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XXVI L'ART FRANÇAIS

ciennes peintures murales, et aujourd'hui on connaît un assez grand nombre de ces peintures * .

Les plus anciennes sont probablement celles de Saint -Honorât d'Arles et celles de Saint- Jean de Poitiers. Les dernières représentent le Christ dans une auréole et entouré de personnages debout et drapés à la romaine, qui paraissent être les apôtres. Le Christ est probablement de la fin du xni« siècle ; les personnages debout semblent être d'une époque beaucoup plus ancienne.

Les fresques byzantines de Téglise de Saint- Savin, qui datent de 1050 à 1150, comptent aussi parmi les peintures les plus curieuses et les plus anciennes de la France. Les sujets qu'elles représentent sont, au vestibule de Téglise^ tirés de l'Apocalypse; à la voûte de la nef, de TExode et de la Genèse; au chœur, ce sont les Saints protecteurs de l'abbaye et de l'Aquitaine ; dans les chapelles, les patrons de l'église et les évêques du pays; dans la crypte, on a représenté Thistoire de saint Savin et de saint Cyprien ; enfin, à la tribune, des sujets tirés de la Passion et de l'histoire locale ^.

Les fresques de l'abside de Saint- Saturnin de Toulouse sont les plus remarquables peintures du moyen âge que nous possédions. Viennent ensuite les peintures du dortoir de Saint-Martin des Vignes à Soissons; celles de la chapelle de l'hospice de Marciac; les fresques romanes, et si curieuses', de la préfecture d'Angers (ancienne abbaye de Saint -Aubin); les peintures des colonnes du chœur de Notre- Dame de Calais (fin du xv» siècle); celles du réfectoire de l'abbaye de Charlieu (Forez) et de la cathédrale de Clermont; les fresques romanes de Saint-Gille à Montoire (Loir-et-Cher) (l'une d'elles représente le Christ assis dans une gloire); les fresques de la salle capitulaire des templiers à la citadelle de Metz ( xin« siècle ] ; celles du porche de Notre-Dame des Dorns à Avignon, que l'on a attribuées à Simon Memmi *. Il existe encore au château des papes dans la même ville, quelques débris des peintures qui décoraient cet édifice. La haute Sainte -Chapelle de Paris était peinte en entier;

1 Voyez les quatre volumes du Bulletin du Comité, aux tables.

* Les fresques de Saint -Savin ont été l'objet d'une publication du Comité des arts; 1 vol. in-folio.

' BuUetin du Comité, l, 208.

* Voyez Notes sur quelques anciens artistes d'Avignon, dans les archives de l'art rançiis, t. IV. Ces notes de M. Acbard sont la base d'une histoire de l'école d'Avignon.

MOYEN AGE. xxvil

quelques paftîes très -bien conservées de cette décoration ont servi à la restauration complète de cet édifice. Citons enfin les trente quatre fresques de la nef de la chapelle de Selles -Saint- Denis (Loiret-Cher); celles de la cathédrale du Mans (fin du xiv« siècle) : elles sont d'un bon style, et analogue aux plus gracieuses productions des anciens peintres d'Italie ; la fresque psychomachique de Saint-Julien de Brioude ; les belles fresques du chœur de l'église du mont Saint- Michel; la fresque de la cathédrale de Coutances (xiv« siècle); celles de la tour de Veyrines à Mérignac, de la crypte de Téglise Saint- Cemeuf à Billom; de l'église d'Aire sur la Lys; de la chapelle du château de Sainte -Maure (Indre-et-Loire); les belles fresques romanes de la crypte de la cathédrale de Limoges; celles de la chapelle de Saint-Remy-la-Varenne (Maine-et-Loire); les peintures murales de Saint-Pierre- les -Églises, près de Poitiers (xi« ouxii* siècle); les fresques de la chapelle de Jouhé-sur-Gartempe, près de Montmorillon (xv« siècle). Le Musée de Cluny possède quelques fragments d'une peinture murale du xn« siècle, venant du réfectoire de l'abbaye des bénédictins de Charlieu (Loire).

Quelques châteaux ont aussi conservé des traces de leur ancienne décoration.

Nous avons donné à dessein cette longue nomenclature, pour montrer combien était fréquent, au nioyen âge, l'emploi de la peinture monumentale, dont on soupçonnait à peine l'existence il y a quelques années; et les fresques que nous avons citées ne sont pas les seules qui existent encore : chaque jour on en découvre de nouvelles sous le badigeon.

Peinture sur bois. Tableaux,

Les peintres du moyen âge ne se livrèrent pas exclusivement à la peinture monumentale ; ils peignirent aussi des tableaux sur bois et mille autres petits objets à l'usage de la vie domestique. La peinture sur bois, fort pratiquée chez les Grecs, était connue dans l'Europe occidentale dès le xu« siècle^ puisque Théophile en décrit tous les procédés *.

i Théophile (ch. 20, 26, 27) donne aussi tous les procédés de la peinture à l'huile , qui était connue de son temps : on a des preuves qu'elle était pratiquée en Flandre dés

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