‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 262 sur 452 · A II K Z Z O · texte numérisé non relu

A II K Z Z O

bligea, pour se soustraire à la justice, de se faire moine dominicain; « mais il n’abandonna point les études de son art ; au contraire, il s’y appliqua davantage et atteignit une grande perfection. » Ainsi notre grand verrier s'est bien formé en France.

Bramante, chargé par Jules II d’orner de verrières les fenêtres du Vatican, cherchait un artiste pour les faire, « lorsqu’on lui apprit qu'il y en avait en France plusieurs qui faisaient des choses vraiment merveilleuses. » Bramante ayant vu une de leurs œuvres dans le cabinet de l’ambassadeur de France à Rome, fit offrir à ces artistes des appointements considérables pour les attirer à Rome. On s’adressa à « Claude , le plus grand maître de cet art en France » et à Guillaume Marcillat. Guillaume, mécontent des procédés des moines, ne demandait qu'à quitter son couvent; il partit donc avec maître Claude , arriva à Rome et changea le froc de saint Dominique pour celui de saint Pierre.

Les deux artistes firent beaucoup de verrières au Vatican; toutes ont été détruites, « tout admirables qu’elles étaient», pendant le sac de Rome', afin d’en tirer les plombs pour en faire des balles. II en reste une cependant, dit Vasari, dans la chambre à feu de Raphaël à la tour Rorgia. Cette peinture représente des anges qui soutiennent les armes de Léon X J.

Nos deux Français firent, pour la chapelle de Sainte-Marie du Peuple, deux fenêtres placées derrière la Madone et représentant divers sujets tirés de la vie de la sainte Vierge. «Ces ouvrages furent très-admirés par les connaisseurs et acquirent à leurs auteurs autant de profit que de gloire.» Mais maître Claude, «désordonné et gros mangeur, comme les gens de sa nation , chose funeste dans le climat de Rome, tomba malade d’une fièvre si grave qu’il en mourut le sixième jour ». Après la mort de son compagnon, Guillaume Marcillat fit un vitrail dans l’église des Allemands, Santa- Maria de Anima, à Rome : puis le cardinal Silvis l’emmena à Cortonc où il fit un vitrail pour la maison de ce cardinal et un pour lu grande chapelle de la paroisse de Cortonc. Le premier était une grisaille, représentant les fondateurs de Cortonc; il avait peint sur le second la Nativité du Christ et l’Adoration des Mages.

' En 1527.

* Nous lie savons si ccttc verrière esisUî encore.

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a Guillaume Marcillat possédait à Tond l’entente, le génie et la pratique de son art. Il était tellement maître de sa couleur et comprenait si bien l’effet, que nul autre ne sut mieux que lui mettre chaque chose à son plan. 11 y a une telle harmonie et une telle science dans ses vitraux, que les ligures s’y détachent du fond des fabriques ou des paysages avec autant de force que dans les meilleures peintures ii l’huile. Ses compositions sont riches et bien ordonnées. Son intelligence était surtout remarquable dans la manière dont il savait éviter les inconvénients qui résultent naturellement de la division de tant de morceaux de verre sur lesquels il peignait, genre de difficulté bien fait pour étonner et arrêter ceux qui n’auraient point eu une habileté semblable à la sienne. Cependant il s’en jouait en quelque sorte, disposant si bien son travail que les armatures de plomb et de fer venaient toujours se dissimuler dans les ombres ou les plis de ses draperies, de façon que ces lignes, nécessairement obscures, au lieu de traverser disgracieusement ses figures et de les couper en tous sens, venaient donner plus de précision à ses contours et plus de nerf à ses ombres. La brosse n’eût pas été plus heureuse sur la toile. C’était certes ce qui peut s’appeler faire de nécessité vertu.»

a Lorsque Guillaume arriva à Rome, quoique très-habile dans toutes les parties de son art, il n’était pas cependant très-bon dessinateur; mais en ayant bientôt reconnu l’inconvénient, il se mit à étudier sérieusement, et quoique déjà âgé, il fit de véritables progrès; ses derniers ouvrages comparés à ses premiers constatent ces progrès. »

lie Cortone , Marcillat alla se fixer à Arezzo où il fit un grand nombre d'œuvres fort belles; Vasari cite : une sainte Lucie et un saint Sylvestre ; — le baptême de Jésus-Christ ; — la résurrection du Lazare; — saint Mathieu abandonnant ses richesses et son comptoir pour suivre le Christ; ce vitrail est regardé par Vasari, comme le chef-d'œuvre de Marcillat ; — il fit encore pour le baptistère de l'évêché, saint Antoine, saint Nicolas, le Christ chassant les vendeurs du temple et la femme adultère. «Ces vitraux sont réellement magnifiques, dit Vasari. »

« Les Arétins remplis d’admiration pour le mérite et les travaux de Marcillat le récompensèrent dignement ; » il se fit alors naturaliser citoyen d’Arezzo.

