‹ Les artistes français à l'étrangerChapitre 14 sur 202 · louis XIV · texte numérisé non relu

louis XIV

Asservis à Le Brun , les nombreux sculpteurs * du règne de Louis XTV ne furent que des praticiens aux ordres du premier peintre tout-puissant, exécutant sur ses dessins toute la sculpture décorative des palais et des jardins que le Roi faisait bâtir. La plupart de ces artistes, hommes de talent, produisirent, sous la forte direction de Le Brun, un ensemble d'oeuvres en harmonie parfaite avec le style de l'architecture et de la peinture. A côté d'eux se place l'orfèvre Ballin, auteur principal de toutes ces grandes pièces d'orfèvrerie qui servaient d'ameublement à Versailles et tenaient, par la beauté de leurs formes et le fini de l'exécution, une place si importante dans la décoration du palais \

1 Presoue toutes les œuvres de ces maîtres sont détruites ou dispersées ; le Louvre en possède quelques-unes. Sarazin est Fauteur des cariatides qui aécorent le pavillon central du Louvre. On voit de lui, au Jardin des Plantes de Paris, le groupe des deux enfants à la chèvre ; ce chef-d'œuvre vient de Marly. — Voyez sur ces artistes les Mémoires sur la vie et les ouvrages des principaux membres de l'Académie, 2 vol. in-S.

1 Les plus importants sont Lerambert, les deuxMarsy, Tuby, Lehongre, Regnaudin, Van Clève, Desjardins, Girardon.

J Ce mobilier, le plus somptueux qui ait jamais existé, se composait de cabinets, ta-

Quelques sculpteurs échappèrent à la direction de Le Brun : Puget, Hièodon et Legroê; mais leë deux derniers furent obligés dé s'en aller à Rome; Puget resta fièrement à Marseille. Toutefois, Louis XIV lui commanda, et fit ^lbcet dans l'allée royale du parc de Versailles', les groupes de MiloU de Grotône et de Persée '. À côté de ces grands artistes, 11 fout placer Giràrdon et Coyzevox. Le mausolée du cardinal de Richelieu, paf le premier, les bustes du second, sa statue de la ducheâsé de Bourgogne éh Diane chasseresse, et ses imitations de 1 antique, si élégantes, si pures et si françaises \ sont au nombre des principales œuvres de notre école.

« Depuis le renouvellement des arts, on n'a jamais vu en quelque lieu que ce soit le gland nombre de sculpteurs excellents et de bons graveurs en tout genre et en toute espèce qu'on à vus en France Sous le règne du feu Roi.

» Les Italiens, de (fui hous aVons apptis l'art de la sculpture, sont réduits depuis longtemps* à se servir de nos ouvriers. Puget, sculpteur de Marseille, fut choisi préférablement à plusieurs sculpteurs italiens, pour tailler deux des quatre statues dont on voulait orner les niches des pilastres qui portent le dôme de la magnifique église de Sainte-Mafie-de-Carigban, à Gènes. Le Saint-Sébastien et le Saint- Àlexandre^Sftull sotit de lui. Je né veux point faire tort à la réputation de Domehiéo GUidi qui fit lé Saint-Jean, ni ft l'ouvrier qui fit le Saintr-Barthêlemy* mais les Génois regrettent aujourd'hui que Puget n'ait pas fait les quatre statues. Quand les Jésuites de Rome firent élever, il y a quarante-cinq ans, l'autel de Saint-Ignace dans l'église du Jésus, ils mirent au concours deux groupes de cinq figures de marbre blanc, qui dévoient être placés aux côtés de ce superbe monument. Les plus habiles sculpteurs qui fussent en Italie, présentèrent chacun son modèle, et ces modèles ayant été exposés, il fut décidé sur la voie publique que celui de Théodon, alors sculpteur de la fabrique de Saint-Pierre) et celui de Le Gros ', tous deux

