MOSAÏSTES FRANÇAIS A FIORENCE
« C’est un français qui apporta à Florence, en 1568, la mosaïque en pierres de couleur (opéra fiorenlina*).» Deux cents ans plus tard un français est encore à lu tète des mosaïstes florentins.
«C’est, dit Lalande7, dans les bâtiments de la galerie de Médicis qu’on voit le travail des tableaux en pièces de rapport qui se fait avec des pierres dures, et qui est célèbre dans toute l’Europe.... Il
1 P. 741. Baldinucci dit simplement «no grande statue detuarbre. — 3 Voir p. 27t.
3 L’Orphée de Francheville est aujourd'hui au Musée de sculpture du Louvre: elle y a été apportée du parc de Versailles.
* Cette biographie de Francheville est une traduction un peu abrégée de Baldiuucci.
r Sclurtt, Cours d'histoire des Etals européens,!. XX, p. 30O.
7 T. Il, p. 533 (eu I7S0}. — Voy. plus loin, au» n“* liltl et U20, les mosaïstes français d'OkViETo.
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y a environ iO ouvriers qui travaillent à Florence.... Il y avait un français, nommé Semez, à la tôle de ces ouvriers. »
.Vil. CALLUT (Jacques), dessinateur rl graveur, né à Nancy en 1592, mort le 24 mars 1635, à 43 ans.
Callot étudia d’abord sous Claude Ilenriet, premier peintre du duc de Lorraine Charles III ; puis sous la direction de Canta Gallina, peintre et graveur de Florence; Tempesta et Philippe Thomassin furent ses maîtres à Home ; enfin il reçut les leçons de Jules Parigi, à Florence.
Après avoir étudié de 1609 à 161 1, à Home, Callot vint à Florence à la fin de 1611 et il y séjourna jusqu’en 1622. Côme II de Médicis, dès l’arrivée du jeune artiste , l’attacha à sa personne et lui donna une pension et un logement. Callot fut alors admis dans l’atelier de Jules Parigi. Dès l’année 1612, il grava, d’après le dessin de Bernardino Pocetti, l’Enfer du Dante; la même année, il exécuta à l’eauforte les quinze planches de la pompe funèbre de la reine d’Espagne, à laquelle Cùmc II, son beau-frère, fit rendre à Florence des honneurs dont il voulut que la gravure conservât le souvenir. Callot grava ensuite, en 1613, une sainte Famille, d’après André del Sarte un Ecce homo, probablement d’après Stradan, une sainte Famille, d’après le Titien, et le Choix de quelques miracles (Scella d'aleuni miracoli), d’après les dessins de divers maîtres. En général, ceS estampes, gravées au burin, sont d’une grande médiocrité et ne donnent aucune idée du mérite de Callot.
En 1613, il grava les estampes représentant les fêtes données à Florence au duc d’Urbin, par Corne H (Tcatro fatto in Fi rente nclla fesla a Cavallo per la vennta del Scr™ principe d'Urbino — J. Parigi invent. J. Callot del. et /.).
11 exécuta ensuite les intermèdes de Florence, en 1616 ou 1617, 3 planches: (Parigi inv. J. Callot delineavit et fecit), et à partir de cette époque, il cessa de travailler sous la direction de Parigi. 11 avait alors 24 ans ; la série entière des études auxquelles il avait voulu se livrer était épuisée ; il s’abandonna à son génie et ne grava plus qu’à l’eau-forte. Uno des premières œuvres de Callot, sorti de tutelle, la première peut-être, c’est la suite des Bossus (Varie figure Gobbi ); cette délicieuse suite « fatto in Firenze, t’anno 1616 » n’a
1 Le tableau et aetiieltement au Lmivre,
KLOltENCE.
été gravée que plus tard après son retour à Nancy. La réputation d’artiste de Callot commença avec les Caprici di varie figure , comprenant une suite de t8 petites figures, gravées en 1617 et dédiées à Laurent, frère du Grand-Duc. Il publia ensuite les Fêtes de la guerre d’Amour (2 pièces); les Combats des galères (2 pièces); la Tragédie de Soliman; les Massacres; les Péchés capitaux; en 1619, la bataille des Tisserands et des Teinturiers (Battaglia del re lessi e del re tinta, /esta representata inFirenzeil fiume d'Arno, ildi 25 di Lu g lia 1619); la même année, il fit l’estampe des Obsèques de l’empereur Matbias (Essequie celebrate in Firenzc dal sermo gran duca per la morte dell' imperator Slattias, MDCXIX. J. Callot /.— 2e état : Israël Sylvestre excudit.)
En 1620, Callot donna au public un chef-d’œuvre qui mit le comble à sa réputation : c’est la grande foire de Florence. « Rien n’égale, dit Mariette, la merveilleuse pièce qu’il grava à Florence et qui représente la foire qui se tient tous les ans à la Madone de l’Impruneta. C’est un tableau accompli de tout ce qui se peut imaginer pour exprimer un grand concours de peuple occupé à une infinité d'actions différentes. Callot l’a exécuté le plus heureusement du monde et rien n’est plus capable de faire connaître l'étendue de son génie. » La gloire de Callot fut dès lors établie; scs estampes et ses dessins furent recherchés avec le plus grand empressement; son influence devint aussi très-considérable. Il exécuta, cette même année, 1620, le Trattato délie plante et immagini desacri edifizi di Terra Santa, designate in Icrusalemme.... dal II. P. F. Bernardino.
Callot a gravé quelques portraits : on trouve au Cabinet des estampes ceux de Côme H; de François de Médicis; de Donatus Antellensis, senator florentinus ; de Giovan. Domenico Péri.
Si l’on en croit Cochin', Callot aurait peint quelques tableaux : « on voit, dit-il, à la galerie du Grand-Duc, à Florence, quatre tableaux de Callot, graveur célèbre ; les sujets paraissent des histoires de diseurs de bonne aventure et contiennent des épisodes assez plaisants; d’ailleurs ils ne valent pas grand’chose; la touche en est assez spirituelle, mais il n’y a ni couleur ni effet. »
Callot était , comme nous l’avons dit , très-considéré à Florence , lorsque la mort de Côme II , qui l’avait comblé de biens et d’bon-
* Yoy**jc d’Italie, 3 vol. in- 12, Paris 1760. — T. II, 1G-I7.
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ncurs (1(521), le décida h quitter Florence et à revenir en Lorraine*.
On attribue à Callot douze petits tableaux représentant la vie du soldat, qui se voient à la quatrième salle du palais Corsini, à Rome’; — son portrait, qui est dans l’hôtel de l’ancienne famille Rosselli del Turco, à Florence; — et le tableau représentant Jésus-Christ montré au peuple, qui est exposé dans le salon de Flore, au palais IMtti*.