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XXXII L'ART FRANÇAIS

Ouen de Rouen sont certainement les plus beaux qui aient été feits pendant ces deux siècles; les rosaces d'Amiens et de Sens sont plus remarquables par l'éclat et la grande vivacité de leurs couleurs que par rharmonie des tons.

On représenta aussi à cette époque sur les vitraux un certain nombre de sujets empruntés à notre histoire nationale ; déjà on avait peint à Saint-Denis la croisade de Louis VII; à Saint-Louis de Poissy^ sur une verrière du xiv« siècle, on peignit le sacre du saint roi ; à Thôtel Saint-Paul , à Paris, un célèbre verrier du xv* siècle, Henri JV^bllsik , peignit sur les vitraux les portraits de Jeanne d'Arc et de Jacques Cœur. Malheureusement ces précieux portraits ont été détruits.

Les Portugais et les Espagnols appelèrent nos verriers , alors renommés dans toute l'Europe, pour décorer leurs monuments *. Guillaume de Beaulieu (1448-73) fit les vitraux du monastère de Batalha, magnifique édifice gothique fondé par le roi Jean I** (mort en 1433), et à la construction duquel nous voyons présider un maître HuGUET ou HuBT, qui , d'après son nom, parait être français. Un grand nombre de verrières furent ^peintes en Espagne, pendant les xv« et XVI* siècles, par nos artistes, dont les principaux sont Pierre, Jacques de Troybs et Junzb de Bourgogne, qui avaient été chargés de décorer les cathédrales de Tolède, de Séville, de Léon, deBurgos et de Barcelone ^.

Peinture en émail.

L'art de l'émailleur, déjà pratiqué par les Gaulois, si populaire en France au moyen âge, et l'une des gloires artistiques du pays, eut son centre principal à Limoges; d'autres villes, Arras, Montpellier, Paris, eurent aussi des corporations d'orfèvres émailleurs, mais moins célèbres que ceux de Limoges.

La tradition fait remonter l'existence des orfèvres émailleurs de Limoges au temps même des Romains. Quelques savants prétendent au contraire que cet art fut apporté dans cette ville, au x* siècle^ par des artistes vénitiens. Il est difficile de se prononcer sur la question, puisqu'on manque de documents. Ce qui est certain, c'est

^ Raczynski, Dictionnaire et lettres sur les arts en Portugal. ' Quaterl]f review, dans la Revue Britannique de novembre 1846.

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