ACADÉMIE DES BEAUX- ARTS DE SAINT-PÉTERSBOURG
L'impératrice Catherine, trouvant insuffisantes les fondations d'Elisabeth pour l'Académie des Beaux-Arts, tes compléta presque aussitôt après son avènement. Les nouveaux règlements et privilèges de l'Académie lui furent donnés en 1764. he modèle en est pris sur les statuts de l'Académie de Paris.
L'Académie impériale est composée (J'un président, de. trois recteurs, de deux adjoints à recteurs, de six professeurs de peinture, sculpture et architecture, de six adjoints à professeurs, et d'un secrétaire perpétuel ; — de douze amateurs honoraires choisis de la principale noblesse ; douze autres membres honoraires et six conseillers de l'Académie ; — d\in inspecteur du collège avec son &ide ; — de trois professeurs de perspective, d'anatomie, de géographie, d'histoire, de mythologie, d'iconologie ; —d'un nombre illimité d'académiciens, dont le choix se fera parmi les artistes russes ou étrangers*.
M. de Betski fut nommé en 1764 par l'Impératrice président de l'Académie ; plusieurs Français y étaient professeurs.
Catherine joignit à l'Académie un collège d'éducation, où Ton devait donner une instruction très-libérale et très-solide aux soixante élèves qui devaient y être préparés à l'étude des Beaux-Arts. Tous les règlements du collège et de l'Académie sont également remarquables et font un contraste fort utile à indiquer avec ce que Ton observe actuellement chez nous, en matière d'instruction des jeunes artistes.
YEHujlfcR, graveur sur pierres et en médailles. — « On créa en 4764, à l'Académie, une ctafise pour enseigner à quelques élèves l'art de graver sur acier et sur pierres. M. Vernier, Français, fut le premier qui enseigna cet art. Il forma un élève, Vassilieff, qui fut envoyé à Paris comme pensionnaire de l'Académie ; il en revint après douze ans, mais, pour dire vrai, sans avoir fait de grands progrès dans l'art du graveur de médailles*. » On a de Yernier quelques médaillons de seigneurs russes*.
serait alors la date d'arrivée de Le Prince en Russie. Mariette dit : « il passa en sie, je crois, en 1758; > 1758 serait une fausse date.
Rus-
1 Nécrologe de 1782.
* Reimers.
3 Reimers, p. 81.
* Nagler.
RU6SIK 551
RADIGUES (Antoikb), graveur, né à Reims en 1719, ~? Après avoir travaillé en Angleterre et en Hollande, Radigues so rendit en 176^ en Russie, où il grava surtout des portraits : on cite ceux de la princesse maréchale Galiitzin, d'après Roslin, gravé en 1778; du prince Michel Gallitzin, d'après Argunof, 1774 ; du prince Pierre QpUitun, sans nom de peintre, 1777; de l'impératrice Catherine IJ, d'après V. prifesen, 177I1.
VAS9É (Louis- Claudb), sculpteur (voir page 2U). — Vassé fit q Paris, et exposa au Salon de 1763, le tombeau de la princesse Gallitzin. « Ce fut & la protection de M. dp Caylus qu'il dut le travail qu'il fit pour la Russie, je veux dire le tpjnbeau de la princesse Gallitzin, née Trubetskoï, et inpr(e à Paris, et que lui qrdonna le général Betsfci, Qnple de cette dame*. » .
Yassé, dont les œuvres étaient pleines dP légèreté et de grftce, suivant Mariette, exposa au Salon de 1767 un portrait-médaillon de l'impératrice Elisabeth, fait pour le comte Schervalpf. pn 1765, V^ssé ftt par ordre de l'impératrice de Russie le modèle d'une salle d'audience, ornée de statues et de Ijas-reliefs*. Nous ne croypnp pas que ce}, ouvrage ait été exécuté.
ROJvTTIERS (Charles-Norbert), graveur en médailles, mort en 1772 à 52 anç.
— Roettiers a exposé en 1765 six médailles de la famille des princes et princesses Galiitzin et Trubetskoï ; — en 1771, une médaille pour le prince Alexis Gallitzin, mort en 1767.
DUviVlER (PiBRRE-SiMON-BENJÀifm), graveur en médailles (voir page 237). — Notre célèbre graveur de médailles exposa au Salon de 1 765 la médaille de la princesse Trubetskoï ; le revers représente son tombeau environné de cyprès.
CHALLE, peintre et architecte (voir page 215). — Challe a peint pour la
cour de Russie : Hector entrant dans le palajs de f^ris (exposé au Salon de 1765) et la mort de Lucrèce*.
