DIVERS PEINTRES DE PORTRAITS
Reimers indique comme peignant le portrait en m Pétersbourg, sous le règne d'Alexandre, les quatre Collas, Barbier, madame Ducaat et Vodbau. — clare être d'un mérite distingué, peignait le portra:
MAUDUIT, architecte. — M. Mauduit se rendit à Saint-Pétersbourg en 1808; il voyagea en Grèce et en Italie pendant les années 1811, 18 et 13, et rentra à Saint-Pétersbourg en 1814. En 1817, M. Mauduit restaura le grand théâtre brûlé en 1810: mais sa décoration n'existe plus. M. Mauduit a été l'un des fondateurs du comité des constructions de la ville de Saint-Pétersbourg, lequel comité est absolument semblable à notre conseil des bâtiments civils *.
INGÉNIEURS FRANÇAIS AU SERVICE DE LA BUSSIB. Destreh, Fabre, Bazbnne et Potier, sont les quatre élevés de
' Fétis.
* Reimara, p. HT, et Negler.
1 Villot, Notice dis laUeaux du Zavnrt t école française.
l'Ecole polytechnique que Napoléon autorisa à prendre du service en Russie. Destrem est devenu général en chef du corps des voies de communication. Cet habile architecte a construit le pont de la Neva et le fort de Pierre le Grand à Gronstadt. Ces quatre ingénieurs ont été professeurs au corps des voies, et en sont en réalité les fondateurs.
M. de Riancourt. Les admirables docks ou bassins de radoub de Sébastopol, construits en granit, et Le canal aqueduc de la Tchernala qui les alimentait, avaient été construits par un ingénieur français, M. de Riancourt, auquel ils faisaient le plus grand honneur. Ces beaux ouvrages ont été détruits après la prise de Sébastopol, en 1855.
DAVID (voir page 170). — David a peint en 1809 pour le prince Youssoupof, un tableau de Sapho et Phaon, qui est dans la galerie de la famille Toussoupof.
I8ABEY (voir page 156). — Isabey a fait en 1815, à Vienne et à Paris, les portraits d'Alexandre et de l'impératrice Elisabeth de Russie1» des grands-ducs Constantin, Nicolas et Michel, du prince et de la princesse Wolkonski, de la princesse Bagration, de la grandeduchesse d'Oldembourg, de la duchesse de Weimar et du comte Nésselrode*.
GÉRARD (voir page 155). — Gérard a peint les portraits d'un grand nombre de personnages russes : en 1802,1a comtesse Starzinska; — en 1805, l£ comtesse Zamoiska, la princesse Grassalkowich ; — en 1810, l'empereur Alexandre; — en 1814, deux nouveaux portraits de l'empereur Alexandre (gravés tous les trois par P. Adam) ; — en 1823, le comte Pozzo di Borgo (gravé par P. Adam et F. Garnier). Nous ne savons quelle est la date des portraits à mi-corps ou en buste qui suivent : la comtesse de Gourief, la princesse Gallitzin, le comte Markof, le prince Kourakin, le prince Gagarin, le général comte Woronzof, madame Labinska, le comte Arthur Potowski, la princesse Bagration'.
GROS (voir page m). — En 1809, Gros fit le portrait du comte Toussoupof, à cheval et en costume tartare. Au salon de 1833, il exposa le portrait de madame la comtesse Yermolof.
MÉNAGEOT (voir page 239). — Il a fait pour l'Académie de Saint-Pétersbourg un tableau de Mars et Vénus.
1 Gravé par Mecou, in-8% ovale.
* Renseignements communiqués par Isabey ; tirés de ses Mémoires manuscrits.
3 Lenormand, Vie de Gérard.
DÉSARNOD, peintre de batailles, mort à Saint-Pétersbourg en 1830. — Dé-
sarnod, soldat fait prisonnier en 1812, devint peintre du grand-duc Michel. Il avait du mérite.
MONTFERRAND (Auguste-Ricard de), architecte, né à Chaillot, le 24 janvier 1786, mort à Saint-Pétersbourg le 11 juillet 1858. Elève de Percier. — M. de Mont-
ferrand arriva en Russie en 1816. Il a bâti à Saint-Pétersbourg l'ancienne maison Labanof, sur la place Saint-Isaac, quelques hôtels, entre autres l'hôtel Demidof. Il a refait les intérieurs du palais d'hiver incendié dans l'hiver de 1837-38. Il a construit la grande église de Saint-Isaac1, qui est son œuvre principale, et élevé la colonne Alexandrine ■. C'est lui qui a relevé la fameuse cloche de Moscou. Il a aussi fait les dessins du monument élevé en 1859 à l'empereur Nicolas \ •
DUBUT ( Louis- Ambroise), architecte (voir page 224). — Dubut est allé en Russie après 1814. Il a construit à Moscou deux grands édifices ; mais il fut employé particulièrement aux colonies militaires pendant les règnes d'Alexandre et de Nicolas *.
FRÉMIT, peintre. Elève de Regnault et David. — Pendant la restauration,
Frémy peignit les portraits des enfants de la comtesse Nesselrode, qui l'emmena en Russie, où il fit les portraits de l'empereur Alexandre et des principaux personnages de la cour. Frémy était revenu à Paris en 1830».