Regardant la peinture sur verre comme trop |>cu durable et peu

propre fe conserver longtemps la mémoire du peintre qui l’exerce, Warcillat voulut peindre à fresque. On le chargea de décorer trois grandes voûtes. Il fut d’abord effrayé de la grandeur de ces voûtes et de la dimension des figures qu’il se mit à peindre, dans le goût de la chapelle de Michel-Ange ; niais il eut une volonté si forte, qu’il se surpassa lui-mème dans ce coup d’essai. Il parait avoir été aidé dans ce grand ouvrage par un de ses compatriotes, maître Jean, sur lequel il n’y a d’autro renseignement que celui-ci. «Effrayé de la grandeur des voûtes qu’il avait à peindre, dit le Vasari, et n’étant nullement habitué à la fresque, Mareillat envoya chercher à Rome Maître Jean, miniaturiste français, qui, arrivé à Arezzo, peignit à fresque un Christ et une bannière que l’on porte dans les processions. Ces ouvrages lui avaient été procurés par Guillaume; il les termina avec beaucoup de soin. »

Guillaume exécuta encore le vitrail circulaire de la façade de l’église de Saint-François, où il représenta le pape dans le Consistoire , les cardinaux et saint François. « 11 montra dans cette œuvre qu’il était vraiment né pour peindre sur verre, et que jamais on ne pourrait l’égaler en ce genre. Enfin notre ville d' Arezzo est pleine de chefs-d’œuvre de sa main. » Il a fait pour l’église de la Madona delle Lagrimc uno Assomption et une Annonciation ( aux deux roses) et un saint Jérôme; — pour San Girolamo, une Nativité. Toutes les villes voulaient avoir des œuvres de Mareillat; aussi travailla-t-il pour Castiglione del Lago, pour Florence, pour Pérouse et pour diverses autres villes des environs d’Arezzo.

11 voulut peindre à l’huile et fit un beau tableau pour la chapelle de la Conception, à San Francesco d’Arezzo. Il s’occupa aussi d’architecture et fit beaucoup de dessins d’ornements et plusieurs constructions pour les A rétins, entre autres les deux portes en pierre de San Rocco, et l’ornement dont on entoura le tableau de Maestro Luca, à San Girolamo. Mareillat composa encore deux autres ornements, le premier pour l’abbaye d’Anghiari, et le second pour la confrérie délia Trinità, à la chapelle du Crucifix; puis il dessina un lavabo très-riche pour la sacristie, qui fut parfaitement exécuté par le sculpteur Santi.

11 ne pouvait se pardonner sa fuite de chez les Dominicains; aussi fit-il pour le couvent de Saint-Dominique d’Arezzo, une belle verrière représentant l’arbre allégorique de l'Ordre produisant une

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grande quantité de saints frères , sous l’allégorie d’une vigne s’élevant du corps de Saint-Dominique, il refusa le prix de cette admirable peinture, afin de s’acquitter de ce qu’il devait à son ancien Ordre'.

Marcillat avait obtenu le bénéfice d'un prieuré. C’était un homme très-honorable, de bonnes mœurs et très-pieux. Il se plaisait à cultiver le jardin d’une maison de campagne qu’il avait achetée. Mais l’excès d’un travail sans relâche, dans des lieux humides et malsains, le tua. Il mourut en 1537, à 02 ans. U forma plusieurs élèves verriers, Pastorino5, Benedetto Spadari, Dattista Borro d’Arezzo , qui firent de belles verrières. Vasari reçut les premiers principes «de ce grand maître,» comme il l'appelle.

« C’est lui, dit encore Vasari, qui porta dans la Toscane l’art de colorier les verres, avec cette habileté et cette finesse qui le distinguent et qui lui méritèrent de si grands éloges. »

§ 3. — BOLOGNE

5*5. JEAN DE BOLOGNE (voir le n«5*8).

5*6. DAL'PHIN ou DOFIN (Olivier), peintre, mort à Sassuolo en 1693.

Olivier Dauphin (Dollino et Delphinus) neveu de Jean Boulanger de Troyes, s’était établi à Bologne; il a gravé plusieurs pièces d'après les Carraehes 3.

M. Kobert Dumesnil (vin , i.A ) donne sur cet artiste une biographie toute différente, que nous reproduisons :

u Olivier Dofin ou Dauphin, né en Lorraine au commencement du xvn* siècle, mort à Modène, en 1079, élève de Vouet.

« Cet artiste a passé toute sa vie en Italie, qui est richement dotée

1 Fanlotsi, Nouveau guide de Florence, p. 585, dit que les «rmoiries de l> famille Capponi, à la chapelle Capponi de l'église de Sainte - Félicité, sont de Guillaume Marcillat.

