‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 264 sur 452 · B1G Al-D (»oir le n · texte numérisé non relu

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Le grand-duc de Toscane ordonna à Rigaud de faire son portrait pour être placé à Florence dans la collection des artistes célèbres; plus tard, le même prince lui fit faire un portrait de Bossuet ( gravé par Edelinck)1.

553. THOMAS (Germain), orfèvre et sculpteur, né à Paris le 15 août 1673, mort le 14 août 1748.

Germain Thomas ayant perdu son père , Pierre Thomas , célèbre orfèvre, fut envoyé par Louvois, en Italie , à l’âge de 1 1 ans. Après la mort de son protecteur (1091), Germain fut obligé par la nécessité de se mettre en apprentissage chez un habile orfèvre de. Rome. « 11 exigea et obtint de son maître qu'on lui laisseroit chaque jour quelques heures do temps pour dessiner ; son ardeur à protiter de ces précieux moments le mit bientôt en état de donner d’éclatantes preuves des progrès qu’il avoit faits dans cet art. Quelques dessins qu’il présenta dans un concours qui se faisoit à Rome pour la chapelle des Jésuites, furent trouvés si finis et si achevés et d'une si noble composition, qu’ils méritèrent d’être, préférés à un grand nombre d'autres dessins qui étaient l’ouvrage des plus habiles artistes.

* Un saint Ignace en argent, plus grand que nature, divers beaux morceaux d’orfèvrerie et de sculpture que M. Germain fit pour les Jésuites, l'occupèrent pendant six années. La capacité de cet excellent homme se signala encore dans plusieurs grands bassins ornés de bas-reliefs, de médaillons et de trophées destinés à représenter une partie de l'histoire delà vie de G., grand-duc de Toscane. Ces divers morceaux se voient cncoro aujourd’hui avec admiration dans le

1 Yoy. les eicellentes Recherches sur la vie et les ouvrages de 4. Callot, par Meaum?, in-8°, Nancy, 1853.

* Va si y p. 465.

* Fantossi, p. 553, 616.

* Mém. sur les membres de l’Acad. roy. de peint, et de sculp., t. Il, p. 122, 178.

FLORENCE

palais do Florence où il» sont considérés comme des chefs-d’œuvre de l'art.

« Il y avoit déjà près de treize ans que l’excellent homme dont nous faisons l’éloge, travailloit à Rome avec la réputation d’un des plus habiles artistes de son siècle, lorsque invité par les pressantes instances do sa mère qui le rappeloit auprès d’elle , il se détermina enfin à revenir en France; mais retenu dans plusieurs villes, où le bruit de sa réputation l’avoit précédé, son retour à Paris fut encore différé de trois ans.

0 Le génie de ce grand homme, que l’on peut dire avoir été universel, lui fit entreprendre à Livourne la construction d’une superbe église qui fut bâtie sur ses dessins et sous sa conduite.» Après avoir fait à Marseille, à Lyon et dans plusieurs autres grandes villes quelques beaux ouvrages, il revint enfin à Paris, en 1 706.

Les travaux qu’il fit pour Louis XIV et pour le Régent augmentèrent sa réputation, et il n’y eut aucune cour de l’Europe qui ne recherchât avec avidité les ouvrages de cet « incomparable artiste. »

« En 1723, il eut ordre de faire la toilette du roi de Portugal, et en 1723 il fit celle de la Reine; deux ouvrages dans lesquels les beautés de l’art se font plus admirer encore que la richesse de la matière. »

En 1727, il exécuta une toilette pour la princesse du Brésil; en 1728, une autre pour la reine d’Espagne; en 1732, celle du roi des Deux-Siciles; en 1733, celle de la reine avec, un nécessaire accompagné de deux cadenas et de deux couverts d’or. En 1742, le gouvernement le diargea de travailler aux magnifiques présents que S. M. T. C. envoya au Grand Seigneur et qui se composaient d’une table d’argent, de douze soucoupes, d’une cuvette et de divers vases. En 1744 et 1743, la cour de Portugal lui fit faire différents ouvrages dont les plus considérables étaient six couronnes d’or, sept grands chandeliers de vermeil, une grande croix de vermeil pesant 1200 marcs.

« Le bruit de sa mort ayant été porté à Lisbonne , le roi de Portugal ordonna qu'on lui fît un service solennel et voulut que tous les artistes de la ville y assistassent. Témoignage glorieux de l’estime singulière que ce grand roi faisoit de la capacité de cet incomparable artiste'. »

1 L'abbé Lambert, Histoire littéraire du régne de Louis XIV, t. III, p. 283-89. Voir aussi : Archives de l’art français, t. 111, p. 83.

ITALIE

554. DE SPAR VIER (Pierre), peintre, nr ver» 1660, en lUlie, fils d’un avocat d'LWI, mort à Florence le 27 mars 1731. Elève de Gennari.

Pierre de Sparvier apprit à Bologne l’art de peindre sous César Cennari ; ses talents et sa réputation lui firent avoir de très-grands travaux, mais il fut obligé de quitter Bologne par la crainte des châtiments que sa liberté de parole pouvait lui attirer; il alla à Rome où il acquit une grande célébrité par la ressemblance, le talent et la rapidité avec lesquels il peignait le portrait. Après avoir demeuré longtemps à Home il vint il Florence avec l’intention d’aller en France, mais comme on le reconnut pour un maître habile, les Médicis lui donnèrent des travaux qui l’occupèrent et le retinrent à Florence; il peignit des fleurs, des batailles, des caprices, l’histoire, la mythologie et des portraits. 11 fit le portrait de divers princes de. la maison de Médicis, et, par ordre du grand-duc Côme III, il peignit le portrait de l’archevêque délia Gherardesca et du P. Sotomayor, jésuite. Il a fait un très-beau portrait de femme, exposé en 1720 à Florence, dans la fête des membres de l’Académie du dessin; — un tableau d’autel, placé dans une chapelle particulière des environs de Florence; — une adoration des Mages; — la naissance de Jésus- Christ; — la Cène pascale, achetée par la grande-duchesse de Toscane, Violante Béatrice de Bavière, qui envoya ce tableau en France, avec son propre portrait, peint par le môme peintre. — Le portrait de Sparv ier est placé dans la collection des artistes célèbres, à Florence 1 .

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