FALCONET (Etienne-Maurice), sculpteur, né en 1716 à Paris, mort le 25 janvier 1791, à Paris. Élève de Lemoyne. — « 1766. M. falconet, SCUjpteur du
Roi et professeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture, vient d'être appelé par l'impératrice de Russie pour exécuter la statue équestre de Pierre le Grand. Cette statue doit être érigée à Saint-Pétersbourg, en bronze... M. Falconet emmène avec lui une jeune personne de dix-huit ans, appelée M11* Collot, son élève depuis plus de
» Huber et Rost, t. VIII, p. 172, et Stimmel. * Mariette.
3 Grimm, Çorresnondance, l" juillet 1765; t. }V, p. 309.
4 Revue universelle des Beaux -Arts, t. XII, p. 405.
trois ans, et qui fait le buste avec beaucoup de succès '. » Falconet ne revint en France qu'en 1781 . Il fit à Saint-Pétersbourg la célèbre statue de Pierre le Grand1, dont l'admirable tête est de MIle Collot. Il fit aussi le buste de Catherine II ; — la Gloire des Princes, la Magnificence des Princes et l'Hiver, pour le prince Gallitzin, qui les donna à Catherine1; — l'Amour assis, statue de marbre, pour le comte Strogonof*. Enfin, on voit à l'Académie des arts le modèle en plâtre du Milon de Crotone qu'il fit pour son morceau de réception à l'Académie de Paris5.
Mademoiselle COLLOT (Marie- Anne), sculpteur (voir page 400) — Avant de partir pour la Russie, en 1766, Mue Collot avait déjà fait à Paris le buste du prince Gallitzin, ambassadeur à Paris6. En Russie, elle exécuta un très-beau buste de Pierre le Grand et fit la tète de la statue de cet empereur, qui a été gravée par Henriquez *. Elle sculpta aussi pour Catherine II les portraits en marbre de Voltaire et de Diderot ; elle fit ensuite le buste de l'Impératrice (1767), — le portrait de M»6 Anastasie, parente du général Betzki, — le buste de Falconet, placé dans la galerie du Palais (1768), — le médaillon en bronze de Catherine II, — le portrait du Grand-Duc, depuis Paul I«* (1769), — les portraits de Henri IV et de Sully, — et le buste de miss Cathcart. fille de l'ambassadeur d'Angleterre8. M1W Collot épousa plus tard le fils de Falconet, et nous l'avons déjà vue en Hollande sous le nom de madame Falconet1.
BOTflfET (Louis), dessinateur et graveur, né à Paris en 1743. — Il travailla quelque temps à Saint-Pétersbourg, où il grava plusieurs portraits,
1 Grimm, Correspondance , l«r septembre 1766.— L'impératrice accordait à Falconet : 12,000 fr. pour ses frais de voyage et ses ouvriers (un premier ouvrier sculpteur, un deuxième ouvrier sculpteur, un ouvrier mouleur] ; tous les transports étaient à la charge de S. M. Falconet devait avoir 200,000 francs, payables à raison de 25,000 francs par an ; le premier ouvrier, 6,000 francs ; le second, entre 4 et 5,000 ; le mouleur, 4,000 ; Mlle Collot devait avoir 1,000 roubles, la table, le logement et une gratification de 12,000 livres. Telles sont les conditions du traité passé à Paris, le 27 août 1766, entre Falconet et le prince Gallitzin, ambassadeur de Russie. {Gazette des Beaux- Arts, 1869, t. II. p. 127).
* Elle a été gravée d'après le beau dessin de Lossenko.
3 Après avoir orné l'Ermitage, ces trois statues de marbre ont été données de-
Suis au Grand-duc de Weimar, dans les galeries duquel elles se trouvent aujour- 'hui.
* Fortia do Piles, t. III, p. 44.
« Fortia de Piles, p. 188.
« Grimm, t. V, p. 142; 1766.
7 Tête de la statue équestre de Pierre le Grand, par Maria-Anna Collot, gravée par B.-L. Henriquez, à Saint-Pétersbourg, en 1772 ( collection Debure, au Cabinet des estampes).
« Gazette des Beauœ-Arts, 1869, t. II, p. 141.
9 A en croire Fortia de Piles, t. III. p. 193, Mlle Collot, avant d'être la bru de Falconet, aurait été sa maîtresse. Il nous semble difficile d'admettre que le fils ait épousé la maîtresse de son père.
entre autres ceux de Catherine II et du grand-duc Paul. Il était de retour en France en 1768 '.