1 Pastorino di Giovanni Micheli, de Sienne, habile verrier, qui a fait la rose audessus du portail de la cathédrale de Sienne, en 15*9 ; — t. III, p. 277 du Voyage en Italie par de Lalande.

* Mariette, t. II, p. 11*. — tteintken.

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de ses œuvres; il travailla longtemps au palais du duc de Modène.

a II a gravé le Christ descendu de la croix; la Vierge, l’enfant Jésus et saint Jean, d’après A. Carrache; les quatre éléments, d’après les Carrache. »

5*7. BOURN1ER, peintre.

On voyait au palais Zambeccari les pèlerins d’Emmaüs de Bournier, très-beau tableau, de bonne et agréable couleur, dit Cochin

§ J. — FLORENCE

M8. JEAN DE BOLOGNE, sculpteur, né à Douai en 1524, mort à Florence le 14 août 1008 à 84 ans. El éve de Jacques Beuch, sculpt. et ingèn.

De Lonne heure, Jean de Bologne, qui voulait voir les belles œuvres de l’Italie, vint à Rome; il y séjourna deux années, pendant lesquelles il connut Michel -Ange et travailla beaucoup. 11 se proposait de revenir à Douai, « lorsque le ciel qui l’avait destiné à embellir notre Italie de scs ouvrages,» le fit passer par Florence où il rencontra le fameux maître Bernard Veccliietti, qui, après avoir observé les études faites par Jean de Bologne à Rome, lui donna des éloges mérités et le fit demeurer à Florence où il travailla d’après Michel -Ange et d’autres grands maîtres. Vecchietti vint en aide au jeune Flamand, qui était fort pauvre; il le logea, le mit en position de faire ses études , et bientôt son protégé devint assez habile pour exciter l’envie des Florentins 3. La première œuvre de Jean de Bologne fut une Vénus en marbre, si belle que Vecchietti se crut obligé de la faire voir au prince François, fils du grand-duc de Toscane Côme le Vieux; le prince se déclara le protecteur de l’artiste 4.

On était alors sur le point de faire la fontaine de la place; beau-

1 Voyage d'Italie, t. Il, p. 157.

* Cette notice est une traduction un peu abrégée de Baldinucci.

* Jean de Bologne demeura trois ans chez Bernard Vecchietti. — Fantozzi, Nouveau Guide de Florence, traduit par madame d'Estrc, p. 451.

* Parmi ses premiers ouvrages, on cite les ornements du balcon de l'hôlcl du marquis Ricardi. — Fantozzi , p. 384.

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coup d’artisles et des plus illustres, proposèrent leur modèle. Parmi les concurents étaient B. Ammanati , Benvenuto Ccllini, Vincenzo Itanti et le jeune Jean de Bologne , dont le modèle, fut hautement jugé le meilleur; il aurait été ehargé d’exécuter la fontaine, si ce n’eût été la crainte du Grand-Duc de perdre un aussi gros bloc de nmrbre dans lequel on devait sculpter la ligure de Neptune; car tout habile qu'il était. Jeun de Bologne n’avait pas encore donné la preuve qu’il était capable de tailler le marbre '.

En attendant mieux, il s’exerçait à faire des statues pour des amateurs de Florence. C’était en 1 ">.‘>8, et Jean de Bologne avait trente-quatre ans, lorsque le grand-duc Côme prit la résolution de transporter sa résidence au Monte -Comune de Florence; Jean de Bologne, à cette occasion, sculpta les armes du Grahd-Duc , que l’on voit au-dessous de la porte du salon quand on a monté les deux escaliers ; ces armes en pierre furent achevées en 1559. Le grand-duc François lui fit faire pour son Casino, le groupe de Samson terrassant un Philistin, que l’on mil sur la fontaine du Cortile de’ Semplici, où il fit encore des monstres marins qui supportent la vasque. Jean do Bologne se surpassa dans cette statue de Kamson, car il sut éviter un certain maniéré qui se trouve dans plusieurs de ses œuvres. Un l>eau modèle do cet ouvrage, fait en terre, fut acquis par Jean-François Grazini, gentilhomme fort amateur de sculpture. Cette belle fontaine fut ensuite envoyée en présent par le grandduc Ferdinand au duc de Lerine, premier ministre du roi d’Espagne

La réputation de Jean do Bologne était alors établie par toute l’Italie; les Bolonais le demandèrent au Grand-Duc pour faire la fontaine de Neptune , sur la piazza maggiore.

«Cette fontaine, dit De la Lande3, est une des plus ladies de l’Italie; l’architecture a été exécutée sur les dessins de Thomas Lauret i, sicilien. Toutes les figures sont en bronze et du célèbre Jean de Bologne qui finit cet ouvrage en 1563. On y voit Neptune debout, un pied sur un dauphin, tenant d’une main son trident et étendant l’autre main ; quatre enfants sont assis aux encoignures du plinthe

1 La fontaine en question est à la place du vieux palais; le Neptune est d Ammanati.

* 11 serait intéressant de savoir où elle est actuellement.