blés, guéridons, coffres, fauteuil*, sièges, tabouret^ bancelles à dossier 4 balustrades d alcôves, garnitures de cheminées, bordures de miroirs, torchères, girandoles, bras, chandeliers, nefs, bdssins, vases, mues, aiguières, buirés, flacons, cuvettes, plateau*, salières, pots à fleurs*, caisses d'orangers, cassolettes, brancard*. seaux, cages, écritures, gantières, crachoirs, figurines, bas-reliefs, filigranes d'or, de vermeil et d'argent, etc. Le tout a été fondu en 1689, 1890 et Vers 1709 ; fvdyel dans le Journal de Dangeau, t. III, p. 33, les indications contenues dans la note dû 3 décembre 1089). Quelques tableaux du musée de Versailles nous ont conservé le souvenir de ces magnificences ; ces tableaux sont : les Modèles de tapisseries représentant les résidences fn** 4585-96), le Roi visitant la manufacture des QobelinS (Ml 7), la Réparation faite au Roi par l'ambassadeur d'Espagne (1055).

1 Ils sont actuellement au musée du Louvre.

* Là Vénus accroupis, qui ornait le perron du parterre du nord, à Versailles, est actuellement au Louvre.

3 c Le fameux Le Gros mourut à Rome fort jeune et y laissa plusieurs morceaux de sculpture qui vont de pair avec tout ce que les Italien! ont produit de meilleur en ce genre. • (Franc. Blondel, Areh. franc., t. III, p. 14).

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françois, étaient les meilleurs, ns firent les deux groupes qui sont cités aujourd'hui parmi les chefs-d'œuvre de la Rome moderne. La balustrade de bronze qui renferme cet autel, laquelle est composée d'anges qui se jouent dans des ceps de vigne mêlés d'épis de bléj est encore l'ouvrage d'un sculpteur françois *. »

De tous cAtés, en Europe, on trouve à cette époque des sculpteurs français, fin même temps que Puget travaillait à Gênes, on y rencontre La Mer, Onorato ou Honoré, Lacroix, Claude David. Même remarque pour Rome; avec Legros et Tbéodon, Jean Ûbaxnpagnej Michel Maille, Etienne Monnot et Villerme^ le sculpteur de crucifix. À Cassel, c'est Pierre Monnot qui sculpte les fameux bains de marbre du Landgrave; à Berlin, nous trouvons Hulot et Charpentier; k Dresde, François Coudray et son fils Pierre Goudray ; en Angleterre) Le Marchand, célèbre sculpteur en ivoire; en Danemark, Lamoureux; en Suède, ïtené Chauveau, premier sculpteur du roi de Suéde, l4orfévre Jean-François Cousinet; en Russie, Nicolas Pinault*, etc.

fioulle (André-Charles), architecte, peintre, sculpteur en mosaïque, graveur* ordinaire des sceaux royaux, est surtout célèbre comme ébéniste; il donna à nos meubles de nouvelles formes, les orna de bronzes élégants et de riches mosaïques formées de bois de diverses couleurs, de cuivre et d'ivoire. A une science profonde du dessin, il joignait le plus excellent goût. Boulle travailla pour presque tous les Souverains de l'Buropei

Pour finir, citons encore un témoignage du xvin* si&ele. Parlant da là basilique de Saint-Pierre de Rome, l'auteur des Lettre* sut la renaissance de l'architecture grecque, s'exprime ainsi :

« Quant à la partie de la décoration, il faut s'imaginer que tout ce que la peiniure, la sculpture, l'art de jetter en bronze, de revêtir de marbre, peut produire de plus riche et de plus exquis, se trouve rassemblé dans la basilique du Vatican. La France a la gloire d'avoir fourni des artistes dignes d'y partager avec les Italiens l'admiration des étrangers. Les statues de Le Gros, de Monnotl de Slodta se soutiennent vift-à-vis des morceaux de L'Algarde, du Bernin, de ïtosconi. Les tableaux du Poussin, de Vivien (sic)) de Subleyras, rapprochés de ceux du Dominicain, du Guerchin, de Lanfranc, fixent encore les yeux et balancent les suffrages des spectateurs *. »

4 Réflexion* critiques sur la poésie et sur laj>nHtm*s par l'abbé Da Be«, feettétlirë perpétuel de l'Académie françoiee, 17W» hi-12; 0« éd.( t. II, p. 180-li

•Pinault ou Pineau, mort an 1754, fut unëculptettf • ttabile pot* &*omcMlflllt» » D'ÀrgenYille (Dttcr. de Parié) rappelle le célèbre Pineau.

1 Jiumûl 4$ IVrttiMr, 1700, p» 2980.

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