JACOT, architecte, né à Paris en 1708. Elève de l'Ecole des Beaux-Arts. —
M. Jacot a résidé en Russie de 1822 à 1840. Il a été architecte de l'Empereur et professeur d'architecture au corps des voies de communication. Il a construit à l'Institut des voies de communication la chapelle et les bâtiments qui en dépendent, la salle de la noblesse, l'église hollandaise et ses dépendances, plusieurs édifices particuliers, un cirque actuellement démoli. Tous ces édifices ont été faits à Saint-Pétersbourg 6.
8GHAAL (François), architecte. Elève d'Achille Leclère. — Schaal a bâti
à Odessa la quarantaine, le lycée Richelieu, la banque impériale et
1 Eglise cathédrale de Saint-Isaac, 1 vol. in-fol., Saint-Pétersbourg, imprimé et lithographie à Paris.
* Plans et détails du monument consacré à la mémoire de l'empereur Alexandre, par Ricard de Montferrand, 1 vol. in-fol., Saint-Pétersbourg. Imprimé et lithographie à Paris en 1836. — Cette colonne de granit, d'un seul bloc, pèse 9,560,000 livres.
* La statue équestre en bronze de l'empereur Nicolas est du baron Klodt.
4 Annuaire statistique des artistes français , 1836, et Notes communiquées par MM. Mauduit et Jacot.
5 Gazette des Beavw-Arts, t. I, p, 187.
6 Renseignements particuliers.
diverses maisons. — Le lazaret et la ville neuve de Kertch, en Grimée, ont été construits sur ses plans1.
DEBAY (J.-B.-Joseph) (voir page 256). — M. Debay a fait pour la Russie deux statues en bronze représentant la Foi et l'Espérance.
BIENNAI8, orfèvre. — Il exposa, en 1819, un vase d'argent, de forme Médicis et orné de bas-reliefs en vermeil, qui fut offert par la garde impériale russe à l'empereur Alexandre. Il fit aussi pour Alexandre un calice et un saint-ciboire en or f .
LES OOBELINS.
En 1819, JiOuis XVIII donna à l'empereur Alexandre une belle tapisserie des Gobelins représentant Pierre le Grand sur le lac Ladoga, d'après Steuben.
BENHER, peintre de portraits en miniature, né à Mulhouse*. Elève d'Isabey.
— Il a peint, en 1 821 , les vingt-quatre portraits suivants exposés au musée de l'Ermitage : il en a publié les gravures en un cahier in-8°.
Le czar Michel Féodorovitch. — Le czar Alexis Mikhaïlovitch. — Le czar Féodor Alexéievitch. — Le czar Jean Alexéievitch. — La czarevna Sophie Alexéievna. — Pierre Ier.— Catherine I. —Pierre IL
— Anne I. — Elisabeth I. — Pierre III. — Catherine IL — Paul I*r.
— L'impératrice Marie Féodorovna. — Alexandre Ier. — L'impératrice Elisabeth Alexéievna. — Le grand-duc Constantin Pavlovitch.
— La grande-duchesse Anne Féodorovna. — Nicolas Ier. — L'impératrice Alexandra Féodorovna. — Le grand-duc Michel Pavlovitch.
— Les grandes-duchesses Marie Pavlovna, Catherine Pavlovna, Anne Pavlovna.
LE FOURRIER, orfèvre (voir page 217). — Il a fait vers 1825 pour la grande-duchesse de Russie, femme d'Alexandre, grand-duc héritier, une coupe en agate orientale ornée d'émaux, dans le style de la Renaissance \
TERNET (Emile-Jban-Hora.ce), peintre de batailles, né à Paris le 30 juin 1789, mort à Paris le 17 janvier 1863. Elève de son père et de Vincent. — Horace Vernet a beaucoup travaillé pour la Russie. Il a fait : en 1823, deux por-
1 Annuaire statistique des artistes français, 1836. — Notes communiquées par M. Jacot.
* Rapport du duc de Luynes sur l'orfèvrerie, et Gazette des Beau*- Arts, t. XIX, p. 247
3 D'après Nagler, qui le fait mourir vers 1818, oe qui est il
4 Renseignements communiqués par M. Froment-Meurice.
inexact.
traits de Napoléon pour la princesse Narischkine; — en 1833, des arabes dans leur camp écoutant une histoire, pour le comte de Gourief, à Saint-Pétersbourg1 ; — en 1837, un arabe mort, pour M. Simirnof, et le portrait de la princesse de Wittgenstein ; — en 1836, la revue de la garde impériale par l'empereur Napoléon Ier dans la cour des Tuileries*; — en 1842, l'empereur Nicolas et sa famille, pour l'Empereur; — en 1848, le portrait en pied de l'impératrice de Russie, pour l'empereur'; — en 1845, la famille impériale de Russie, pour le prince Bobrinski ; — en 1847, un carrousel du moyen-âge, où sont représentés quarante couples de cavaliers armés de pied en cap4, pour l'Empereur; — en 1848, la bataille de Wola, peinte à Versailles et placée au palais d'hiver à Saint-Pétersbourg5; — en 1855, un Cosaque et un Mamelouk, pour le prince Youssoupof. '•
Horace Vernet fit deux voyages en Russie, le premier en 1836, le second en 1 842-43 fl.
