TURIN
PEMUN (Alsui), maître maeon d'Avignoo. — PERTUVCDAH* et MAL-
LET. — Perrin s'engagea par acte du 37 mai 1416 à rétablir trois piles du pont de Turin*. Il était dit que ce pont était comme destiné à des mains françaises; car il a été rebâti en 1&10 par l'ingénieur français Mallbt, sur les dessins de l'ingénieur en chef Pbrtinchamp 4.
DUPRE (Guillaume), sculpteur, contemporain de Henri IV et de Louis XIIF.
— La statue équestre du duc Victor-Amédée Ier, qui est au vestibule de l'escalier du palais du roi dé Sardaigne, est l'œuvre de Dupré et d'Adrien Frisio, élève de Jean de Bologne ; Dupré a fait la statue, qui est en bronze, et Frisio le cheval, qui est en marbre5.
FREMINET (Martin), peintre d'histoire, né a Paris le 24 septembre IH7, mort
1 t Le directeur du palais des Beaux-Arts, ouvert en 1816 et 1822, le célèbre Joseph Colignon ; » Nuova guida, etc., p. 139.
7 Traduit de Napler.
3 Paroletti, Turtn et ses curiosités : Turin. 1819, in-8°.
♦ Paroletti.
5 Paroletti. — L'abbé Fontenay. Ce Dupré est très-probablement le même que l'illustre graveur en médailles.
en iai», le 19 juin, à Pari». — Fréminet passa seize années en Italie (1587- 1603) ; il demeura sept ans à Rome et le reste du temps à Venise et à Turin. Entre autres ouvrages qu'il fit à Rome, il peignit en grisaille la façade d'une maison. Il alla ensuite en Savoie» où le duc remploya à peindre dans son palais plusieurs ouvrages considérables et allégoriques que ses biographes n'indiquent pas1.
DUMONCTIER. (Pbrrb). — En 1 6Î5 , Pierre Dumonstier faisait des pastels à Turin1.
BLANCHARD (Jacques), peintre d'histoire, né à Paris, le 1er octobre 1000,
mort à Paris en 1638 (voir Vbnise). — En revenant de Venise, il séjourna à Turin vers 1628 et y fit pour le duc de Savoie, huit tableaux des amours de Vénus et d'Adonis*.
FRANÇOIS DE TOURS (Suçon), peintre d'histoire, né a Tours, mort le 22 mai 1071, à 55 ans.— En 1638, selon Félibien, François fit quelques tableaux à Turin.
AUROUX (Nicona), graveur, de Lyon. — Ce graveur, assez médiocre, a travaillé à Turin \
DOFXN ou DAUPHIN (le chevalier Charles* Ci. iras), peintre, (DaLPxrrus, Carlo Delfino), né en Lorraiae, mort à Turin en 1693 5. Elève d'Olivier Do fin,
selon Heinecken, ou de Simon Vouée. — Charles Dauphin a beaucoup travaillé à Turin ; il était attaché à la cour du duc de Savoie. On volt de lui : dans le palais du roi de Piémont, des peintures aux voûtes des salles du trône, d'audience et des gardes; — à Saint-Jean, cathédrale de Turin, saint Luc faisant le portrait de la Vierge ; Jésus-Christ donnant la communion à saint Honoré et plusieurs petits tableaux de la vie de ce saint ; — à Saint-Charles-Borromée, saint Joseph tenant l'enfant Jésus qui d'un trait blesse le coeur de saint Augustin soutenu par deux anges ; — à Saint-François-de-Paule, au maitre-autel, saint François-de-Paule soulevé à la gloire du ciel par les anges ; saint François passant le détroit de Messine sur son manteau étendu sur la mer; Louise de Savoie, duchesse d'Angouléme, invoquant saint François-de-Paule pour obtenir que son mariage ne soit pas stérile*.
Charles Dauphin a peint aussi plusieurs portraits : Charles II, duc de Savoie, gravé par Tourneysem ; — la princesse Louise-Marie de
» Félibien.
» Mariette, t. Il, p. 131.
J Perrault. — L'aJbbé Fontenay.