3 Voyage en Italie, 9 vol. in-12, Paris, 178G. Les observations sur les arts sont de l'abbé Gougenot qui voyagea en Italie en 1775 avec Grcuzc ; — t. 11, p. 255.

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sur lequel pose Neptune; ils tiennent des dauphins jetant de l’eau. Au bas des angles du piédestal on voit quatre sirènes assises sur des dauphins; elles pressent leurs mamelles d’où elles font sortir des jets d’eau. «Le Neptune est superbe, d’un grand caractère, mais un peu maniéré, au dire de Cochin ' ; les sirènes sont gracieuses, d’un beau dessin, et leurs attitudes sont naturelles. Mais le piédestal étant trop petit, il y a trop de sculptures et un peu de confusion. »

En ce même temps, reprenons- nous avec Baldinucci, Jean do Bologne coula en bronze un Mercure, qui, avec d’autres bronzes de lui , fut envoyé en présent à l’empereur d’Allemagne ; le Grand-Duc donna au duc de Bavière une statue de marbre représentant une petite fille assise. Le grand-duc François lui fit faire aussi une figure de cinq brasses représentant la ville de Florence foulant un prisonnier on la plaça dans le salon royal du palais vieux en face de la statue de la Victoire de Michel-Ange; Jean de Bologne fit le modèle et l'œuvre, mais l’œuvre fut inférieure au modèle.

Au jardin de Boboli, notre sculpteur fit une belle fontaine; sur une immense vasque de granit , dont le pied est très-beau , sont placés trois fleuves assis, le Nil, le Gange et l’Euphrate, qui versent de l’eau dans la vasque figurant l’Océan; les bas-reliefs de la base représentent des sujets maritimes; la fontaine est terminée par un Neptune, qui d’après le Baldinucci, fait l’admiration de tout le monde.

Dans une grotte de ce jardin, Jean de Bologne sculpta une statue de femme posée sur la vasque d’une fontaine 1 * 3.

1 « On voit à U pia/za maggiorc une fontaine publique, dont la sculpture est de Jean de Bologne. Il y a tant de sculpture, en peu d’espace, K celte fontaine, qu’elle en paroit un peu confuse et trop chargée. Le Neptune de bronze, qui est dessus, est beau, d'un caractère grand et ressenti; niais il paroit un peu maniéré et avoir peu de finesse. L'attitude semble trop écartillée; ce qui est à éviter en sculpture. Il y a quatre femmes en bas, a«si^es sur des poissons et jeltanl de l’eau par les mamelles qu'elles pressent de leurs mains'; elles sont fort belles, dans des attitudes gracieuses, mais un pi* u trop voluptueuses. Au reste, elles sont bien modelées et d’une nature simple; les enfants sont maniérés et formés comme des hommes; ils n'ont pas les grâces ni les vérités enfantines. »> — Cochin, Voyage d'Italie, t. II, p. 134-5.

* Ce doit être le groupe que Fantozzi, p. 51, appelle la Vertu qui triomphe du Vice.

3 C’est sans doute la Vénus sortant du bain, qu’indique Fautozzi, p. 625. Suivant cet auteur, il y aurait encore au Boboli la statue de l'Aboudance, de Jean de Bologne, achevée par Tacca et Seb. Salvini.

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Jean de Bologne alla ensuite travailler à Lucques; il lit à l’autel de la cathédrale plusieurs statues colossales*. Revenu à Florence, il exécuta la statue en marbre du grand- duc Côme 1" et beaucoup d’autres ouvrages que Baldinucci néglige de nous faire connaître , press»; d'arriver au groupe de l’enlèvement des Sabines. Ce groupe colossal en marbre représente en réalité un jeune homme qui enlève une belle jeune fille des bras d’un vieillard qu’il a foulé aux pieds. Sur la base du piédestal, il y a un bas-relief de bronze, où est représenté l’enlèvement des Sabines. Le groupe est placé à la Loggia. Grande fut la joie du peuple florentin, à la vue de ce chef-d’œuvre; le recueil des poésies faites en son honneur forme un volume. La réputation de son auteur augmenta; les travaux lui furent commandés de toutes parts; son atelier devint très-fréquenté, et Jean de Bologne devint alors sculpteur du Grand-Duc et chef d’une importante école de sculpture.

Le Grand-Duc fit travailler alors à la villa royale de Pratolino, près de Florence, Jean de Bologne qui sculpta diverses statues en pierre, surtout le merveilleux colosse de Jupiter-Pluvius, appelé on ne sait pourquoi l’Apennin 3 ; c’est un géant assis au-dessus d’une immense vasque. Le sculpteur fut aidé dans ce travail par un grand nombre d’ouvriers et d’élèves.