Le peintre russe Tint, est élève d'Horace Vernet.
LADURNER, peintre de batailles, mort à Saint-Pétersbourg en 1856, Agé d'environ 58 ans. Elève d'Horace Vernet. — Ladurner était fixé en Russie depuis 1829 et n'a jamais cessé de travailler pour l'empereur Nicolas, qui lui avait fait une belle position. Ladurner était professeur à l'Académie et peintre de l'Empereur, qui aimait beaucoup les sujets militaires ; il a peint une très-jolie collection de tous les uniformes russes pour l'école d'État-major ; il a fait beaucoup de tableaux représentant des revues et des cérémonies officielles. « C'était en somme un peintre qui faisait de la peinture chinoise, remarquable par l'exactitude et le fini ; il n'aurait pas omis un bouton à un habit T. »
JACQUES (Théodore), sculpteur, né à Paris en 1805, y est mort en 1876. — Théodore Jacques arriva à Saintr-Pétersbourg vers 1836 et y est resté environ vingt-cinq ans. Il a fait une statue en bronze de Pierre le Grand (11 pieds), qui est placée à Gronstadt. Il avait composé, en 1842, le modèle d'une belle statue de la Neva, haute de 30 pieds, qui a été malheureusement détruite dans l'incendie de son atelier. Il a encore sculpté deux des cariarides colossales en porphyre
1 Répétition du tableau de Lord Pembroke.
* C'était le seul tableau oui fut dans le cabinet du Czar qui, en commandant cette peinture à Vernet, lui avait ait : « Je demande à voir la garde impériale, parce qu'elle nous a battus. > (Renseignements fournis par H. Vernet). Ce beau tableau lui fut payé 25,000 francs.
' Ce tableau lui fut payé 50,000 francs.
4 Le carrousel de Vernet est à Tsarkocélo.
5 L'empereur paya ce tableau 100,000 francs.
6 Notice sur &." Vernet par Duvivier, dans : Les Beaux- Arts, revue de l'art ancien et moderne. — Voir : Lettres intimes de M» H, Vernet pendant son voyage en Russie , 4Sét-éô. Paris, 1856.
7 Renseignements particuliers.
du péristyle de l'Ermitage, d'après le modèle d'un sculpteur allemand.
BAFFET (Denis -Augubte-Marib), dessinateur et lithographe (voir page 157). — M. Raffet a dessiné et lithographie les admirables planches qui accompagnent la relation du voyage que le prince Anatole Demidof fit dans la Russie méridionale et la Grimée, en 1837, et qu'il a publié en 4 volumes grand in-8, à Paris, en 1841»,
LEMAIRE (Philippe-JosKth-Henhi), sculpteur, né en 1798, le 9 janvier, à Valenciennes. Elève de Léonce de Fieutal, sculpteur et professeur à l'Académie de
Valenciennes, et de Cartellier. — M. Lemaire a séjourné en Russie de 1838 à 1 842. Après le succès <te son fronton de la Madeleine, M. Lemaire fut chargé par l'empereur Nicolas, en 1838, de faire un des frontons de l'église de Saint-lsaac. En juin 1839, il se rendit à Saint-Pétersbourg pour exécuter son projet, représentant la Résurrection du Christ. « Votre projet me plaît, avait dit l'Empereur, et m'assure que vous me ferez une œuvre digne de votre talent et de votre réputation. » La notice dont nous tirons ces détails nous donne la description de ce fronton : le Christ sortant du tombeau s'élève au centre du bas-relief; à droite assis sur la pierre, est l'ange gardien du sépulcre ; vient ensuite un groupe de soldats effrayés ; à gauche deux anges annoncent aux trois Maries qui viennent visiter le sépulcre que N. S. est ressuscité. La figure du Christ a 1 7 pieds de hauteur ; le fronton est tout en bronze et pèse 90,000 kilogrammes. L'empereur Nicolas, satisfait de ce beau travail, chargea M. Lemaire d'exécuter le fronton de la porte principale de Saint-lsaac. Le sujet est tiré de la vie de saint Isaac. Au milieu du fronton, est l'empereur Valens, arien, à cheval pour aller combattre les chrétiens orthodoxes; des soldats l'accompagnent; devant lui, saint Isaac lui prédit la perte de son armée et sa mort ; des soldats, par ordre de Valens, enchaînent le saint. Ce fronton comme le précédent, est tout en bronze et pèse aussi 90,000 kilogrammes1.
DURAND (André), dessinateur et architecte, né à Amfreville-la-Mivoie, près de Rouen, le 5 mai 1807. Élève de l'école municipale de dessin et de peinture de Rouen,
et de H. Langlois. — Cet habile dessinateur fut chargé en 1839 par le prince A. Demidof de faire un voyage en Russie pour en dessiner les principaux monuments. — En 1850, il a fait une série de dessins des "monuments de la Belgique pour l'album du prince Demidof.
INGRES (voir page 444). — M. Ingres a peint à Florence, de 1820 à 1824, le portrait de M. Gouttrief, ministre de Russie. — En 1841, il
1 Renseignements donnés par M. Lemaire, et Notice historique sur H, Lemaire, par Ad. Martin, Valenciennes, 1846, in-8°.
a peint une Vierge à l'hostie pour l'empereur Alexandre II, alors granc-duc, qui lui commanda ce tableau à Rome. — Le prince Demidof a acheté 63,500 fr. le tableau de Stratonice fait pour M. le duc d'Orléans.