TIEN (voir page 23a). — Yien exposa au Salon de 1755 : Vénus sortant du sein des eaux (9 pieds sur 6) ; ce tableau décore aujourd'hui le plafond de l'escalier de parade du palais de Tsarcocélo. — En 1768, il peignit : Mars s'arrachant des bras de Vénus'; ce tableau est aujourd'hui au palais impérial de Gatchina *.
BEAUVAIS (Philippe de), sculpteur (voir page 432). — Envoyé à Rome, la réputation qu'il s'acquit en peu de temps lui valut une commande de l'impératrice de Russie ; on lui demanda une statue en marbre représentant l'Immortalité, et l'artiste remplit exactement les grandes vues de cette souveraine *.
DROUAIS (François -Hubkrt), peintre de portraits, né à Paris le 14 décembre 1727, mort à Paris le 21 octobre 1775. — Drouais a exposé en 1763 le portrait du prince Gallitzin, ambassadeur de Russie à Vienne, et en 1769 le portrait du prince Gallitzin *, ci-devant ambassadeur en France.
CHARDIN (Jean-Baptiste-Simon), peintre de genre, né à Paris le 2 novembre 1698, mort à Paris le 6 décembre 1779. — Chardin exposa en 1769 les attributs des Arts et les récompenses qui leur sont accordées. Ce tableau avait été composé pour l'Impératrice, qui appréciait beaucoup les œuvres de ce grand artiste.
Mademoiselle RAMEAU, peintre de portraits. — - Vers 1772, cette demoi« selle fit le portrait en buste de Catherine II ; il a été gravé par F. David, 1773, in-8«.
VAWLOO (Cable) (voir page 216). — 1772. L'impératrice de Russie acheta à Mme Geoflrin, au prix de 30.000 livres, les deux tableaux de Carie Vanloo, représentant la Conversation espagnole et la Lecture espagnole 5, et qui ont été gravés par Beauvarlet.
CLÉ RIS S EAU (Charles-Louis), peintre et architecte, (voir page 283). — « L'im-
pératrice des Russies, toujours pleine d'idées grandes et magnifiques,
1 Nagler. — Heinecken. — Stimmel.
* On lit dans un écrit du temps : « H y avoit longtemps que Mars reposoit entre les bras de Vénus, lorsqu'il se sentit gagner par l'ennui. Vous ne concevez pas comment on peut s'ennuyer entre les bras diine Déesse, c'est que vous n'êtes pas un Dieu. L'envie de tuer le tourmente ; il se4ève ; il demande ses armes. Voici le moment de la composition. On voit la Déesse toute nue, un bras jeté mollement sur les épaules de Mars et lui montrant de l'autre main ses pigeons qui ont fait leur nid dans son casque. Le Dieu regardo et sourit. Que la aéesse est belle, voluptueuse e}, noble ! Que la poitrine du Dieu est chaude et vigoureuse....»
3 Nécrologe de 1782.
4 Gravé par Tardieu.
1 Grimm, novembre 1772.
veut se faire construire un palais exactement semblable à celui des Augustes ou empereurs romains. Elle a, pour cet effet, écrit à Paris et demandé à l'Académie d'architecture un sujet en état de diriger ce superbe monument. On a jugé M. Cléris6eau très propre à répondre à ses vues. Cet artiste, peintre et architecte, a* fait une étude particulière des bâtiments antiques ' ; il doit partir incessamment pour se rendre aux ordres de cette princesse. Les meubles répondront à l'édifice, et tout doit être dans le costume des anciens *. »
Nous ne savons ce qu'a fait Clérisseau en Russie ; il n'a cependant pas construit le a superbe monument » pour lequel on lavait appelé. Clérjsseau eut le titre de premier architecte de S. à{. I. 4e Russie.
CARRE (J.-B.-Louir), né à Varennes en Barrais, le 12 avril 1749, y mourut le 16 février 1835. Élève de Clérisseau. — Carré, élève de Clérisseau fit (après 1770), les copies de plusieurs tableaux de la galerie de Versailles pour l'Impératrice ; il ne voulut pas toutefois al}er remplacer Clérisseau à Saint-Pétersbourg •.
DE W4XHT (Charnus), architecte (voir page 177). — Quelques documents prétendent que de Wailly alla en Russie ; sa biographie, rédigée par J. Lavallée, affirme, au corsaire, qu'il refusa les offres magnifiques que lui fit Catherine IJ, et qu'il se contera de lui envoyer des plans. Les architectes russes Estarof, fagenof, Wolcpf, ont été ses élèves.
