‹ Les artistes français a l'étranger (volume 2)Chapitre 317 sur 452 · POUSSIN (Nicolas), peintre · texte numérisé non relu

POUSSIN (Nicolas), peintre

lie en juin 1594, aux Andelys; mort à Home le 19 nov. 1665. Elève de Quintin Yarin.

Poussin fut amené à Rome par le poète Marini , ami du pape Urbain VIII. Notre grand artiste séjourna quarante et un ans à Rome, de 1624 à 1665, sauf les deux années (1640-42) pendant lesquelles il résida à Paris.

Le Poussin se lia, à Rome, avec le sculpteur Duquesnois, avec l'Algarde, le Dominiquin , le Valentin, Jacques Stella; il tint à la villa Médicis une véritable école où ces artistes, ainsi que Mignard, le Guaspre, Claude Lorrain, Lebrun, et beaucoup d’autres encore, reçurent ses leçons ou an moins ses conseils. Le pape Urbain VIII (1623-1644) protégeait cette colonie d’artistes français, dont Finfluence sur l’Italie fut si considérable. En effet, la peinture italicnnnc était alors en pleine décadence ; ses représentants étaient Pietre de Cortonc, le Caravage, le Guide. Le Dominiquin, le dernier des grands peintres italiens, était incompris et repoussé. Le Poussin prit sa défense et ramena enfin l'admiration sur les œuvres de son ami; il lutta contre la décadence, contre le mauvais goût, et soutint l'art italien par ses leçons et surtout par ses œuvres '.

Home possède, encore quelques tableaux du Poussin. On trouve à la galerie du Vatican le Martyre de saint Erasme, peint avant 1640, et exécuté en mosaïque à Saint-Pierre, par Cristofari.

* « J’entendais dire fréquemment parmi les artistes et les amateur» romains que le Poussin appartenait à l’école romaine; je leur représentais en vain que sans nier qu’il dût infiniment aux connaissances qu'il avait acquises en se pénétrant, à Home, des beautés de l’antiquité et de celles des ouvrages de Raphaél, le Poussin avait fait ses premières étude» en France, et déjà des travaux dignes d’éloge; il n’était arrivé à Home qu’à trente au», âge dans lequel, s’ils ne sont pas clairement indiqués, un homme ne donne guère l’espoir de talents distingués; je résolus de faire de mon mieux pour détruire une opinion aussi mal fondée...

« Raphaël et son école ayant enseigné comment il faut faire usage, dans les compositions pittoresques de toute» les richesses de l’antiquité, de la mythologie et de l'histoire,

ITALfK.

D'après Vasi, les tableaux suivants sont du Poussin :

Au palais Chigi : une sainte Famille; une descente de croix ; trois enfants.

Au palais Colonna : Apollon et Daphné.

Au palais Corsini : une sainte Famille.

Au palais Doria : une copie de la Noce aldobrandine ; un paysage avec la Fuite en Égypte; une Vue du Tibre à Ripetta; le palais Salviati; deux autres paysages sans désignation.

A l'église Saint-Martin : les ligures des paysages du Guaspre.

Au palais Sciarra : tin saint Matthieu et l’esquisse du saint Érasme.

ME LL IIS (Ourles), |>eiutrc et graicur (voir le nw t>01 ).

Charles Mellin ou Mcslin, est appelé encore Charles Loirain ( Carlo Lorenese, Carolus Lotharingus ), et Carlo Melini. 11 était en réputation d’un très-excellent peintre, dit Félibien; il a peint, à Rome, dans le cloître des Minimes de la Trinité du Mont , et dans la seconde chapelle, à gauche, de Saint- Louis des Français; à Saint- Nicolas des Lorrains, on voyait de lui le Christ au jardin des Olives'. 11 a beaucoup travaillé aussi à Naples, au mont Cassin et à Milan.

« 11 peignit , dit Nagler, des sujets historiques ou mythologiques, ouvrages qui, en partie, ont du bon, mais qui montrent aussi peu de réflexion et de sérieux. L’artiste n’en jouit pas moins d’une grande autorité , et plusieurs de ses œuvres furent multipliées par la gravure. C. Audran grava des anges et des saints, d’après un dessin au bistre qui se trouve à Leipzig chez R. Weigel. Audran grava aussi saint François à genoux au milieu d’un paysage. C. Charles grava une pièce avec l’inscription : «L’Amour a quelque traict de la Divinité, lorsqu’il est soutenu de la Fidélité; » (Nancy, 1693. ) — L’es-

te Poussin observe qu'il ne restait plus qu’à les enrichir des idées sublimes de la morale et de la philosophie ; il y donna toute son attention ; on ne peut fias se rappeler les ouvrages de cet excellent maître sans être convaincu de cette vérité; c’était un pas de plus et un pas bien intéressant à faire faire i l’art de la peinture ; c’est une époque trèsremarquable dans son histoire, le Poussin l’a fixée... »

Lettre de H. Seroua d'Agincourt à M. Caslellan ; Home, 1813, p. 142 et suiv. du L 1 des Archives do l’art français.

* Au moment oü Sandrart l’a connu a Home, il était logé dans le palais du seigneur romain Muli : «lu palatio Muti , nobilis romani magui que artis nostrie fautoris atquc protecloris degens. » — Sandrart , p. 370.

ROME

lampe suivante est aussi de Meilin ; elle représente : le Couronnement de la sainte Vierge dans la partie supérieure, et en bas, saint Jean-Baptisie et saint Florian; elle est signée; Carolus Melini Lotharingus fecit Romæ 1 . »

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