* Heinecken. — L'abbé de Marolles, Le livre des peintres et graveurs, publié par M. G. Duplessis, dans la bibliothèque elzévirienne.
* Robert Dumesnil, t. VIII, p. 254.
6 Paroletti.
512 LES ARTISTES FRANÇAIS A h ÉTRANGER
Savoie avec la comtesse de Bagnac, à cheval ; la princesse Françoise de Valois et Marie-Jeanne-Baptiste, achevai; Christine de Fleury et le prince de Carignan, à cheval. Ces trois pièces, peintes dans le château de la Vénerie, ont été gravées par G. Tesnière. — Le portrait du comédien Millot, figure en pied, gravé par Tourneysem. Tourneysem a gravé d'après lui, Théodat, roi des Goths, l'incendie de Rome, divers frontispices, et huit estampes ainsi désignées dans Robert Dumesnil : la sainte Vierge recevant avec respect la nouvelle que Vange lui vient annoncer (Turin, 1659); — la sainte Vierge (Turin, 1660); — Saint Joseph (Turin, 1660); — Saint Françoifr-de- Paule enlevé au ciel par les anges ; — un évèque arrêtant à la porte de son église un prince victorieux ; — Alboin présentant une coupe formée par une tète de mort à des gens qui lui apportent des présents ; — l'Église protégeant deux jeunes enfants et les mettant à couvert de la fureur d'un homme qui veut les tuer; — l'Intelligence.
« Le chevalier Dauphin, peintre français, dit Nagler, vivait à Turin vers 1664. Il peignit pour le prince Philibert et pour les églises de Turin, et avait du talent, surtout pour le portrait. On trouve du mouvement dans ses compositions, mais elles sont quelquefois un peu confuses1. » J.-B. Brambilla fut son élève.
FERRAND (Jagques-Philippb), peintre sur émail, né en 1653, le 25 juillet, à Joigny, mort en 1732, le 5 janvier, à Paris. Élève de Mignard et de Samuel Bernard.
— « Ferrand fit plusieurs voyages en Allemagne, en Angleterre, et en 1688 il alla la première fois à Turin et fit plusieurs ouvrages pour le duc de Savoye; mais la guerre qui survint l'obligea de repasser en France où il demeura jusqu'à la paix de 1 696, auquel temps ayant été rappelé par le duc de Savoye, il fit un très-beau portrait de ce prince», qui en fut si content, qu'il luy fit l'honneur d'aller jusque dans son logement luy témoigner sa satisfaction et luy offrir un appartement dans son palais ; son séjour à Turin fut environ de deux ans, pendant lequel S. A. R. luy donna de continuelles marques de bonté et d'une particulière estime, jusqu'à venir presque tous les jours le voir travailler. M. Ferrand abandonna tous ces avantages, sur le bruit qui courut de la paix générale, craignant d'être rappelé par Louis XIV et de n'avoir pas le temps de voir les curiosités d'Italie.
» De Turin il alla à Gênes où étant arrivé, il alla déclarer, suivant la coutume, à la consigne, qu'il étoit peintre du roy de France, qu'il venoit de. travailler pour le duc de Savoye, et qu'il alloit à Rome et
1 Traduit de Nagler. — Lanzi, t. IIL p. 324.
1 II existe un portrait de Victor- Amédée. duc de Savoie, gravé par Aubert, in-12. d'après Ferrand (collection d'Odieuvre).
aux autres villes d'Italie pour en voir les beautés ; le soir, sur les sept heures, lorsqu'on vint à l'ordinaire lire au Doge les déclarations de la consigne, il se trouva auprès du Sérénissime un sculpteur françois nommé David ' qui étoit aimé du Doge, et qui avoit entendu parler des honneurs que M. Ferrand avoit reçus du duc de Savoye ; David interrompit le lecteur et dit que cet homme étoit un virtuoso, et fit un détail des honneurs dont le duc de Savoye Tavoit comblé.
