LESTâGHE ou LESTAGE (Pierre), sculpteur
Lestage^ sculpteur français^ travaillait à Rome en 1725; i^ y restaurait des antiques et fit qufitre statues dans les niches de la façade de Saint-Louis-des-Français *.
729. TRl^.MOLLIÉRE (Pierre-Charles), peintre, ne en 1703, à Ghollet, mort le il mai 1739. Ëléve de J.-B. Vanloo.
TrémoUière alla à Home en 1726^ et fut chargé de faire la copie, d'après le Vanius , d'un tableau représentant la Chute de. Simon le Magicien ; l'original, placé sur un des autels de Saint-Pierre, étant peint à l'huile sur le mur, commençait à dépérir, et il s'agissait de le mettre en mosaïque. Cette très-belle copie a été placée à Sainte- Marie-des-Angcs. TrémoUière revint à Paris en 1734'.
730. SLODTZ (Beiié-Michel ou Nichel-Ange>, sculpteur, né à Paris le 29 septembre 1705, mort, à Paris le 26 octobre 1764^
Slodtz résida dix-sept ans à Rome, de 1730 à 1747, et selon l'expression de Patte, il fit Tornemcnt de cette ville pendant son séjour. Quoique jeune et étranger, il fut choisi au concours pour sculpter la statue de saint Brimo, une des meilleures statues modernes qui sont dans Saint-Pierre; le saint est représenté dans l'instant qu'ih refusa la mitre qui lui est apportée par un ange *. Il éleva' ensuite , dans l'église de Saint- Jean-des-Florentins, le tombeau du marquis Capponi. Le mausolée ekt soutenu sur un socle oii est gravée l'inscription, et sur lequel est posé un sarcophage. Une femme, appuyée sur ce tombeau, tient d'une main un livre; elle a un agneau couché à ses pieds. Le portrait du marquis est dans un médaillon porté par deux génies ^.
A Saint-Louis-des-Français, Slodtr fit le bas-relief du tombeau
» Lalande, t. V, p. 125. — Vasi, 330. « liagUr. — Vasi, 329.
^ Mémoires sur les membres de l'iVcad. Toy. de peint, et de sculpt., 1. 11, p. 446. — Lalande, t. IV, p. 308. — Vasiy p. 239.
* Lalande, t. 111. p. 445. — Celte statue est en marbre et a 14 pieds de baut. (Fr. Blundfil, Aichitecture françoise, t. IV, p. 32.)
* Lulunde, t. V, p. 9. — Vasi^ p. 505,
et le buste de Wleughels. — A Sainte-Mario deHa Scala, à la chapelle de sainte Thérèse % il exécuta un bas - relief «n forme de médaillon^.
731. SUBLEYRAS (Pierre), peintre, né à Uzès en 1699, mort i Rome en i749. Élève d'Antoine Riv*lz.
Subleyras a passé toute sa vie à Roine^ où il s'est fait, dit Mariette^ un honneur infini. 11 y arriva en 1728. Chargé par les chanoines d^Asti^ en Piémont^ de faire un grand tableau^ il peignit N.-S. chez Simon le Pharisien. Ce morceau^ terminé avec soin , fit sa réputation,-^ il fut admis aux Académies de Saint-Luc ^ et des Arcades. On le chargea ensuite de faire un tableau pour Sâinl-Pierre. 11 représenta saint Basile célébrant les saints Mystères et refusant les dons de Temperetir Valens , qui tombé évanoui dans les bfas de ses gardes \ Ce tableau^ achevé à la fin de 4745 et dont on admira Tordonnance et la couleur^ fiit aussitôt exécuté en mosaïque. C'était la première fois qu'on faisait cet honneur à un artiste vivant. Subleyras en était digne, et son œuvre était digne aussr de soutenir la gloire de notre école.
Subleyras eut dès lors nine réputation immense. Le pape Benoît XlV**/les cardinaux , les princes de Rome se firent faire leurs portraits.