HOREAU (Hector), architecte (voir page 294). — H. Horeau a fait, en
1842, le projet d'une chapelle au couvent de Saint-Serge, à Saint- Pétersbourg, pour la famille JLotschoubey . Ce très-élégant édifice a été bâti par M. Kousmine, architecte russe *. •
GALBRUND (Alphonse-Louis), peintre de portraits, né à Paris en 1813. Elève
de Regnault et de Gros. — M. Galbrunjï, fort habile pastelliste, a fait en 1842, à Naples, le portrait au pastel de la princesse Gagarine et celui du fils du comte StrogonofP.
HOREL (Jean-Valbntin), orfèvre (voir page 300). — Morel exécuta en
1 842 un service pour le prince Radziwill ; il exposa, en 1 851 , une coupe en agate orientale pour la Grande-Duchesse héritière de Russie*, il a fait aussi un sucrier en vermeil pour le prince Kotschoubey.
VECHTE, orfèvre (voir page 292). — Il a exécuté un vase en argent offert par l'empereur de Russie au vainqueur des courses en Angleterre, vers 1855. Ce vase est décoré d'un bas-relief représentant le cheval à l'état sauvage. Sur la panse, la Prudence et la Valeur sont personnifiées ; sur les anses, un héros grec et une amazone ; sur le couvercle, Pégase \
GIRARD, peintre. — P. Girard, peintre français fixé à Naples, a exécuté, en 1846, une suite de dessins sur la Sicile pour l'impératrice de Russie 5.
PRADIER (voir page 246). — La Russie possède de ce brillant sculpteur : — au palais impérial, le groupe en marbre de Vénus et l'Amour; — au tombeau du prince Paul Demidof, un christ sur la croix, d'un seul bloc et de 8 pieds; —le tombeau en bronze de la fille de M. Laisky, à Saint-Pétersbourg (1851) •.
GUDIN (Théodork), peintre de marines, né & Paris. Elève de Girodet. —
M. Gudin a fait, pour l'impératrice de Russie, quatre vues du palais
d'été.
1 Renseignements communiqués par M. Horeau. * Renseignements communiqués par M. Galbrund.
3 La garniture de cette coupe était en or et se composait d'ornements émaillés et d'oiseaux de paradis ; le balustre était orné de chimères émaillées en relief entourant l'écusson de la Grande-Duchesse. Le pied était couvert d'arabesques émaillées en relief. (Rapport du due de Luynes, p. 160.)
4 Renseignements fournis par M. Froment-Meurice.
5 Journal des Débats du 29 octobre 1846.
6 Renseignements communiqués par Pradier.
ROBIN, architecte, né à Roanne en 1804. Elève de Duphot. — M. Robin es
arrivé à Saint-Pétersbourg en 1840 ; il a construit rétablissement des haras de la couronne, et la grande maison du duc de Leuchtenberg auquel il était attaché. Il a bâti aussi un grand nombre de maisons, dans le genre parisien, et le club allemand proche le palais de Leuchtenberg. Il vivait en 1835 à Bellevue, près de Saint-Marcellin l.
PLUCHARD (Euoènb), peintre d'histoire et de portraits, né en Russie de parents français, a étudié en France sous Hersent, à Munich et en Italie. — A la suite de
ses voyages il revint en Russie, et fut nommé membre de l'Académie des Beaux- Arts de Saint-Pétersbourg. M. Pluchard a été chargé de l'exécution d'une partie des tableaux de la cathédrale de Saint-Isaac ; les principaux sujets qu'il a traités sont: la Multiplication des pains, tableau de 51 pieds de longueur ; le Sacrifice d'Abraham ; le Songe de Jacob ; le Buisson ardent ; le Droit d'ainesse ; Moïse devant Pharaon ; Moïse sauvé des eaux; une tête de Notre Sauveur. Les figures de tous ces tableaux sont deux fois grandes comme nature. M. Pluchard habitait encore Saint-Pétersbourg en 1855 et s'occupait de divers tableaux de genre et de portraits qui lui ont valu une réputation méritée.
VERNET (Pibrbe), peintre de genre. — M. Pierre Vernet est allé en Russie vers 1834 ou 1836; il y peignit avec. talent les animaux, les batailles et les petits sujets militaires. Il a beaucoup travaillé pour le grand-duc Alexandre, aujourd'hui empereur ; il était encore en Russie en 1855.
TANNEUR et MOZIN, peintres de marines. — Ces deux artistes ont séjourné quelque temps en Russie avant 1840; ils n'y ont fait qu'un petit nombre de tableaux.
BOULLT (Achille), sculpteur, né à Paris en 1805. Elève de Bosio. — M. Bouilly arriva à Saint-Pétersbourg en 1838; il a été constamment occupé, pendant tout son séjour, aux sculptures de l'église Saint- Isaac ; il a fait toutes les cariatides de l'intérieur de la coupole, ainsi que les grandes figures qui sont sur les acrotères à l'extérieur ; toutes sont hautes de 12 à 21 pieds.
