‹ Les artistes français à l'étrangerChapitre 167 sur 202 · SIENNE · texte numérisé non relu

SIENNE

BERTIN, horloger-forgeron. — m X M. Th. Lebreton. Permettez-moi, mon cher collaborateur, de vous emprunter pour quelques instants un titre sous lequel vous nous apprenez si bien à connaitre et à apprécier les hommes marquants de notre cité. Je n'ai d'ailleurs qu'un simple renseignement à vous fournir, et lorsque je vous aurai fait part de ma trouvaille, je vous rendrai votre bien. Il s'agit d'un Rouennais qui vivait en Italie à la fin du quatorzième siècle, dont je trouve le nom dans un recueil de « Documents relatifs à l'histoire de Vart à Sienne1. » Ce compatriote, nommé Bertin, fils de Pierre, fut le « maître » des horloges de la commune de Sienne, aux appointements de 36 florins par an, depuis l'année 1 360, où il en est fait mention pour la première fois, jusqu'à l'année de sa mort, survenue en 1391. Il était citoyen de Sienne, où il s'était marié. C'était sans aucun doute un horloger, mais certainement il était expert dans le travail des métaux.

» En effet, l'œuvre de la cathédrale le chargea, en 1384, de forger les grilles qui devaient entourer le chœur de l'église.

1 Documenti per la sioria delV artt xiene&e, raceolti e illustrait del dottore Qaetano ntilanese, 3 vol. in-8°. Onorato Porri, Siena, 1894.

» Il y avait quatre panneaux payés à raison de sept sols la livre, mis en place, mais scellés au plomb aux frais de l'œuvre. Cent florins par trimestre étaient avancés comme à compte à maître Bertin dès le commencement de son travail, qu'il devait poursuivre à l'exclusion de tout autre. Ces grilles devaient être « semblables à celles du palais du podestat, sinon plus belles. »

» En 1388, deux de ces grilles seulement étaient faites. Il intervient alors un nouveau compromis pour que les deux grilles qui restaient à faire fussent plus riches que celles qu'on venait de terminer. Chaque, grille devait être exécutée au prix de 500 florins d'or. Maître Bertin s'engageait à mettre en place la première en août 1389, et la seconde dix-huit mois après.

» Il ne reste plus rien, croyons-nous, de ces grilles. Une description minutieuse de la cathédrale de Sienne, que nous avons sous les yeux, n'en parle point, et les voyageurs-archéologues n'en ont aucun souvenir. Ils se rappellent fort bien, au contraire, celles du palais du podestat qui servirent de modèles. Ces grilles sont fort belles, voilà tout ce que nous savons, n'en connaissant aucune description ni aucun dessin.

» Cet artisan, qui battait le fera une époque où l'art se mêlait si intimement à l'industrie, sortait peut-être des ateliers où furent forgées, à Rouen d'abord, les belles ferrures des portes de notre cathédrale, puis la grille du jubé, déposée aujourd'hui au musée d'antiquités. Cette grille est contemporaine de celles que forgeait à Sienne, à la fin du quatorzième siècle, « Maestro Bertino di Pietro da Rouen di Normandia. » Il serait curieux de la comparer à celles du palais municipal de Sienne, afin de reconnaître si ce ne serait point un Normand qui aurait importé la ferronnerie en Italie, comme ce fut un Français qui y importa la peinture sur verre. En tous cas, le peu que l'on sait sur cet horloger-forgeron m'a semblé mériter d'être signalé à votre attention, afin de grossir la liste de nos concitoyens dignes de sortir de l'oubli. — Alfred Darcel. »

JACQUET DE BENOIT, tapissier. — On voit dans le palais de l'ancienne république, des tapisseries historiées (arazzi) achetées en 1445, à Jacquet de Benoît, au prix de 3509 livres que lui paya la commune pour avoir introduit à Sienne l'art du tapissier1.

BIENAIMÉ (Pibrbe), sculpteur français. — Bienaimé a sculpté au palais de la famille Saracini, dans la petite cour, deux statues ayant trait à la famille*.

1 Nuwa guida délia rit ta di Sienaper gli amatori délie belle arti; Sienne, 1822, 1 vol. in-8% p. 85.

1 Nvova guida, elc, p. 51.

COLIONON (Joseph), peintre d'histoire. — « Golignon se forma à Rome, au commencement de notre siècle, sur les meilleurs modèles de peinture et de sculpture ; après quoi il peignit pendant quelques années à Florence, soit à l'huile, soit à fresque. On roit de ses travaux dans cette dernière manière, dans la maison de Michèle Giuntini, et plusieurs de ses peintures à l'huile sont entre les mains des amateurs.

» Plus tard il devint directeur de l'académie de Sienne1 et conçut le projet, en 1810, de publier dans un ouvrage toutes les antiquités précieuses qui se trouvent dans cette ville, sous le titre de: Raceolta d$% più scelti monumenti di belle arti, si di pittura e tcultwa, corne iïarchiletlvra, etc. »

En 1831, il exposa un tableau dont le sujet est Luigi Alemanni se présentant comme ambassadeur devant Charles-Quint. Cette toile, dit-on, n'est pas d'un grand intérêt, et les couleurs en sont trop variées. — Colignon grava aussi une descente de croix d'après son propre tableau1.

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