HOUDON (voir page 2i«). — Hou^qn a beaucoup travaillé pour la Russie, sans toutefois avoir été dans ce pays. En 1773, il expqsa un monument érigé en l'honneur du prince Michel Michaïlowitch Gailitzin, dont le livret donne ainsi la description : — « Un génie militaire, appuyé sur une urne cinéraire, éteint un flambeau ; à ses pieds est un trophée du casque, de l'épée et du bouclier de ce prince ; des palmes, des lauriers et différentes couronnes désignent le genre des victoires qu'il a remportées ; cette figure, de grandeur naturelle, est appuyée sur un fond formant une pyrarnide de dix pieds de haut $ur quatre de large, qui doit être accompagnée de deux cyprès ; » — le buste en marbre de Catherine II, plus grand que nature, gravé par Beisgon sur le dessin de Bounieu; — un autre monument en l'honneur du prince Alexis Demetricewitch Gallitzin, sénateur, de même grandeur que le précédent ; on y voit la Justice appuyée sur une table destinée à recevoir l'inscription. — En 1781, Houdon termina la célèbre statue
1 Clérisseau, grand ami de l'antiquité, avait en effet passé vingt ans à Rome à étudier et dessiner les monuments antiques.
* Bachaumont, Mémoires secrets, t. VII, p, 99, novembre 1773. 3 Biographie universelle, supplément.
de Diane que lui avait commandée rjmpératrice et qui e6t aujourd'hui au musée de l'Ermitage. En 1777, il n'avait exposé au Salon que le buste de cette statue, parce que l'Académie avait été justement choquée de la nudité de Diane '. La Diane de Houdon est en chasseresse, le carquois sur l'épaule gauche, et tenant un arc de la main droite ; elle est censée traverser un marais qu'elle franchit au milieu des roseaux et s'appuie légèrement sur un buisson de roseaux. Tous ceux qui ont vu cette belle œuvre en vantent la légèreté, la grâce ravissaute, la noblesse et l'élégance. Houdon a répété la statue de Diane en bronze et sans aucun support ; cette répétition est au Louvre. On voit encore de Houdon, à la bibliothèque de l'Ermitage, une statue en marbre représentant Voltaire assis dans un fauteuil. D'après Fortia de Piles, lp statue de Voltaire serait de 1781 ..
M^CÇV (PiSflirç-AflTOiirçï Pb), peintre d'architecture, né fr Paris vers |7|?, mort en i$07. Élève de Servapdonj. — Cet habile peintre d'architecture a exposé en 1773 deux gou&cbes représeptaat la colonnaftedu Couvre et lç portail de Saint-Sijlpice; ces deux gouaches étaient faites po^ir le comte Strogonof.
VELLY (Jean de), peintre. — L'Ermitage possède de Jean de Velly, peintre de la cour de Catherine II, 12 dessins relatifs au couronnement de Timpératrice Catherine II, à Moscou, en 1763. Ces dessins représentent : la proclamation du couronnement; — l'Impératrice se rendant à la cathédrale ; — la prestation du serment; — le sacre; — la communion ; — le couronnement ; — la prière pendant laquelle l'Impératrice seule est debout ; — l'Impératrice sur le trône ; — le diner de gala dans la salle dite Ghranovitaïa Palata ; — la présentation de l'ambassadeur ottoman ; — les insignes impériaux ; — }a place Krasnaïa Plostchad, à Moscou.
RQJIEflT (Hubert), peintre d'architecture, né à Paris en 1733, mort à Paris le
15 avril 1808. — Catherine II l'invita en 178î et encore en 1791 à venir à Saint-Pétersbourg ; malgré les offres avantageuses de l'Impératrice, il resta à Paris, mais il lui envoya des ouvrages qui furent généreusement payés. On voit à l'Ermitage et chez plusieurs seigneurs une immense quantité de tableaux de Robert, représentant principalement des vues de Jlopie. En 1773, il exposa une vue des ruines du Campo Vacchjno et up escalier du casino Albano peints pour le comte Strogonof *.
1 Houdon, en effet, avoit poussé limitation de la nature jusqu'à indiquer dans cette statue de la chaste Diane des détails que les anciens négligeaient môme dans les représentations de l'impudique Vénus. On ne saurait trop blâmer ce manque de convenances.