» Le Doge qui aimoit aussi la peinture, envoya aussitôt' uû gentilhomme avec le S. David et deux de ses gardes à l'hôtellerie où étoit logé M. Ferrand, pour le prier de venir lui parler. Il vint le recevoir au haut du grand escalier du palais ducal en habit de cérémonie et accompagné d'une nombreuse cour ; là, descendant deux marches, il lui tendit la main, disant qu'il avoit désiré pouvoir, comme son Altesse Royale, aller le chercher luy-môme, mais qu'il ne luy étoit pas permis de sortir du palais ducal pendant tout le temps qu'il étoit Doge ; il conduisit M. Ferrand dans un appartement où étoit la Sérfr-* • nissime accompagnée des premières dames de Gèrfes, lesgueUeSjfigt^JI très-satisfaites de plusieurs morceaux de son^uvçÉgfrfru1!! leur montra, après quoi le Sérénissime l'engagea d'accepter son palais particulier pour le temps qu'il seroità Gènes et luy donna un domestique pour le servir et un cuisinier pour le traiter à la françoise. M. Ferrand ne fit qu'un portrait en cette cour pour les mômes raisons qui lui avoient fait quitter Turin.
» De Gènes, il passa à Florence, où l'ambassadeur de France le présenta au grand-prince, le grand-duc étant absent ; Son Altesse qui avoit déjà entendu parler de M. Ferrand et qui sçavoit qu'il devoit venir à Florence, lui fit un grand accueil ; elle luy montra elle-même toutes les magnificences de son palais. Ce prince fit tout ce qu'il pût pour retenir à sa cour M. Ferrand, qui partit bientôt de Florence et parcourut toutes les villes jusqu'à Rome pour ne manquer aucunes curiosités.
* Son séjour à Rome fut de treize mois ; il y fit les portraits d'Innocent XII et de la princesse Pamphile et quelques autres qui augmentèrent sa réputation; revenant en France, il s'arrêta encore à Turin pendant quelques mois, et arriva enfin à Paris le jour de Noël de l'année 1699*. »
LE GROS (voir page 480). — « Les statues de sainte Thérèse et* de sainte Christine, faites par Le Gros, étaient autrefois en dehors, audessus des colonnes du portail de l'église de Sainte-Christine ; mais on les a jugées trop belles pour être ainsi exposées. On en a fait faire
1 Voy. p. 432.
1 Notice mss. conservée aux archives de l'Ecole des beaux-arts : publiée par nous dans les Archites de Vart français* t. IV, p. 72.
des copies qu'on a mises à leur place, et Ton a placé les originaux dans deux niches qui sont au dedans de l'église. Celle de sainte Thérèse est un chef-d'œuvre : le sculpteur a pris un instant d'extase où la sainte ouvre ses vêtements pour découvrir son cœur à Dieu1.» Pendant l'occupation française, on a transféré ces deux statues à la cathédrale de Turin*.
ROBERT DE COTTE (voir page 147). — Robert de Cotte futemployé par le duc de Savoie pour ses châteaux. Il a fait pour le château de Rivoli plusieurs plana et dessins3 ; il a agrandi, embelli et rendu commode la résidence de la Vénerie \
DUPARC *, architecte et dessinateur de jardins. — Duparc a dessiné le jardin du palais du roi à Turin5. U est fait mention de lui dans une lettre de Robert de Cotte du %6 juin 4713, dans laquelle on le voit très-occupé aux travaux d'architecture ordonnés par le duc de Savoie.
C'est sans doute Duparc qui est l'auteur des jardins delà résidence royale de la Vénerie, près de Turin; en effet, nous lisons dans Lalande : c Les jardins de la Vénerie ont été plantés par un architecte français, dans le goût des jardins de Marly, et on les compte parmi les plus beaux de l'Italie. Ils ne sont point de Le Nôtre, comme on Ta dit*,» Ces jardins ont une demi-lieue de long sur un quart de large ; il y a de belles pièces d'eau, mais pas de jets, d'eau.