TRODOUX, sculpteur. — M. Trodoux était en 1856 à Saint-Pétersbourg où il résidait depuis 1837. Il a fait une très-jolie statuette de la princesse Olga, fille de l'empereur Nicolas; il a exécuté toute la sculpture d'une salle en style gothique, au palais d'hiver, qui est fort remarquable et atteste un vrai talent.
PERROT (Ferdinand), peintre de marines, né à Brest en 1808 ; mort à Saint- 1 Communiqué par M. Robin.
Pétersbourg en 1841. Elève de Ghidîn. — Arrivé en Russie vers 1839, il allait être chargé de travaux importants par l'Impératrice, lorsqu'il mourut d'une fluxion de poitrine. C'était un peintre de beaucoup de talent, qui a laissé de charmantes lithographies et de nombreuses petites marines ravissantes par la transparence des eaux.
RORILLARD, peintre de portraits au pastel. — Cet artiste, venu à Saint-
Pétersbourg en 1842, y était encore en 1855.
CABET (Paul), sculpteur, né à Nuits. Elève de Rude. — M. Cabet est resté
cinq ans à Saint-Pétersbourg; il y a fait de beaux ouvrages en marbre pour l'Impératrice.
LEBRUN, orfèvre. Elève d'Odiot père. — Il exposa en 1849 un beau service en style Louis XV, pour la grande duchesse Hélène ; le milieu de table était décoré d'un groupe de Bacchus et d'Ariane, entourée d'enfants qui grimpaient à un cep de vigne. Carrier avait ciselé les figures, Gagne les ornements ; Poux, Dalbergue et Schropp avaient exécuté les groupes d'enfants et d'animaux placés à chaque extrémité ».
DUPONCHEL, orfèvre. — La même année, 1849, Duponchel exposait un service à thé destiné au comte de Nesselrode.
JOURDEUIL,' peintre, mort en 18«8. — Jourdeuil, professeur d'ornementation à l'école Saint-Pierre à Lyon et directeur du musée d'art et d'industrie de cette ville, a séjourné à Saint-Pétersbourg de 1845 à 1855É.
DUPRESSOIR (Joseph- François), peintre et lithographe) né à Paris le 3 avril
1800; mort en 1859, à Montmartre. — D'abord peintre sur porcelaine, Du* pressoir se mit à faire du paysage et fut l'un des premiers qui rompirent ouvertement avec l'école du paysage classique et historique. Malgré son talent remarquable, Dupressoir n'avait pas réussi à se faire la position qu'il ambitionnait légitimement, lorsqu'en 1844 il partit pour la Russie. L'Empereur voulait faire reproduire par la lithographie les merveilles du musée de l'Ermitage ; Dupressoir fut chargé de cette opération et emmena avec lui quelques dessinateurs et un imprimeur. Il resta dix ans en Russie et en revint en 1854 après avoir fait nombre de pierres charmantes '.
DESSAUTT (Emile), peintre de portraits. Elève de Boisselier. — M. Dessaint
peint le portrait à l'huile, au pastel et à l'aquarelle ; il est allé vers
1 Rapport du due de Luynes sur V orfèvrerie, p. 65. * Chronique des Arts et de la Curiosité, 1868, 13 septembre.
3 Revue universelle des Arts, VIII, 543, et renseignements communiqués par M. E. Charpentier.
1852 à Saint-Pétersbourg, où il a peint toute la famille impériale et celle du prince Woronzof,
PERIGNON (Alexis), peintre de portraits (voir page 253). — M. Pérignon a
résidé à Saint-Pétersbourg d'octobre 1852 au mois d'août 1853; il a fait les portraits de M. et de Mme Xaremsin, du prince Basile Gallitzin, de la princesse Soltikof et de la princesse Bariatinski '.
DENIÈRE fils, fabricant de bronzes. — M. Denière a fait en 1841, pour le grand-duc Alexandre, au moment de son mariage, un service de table en bronze, exécuté sur ses dessins. — En 1854, M. de Kisselef, ambassadeur de Russie à Paris, a commandé un service de table en bronze doré qui a été exposé en 1855 ; le service a été fait sur les dessins de M. Denière ; la sculpture des figures a été exécutée par M. Prouha, et celle des ornements par M. Gagne. Le prix de ce service s'élevait à 50,000 francs *.
DELAROCHE (Paul) (voir page 157). — Paul Delarocbe a fait, en 1852, le portrait de la princesse Narischkine et celui de la princesse Schouvalof.
AVISSEAU (voir page 218). — M. Avisseau a fait pour la princesse Gallitzin, en 1853, une aiguière en style Renaissance1.