1 Notice dans le Magasin encyclopédique, 1808, t. III, p. 161.
M AUX Y (Jacques-Charles de), peintre en miniature et sur émail, né à Paris. De Mailly fonda sa réputation à Saint-Pétersbourg ; il a fait plusieurs fois le portrait en émail de Catherine II. J. Barbier en a gravé un, peint par de Mailly, à Moscou, et le Louvre en possède un autre qui est fort beau. « Catherine II goûtait fort ses ouvrages, surtout les sujets représentant des scènes de la guerre d'alors avec les Turcs. Le combat de Saint-Georges avec le dragon, en manière de bas-relief, fut payé par elle 23,000 roubles, et pour une écritoire avec des tableaux de batailles, etc., elle avança 50,000 livres. L'artiste en voulait 60,000*. »
Bachaumont* décrit ainsi cette remarquable pièce :
« On se porte en foule pour aller voir chez M. de Mailly, peintre en émail, une écritoire exécutée par cet artiste, ordonnée par l'impératrice des Russies : c'est un présent que cette souveraine fait à l'ordre de Saint-Georges, et il doit être placé dans la salle de ses assemblées. Comme tout ce qui a rapport à Catherine semble devoir porter l'empreinte de son génie et de sa magnificence, M. de Mailly s'est évertué à donner un air de monument à ce colifichet.
» Il a imaginé de faire représenter à l'ensemble un parc d'artillerie sur lequel des petits Génies militaires s'amusent à divers exercices. Il a ainsi placé ingénieusement les ustensiles nécessaires à l'usage auquel cet ouvrage est principalement destiné. Les uns de ces Génies, sur le premier plan, sont groupés de droite et de gauche avec deux mortiers, dont le premier, incliné, est le poudrier, et le second, perpendiculaire, l'encrier. On voit entre deux étendues sur la place, des armures recouvertes d'un tapis sur lequel est peint l'embrasement de la flotte turque par la flotte russe. Ce tapis sert de fermeture à une boite entamée dans l'épaisseur du plan, destinée à contenir plumes, canif, grattoir, etc.
» Sur le second sont des groupes d'autres enfants cherchant à dresser des canons sans affût sur leurs culasses, qui servent de flambeaux.
» Sur le devant du plateau s'avance une partie circulaire, au centre de laquelle est un trépied ou autel antique érigé en l'honneur de la divinité tutélaire de l'empire : il sert à placer l'éponge pour essuyer les plumes. Dans l'un des tiroirs est une pièce détachée; c'est un mât brisé auquel est attaché le reste d'une voile en partie brûlée; elle sert de garde-vue.
» Dans l'enfoncement du centre est une pendule portée sur un piédestal ; elle est ornée de différents attributs entre lesquels se trouve
1 Traduit de Nagler.
* T. X, p. 275; octobre 1777.
la trompette de la Renommée. Le bout de l'aile de cette trompette sert d'index aux heures et aux minutes, qui sont marquées sur deux cercles tournants qui traversent le globe. Le tout est surmonté du portrait de rimpératrice en médaillon. »
Fortia de Piles (t. IV, p. 395) a vu, en 4792, l'écritoire de Mailly à Tchesmé.
Mailly a dessiné le portrait de Jémélian Pougatchef, fameux chef de rebelles qui a eu la tête tranchée à Moscou en 1 775. Ce portrait a été gravé par C.-F. Letellier '.
MANUFACTURE DE SÈVRES
1778. Catherine II commanda à Sèvres un service de table qu'on exécuta à ses frais. Ce service, dit de Catherine, se composait de 744 pièces en pâte tendre, fond bleu-turquoise ; elles sont ornées de camées incrustés, de sculptures et de peintures représentant des tètes de personnages illustres de l'histoire grecque et romaine, et des sujets de ces deux histoires. Ce magnifique service, qui coûta 328,188 livres, est aujourd'hui tout entier en Angleterre, mais éparpillé dans diverses collections; il parait avoir été volé pendant l'incendie du palais d'hiver et vendu.
1782. Le 13 juin, le Roi donna au comte du Nord (grand-duc Paul) et à la comtesse du Nord, des vases, deux tableaux de fleurs, des groupes, des bustes et des médaillons en biscuit, d'une valeur de 37,626 livres, et une toilette, table et miroir en pâte tendre émaillée et à fond bleu, d'orne valeur de 75,000 livres.
1791. On exécuta à la manufacture pour le prince Kinski un chambranle de cheminée, sur fond bleu, orné de camées et monté en bronze, d'une valeur de 6,000 livres *.
VOILLE (Jean), peintre de portraits en miniature, mort en 1796. — -Voille,
que l'on appelle Viol, Viollier et Violier, avait le titre de peintre de Leurs Altesses Impériales de toutes les Russies; il vint en 1780 en Russie, en qualité de peintre de la cour, au service du grand-duc Paul. Il a fait en 1789 le portrait de ce prince, gravé par I.-S. Klauber, en 1797, in-folio. Pasch et Lebeau ont aussi gravé, d'après Voille, un autre portrait du grand-duc *.