VANLOO (Jban-Baptiste) (voir page 279). — Après la mort de Louis Vanloo, son père, J.-B. Vanloo se rendit auprès du prince de Monaco. Il peignit les princesses de Monaco et se rendit ensuite, en 1712, à Gênes et à Turin où il était rappelé par Victor-Amédée, duc de Savoie. Il fit les portraits des princes de Carignan et de Piémont, et au bout de deux ans de séjour à Turin, le prince de Carignan l'envoya à Rome (1714). Vanloo y composa plusieurs tableaux pour le duc de Savoie : Notre Seigneur qui donne les clefs à saint Pierre, une Sainte Famille, Apollon et Marsyas, Alexandre qui coupe le nœud gordien, Vénus et Mars, une Latone, une Suzanne, une Psyché pour le prince de Carignan. Il peignit aussi un Christ à la colonne qui est placé à Sainte-Marie-in-Monticelli, à Rome 7. De retour à Turin en 1718, il fit une Flagellation pour l'église de Santa-Maria-della-Scala *, et deux plafonds à fresque au château de Rivoli, près de Turin. Le duc de
1 Lalande, t. I, p. 186.
* Paroletti.
s n<" 7 à 15 de l'inventaire de ses dessins.
4 NM 37 à 48 de l'inventaire de ses dessins (voir note 1, p. 148).
5 Paroletti.
6 Lalande, 1. 1. p. 307.
7 Lalande, n. V, 66.
8 Gravée par le comte de Caylus.
Savoie voulait garder auprès de lui Vanloo, qui refusa et revint à Paris, en 1719, où il exécuta pour le prince de Carignan, le Triomphe de Galatée, et un retour de Diane de la chasse, exposé en 17371.
VANLOO (Carlb), peintre d'histoire (voir page 216). — Carie Vanloo alla à Rome en 1727 ; il y fit, à l'église Saint-Isidore, un plafond représentant l'Apothéose de ce saint (1729). En 1733, il peignit la Cène et la Multiplication des pains, placées chez les religieuses de Sainte-Croix à Turin, puis llmmaculée Conception, pour l'église de Saint-Philippede-Neri, à Turin. Carie Vanloo vint ensuite à Turin et travailla pour les églises de cette ville et pour les palais du roi de Piémont. Il était de retour à Paris en 1 735. On voit de lui : au château de Stupiniggi, au plafond de la chambre à coucher, Diane et ses nymphes sortant du bain f ; au château du prince de Carignan, quelques tableaux s.
« Au palais du roi de Sardaigne, à Turin, dit Cochin4, on voit aussi un cabinet orné de glaces, où sont, dans les pilastres et dans les dessus de portes, onze petits tableaux de Carie Vanloo, dont les sujets sont tirés de la Jérusalem délivrée, du Tasse, et qui pour la plupart sont dignes d'admiration. La force et la fraîcheur delà couleur y sont excellentes, et les grâces du dessin, surtout dans les tètes de femmes, y sont jointes à l'exécution la plus précieuse. »
Les sujets de ces peintures sont : Clorinde qui arrive pendant que Ton veut brûler OlindeetSophronie ; — Renaud accueilli par Armide ; — les deux guerriers qui emmènent Renaud du jardin d'Armide; — Renaud qui empêche Armide de se tuer ; — Herminie qui parle avec un berger ; — Tancrède combattant avec Clorinde ; — Baptême de Clorinde ; — Tancrède au tombeau de Clorinde ; — Herminie regardant Tancrède blessé ; — Herminie soignant Tancrède 5.
Ces tableaux ont été peints en 1757.
VAHLOO (Louib-Michbl) (voir page 282). — L.-M. Vanloo travailla pour le roi de Piémont de 1733 à 1736.
VANLOO (François) né vers 1708, mort à Turin en 1730. Fili et élève de J.-B. Vanloo. — François Vanloo, peintre très-distingué, se rendit à Turin où il mourut fort jeune.
1 Dandré-Bardon, Vie de J.-B. Vanloo. — Cet éloge a été lu à TAcadémie, le 5 mai
» Cochin, t. I» p. 31. — Irlande, t. I, p. 300. — Richard, t. I. p. 65. — .Paroletti, p. 34.
* Paroletti, p. 31.