FROMEPCT-MEURICE (Frakçoib-DAhré), orfèvre (voir page 156). — Froment-Meurice a fait pour la Russie : 1° Un bouclier en argent et en fer, destiné à être offert en prix de courses, appartenant à M. le comte Lazaref, de Saint-Pétersbourg. Ce bouclier se compose d'un sujet central en ronde- bosse, de quatre bas-reliefs, et d'une frise formant bordure. Le milieu, modelé par Jean Feuchère, représente Neptune faisant jaillir, d'un coup de son trident, le cbeval de la terre ; le premier bas-relief, sculpté par Rouillard, fait voir le cbeval à l'état sauvage et poursuivi par des tigres ; le second, modelé par Jean Feuchère, représente le cheval non plus sauvage, mais barbare encore, s'associant aux périls et aux combats de cavaliers hardis ; le troisième, arrangé d'après Pluvinel par Justin, a pour sujet une chasse du temps de Louis XII ; le quatrième, par Schœnewerck, représente, dans Thippodrome de Chantilly, une course de chevaux entraînés, montés par des jockeys. Une frise prise sur pièce, composée de têtes d'animaux et d'attributs de chasse, cercle et relie ces différentes compositions. (Exposition de 1844J. Une réplique de ce bouclier, entièrement en argent repoussé, mais ne comprenant que les trois premiers bas-reliefs, a été faite pour le roi d'Espagne. [Exposition de 1849.)
[ - l Cas quatorze paragraphes ont été rédigés d'après des renseignements particuliers.
* Renseignements communiqués par M. Denière.
* Communiqué par M. Avisseau.
t° Une corbeille à ouvrage appartenant à Sa Majesté l'Impératrice douairière de Russie.
Cette corbeille est en argent; l'intérieur seulement est doré. La galerie est entièrement ciselée, gravée et repercée à jour; les ornements mêlés de feuillages, sont dans le style de la Renaissance.
3* Une toilette appartenant à la comtesse Boubre, de Saint-Pétersbourg.
Cette toilette, de style Louis XV, est en argent. Elle se compose d'un miroir, de deux candélabres, d'une cassolette et d'une aiguière avec son plateau. De petits amours s'enlacent dans les rinceaux du miroir, poursuivant des lézards dans les branches des candélabres, et, penchés sur l'anse de l'aiguière, semblent se mirer dans l'eau.
4° Une pipe appartenant à M. le prince A. Demidof (à San-Donato, près de Florence).
Le fourneau de la pipe est en terre cuite niellée d'or; le couvercle, bordé de lambrequins d'argent, émaillés bleu de ciel et ornés de perles, supporte un groupe en argent ciselé, composé d'un pacha, d'une odalisque et d'un jeune esclave. (Exposition de Londres de 4851 .)
5° Deux groupes de statues d'ivoire et d'argent, appartenant à M. le prince Anatole Demidof, et faisant partie de sa collection de la villa San-Donato, près de Florence.
Le premier groupe représente Vénus sortant des eaux ; à sa gauche, un Triton couronné d'herbes marines, lui offre une branche de corail. La déesse debout, presque nue, un miroir dans sa main gauche, arrange sa coiffure de l'autre main, pendant qu'à sa droite l'Amour s'élance Tare tendu, la flèche au poing.
Le second groupe, destiné à servir de pendant à celui-ci, est formé d'une Bacchante et d'un Satyre. La Bacchante, à demi enivrée, danse et son pied pose à peine sur un terrain jonché de pampres. Sa tête est couronnée de lierre ; d'une main, elle lève une coupe, et de l'autre elle s'appuie sur l'épaule du Satyre accroupi près d'elle, et qui lui présente en riant une grappe de raisin. A gauche de la Bacchante est un jeune Faune jouant de la flûte à sept tuyaux.
Chacune des deux grandes figures, la Vénus et la Bacchante, a 75 centimètres de hauteur. Toutes les parties nues des six figures sont en ivoire ; les jambes du Satyre et celles du Triton sont en argent ciselé; les draperies des deux femmes sont en argeoj repoussé ; les col; liers, les bracelets, les ceintures qui ornent le cou et les bras, et retiennent les draperies de la Vénus et de la Bacchante, sont en or émaillé et rehaussé de pierres fines, émeraudes, rubis, turquoises, etc.
La composition et l'exécution de ces deux groupes est de Frokent* Meurice ; mais la sculpture des modèles est de Jean Feuchère. (Ils ont figuré à l'Exposition de 1855.)
BEAUCÉ (Vivait), peintre, né à Nolay «a 1818, mort à Paris le 17 ours 1876.
— Il est entré, en 1 853, à la Manufacture impériale de porcelaine et de cristaux de Saint-Pétersbourg, en qualité de chef dessinateur, pour composer les dessins d'ensemble et de détails dans tous les genres et dans tous les styles nécessaires à la fabrication des produits de la manufacture; il y est resté jusqu'en 1868. Pendant ces quinze ans, M. Beaucé a fondé un atelier d'élèves, dont plusieurs sont devenus associés libres de l'Académie impériale des Beaux-Arts ; il a fait prévaloir le goût français dans la manufacture, qui fournissait chaque année à la famille impériale : œufs de Pâques, services à thé, services de table, grands vases destinés à être donnés en cadeau à des souverains étrangers. M. Beaucé faisait les modèles pour la décoration et les bronzes qui les ornaient. Parmi ses œuvres principales, il a exécuté le déjeuner des Amoureux • célèbres pour l'Impératrice (Laure et Pétrarque, Héloïse et Abailard, Paul et Virginie, Dante et Réatrix, etc.); le plateau représentait Vénus donnant de nouvelles flèches à Gupidon. Il a fait aussi les dessins de toutes les pièces en porcelaine qui composent r ameublement du chalet construit dans la maison d'été de la grande-duchesse Constantin. Entre autres modèles exécutés pour la Manufacture de cristaux, on peut citer ceux de grands candélabres représentant un sapin, dont la tige accostée de trois ours blancs en biscuit supportait de riches bouquets de lumière en bronze doré formés de pommes de pin. — M. Beaucé a fourni de nombreuses compositions peintes à l'aquarelle pour la manufacture impériale de mosaïque (guéridons, tables, plateaux, bureaux, etc.) '.
