THOMASSIN (Philippe), graveur
Thomassin a vécu longtemps à Rome, où il a beaucoup gravé; il y est mort vers 1630. On serait tenté de croire qu’il tenait école à Rome, puisque Callot y fut son élève.
663. DERUET (Claude), peintre d’histoire, né en Lorraine en 1588, mort le 20 octobre 1660. Elève de Claude Henrset.
Claude Deruet, l’un des meilleurs peintres de la Lorraine, a résidé longtemps à Rome où il suivit les leçons et adopta la manière du Josépin; il y resta jusqu’en 1619, qu'il revint à Nanci et fut nommé peintre du duc de Lorraine Henri II , à cause de la renommée qu’il s’était acquise, entre les bons peintres de Rome, pendant le séjour qu’il y avait fait. Le pape Paul V l’avait créé chevalier de Portugal en récompense de ses mérites. Deruet fit de nombreuses peintures en Italie, dont plusieurs ont été gravées par Thomassin. On cite parmi ses œuvres gravées un saint François-de-Paul servi par les anges (1616); — le Concile des Juifs assemblés pour juger le Christ (1617)'.
664. VALENTIN*, peintre, né en 1600, à Coulommiers, mort à Borne en 1634, le 7 août.
Valentin suivit d’abord la manière de Caravage, mais Poussin le ramena ensuite à d’autres idées. 11 a fait a Rome le Martyre des SS. Procès et Martinien, tableau qui fut exécuté en mosaïque à Saint- Pierre, par Cristofari, et qui est placé à la galerie du Vatican. On voit de lui , au palais Rorghèse , Joseph expliquant les songes : — au palais Doria, une Charité romaine et un saint Jean ; — un saint Jean évangéliste, au palais Spada ; — au palais Corsini, saint Pierre reniant notre Seigneur; — au palais Sciarra, la décollation de saint Jean-Raptiste et Rome triomphante 3.
66.*». VI GNON (Claude), peintre, né à Tours en 1590, mort en 1670.
Le prince Ludovisio, neveu de Grégoire XV, proposa un prix à
1 Meaume, Recherches sur la vie et les ouvrages de Claude Deruet; broch., in-8», Nancy, 1853.
* « D’Argcnville écrit sur la foi d‘un mss. qui lui a été envoyé de Naples, que le Valentin y est nommé Moyse; il a mal lu; c’est Monsù (Monsieur ;, qui est un titre d'honneur que les Italiens donnent volontiers aux artistes françois. » ; Mariette.)
3 Fax».
ROME
plusieurs peintres qu’il choisit pour les faire travailler sur des sujets différents. Vignon eut ordre de représenter les Noces de Canti et remporta le prix. Ce tableau est encore au palais Ludovisio ( 1690) *.
666. STELLA (Jacques), peintre et ;jr»retir * l’c»u- forte, lu1 à Lyon en 1594, mort à Paris en 1657. Elève de son père François Stella.
a J. Stella alla en Italie à l’âge de vingt ans (Kili). Comme il passoit à Florence , lorsque le grand-duc Cosme de Médicis faisoit faire un superbe appareil pour les nopces de son fils Ferdinand II, ce luy fut une occasion de se faire connoistre du grand-duc, qui lui donna un logement et une pension pareille it celle de J. Callot qui estoit aussi alors à Florence, où Stella fit plusieurs ouvrages a. » Entre autres, il dessina et grava la Cérémonie de la présentation des tributs au grand-duc de Toscane, pièce grand in-folio; cette belle estampe, de 1621 , est traitée dans un goût qui rappelle celui de Callot s. Après un séjour de sept ans à Florence, il alla à Rome en 162). « Il fit plusieurs tableaux pour la canonisation de saint Ignace, de saint Philippe de Neri, de sainte Thérèse et de saint Isidore, et fit plusieurs dessins qui ont été gravés, les uns en bois par Paul Mai-paix d’Abbeville*, d’autres pour des thèses et des devises, et d’autres pour un hréviaire du pape Urbain VIII qui furent gravés par Audran et limier 5. Il peignoil d’une manière agréable, particulièrement en [K tit, et même s’y estoit fait une pratique toute particulière. Il fit plusieurs tableaux sur de la pierre de parangon et y feignoit des rideaux d’or par un secret qu’il avoit inventé. On a vu de luy, dans la grandeur d’une pierre de bague, un Jugement de Pâris de cinq figures, d’une beauté surprenante pour la délicatesse du pinceau. Il fit aussi de grands ouvrages..., car pour les petites choses il n’y travailloit que pour satisfaire quelques personnes curieuses.
