‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 329 sur 456 · HOME · texte numérisé non relu

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laissé accumuler plusieurs mois de loyer que Yemet ne s'empressait point de payer. Sbn hôte montait souvent chez lui et le voyait peindre en silence; enfin Yemet^ qui imputait cette assiduité à l'argent qu'il devait au perhiquier^ lui parla de sa dette. Il fut bien étonné de s'entendre dire par son hôte que^ « Voyant qu'il ne pouvait pas satisfaire aux demandes de tableaux que lui faisaient tant de grands personnages, et mourant d'envie d'avoir un des siens^ il avait cru que le moyen le plus sûr de l'obtenir était de laisser accumuler la somme qu'il lui devait, persuadé qu'il aimerait mieux s'acquitter en lui faisant un tableau qu'en tirant à la fois tout cet argent de sa poche... » et le peituquier supplie Yemet de lui donner le tableau qu'il est en train de faire. Yemet y consent et oublie que cette peinture est promise au cardinal son protecteur; enfin Son Éminence vient * chercher son tableau , déclare au jeune peintre que c'est son chefd'œuvre et ordonne à ses gens de le porter dans sa voiture* a Le perruquier tombe à ses pieds en la priant d'avoir pitié de lui et lui annonce en foi^dant en larmes qu'il ne survivra pas. à la perte de ce tableau.» Yemet interdit, expliqua la cause de cette singulière scène au cardinal, qui, touché de Taniour qu'avait pour l'art ce perruquier lui abandonna le tableau. C'est un point du jour, un des meilleurs ouvrages que Yemet ait laissés à Rome.

« Notre jeune peintre aimait passionnément la musique. Il était lié de la plus étroite amitié avec le célèbre Pergolèse,... ils vivaient presque continuellement ensemble. Le peintre avait chez lui un forte -piano pour amuser son ami, et de même le musicien avait chez lui un chevalet et des palettes; l'un faisait de la musique pendant que l'autre peignait, c^t Yernet m'a souvent dit que ces moments ont été les plus heureux pour son génie et pour son cœur; les chants de Pergolèse lui donnaient le sentiment de la plus belle nature ; et souvent, disait-il, j'ai dû les teintes les plus suaves et leur accord à l'impression que me faisaient éprouver le charme de l'harmonie et la douce voix de mon ami ^ »

Yernet a beaucoup travaillé à Rome pendant les vingt ans qu'il y séjouma. On cite surtout, parmi ses œuvres, les tableaux du palais Rondanini, peints dans le goût de Salvator Rosa; ceux du palais Spada et ceux de la galerie Borghèse.

* Lettre de M. Pitre, dani le t. XIV de U Correspondance de Grimm, p. 488. # 23

3fi ITALIE.

Mariette > parlant dd la passion des Anglais pour ti leur Vaa de Yelde » et en particulier pour ses marines, nous apprend que : <» Pendant tout le temps que Yernet est demeuré en Italie il n^a presque travaillé que pour des .personnes de cette nation^ et encore aujourd'hui, s'il vouloit les croire, tout François qu'il estj, ils prendroient tout ce qui sort de son pinceau '. d

733 FRONTiER (Xeaa4:iharles), cintre, Dé à Ptrlt eii 170<i mort à Lyon le 2 septembre 1763. £i^ve4e C.-G. Utile. — Grand prix en 1728.

« Prontier apprit son art chez G* -G. Hàllé, et ensuite continua aejs études comme pensionnaire à Rome. Après son retour k Parls^ il fut en 1744, nommé membre de l'Académie, et trois ans après^ directeur de celle de Lyon, où il mourut en 4765. Le marquis d*AN gens parle avec beaucoup d'estime de son talent; il possédait UM gt*ande habileté dans le dessin, mais sa couleur s'affaiblit A'ènnéë en année ^. »

Cet artiste , ajoute de La Blancherie ^ a été à t\atne fort ioti(; temps j on y trouve le plus grand nombre de ses miVtageë.

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