4 Voyage de Cochin, t. I, p. 14.
5 Cette liste fut envoyée de Turin à Dandré-Bardon, par le fils de Carie Vanloo; elle se trouve dans les mssl de Dandré-Bardon. (Bibliothèque nationale, fonds français, 1238 ter J. — Manuscrits divers, t. U). — On remarquera que ce manuscrit ne nomme que dix tableaux, et que Cochin en indique onze.
VANLOO (Jules-César-Denis), peintre de paysage, né à Paris en 1743, (Us et élève de Carie Vanloo, vivait encore en 1817. — Il a peint, à Rome, pendant
le directorat de Vien, des paysages pour le duc de Gadagne, et pour le grand-duc de Russie, les Casca telles de Tivoli.
Étant retourné à Rome et revenant à Paris au moment de la révolution de 1789, César Vanloo passa par Turin et y fut retenu par le roi de Piémont qui lui fit faire plusieurs tableaux. La guerre l'obligea de partir pour Gênes, où il resta cinq ans occupé à peindre pour divers amateurs; a mais la maudite guerre, dit-il, l'obligea à revenir à Paris * », sans doute vers 4796. On voit de César Vanloo plusieurs paysages au cbâteau de Stupiniggi.
LADATTE (François), sculpteur, né à Paris en 1707, mort à Turin en 1787.
— Ladatte, fort habile modeleur et ciseleur, a répandu dans lç Piémont Fart de travailler les métaux *. « M. Ladatte est un joli sculpteur, facile ; il compose et dessine bien ; il est à Turin, où il fait des ouvrages pour le roi de Sardaigne* ».
BERNARD, dessinateur de jardins. — Bernard fut le dessinateur des jardins du roi de Piémont, Charles-Emmanuel III, qui aimait beaucoup la décoration des jardins. Le roi envoya même en 1767, le fils de Bernard en France et en Angleterre pour se former le goût et prendre de nouvelles idées 4. Bernard a dessiné le jardin du château de Stupiniggi et a imité le parc de Marly dans les galeries et les portiques de verdure 5 ; le parterre qui est devant le château est seul dessiné à l'anglaise.
PECHEUX (Laurent), peintre d'histoire, né à* Lyon en 1721, mort à Turin, âgé de îoo ans. — t II vint à Paris, à l'âge de douze ans, et de là se rendit à Rome, où pendant plusieurs années il se voua à l'étude des œuvres classiques de l'art. Il dessina beaucoup d'après l'antique, puis il eut pour guide en matière d'art, Raphaël Mengs. Cet artiste célèbre était l'ami de Pôcheux, et les mêmes sentiments les animaient tous les deux. Il visait avant tout à la correction du dessin et à la beauté sévère des formes. Dans la villa Borghèse, à Rome, Pècheux a peint des fresques qui lui assurent une mémoire honorable •. »
Vasi 7 nous apprend encore qu'à la voûte de la sixième salle du palais à la villa Borghèse, Laurent Pècheux a peint le Conseil des Dieux.
1 César Vanloo auw amateurs des Beaux-Arts ; pièce très-rare, 1817. * Paroletti. — Mémoires sur les membres de l'Académie royale de peinture et de scalp* ture, t. II.
3 Bachaumont, année 1 750.
4 Lalande, 1. 1, p. 309.
5 Paroletti.
6 Nagler.
7 P. ÎÏ83.
Pècheux demeura dix-sept ans à Rome ; il a travaillé à l'archiconfrérie de Sainte-Catherine, église nationale des Siennois. « La voûte de cette église, dit Lalande, a été peinte par Pècheux et ornée de feuillages en clair-obscur. On y voit le retour du Saint-Siège à Rome, auquel sainte Catherine eut beaucoup de part *. On regarde Pècheux, ajoute-t-il *, comme le meilleur peintre d'histoire en Italie après Battoni, et on voit de lui de très-beaux tableaux à Rome, à Pise et à Parme. »
Laurent Pècheux alla ensuite s'établir à Turin, où il a beaucoup travaillé ; il y fut nommé professeur •, puis directeur de l'École royale de peinture et de sculpture, et premier peintre du roi de Piémont. On cite parmi ses ouvrages, le plafond de la bibliothèque du palais du roi, à Turin, et une peinture à l'église de Saint-Dominique, où il a représenté le bienheureux Amédée IX, duc de Savoie 4. »
« Berger, premier peintre de la cour du roi des Deux-Siciles, et le célèbre Gérard, furent entre autres ses élèves. Marcenay de Ghuy grava, en 1772, d'après Pècheux, le retour de Regulus et sa captivité sous le titre de l'observation de la parole d'honneur 5. t>
Laurent Pècheux a eu deux fils : Cajetan Pècheux, habile peintre en miniature, et Benoit Pècheux qui suit.