VERNET (Joseph) (voir page 152). — En 1769, Vernet peignit « des tableaux » pour l'Impératrice ; — en 1771 , une tempête pour le baron
1 Cabinet des estampes.
* Renseignements donnés par M. Riocreux.
1 Naçler. — Cabinet des estampes. — Voir le Journal de Wille, qui Pappelle Viollier et Violier.
Demldof ; — en 1872-83, quatre tableaux pour le gïftnd-duc Paul; l'un a été exposé en 1785 ; c'est une marine représentant une tempête avec le naufrage d'un vaisseau (14 pieds sur 8) ; — en 1783, une tempête pour le prince Youssoupof !.
LE ÎXJUtf. (Claude-Nicolas), architecte, né à Dormans en 1756, mort à Paris le 20 novembre 1806. Elève de Blondel. — « 1789. J'ai été voir M. Le Doux,
architecte, qui me montra plusieurs dessins de bâtiments qu'il a résolu, sur la demande de Son Altesse Impériale le grand-duc de Russie, d'envoyer à ce prince qui aime généralement tous les arts... M. L^ Doux m'a enfin remis les dessins d'architecture si longtemps désirés par Son Altesse Impériale Monseigneur le grand-duc de toutes les Russies. Ils sont au nombre de 273, que je ferai partir sans délai pour Pétersbourg f. »
PAJOU, sculpteur (voir page 953). — Pajou a exposé AU Sfllon de 1767,
le tombeau en marbre du général Betskl ; au salon de 1789, il exposa un projet de tombeau pour le comte et la comtesse Chérémétof. Nous ne savons pas si ce projet a été exécuté.
On voit à l'Académie des Arts de Saint-Pétersbourg, une œuvre de Pajou décrite par Fortia de Piles*; c'est un monument élevé par la princesse Anastasie de Hesse-Hombourg, née Trubetskoï, en l'honneur de ce que l'impératrice Elisabeth, la nuit où elle fit la révolution, se dépouilla du cordon de Saint-André pour l'en décorer. Où voit sur un bas-relief cette impératrice en coiffe de nuit, l'uniforme des gardes sur ses jupes ; derrière elle les grenadiers des gardes ar- ' mes, à qui elle montre le palais occupé par Ivan qu'il faut attaquer. Le cordon bleu est déposé dans un vase renfermé dans ce monument, exécuté en marbre blanc par Pajou.
DOYEN (Gabriel-François), peintre d'histoire, né en 1726 à Paris, mort à Saint- Pétersbourg le 5 Juin 1806. Elève de Carie Yanloo. — Doyen, Sollicité depuis
longtemps de passer en Russie, s'y rendit en 1790.
« Catherine, dit Lecarpentier, le reçut avec la distinction et l'affabilité qu'elle accordait à tous les hommes de mérite. Elle lui assigna une pension de 1 ,200 roubles avec un logement dans un de ses palais; on le nomma professeur de l'Académie de peinture de Saint-Pétersbourg, avec de nouveaux appointements attachés à cette place. Plusieurs élèves s'empressèrent de profiter de ses leçons ; la plupart sont allés depuis en Italie. »
Madame Le Brun complète ces détails : « Je viens de voir, dit-elle
1 Archives de l'art français, t. III, p. 349, 355, 356. — Revue universelle des Beaux-
Jifts 10C Clt
« Journal de Wille, 27 décembre 1787 ; 8 février 1789 j 28 mars 1789. 3 f. lîf, p. 186.
en 1195 S mon plus ancien ami, Doyen le peintre, si bon, si Bpifituel. L'Impératrice l'aime beaucoup. Elle est venue à son secours ; car il a émigré sans aucune fortune, n'ayant laissé en France qu'une maison de campagne qu'on lui a prise. Il a sa place au spectacle tout près de la loge de l'Impératrice, qui, m'a-t-on dit, cause souvent avec lui. »
Doyen forma un assez bon nombre d'élèves pendant les seize ans dé son séjour en Russie, il fut cbargô de nombreux travaux ; entre autres, on cite le plafond de la grande salle dite de Saint-Georges, au palais impérial ; — celui de la chambre à coucher de Paul 1er, au château de Saint-Michel ; — le plafond de la salle n° XII, au palais de l'Ermitage, fait pour le cabinet de l'Impératrice mère, au château de Saint-Michel. Cette peinture, ouvrage inachevé de la vieillesse de Doyen, représente la Noblesse, sous la figure d'un guerrier, confiant à Minet ve ses enfants placés sous un bouclier. L'Abondance, symbole de la prospérité de l'État, est à ses pieds. Sur le second plan, ôû voit un jetihe hétos armé de toutes pièces, entouré de figures symboliques. L'Histoire appuyée sur le Temps, écrit les fastes de l'Empire, et la Renommée leÊ publie à l'Univers •. Ce plafond n'est qu'ébauché ; là vieillesse a empêché Doyen de le finir. Doyen a peint encore le plafond d'une galerie â Pavlovski.