On a de lui y outre le portrait de Benoit XIV, ceux du cardinal Valehti GonzagUe et de plusieurs grands personnages. Le pape lui commanda TExtase de sainte Camille', le Idariage de sainte Catherine de Ricci avec Tenfant Jésus, et plaça ces tableaux dans son appartement. Il fit pôui* Milan, un saint Jérôme pour les Pères appelés I Girolomini di Milano; pour'Pérouse^ deux tableaux d'autel;
1 Lalande^i. V, p. 509, ne désisne pas le sujet de ce bas -relief, mais Vasi^ p. 451, nous dit qu'il y a dans cette chapelle deux bas-rehefs et que dslui qui représente la sainte est de Pb. Valle; l'autre est donc celui de Slodtz, mais il ne le désigne pas.
< Notice sur Slodtz, par Gastilhon, dans le Nécrologe de 1766, rédigée d'après la Lettre de Cochin aux auteurà de la Gazette Ihtéraire, imprimée à Paris, chez Jomb«rl,l'765.
* W donna à l'Académie de Saint- Luc, pour morceau de réception l'eMfuisse de ce tableau. {Vabhé Fontenai.)
* Vasi en donne une autre description. Valens entendant la messe célébrée par saint BwUe s'évanouit en voyant avec quelle majesté et quelle dévotion celui-ci célèbre le émn sacriâce.
^ Le portrait de Benoit XIV, peint en 1740, est au Musée de Versailles.
Tun représente saint Benoît ressuscitant un en&ût, et Fautre Théodose aux pieds de saint Ambroise ^ U peignit encore^ pour le marquis Pietro-Emilio Cavalière Sgarigiia d'Ascoli, une Annonciation de la Vierge*.
732. VERNET (Claude -Joseph), peintre de marinet(¥oir le ii* 116).
« Ce n'est pas un éloge de Yemet que j'ai l'honneur de vous adresser^ ce sont seulement quelque^ faits épars de la vie de cet homme célèbre^ recueillis dans Tintimité de sa société > seul hommage que je puisse rendre à l'amitié dont il m'honorait... Vernet, arrivé à Home (vers 173^^ à dix-huit ans)^ faisait des dessins qu'il vendait fort mal. Des dessins de marine jie peuvent en général être bien appréciés que par des connaisseurs... Vernet essaya de peindre de petites marines; longtemps il se crut très-heureux de trouver à les placer pour un sequin ou deux. Son père ne lui envoyait plus d'argent^ et Vernet^ gagnant à peine de quoi vivre ^ allait.rejoindre sa patrie , lorsqu'on lui conseilla de se présenter ayec deux jolies petites marines chez un cardinal qui aimait les arts. Yemet, repoussé par le suisse du cardinal ^ se retirait tristement sans avoir pu parvenir à le voir, lorsqu'un ami qui le rencontra lui apprit que l'on ne parvenait à parler à un prince de l'Église que comme aux autres. U retourna chez Son Ëminence^ donna la hona mana à ses gens^ et fut introduit. Le cardinal regarda les tableaux^ lui en donna le prix^ et notre jeune peintre fut fort étonné lorsqu'il l'entepdit ordonner de lui compter quatre louis. Le cardinal encouragea Yemet par tout ce qu'il ajouta d'éloges à sa munificence et fit sa réputation. Je regrette, surtout à ce titre ^ de n'avoir pas retenu le nom d'un homme sans lequel peut-être Yernet eût été obligé de quitter un art qu'il a tant illustré. Vernet, encouragé, employé, ne négligea rien pour perfectionner son talent... Il n'avait que vingt ans et ses tableaux étaient déjà fort estimés; mais Yemet aimait les plaisirs, ne travaillait point assez et dépensait son argent. U logeait chez un perruquier qui, comme presque tous les Romains, aimait la peinture et se trouvait glorieux de loger chez lui un artiste célèbre. Le perruquier avait
• ITArgenville. — Mariette. — Robert Dumesnil, t. II, p. 255.
* Baldassare Orsini, Descrizione délie pitlure, scuUure, architettyra ed titre cost rare délia insigne citta di Atcoli, 1 vol. in -S». Perugia, 1790.