‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 18 sur 456 · MOYEN AGE. XXXI · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. XXXI

peinture sur verre est assez obscure; la date flotte entre le ix« et le xi« siècle* y et on ne sait pas au juste qui des Français ou des Allemands a eu le mérite de cette invention.

Les plus anciennes verrières encore conservées en France sont celles de Tabside de Tabbaye de Saint-Denis, exécutées à l'époque de l'abbé Suger (xii* siècle), et S!ir lesquelles il lit représenter Thistoire de Moïse et la croisade de Louis VII; celles de Tabside de la cathédrale de Bourges, et enfin celles du chœur de Saint-Jean de Lyon.

Ces anciens vitraux et ceux du xni*' siècle ne sont que des mosaïques transparentes, à Taide desquelles on parvenait à obtenir de puissants efiets de lumière. Les verriers ne recherchaient alors que ces effets de décor; les figures et les draperies sont largement indiquées; les sujets historiques sont peints dans des médaillons circulaires ou trilobés, et disposés sur un fond de mosaïque; ils sont tirés des légendes des saints et de l'histoire ecclésiastique, ou représentent des évéques et des abbés; ce sont, comme le dit une ancienne inscription, de vrais catéchismes et instructions pour le peuple.

Les plus belles verrières sont celles du xin« siècle; on peut citer comme exemples celles de la cathédrale de Sens, les plus belles comme fabrication ; celles des cathédrales de Bourges, de Chartres, de Tours, de Reims, d'Amiens, de Troyes, de Beauvais; enfin, les roses de Notre-Dame de Paris.

Dès le xiv« siècle la peinture sur verre se modifia ^ ; les verrières cessèrent d'être des mosaïques, et commencèrent à devenir des tableaux. Les morceaux de verre s'agrandirent; les lignes de plomb devinrent plus rares; les grisailles, les tons clairs plus communs, ce qui détruisit l'harmonie, en donnant trop de passage à la lumière ; en un mot , si les verrières gagnèrent sous le rapport du dessin des sujets historiés, elles perdirent l'énergie et la puissance de leurs effets de couleur.

Au XV* siècle ces défauts augmentèrent encore ; on eut d'assez beaux tableaux peints sur verre , quelquefois d'après les cartons de maîtres célèbres ; on n'eut plus de verrières. Les vitraux de Saint-

^ Le XI* siècle parait être la date la plus probable. > Voyez le Bulletin du Comité, t. I, p. 56 et suiv.

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