Madame LEBRUN (voir page* 155). — Madame Lebrtin frésida à Saint- Pétersbourg de 4795 à 1801, parfaitement traitée par Catherine II et par toute la haute société, qui employa beaucoup soh plhceau ; elle a fait pendant son séjour en Russie quarante-sept portraitâ, dont ellemême a donné la liste dans ses Souvenirs 8.
Madame Demidof, née Strogonof ; — la princesse Menzicof ; — la comtesse Potoçka ; — la comtesse Schouvalof; — • les deux grandesduchesses Hélène et Alexandrine; — la grande-ducheBse Elisabeth, gravé en 1798 par L-S. Klaubeir, in-foh ; — la grande-duchesse Anne ; — la comtesse de Scawronski ; — la comtesse Strogonof ; — la comtesse Sammaclof ; — la comtesse Apraxine ; — la princesse Isoupof et sa fille; — la comtesse Woronzof ; — la comtesse Golowin ; — la comtesse Tolstoy ; — le prince et la princesse AlexiB Kourakin ; — deux grands bustes du roi de Pologne *• ; — sa petite nièce ; — * la princesse Michel Gallitein; — le comte et la comtesse Dietricten; — la princesse Bauris Gallitzin ; — la princesse Supia; — Mme Koutousof ; — le baron Strogonof; — Mlle Kasiski ; — la princesse Alexandre Gallitein ; —
1 Souvenirs, t. II, p. 289.
* Livret de l'Ermitage, p. 131.
* T, UI. p. 345.
4 Un portrait de Stanislas- Auguste, roi de Pologne* peint en 1797, à Saint-Pétersbourg, par madame Lebrun, a été gravé en 1798 par Klauber.
Mme Kalitchef ; — le comte Potoçki ; — le comte Litta; — la princesse Viaminski ; — le prince Bariatinski; — le prince Alexandre Kourakin; — M™ Lebrun, pour l'Académie de Saint-Pétersbourg, dont elle était membre ; — l'empereur Alexandre (terminé à Dresde).
En 1779, madame Lebrun avait fait à Paris un grand portrait de Marie-Antoinette pour l'impératrice de Russie1.
THOMAS DE THOMON, architecte, né à Paris en 1756, mort à Saint-Pétersbourg en 1814. — Thomas de Thomon, dessinateur très-habile et de bon goût, fut architecte de l'empereur Alexandre. Il a beaucoup travaillé en Russie, et ses œuvres sont fort remarquables. Elles sont décrites dans l'ouvrage suivant : Traité de peinture, précédé de l'origine des arts, dédié à S.. M. L l'impératrice Elisabeth Alexiewna, par Thomas de Thomon, architecte de S. M. I. l'empereur Alexandre Ier, et professeur à l'Académie impériale des Beaux-Arts de Saintr-Pétersbourg; Saint-Pétersbourg, 1809, 1 vol. in-8p, avec un catalogue des tableaux qu'il a peints à l'aquarelle et qui sont en Russie, et un recueil de plans et façades des principaux monuments construits par lui à Saint-Pétersbourg et dans les différentes provinces de l'empire de Russie.
Ce recueil de plans nous indique les principales œuvres de Thomon :
1° Le grand théâtre impérial de Saint-Pétersbourg. La façade offre un portique d'ordre ionique, composé de huit colonnes, surmontées d'un fronton enrichi d'un bas-relief qui représente Apollon entouré du chœur des Muses. (La façade, le plan du premier étage et une coupe prise sur la longueur sont gravées et jointes à la description.)
2° La bourse de Saint-Pétersbourg (1 805) et la belle place que ce monument domine. Cet édifice est entouré de quarante-quatre colonnes doriques, dont dix à chaque façade; les colonnes soutiennent une terrasse qui fait le tour du bâtiment. Devant la bourse, située entre la grande et la petite Neva, est le nouveau port, de forme circulaire; et à chacune des deux extrémités du port s'élève une colonne rostrale, dont les fanaux éclairent et dirigent de loin l'abord des vaisseaux. Un groupe de trois Atlas supporte une demi-sphère concave qui contient ces feux, et la base de chacune des colonnes est ornée de figures colossales qui représentent les Divinités de la mer et du commerce (quatre gravures).