PECHEUX (Benoit), peintre d'histoire et de portraits, né à Rome en 1779.
Élève de L. Pôcheux, son père. — Il fut nommé en 1796 professeur à l'Académie de Turin ; mais, sous l'empire, il revint en France 6.
BELMONT ou BEAUMONT (JejlN-Antoikb), peintre et graveur, né à Troyes
en 1696. — « Il dut à son père les éléments du dessin, puis se rendit à Paris pour y apprendre l'art de graver, sous Poilly et Cars. Il parait avoir été plus tarda Bologne, pour étudier sous J.-M. Crespi, mais il se contenta de copier plusieurs tableaux des grands maîtres. Belmont séjourna longtemps à Turin, et on croit qu'il y mourut. Un .grand nombre de vues du château de plaisance de la Feine de Sardaigne a été fait par lui dans cette même ville. Il grava aussi d'après B. Alfieri et B. Desmartes. Belmont était très-laborieux, ce qui affaiblit tellement sa vue qu'il dût renoncer à graver en 1769 \
DUFOUR, peintre. — Dufour, peintre français peu connu, dit Paroletti, a peint, à l'église Saint-Laurent, la Naissance de Jésus-Christ.
3 En 1778, lorsaue le roi Victor- Amédée III restaura l'école royale créée par le roi Charles-Emmanuel. (Paroletti.)
* Paroletti, p. 22 et 95.
5 Nagler.
« Gabet.
7 Traduit de Nagler — Voir aussi Paroletti.
DUGUE, sculpteur, mort vers la fin du xviii0 siècle . — Dugué, sculpteur
en bronze, venu de Paris, a travaillé à Turin '.
DUGUÉ (Philippb), sculpteur, fils du précédent, né à Turin en 1777. — Ph. Du-
gué faisait, au temps de Paroletti (1819), des ouvrages de décoration en bronze qui étaient très-recherchés.
TMMOLET (Claudb-Anthblmh-Honoré), peintre d'histoire et de portraits, à Lyon, né à Lyon le 16 mai 1798 ; mort à Lyon le 16 décembre 1S66. Élève de Re-
voil. — Trimolet, peintre et graveur fort distingué, a peint, en 1823, pour M. le marquis Costa, à Ghambéry, un tableau où sont représentés huit personnes de sa famille; — en 1830, pour le roi de Piémont , un tableau représentant les députés du concile de Bâle présentant la tiare à Amédée VIII, duc de Savoie. Le dessin de cette composition était dans la belle collection d'objets d'art de l'auteur *.
FÉLON (Joseph), peintre et sculpteur, né à Bordeaux. — M. Félon a peint,
en 1 851 , le portrait en pied du roi de Sardaigne entouré de ses principaux officiers. En 1 855, il a exposé un médaillon de la princesse Marie de Sardaigne.
HOCHET (Louis), sculpteur (voir page 2i6). — M. Rochet est l'auteur de la statue en bronze de Notre-Dame de Myans, patronne de la Savoie. Cette statue, baute de 6 mètres, composée dans le style du xne siècle, a été exécutée à Paris et érigée en 1 855 à Myans, à deux lieues de Ghambéry, au sommet d'une montagne, d'où on la voi1 de plusieurs lieues à la ronde.
AVI98EAU (voir p. 163). — M. Avisseau a fait, en 1850, pour M. Costa de Beauregard, ancien ambassadeur du roi de Sardaigne, un groupe d'oiseaux et plusieurs coupes.