‹ Les artistes français a l'étranger (volume 3)Chapitre 5 sur 456 · MOYEN AGE. V · texte numérisé non relu

MOYEN AGE. V

la France a subi une influence extérieure , l'influence française s'est exercée sur TEurope et elle dure encore.

Bien que le génie des populations soit la principale cause de ce fait universel^ une autre cause doit être encore signalée, la situation géographique du pays. Les avantages de cette position sont tels que Strabon^ il y a 1800 ans^ n'hésitait pas à dire que a personne ne pourrait douter en contemplant celte œuvre de la Providence* qu'elle n'ait disposé ainsi ce pays avec intention et non pas au hasard^».

Lorsqu'au xiu« siècle la littérature et Tart français débordèrent sur TEurope, il semble en vérité que la France soit trop petite pour contenir toute sa grandeur; et à ce moment la politique française avec saint Louis^ avait autant de gloire et d'influence à Textérieur que nos architectes et nos poètes. Alors aussi des dynasties françaises régnaient sur presque toute l'Europe, en Portugal, en Castille, en Hongrie , en Pologne , à Constantinople , en Morée , à Athènes , en Chypre, en Syrie, à Naples, c'est-à-dire, dans presque tous les États du bassin de la Méditerranée, qui fut vraiment alors un lac français. Ces dynasties répandaient dans leurs royaumes les usages, les arts et la langue de la mère-patrie.

Parmi les causes si diverses qui ont contribué à augmenter l'influence de la France, il faut mentionner la renommée des grandes abbayes et des écoles de Cluny, de Clairvaux, de Prémontré , etc., où les étrangers venaient s'instruire dans les sciences sacrées et puiser le goût de l'art gothique : la célébrité de TUniversilé de Paris', école suprême de toute l'Europe, où affluaient de tous les pays des milliers d'étudiants qui remportaient ensuite chez eux la connaissance de notre littérature , de nos poèmes de chevalerie et de notre langue, qu'on appelait au temps de saint Louis la parleure commune à tous.

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> Le chevaleresque Jean , roi de Bohême, mort si glorieusement à Crécy (1346), tfait envoyé è Paris son 6Is, Charles, depuis empereur sous le nom de Charles IV, et cet enfant avait été él^ è la cour du roi de France, Charles le Bel, beau-frère de Jean. En 1347, Gbaries IV établit Tuniversité de Prague sur le iQodèle de celle de Paris; tous les savants qui en fufent les premiers professeurs avaient fait leurs études à Paris. — Schcell, Cours d*hist. des États européens, t. VIII^ p. 79.

Les universités de Viemie (1365), de Heidelberg (1386) et de Cologne (1389) furent égdement établies (H ornuiisées sur le modèle de l'université de Paris. (SchœU.)

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