Ensuite, il fit beaucoup de figures en bronze placées dans la grotte du château qu’on appelle la Villa de’ Serenissimi. A ce moment, il se mit il exécuter des modèles de crucifix et de figures gracieuses, qui coulés en bronze et retouchés par ses élèves, se répandirent dans tous les pays. Il sculpta pour Simon Corsi, gentilhomme florentin, la statue en marbre du grand-duc François. Il fit pour la société des juges et notaires, un saint Luc en bronze, placé à Or San Michèle ( 10' niche); puis le fameux Mercure en bronze, placé aujourd’hui à la galerie de Florence 3.

De retour à Florence, après son second voyage à Lucques, il fit une statue représentant une femme qui se peigne , pour la villa de’

* Le Christ ressuscité, saint Pierre, saint Paul. — Quelques années après (après le Mercure), il retourna h Lucques ; il y lit alors deux chapelles avec plusieurs statues.

* Si le colosse était debout, il aurait 21 mètres.

3 Avec deux petits modèles en bronze de cette statue, 6 petites statues en bronze, représentant : une divinité marine, Junon, Thétis, Vulcain, Vénus, Apollon, et deux belles copies de l’enlèvement des Sabines.

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Sorenissimi , Pt pour la grotte de cette villa plusieurs oiseaux de bronze; — puis, pour Jean-Georges Cesarino, une Vénus sortant du bain, en marbre, à laquelle on donna tant de louanges, qu’une nuit, elle fut volée , sans doute par un amateur ; — pour l’armoire d’ébène de la galerie royale, une série de bas-reliefs en or, représentant l'histoire du grand-duc François — pour cette môme galerie, une série de bas- reliefs en argent, représentant les travaux d’Hercule.

Pendant l’année 1580, Jean de Bologne fut appelé à Gênes par le seigneur Luca Grimaldi pour sculpter les ornements de sa chapelle de la Sainte-Croix, dans l’église de San-Francisco di Casteiletto. 11 emmena avec lui son élève Francheville; ils firent six ligures de ronde bosse , grandes comme nature 1 2, sept basreliefs représentant l’histoire de la Passion de N. S., et six enfants assis sur des corniches. Tous ces ouvrages furent exécutés en bronze, et on doit dire que pour ce qui regarde la fonte, il avait peu d’égaux 3.

Le grand-duc étant mort en 1587, son frère Ferdinand I, qui lui succéda, ordonna à Jean de Bologne de modeler la statue équestre en bronze de Côme 1, leur père; cette statue coulée en 1591 fut érigée le 14 mai 1594 sur la place du Vieux -Marché; le piédestal est en marbre et orné de trois bas-reliefs de bronze, également de Jean de Bologne. Ils représentent le couronnement du Grand-Duc, son entrée victorieuse à Sienne, et les habitants de Sienne lui prêtant le serment de fidélité *; le quatrième côté porte un beau cartel de bronze avec l’inscription.

1 Placés au Cabinet des gemmes.

* Jean de Bologne fit pour Luca Grimaldi , six statues en bronze de grandeur naturelle : la Foi, l’Espérance, la Charité, la Justice, la Force et la Tempérance; — six enfants en bronze; — sept bas- reliefs aussi en bronze, représentant J.-C. amené devant le grand prêtre; J.-C. flagellé & la colonne; J.-C. couronné d’épines; J.-C. montré au peuple; J.-C. condamné à mort; J.-C. conduit au Calvaire; J.-C. mis au sépulcre. Ce dernier bas- relief qui sert de devant d'autel, est le plus beau. Il fit aussi pour l'autel de cette admirable chapelle un crucifix de bronze. — Soprani , Yita de’ piltori, scultori cd architetti genovesi; 2e édit, publiée par Ratti , in-4®, Gènes, 1768.

a La description de Gènes par Ratti dit que nos deux artistes décorèrent le salon de l'Université destiné aux fonctions académiques, et qu’ils firent à l’église de Saint Jérôme, jointe au palais de l’Université, des bas-reliefs de bronze et six statues colossales en bronze, la Foi, l’Espérance, la Charité, la Justice et deux autres Vertus.

* Fantozzi donne une autre explication de ce bas-relief.

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« Le bas-relief à droite représente, dit Fantozzi '.Cosrne aux pieds du pontife assis sur un trône; il reçoit de ses mains la couronne, la chlamvde et le sceptre. Cet événement eut lieu le 5 mars 1370. A gauche du piédestal le même prince entre victorieux à Sienne ; dans la troisième partie il est représenté lorsque le sénat le créa duc de la Patrie. Le mouvement du cheval indique le commencement du trot; la pose du cavalier est noble, gracieuse et naturelle; son vêtement tient le juste -milieu entre le costume du temps et les conventions adoptées par la sculpture. L’homme et le cheval ont un ensemble parfait.»

