‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 303 sur 452 · PAUME · texte numérisé non relu

PAUME

1" La réduction en argent, du monument élevé à lionchamps, à fkint- Florent, otferte à S. A. R. Mademoiselle de France, aujourd'hui duchesse et régente de Parme , par les dames de l’Anjou. Ce monument sculpté par David d’Angers, représente lionchamps mourant et s’écriant : « Grâce, grâce pour les prisonniers, lionchamps l’ordonne. » Parmi les prisonniers républicains, se trouvait le père de David d’Angers.

2* Une toilette en argent doré, ornée de sculptures, émaux et pierreries, offerte par souscription à S. A. R. Louise-Maric-Thérèse de France, à l’occasion de son mariage avec S. A. R. Charles-Ferdinand de Rourbon, infant d’Espagne, prince héréditaire de Lucques ' .

Les principales parties dont se compose cette toilette sont : un miroir , deux coffrets à bijoux , une aiguière et son plateau , deux girandoles, une table.

Le miroir est de forme ogivale ; il est encadré dans des ornements en style de la Renaissance, au milieu desquels sont enchâssées les armoiries des anciennes provinces de France : la Bretagne, le Poitou, la Normandie, la Bourgogne, la Franche-Comté, le Berry, la Guyenne, le Languedoc, le Dauphiné, la Gascogne, la Provence, la Lorraine, l’Artois, l'Anjou. A droite et à gauche du miroir sont placés les tenants de France et de Lucqucs. Ces figures sont vêtues de dalmatiques aux fleurs de lis d'or sans nombre, pour Lucques : aux trois lis d’or pour France; elles portent, l’une la bannière de Lucques avec pette devise : Dcus et dics, l’autre, l’oriflamme de France, avec cette devise : Montjoye, Saint-Denis ; elles s’appuient à deux grands lis, aux pieds desquels se groupent de petits amours, et d’où s’échappent des branchages de roses et de lierre. Au pied de chaque support du miroir, sont placées, devant et derrière, deux petites cassolettes couvertes et à jour, destinées à brûler des parfums. Le sommet de l’ogive est surmonté des deux écussons émaillés de Lucques et de France, enveloppés de lierre et de roses, et timbrés de la couronne impériale.

Sur la base du miroir, on lit cette inscription : Souvenir de France, 10 novembre iHiü.

Les cofirets à bijoux sont divisés, sur leurs grands côtés, en trois

1 Aujourd’hui Madame la duchesse de Lucques esl devenue duchesse de Parme el revente du duché ; U toilette se trouve dans le palais de Parme.

ITALIE

compartiments; en deux , sur les petits côtés. Dans ces compartiments sont ajustés vingt émaux, dans le style des émaux de Limoges, blanc-gris et bleu foncé, et représentant les femmes les plus célèbres de la monarchie française : Jeanne d’ Albrct, Jeanne d’Arc, sainte Geneviève, sainte Clotilde, Blanche de Castille, Anne de Bretagne, Jeanne la Boiteuse, sainte lladegonde, Anne de Beaujeu, Valentine de Milan, sainte Bathilde, Jeanne de Montfort, Jeanne Hachette, Clémence Isaure, Marguerite de Valois, Marie de France, Clotilde de Surville, Louise de Savoie, Henriette de France, Christine de Pisan.

Aux angles des coffrets se dressent les statuettes de huit jeunes pages servants : Bayard, Duguesclin, La Trémoille, La Hire, Xaintrailles, Olivier de Clisson, Gaston de Foix, Dunois. Les armoiries, les noms, les dates qui se rapportent à chacune de ces statuettes sont gravés sur les socles.

Sur les rebords du plateau et sur la panse de l’aiguière, s’enroulent des guirlandes en relief de roses et de lis ; l’anse de l’aiguière est formée d’une tige de rosier qui porte au sommet un petit amour jouant avec un lézard; au fond du plateau sont gravés en relief des arabesques byzantines et des rinceaux renaissance.

Les deux girandoles reproduisent le motif général de l’ornementation ; chacune d’elles se compose d’un grand Iis enlacé de roses et de lierre.

La table, qui n’a pas moins de six pieds de long sur quatre de large, est recouverte de grandes plaques d’argent niellées et rehaussées d’or; ces plaques s’enchàssent dans des alvéoles creusés en plein dans une plaque d’acier, d’un seul morceau , qui forme le dessus de la table.

La table est assise sur quatre pieds réunis par le bas à une tige centrale et entourés de rinceaux de feuillages d’or, du milieu desquels se dressent quatre ligures : l’Honneur, la Vaillance, la Fidélité, la Piété ; elle est ornée à son pourtour et au-dessous de l’entablement, de fleurs et de feuillages qui se rattachent aux supports.

Sur le bord extérieur des nielles de la table se développe , en manière de cadre, un ruban enlacé de lis, de lierre et de roses, sur lequel est gravée cette inscription : « Témoignage de respect et de fidélité à Son Altesse Royale Louise-Marie-Thérèse de France, à l’occasion de son mariage avec Son Altesse Royale Ferdinand-Charles île Bourbon, infant d’Espagne, prince héréditaire de Lucques. »

Le pied de la toilette jusqu’à la table est en bronze doré ; tout ce

Page 1