’ Mémoires sur les membres de l’Acad. roy. de peint, et de sculpt., t. I. p. 268.
* Fetibien. — * Robert Dumesnd , t. VU, p. 158.
v Les pièces gravées eu bois, au uombre de plus de cent, sont exécutées avec une seule planche ou avec plusieurs en camaïeux, par Paul Maupain d'Abbeville. ( Huber et Rosi.) Cette suite comprend 41 sujets de l’Histoire sainte et de la Vie de N. S. J.-C., 63 pièces représentant des apètres ou des saints et 12 sibylles. La création d’Adam est datée de 1624; la sibylle égyptienne, de 1625. Le dessin est beau, large et fier. La gravure est vigoureuse, bien que quelquefois un peu maladroite.
■ Mathieu Crfï tek.
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Enfin s’étant acquis beaucoup de réputation et ayant fait des tableaux qui furent portés en Espagne, le roi catholique les ayant vus luy fit demander s’il vouloit travailler pour luy ; à quoy il s'estoit résolu Au moment de son départ il lui arriva une affaire fâcheuse et il fut jeté en prison. 11 y avait près de onze ans qu’il était à Rome et s’y était attiré beaucoup d’estime; aussi l’avait-on nommé chef de quartier ; en celte qualité il était chargé du soin de fermer la porte dcl Popolo à l’heure ordonnée et d’en garder les clefs. Ayant un jour fait fermer la porte , quelques personnes voulurent la faire ouvrir à une heure indue; Stella refusa; pour se venger, ces personnes le dénoncèrent, gagnèrent quelques faux témoins et le firent arrêter lui, son frère et ses domestiques comme coupable «d’entretenir dans une famille quelques amourettes. » Son innocence fut reconnue et ses accusateurs fouettés publiquement par les rues. « Pendant le peu de temps qu’il fut en prison, Stella fit pour se désennuyer, avec un charbon et contre le mur d’une chambre, l’image de la Vierge tenant son fils, laquelle fut trouvée si belle que le cardinal François Barberin alla exprès la voir. Il n’y a pas longtemps, ajoute Félibien, qu’elle estoit encore dans le même lieu et une lampe allumée au devant : les prisonniers y vont faire leurs prières. »
Stella demeura encore six mois à Rome, d’où il partit en 163-1, à la suite du maréchal de Créquy, lequel revenait de son ambassade. A Milan, il refusa la direction de l’Académie de peinture, fondée par saint Charles, que lui offrait le gouverneur de Milan, cardinal Albornos; arrivé à Paris, il se préparait à passer en Espagne, mais le cardinal Richelieu « qui entendit parler de luy et qui sut qu’il devoit aller en Espagne, l’envoya quérir, et luy ayant fait entendre qu’il luy estoit bien plus glorieux de servir son roy que les étrangers, luy ordonna de rester à Paris, et ensuite le présenta au Roy, qui le reçut pour l’un de ses peintres et luy donna une pension de mille livres et un logement dans les galleries du Louvre 3. »
Outre la pièce gravée à Florence, en 1621 , Stella a encore gravé à Rome : en 1623, un saint Georges; en 1629, une Madone; en 1637, le Sauveur descendu de la croix; l’estampe porte à gauche : lacobus inc.; h droite : Itomœ superior. licentia, 1637. Cette date
* FSlibim. — * Félibien^
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ne s’accorde pas avec celle de 1634 , que donne Félibien pour le départ de Rome de Stella , date bien certaine , puisqu’il revint avec Charles de Créquy, duc de Lesdiguières et maréchal de France, qui fut remplacé , comme ambassadeur auprès de S. S. , par le comte François de Noailles, en 1634.