Jean de Pologne travailla ensuite à l’église du couvent de Saint- Marc, il Florence, dans la chapelle destinée à recevoir les reliques de saint Antonin, évêque de Florence. 11 exécuta, avec l'aide de Francheville, la statue du saint évêque couché sur la châsse, quatre anges, plusieurs bas-reliefs, le tout en bronze, et les belles statues de marbre *.

Puis, il fit le modèle de l’enlèvement de Déjanire, qui n’a pas été coulé en bronze; — les modèles de plusieurs belles statues de centaures.

En 1591, le Grand-Duc lui lit l’honneur de visiter scs ateliers 3.

Jean de Bologne termina en 1599 le fameux groupe en marbre d’Hercule tuant le Centaure; Francheville l'aida dans ce travail, l’un des chefs-d’œuvre du maître, placé aujourd’hui à la galerie des Lansquenets ou d'Orgagna, à Florence.

Il exécuta ensuite, avec l’aide de Taeca, trois statues de marbre pour les tombeaux de la chapelle royale, et en 1001 , il alla à Pisc avec F'ranchcviUe. Baldinucci dit seulement qu’il y lit deux anges de

« P. si.

* Fantojsi, p. 303-9S, indique, comme ayanl été faits à Saint-Marc, le» ouvMges Suivants : deux autels de pierre sereine et d’ordre ionique, exécutés en 1580 sur les devins de J. de Bologne : — une statue de S. /.énobi : — le dessin de la chapelle de 8.-Antotiin; la statue de ce saint, en habits pontificaux et donnant sa bénédiction ; — les six statues de marbre ont été exécutées par Francheville, sous U direction de son maître; elles représentent : S. Jean -Baptiste, S. Philippe, 8. Thomas d’Aquin, S. Antoine l’abbé, S. Everard, S. Dominique (1589).

* La maison où demeurait J. de Bologne et où étaient acs ateliers lui avait été donnée par le Grand-Duc; c’est aujourd’hui la maison de MM. Bcllini, au borgo Pinti, n« 6815; on voit, au-dcs6us de la porte d’entrée, un buste en marbre du grand-duc François lw, sculpté par J. de Bologne.

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bronze pour le dôme. Pandolfo Tili ' entre au contraire dans de grands détails sur les ouvrages faits à Pise par Jean de Pologne et son élève. En 1601 , dit-il, ils remplacèrent les fameuses portes du dôme de Pise , du sculpteur pisan Bonammi , brûlées dans l’incendic de 1 595 s. — A l’un des deux bénitiers du dôme, se trouve un groupe de Jean de Pologne représentant le baptême du Christ, fondu en bronze par Felice Palma de Florence1 * 3 *; — au maltre-aulel , posé à la façon romaine au milieu du chœur, se voit un très-beau crucifix avec deux anges, le tout de bronze, fait et modelé par Jean de Bologne '. — Sur la place des Chevaliers est une fontaine avec une statue en marbre de Côme 1; le masque qui jette l’eau et le monstre marin qui supporte la vasque furent faits par Fsamciieville, et les registres de dépense de l’ordre militaire de Saint-Etienne, qui fit faire cette fontaine accolée à son palais, montrent qu’elle fut exécutée de 1593 h 1608 5. — Sur le côté du palais ducal, en face de la rue de Santa-Muria et du côté de l’Arno, est placée sur un piédestal la statue de Ferdinand I" relevant la ville de Pise représentée par une femme accompagnée de deux enfants; elle est de Frascheville, d’après le modèle de Jean de Bologne, ainsi que le témoigne celte inscription : Ex archetypo Juan. Bonon. Bclg. I’etrus a Fraxcavilla eameracencis freit Pisis A. L). 1391*.

Après les travaux de Pise, continue Paldinucci, il fit pour Giovanni Viltorio Soderini une tête colossale de Jupiter et un jeu d’échecs d’une grandeur extraordinaire dont l’échiquier était le pavé d’une grande salle. Alors Jean de Bologne travailla pour son bienfaiteur Bernard Veccbietti ; il fil le dessin de la façade de sa maison de la rue des Ferravccchi ; les ornements de cette maison et le ravissant petit satyre de bronze, qui est à l’angle de la rue, sont de sa main3.

Jean de Bologne exécuta ensuite une statue du grand-duc Ferdinand, en marbre, pour la place d’Arczzo. En 1599, il fit faire pour lui-même, à l’église du la Sainte-Annonciadc des Pères Serviles, une

1 Guida per il passegicrc dilettante di pittura, sciillura o architcltura nctla cita di Pisa ; Lucques, 1151, 1 vol. petit in - 8° •

> I’. Bell.

• P. 1 et 8.