BOUDET (Pierre), ancien peintre de la manufacture de Sèvres, est entré aussi en 1853 à la manufacture de Saint-Pétersbourg à laquelle il est resté attaché pendant dix ans; il y a exécuté un grand nombre de fort jolies peintures.
BLANCHARD (Pharamond), dessinateur. — On lit dans le Journal des Débats du 25 septembre 1 857 : "« M. Pharamond Blanchard, artiste français, qui, après avoir assisté à Moscou aux fêtes du couronnement, a depuis cette époque accompli un voyage au Caucase, où il a fait une suite de vues de ce pays si pittoresque, qui ont été offertes à l'impératrice de Russie, par le prince Bariatinsky, vice-roi du Caucase, vient d'être chargé par l'empereur Alexandre II de l'exécution de plusieurs dessins importants. »
SCHOPIN (Henri-Frédéric), peintre, né à Lubeck de parents français le 4 juillet 1804. Elève de Gros; grand prix de Rome en 1831. — Il a exposé «U
salon de 1857, les Sœurs de charité en Crimée. Ce tahleau appartient au grand-duc Constantin.
1 Renseignements communiqués par M. Beaucé.
HAMON, peintre (voir page 505). — Il a exposé au salon de 4857,
Ricochet; enseignement mutuel. Ce tableau appartient au comte Serge Apraxine.
GUEYTON (Alexandre), orfèvre. — M. Gueyton, un de nos meilleurs orfèvres parisiens, expose chez lui, en 1858, un admirable service en argent, de style byzantin, pour le prince Youssoupof \
BRILLOUEV (Louis-Georges), peintre, né à Saint-Jean d'Angely, le 21 avril
1817. Elève de Drolling et Cabat. — Il a exposé ausalon de 1859, les Amateurs de peinture en visite. Ce tableau appartient au comte Kouchelef.
MEGRET (Adolphe), sculpteur. Elève de Jouffroy. — Il a exposé au salon de 1859 le buste en marbre de M. Rubeinstein; ce buste appartient à l'impératrice de Russie.
FROMENT -1HEURICE (Emile), orfèvre (voir page 157.) — En 1860, M. Froment-Meurice a fait, pour la comtesse de Tysentsaus, (Lithuanie), un calice, dont le dessin avait été donné par la comtesse Brzezdziecka. La fausse coupe est ornée de trois émaux champlevés représentant sainte Salonne, sainte Gunégonde et sainte Edwige, et de trois émaux sur or ciselé représentant trois types différents de la Sainte Vierge. Sur le pied, saint Casimir, saint Stanislas et saint Stanislas Kotska, en émail champlevé. Des branches de lin émaillées couvrent toutes les parties unies. — Le travail d'orfèvrerie et de bijouterie a été dirigé par M. Jules Wiesb.
En 1863, il a fait pour le comte Potoçki (Pologne) un ostensoir dans le style du xnr siècle. Cet oafcensoir est en argent doré, orné de pierreries et de médaillons émaillés. Au nœud, statuette de la Sainte Vierge tenant l'enfant Jésus d'ans les bras; à ses pieds, deux anges agenouillés lui offrent, l'un, le globe du monde, l'autre, l'église. Le Saint-Esprit au-dessus. Le rayonnement autour de l'hostie est en forme d'étoile à huit branches; sur sept des branches de l'étoile, un sujet émaillé représentant la Salutation angélique, la Crèche, la Circoncision, la Transfiguration, le Calvaire, la Résurrection et l'Ascension. Un bandeau qui relie les branches de l'étoile porte cette inscription :
Deitas latet in incarnation* ; Incarnatio delitescit in tabemaculo.
Sur le pied de l'ostensoir sont huit autres sujets émaillés : le Baptême de N. S. Jésus-Christ, le miracle des noces de Cana, Jésus guérissant les malades, Jésus désignant Judas, Jésus remettant les
1 Journal du Débats du 10 octobre 1858.
clefs de l'église à Saint-Pierre, la Sainte-Cène, la Pentecôte, la Communion de la Sainte-Vierge. Sur la partie renflée de la tige de l'ostensoir, sont huit petits émaux représentant sept anges et archanges et un saint polonais martyrisé par des paysans russes. Ce beau travail a été fait sur le dessin d'Emile Fromext-Meuricb. Le travail d'orfèvrerie a été dirigé par Jules Wiese.
En 1864, il a fait pour la comtesse Marie Brzezdziecka, et d'après son dessin, un ciboire d'argent doré, orné de filigrane et de camées; la comtesse a donné ce ciboire à une église de Pau.
En 1872, il a exécuté pour M. Gasso, à Odessa, un beau service de table en style Louis XVI, qui se compose d'une corbeille de milieu de table, à frise d'argent ciselé, ornée de lierre avec anses à têtes de bélier ; de candélabres à amphores de vermeil, portées par des trépieds, ornés de tètes de bélier et de fleurs. Les modèles sont d'Emile Carlibr.
