restant à Paris, il a beaucoup travaillé pour les pays étrangers; tous les souverains voulaient avoir des œuvres de cet homme habile qui voulait absolument rester à Paris et refusait leurs offres. Les Anglais étaient surtout curieux d’avoir des tableaux de Challe ; ils le laissèrent maître du choix des sujets, des grandeurs et du prix des peintures qu’il voudrait faire pour eux , et leurs banquiers eurent ordre de lui compter tout l’argent qu'il exigerait. Challe n’abusa pas de cet enthousiasme*, a 11 peignit pour l’Angleterre: Agrippine frappée par Annicetus ; Cléopâtre expirant au milieu de ses femmes ; la mort de Séhèque; Diogène visité par Alexandre; Didon sur le bûcher; — pour le roi de Prusse, une Vénus et une Diane endormies; — pour divers princes allemands, des pastorales et des paysages; — pour le palatin de Lithuanie, trois grands plafonds représentant : Jupiter au

1 « Les François se distinguaient h Rome (1765) autant et plus que les Romains eux-mêmes; M. Volaire, élève de M. Yernet, y faisoil des marines de la plus granJc beauté; il est allé à Naples. M. Manchet , qui a passe sa vie à Rome et qui y est mort, dessinoit supérieurement. M. Pescheux, de Lyon, savant peintre d'histoire, travailloil à Rome depui- dix -sept ans et y faisoit un commerce de peintures; il est directeur de l’Académie de Turin. M. Guiard, sculpteur, élève de Rouchardon , étoit à Rome

depuis quatorze ans... il est allé s’établir à Parme. Les Romains mêmes emploient nos artistes françois. ... M. Le Brun a fait pour San-Carlo al Corso, une grande figure de Judith, et M. Houdon une statue de saint Bruno pour les Chartreux. » ( Lalande,

t. VI, p. 246).

4 Surtout le roi de Suède et Catherine II.

* Ctl'LLE (Charles Michel-Ange), peintre, et architecte, né t» Paris le 18 mars 1718’ mort le 8 janvier 1778; élève de Lemoine.

‘ Nécrologe de I77R.

XVII', XVIII*, XIX* SIÈCLES. xct

milieu de l’Olvmpc, Vulcain dans les forges de Lemnos, les Grâces enchaînant l’Amour; — pour la cour de Russie, Hector entrant dans le palais de Pftris 1 * et la mort de Lucrèce. Il a fait aussi les catafalques de Don Philippe, du roi de Pologne et de la reine d’Espagne.

« la? roi de Prusse, écrivait Grimm le 15 février 1756, vient d’ordonner trois tableaux à trois différents peintres de notre école. M. Carie Vanloo est chargé du Sacrifice d’Iphigénie; M. Pierre, du Jugement de Pâris, et M. Restout, du Triomphe de Bacchus.... Et le 1er octobre 1757 : Le roi de Prusse, ([lie scs vertus militaires n’enipéchent point d’aimer les arts et de s’en occuper, a commandé avant le commencement de la guerre présente 5 trois grands tableaux aux trois premiers peintres de l’école française. #

n Notre Académie royale de peinture jouit actuellement de la première réputation », disait Patte en 1765. Aussi partout on fondait des institutions semblables et on faisait venir des Français pour les créer, les organiser et les diriger. C’est ainsi qu’ont été fondées : l’Académie de Vienne, par Van Schnppen, peintre de Paris; — celle de Berlin , dont Pesne et N. Bl. Le Sueur ont été les deux premiers directeurs; — celle de Dresde, avec Louis de Silvestre et Ch. Mutin ; — celle de Copenhague, avec le sculpteur Saly ; — celle de Madrid , avec Louis Michel Vanloo et les sculpteurs Antoine Dumandré cl Robert Michel; — celle de Saint-Pétersbourg, avec Robert le Lorrain et Lagrcnée l’aîné. — L’Académie d’Éilimbourg et l’Académie royale de Londres ont été fondées aussi sur le modèle de l’Académie de Paris.

« Vous devriez bien , écrivait Diderot à Grimm en 1767, conseiller à ces souverains avec lesquels vous avez l’honneur de correspondre et qui ont à cœur la naissance et le progrès des beaux-arts dans leur empire, de fonder une école il Paris, d’où les élèves passeraient ensuite à une seconde école fondée à Rome. Ce moyen serait bien plus siir que d’appeler des artistes étrangers qui périssent transplantés comme des plantes exotiques dans des serres chaudes. »

Les souverains étrangers ne fondèrent pas d’école à Paris; ils se servirent de celle qui s’y trouvait déjà , de l’ Académie royale de peinture , dont l’enseignement était si renommé. Il nous est impossible de publier les noms de tous les élèves étrangers qui vinrent

1 Eipo»5, en 17(»5.

- La guerre de sept ans.

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