‘ P. 11 et 18.

i Cette maison eil aujourd’hui l’hdtel de MM. de Corona; Panloiil, p. 451.

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chapelle dite de Bon-Secours', destinée à sa sépulture et à celle des grands sculpteurs et architectes flamands; les ornements de cette chapelle ont été exécutés sur ses dessins; il y fit, avec l’aide de ses élèves, des statues de marbre, des bas-reliefs de bronze représentant la Passion ; pour l’autel, un crucifix de bronze, grand comme nature, et au pied du crucifix une N.-D. de Bon-Secours. Son tombeau est dans cette chapelle; il est orné de deux statuettes d’enfants tenant des flambeaux renversés; ses élèves y ont aussi travaillé.

De 1601 à 1605, Jean de Bologne fit la statue équestre en bronze du grand-duc Ferdinand pour la place de la Sainte-Annonciade. Baldinucci réfute l’opinion qui l'attribue à Tacca. En 1601, il commença le cheval de bronze pour la statue de Henri IV, mais il n’acheva pas ce travail’. Enfin en 1606, il commença aussi un cheval de bronze avec la statue de Philippe III, roi d'Espagne; Tacca termina le cheval et la statue, qui furent envoyés en Espagne en 1616.

Jean de Bologne fut le chef d’une nombreuse école ; on cite parmi ses élèves : Pierre Francheville, de Cambrai; Anzirevelle, Allemand; Adrien Frisio, Allemand’; Antonio Susini; Francesco délia Bella, Guasparri, son frère, Florentins; Pietro Tacca, de Carrare; le Moca.

Un grand nombre de réductions faites d’après les œuvres de Jean de Bologne, ont été exécutées par lui -même et aussi par son élève Antoine Susini et par François Susini, neveu de ce dernier; Baldinucci cite parmi ces réductions si connues : des crucifix, des animaux, le groupe des Sabines, l’Hercule qui tue le centaure, le centaure qui enlève Déjanire, le cheval tué par le lion, le taureau tué par le tigre, la femme endormie que regarde un satyre, le Mercure volant, le petit cheval qui se cabre, le cheval qui marche, le paysan avec une lanterne, la femme qui se lave, les quatre travaux d'Hercule, le lion qui marche4.

En outre des œuvres citées précédemment d’après Baldinucci, on trouve dans les auteurs qui ont écrit sur l’Italie, Fantozzi et

1 La quinzième; elle est derrière le chœur.

* Tacca, en 1611, termina la statue équestre de Henri IV qui fut envoyée à Marie de Médicis, a Paris, par le grand-duc de Toscane, en 1614 (voir le Mercure de France de 1614). Francheville fit le piédestal avec ses statues et scs bas-reliefs.

9 Parole tti, Turin à la portée de l'étranger, p. 9.

4 Les frères Alinari, photographes à Florence (Maison Bardi) ont exécuté de remarquables photographies des œuvres de Jean de Bologne.

FLORENCE

de Lalande, de nombreuses indications que nous croyons devoir ajouter pour compléter ce travail. Fantozzi mentionne à Florence 1 une statue en marbre et en pied de Côme Ier, tenant le sceptre en main, placée aux bureaux royaux : — Un portrait de Michel-Ange, en bronze, d’une ressemblance parfaite, à la seconde salle de la maison des Buonarotti : — L'église de la Confrérie de Saint-Nicolas du Ceppo, bâtie en 1 504 sur les dessins de Jean de Bologne. Les proportions de la principale porte sont fort belles, mais les montants font trop saillie et sont trop dure; l’intérieur est d’ordre composite, d’une grande élégance, quoique simple en même temps et de belles proportions : — A l’église des Angiolini ou Petits Anges, au bénitier: un saint Jean-Baptiste : — A la place de la Sainte-Annonciation : une statue équestre du grand-duc Ferdinand I,,r„ en bronze, érigée en décembre 1608; cette statue, faite dans les quatre dernières années de la vie de l’artiste, est une œuvre de vieillesse et considérablement moins bolle que scs autres ouvrages : — A la basilique de Saint- Ambroisa : une statue en bronze, de Côme II : — A l’hôtel de la Comme .'.de Castiglione (ancien hôtel Corsi), au-dessus de la porte : le buste du grand-duc François l", que Simon Corsi commanda à Jean de Boiogne : — A l’église du Castello, près de Florence : un crucifix en bois.

De Lalande a prétend que les statues de la fontaine de la place Mattéi, à Rome, sont de Jean de Bologne.

549. PIERRE DE FR ANCHE VILLE, sculpteur, né à Cambrai en 1548, mort vers 1618. Elève de Jean de Bologne.

Pierre de Francheville ou de Franqueville 3 vint à 16 ans étudier la sculpture à Paris; il y resta deux ans, puis alla en Allemagne et demeura six ans à Inspruck faisant de la sculpture en bois; il s’y lit connaître de l’archiduc Ferdinand, qui goûta ses vastes connaissances et ses talents, et lui remit des lettres de recommandation pour Jean de Bologne, lorsqu’il partit pour l’Italie (1572).