En 1874, il a fait pour la baronne deKaulla une croix en style Renaissance, décorée d'arabesques blanches émaillées sur fond noir (dans le goût des émaux de Limoges), de pierreries et de perles.
En 1875, il exécute pour la princesse Mentchikof, à Saint-Pétersbourg, un surtout de table avec candélabres et coupes, d'après le dessin et les modèles de Henri Camère, dans le genre rocaille de Meissonnier.
MANUFACTURE DE SÈVRES
En 1867, l'Empereur a donné à l'empereur de Russie, deux vases- Macao, fond bleu, décorés de fleurs peintes en camaïeu bleu par Bulot.
En 1874, le gouvernement français a offert à l'impératrice de Russie : deux vases-Paris, en pâte tendre, fond bleu, sur lesquels Madame Apoil avait peint l'Éducation et la Récréation ; — une grande jatte chinoise, décorée de groupes de roses par Emile Richard. — On a donné au césarévich : deux potiches, fond blanc vermiculé avec décor de vigne-vierge, houblon, blé, avoine et papillons par Ficquenet, et deux potiches forme ovoïde allongée, décorées de fleurs et de papillons en pâte d'application, par Gély.
En 1874 aussi, le gouvernement français a oflert au prince Gortchakof un vase A. B., fond bleu jaspé, sur lequel Madame de Cool avait peint les Trois Grâces, d'après Rubens.
FAIVRE (Pàul-Emilb), peintre de fleurs et aquarelliste, né à Metz le 1er mars 1821 ; mort à Metz le 29 janvier 1868. Elève de Maréchal. — Faivre, aquarelliste
très-distingué, a fait plusieurs éventails d'un goût exquis, que l'impératrice Eugénie a donnés à l'impératrice de Russie '.
1 Chronique des Arts et de la Curiosité 1868, n° 7.
MM. FAPttflÈRE, orfèvres (voir page 255). — Ils ont exposé, en 1867,
les premières pièces d'un très-beau et très-complet service de table, en argent et de style Renaissance, exécuté pour le prince Pierre de Wittgenstein1. Parmi les pièces, nous citerons : les candélabres représentant les Quatre Saisons, les étagères, les vases à Champagne, décorés de bas-reliefs (la Vendange et le Triomphe de Bacchus), les saucières, dont les anses sont formées de Syrènes ou de Tritons et qui sont ornées de petits bas-reliefs au repoussé, représentant la Chasse et la Pêche, les coupes en cristal et à pied d'argent, les sucriers, les salières, les carafes en cristal avec pied, collet, bouchon et portecarafe en argent. On ne sait ce qu'on doit le plus admirer dans le service, de l'extrême variété ou du bon goût exquis de la décoration.
DUVILLERS, architecte-dessinateur de jardins. — Il a fait en 1868, le
square et les jardins publics de Koutaïs, dans la Russie du Caucase ■. M. Duvilliers est allé en Russie, en 1 875, pour étudier les projets d'une école d'agriculture et d'horticulture, et d'un grand parc qu'on va créer à Poltava.
JALABERT (Charles), peintre, né à Nîmes, le lor janvier 1819. Elève de Paul
Delaroche. — Il a exposé au salon de 1870, le portrait de la grande-duchesse Marie Nicolaevna.
BESSON, peintre (voir page 224). — Il a fait plusieurs dessus de portes pour la chambre à coucher de la princesse Olga.
ANDRÉ, architecte-dessinateur de jardins (voir page 158). — Il a créé le
parc du comte Orlof, à Otrada.
JACQUE (Charlbs-Émilb), peintre d'animaux, né à Paris le 23 mai 1813. —
Il a peint pour le grand-duc héritier, un tableau représentant une bergerie.
8CHLOSSMACHER, céramiste à Paris. — En 1874, la grande-duchesse Marie lui a acheté un bonheur du jour et un service à thé en pâte tendre. — Le prince de Liechtenstein lui a aussi acheté un très-beau service à thé japonais. Le peintre qui dirige les travaux artistiques de cette remarquable manufacture est M. Sieffbrt.
CLÉMENT et GUIBERT, orfèvres-joailliers. — Les orfèvres bijoutiers et ciseleurs russes sont d'une grande habileté, mais les Allemands établis en Russie se sont emparés de ces délicates industries et leur ont imposé la lourdeur et le mauvais goût qui les caractérisent en toutes choses. Deux français, MM. Clément et Guibert ont entrepris
1 II n'est pas encore achevé en 1875.
1 Gravé dans son ouvrage: Les parcs' et jardins, 1871, in-folio.
de purger l'industrie russe de ces éléments grossiers et de cette influence détestable ; ils ont réuni autour d'eux les plus habiles des vieux ouvriers russes; ils ont fait venir de Paris : dessinateurs, contre-maîtres ciseleurs, bijoutiers, joailliers et sertisseurs; et ils font aujourd'hui, dans leurs ateliers, les plus charmants bijoux dans le goût russe à peine francisé. D'ici à quelques années, l'orfèvrerie et la bijouterie russes seront enlevées aux Allemands et rendues aux Russes» grâce à MM. Clément et Guibert 4.