En 1574, l’abbé Antoine Iiracci voulait orner de statues la cour et les jardins de sa villa de Rovezzano, à deux lieues de Florence; il

* Sur l'orthographe de son nom, voir les Archives de l'art français, t. 111 , p. 40. Les contemporains l’appellent Frnngucvillc, et en Italie Pietro Francavilla.

ITALIE

prit dos mains de Jean de Bologne, son élève Franrheville, en janvier 1574, et l’employa, à raison de cinq écus d’or par mois et la nourriture, à faire les statues en marbre, du Soleil, de la Lune, de Gérés, Bacchus, Flore, Zéphire, Poinone, Vertumne, Pan, Syrinx, de la Nature, de Protée, et une Vénus tenant île la main droite un petit Satyre, qui signifie le plaisir, et de la gauche une petite femme qui représente la génération.

Après avoir achevé ees ouvrages, avec l’approbation de son maître, Francheville alla à Home; il y étudia beaucoup et rapporta plusieurs modèles à Florence, entre autres le torse du Belvédère. Il aida Jean de Bologne dans l’exécution des Sabines et de l’Hercule tuant le Centaure. En 1585, il fit pour Lucas Grimaldi, noble génois, deux statues colossales de Jupiter et de Janus, placées dans la cour de son palais. Il fit, pour la chapelle de Matteo Senarega, dans la cathédrale de Gènes, six statues de marbre, les quatre Évangélistes, saint Ambroise et saint Étienne protomartyr'. A son retour à Florence, les Niccolini lui firent faire dans leur chapelle, à Sainte- Croix, les statues de Moïse, d’Aaron,de l’Humilité, la Virginité et la Prudence a.

En 1589, il exécuta, d’après les modèles de. Jean de Bologne, à l’église de Saint-Marc des frères prêcheurs , six grandes statues de marbre, citées p. 270, note 2. Le 30 avril de la même année, à l’entrée de madame Christine de Lorraine, femme du grand-duc Ferdinand Pr, il fit , pour décorer la façade de la cathédrale, six grands colosses de terre, de plâtre et de stuc , dont trois furent ensuite mis à l’entrée de l'église, savoir i saint Zanobi, saint Poggio, évêques de Florence, et saint Miuiato.

Il sculpta, pour lesZanchini, une statue en marbre de Jason tenant la toison il’or’; — pour Averardo Salviati, un Apollon; — une statue de marbre représentant le Printemps, placée sur la culée du pont de la Sainte-Trinité.

Francheville fut ensuite envoyé à Fisc par le grand-duc Ferdinand pour y exécuter la statue de Corne I,r (voir p. 271 ); il y fit encore la statue de Ferdinand I" (voir p. 271 Jet le modèle du chft-

1 SopraMi, t. I, p. 423.

* Ces statues, dit Fantozzi, p. 202, sont d’une grande beauté; (exécution pu est d’une hardiesse étonnante en même temps que d’un soigné extrême.

8 Cette statue est encore dans l liôtel de la famille liicasoli - Zanchini, à Florence.

Ht, OH EN CK.

tcau des Prieure, pour l’ordre des chevaliers de Saint-Étienne. Francheville demeura plusieurs années à Pise; il y travailla beaucoup l’anatomie , lit plusieurs inndètès d’écorchés en terre cuite, très- employés par les artistes d’alors, et divers modèles d’anatomie, assez semblables, nous paralt-il, à ce qu'a fait de nos jours M. Auzou. La ville de Pise pour le récompenser de ses travaux lui donna le droit de cité.

Revenu encore à Florence, il fit pour Dureio Mancini, une statue de Mercure, placée plus tard au jardin Boboli; — pour les Michelozzi, à leur villa de Bellosguardo, une statue en marbre, que Fantozzi 1 dit être la Pitié ; — pour la ville d’Arezzo, il sculpta, peut-être d’après le modèle de Jean de Bologne, la statue de marbre du grandduc Ferdinand 1"*.

Ayant fait une statue d’Orphée, en marbre, pour Jérôme de Gondy, établi en France, et Henri IV ayant vu ectte statue1, le roi de France voulut s’attacher Francheville, qui passa à son service en 1601. Avant de quitter Florence, il sculpta deux statues de marbre, la vie active et la vie contemplative, que l’on voit dans la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours, dans l’église de la Sainte-Annonciade4.

Fantozzi ajoute à cette liste des œuvres de Francheville plusieurs l>euux bustes placés au cloître de la sacristie du couvent de Sainte- Marie des Anges; — un Mercure tuant Argus, au palais Pitti3.

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