3° La colonne triomphale de Pultava, élevée à la mémoire de Pierre le Grand. Elle est de fer fondu et ornée de couronnes et de
1 Souvenirs, t. I, p. 327. — Madame Lebrun y donne de très-intéressants détails sur son séjour en Russie, sur le bon accueil qu'elle y trouva, soit de l'Impératrice, soit de l'aristocratie russe.
faisceaux d'armes. Le sommet est couronné d'un aigle tenant dans ses serres les foudres de la guerre, et dans le bec une couronne de lauriers. A droite et à gauche de la colonne s'élèvent des trophées dans le goût grec, et le tout est enveloppé d'une grille dont les barreaux sont des épées de style grec, la pointe fichée en terre, symbole du repos après la victoire. Le soubassement représente une petite forteresse (une gravure). — Le modèle de cette colonne, érigée en 1809, est au musée de l'Ermitage. Les ornements ont été modelés à l'Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, par M. le professeur Schedrinn, sous la direction de Thomas de Thomon. 4° Le théâtre d'Odessa (trois gravures).
5° Le magasin impérial des suifs, à Saint-Pétersbourg (une gravure).
6° Le temple funéraire de Pavlovski (1 805), destiné à recevoir les monuments de la famille de S. M. I. l'Empereur. Il est dans le style grec et les colonnes sont d'ordre dorique. Les aquarelles de Thomas de Thomon sont : A l'Ermitage : l'empereur Trajan donnant audience à toutes les nations au milieu des places publiques, à Rome.
Chez S. M. l'Impératrice : le temple de Jupiter; grande composition allégorique.
Chez M. le comte Ghérémétof, à Saint-Pétersbourg : vue intérieure de souterrains égyptiens (peinte en 1799) *. Un ermite.
Un philosophe.
Vitruve occupé des chefs-d'œuvre d'Athènes ; effet de nuit. Un poëte qui écrit la vie de Jules-César. Philoctète dans l'Ile de Lemnos.
Chez madame la princesse Gallitzin : une tempête. Chez M. le prince Gallitzin, à Moscou : l'intérieur d'un péristyle qui précède un temple de Jupiter.
Un intérieur de catacombe égyptienne.
Chez M. le comte Rostopchin, à Moscou : une grotte de Neptune. Une retraite sacrée où se baignent des nymphes.
LA BARTHE (Gérard de), peintre, né à Rouen. — « De la Barthe, peintre français, vécut au commencement de notre siècle à Moscou, et y fit les dessins pour la collection des Vues de Moscou, qui furent gravées et colorées par Guttenberg, I^aminit, Lory et autres, aux frais de Walser de Hérisau. Il fit encore plusieurs autres vues et paysages traités dans une manière agréable, et surtout de très-belles
> H était donc en Russie en 1799. En 1785, il étudiait encore à Rome. (Voy. l'avantpropos de l'ouvrage de Th. de Thomon.)
aquarelles. De la Barthe vivait encore en 1810, mais nous ne pouvons suivre sa trace plus longtemps '. »
CARAFFE (Armand), peintre d'histoire, mort en 1814. Elève de Lagronée. —
Caraffe se rendit en Russie vers 1801 et revint à Paris en 1812. Il était peintre au service de la cour et placé à l'Ermitage comme peintre d'histoire. C'était un bon dessinateur et un homme d'esprit, mais il a laissé peu d'oeuvres susceptibles de faire honneur à notre école.
PINCHON (Jean- Antoine), peintre de portraits, né à Paris en 1770. Elève
d'Augustin et de Vincent. — Pinchon peignait le portrait en miniature et à Thuile avec assez de talent, pour qu'à un voyage qu'il fit à Saint- Pétersbourg, l'impératrice Catherine le nommât peintre de sa cour. Il revint en France en 1808.
ADAM, peintre sur porcelaine. — On voit de lui à l'Ermitage, une sainte famille, peinte sur porcelaine. Adam était attaché en 1807 à la manufacture de porcelaine de Saint-Pétersbourg1.
SWEBACH (Jacques-François-Joseph), peintre sur porcelaine, né à Metz, le ' 19 mars 1769, mort en 1823 à Paris, le 10 décembre. — Swebach fut, SOUS l'empereur Alexandre, le directeur de la manufacture impériale de porcelaine de Saint-Pétersbourg, de 181 5 à 1820*.
Swebach avait peint à Sèvres le service égyptien à bord bleu, orné de peintures en camaïeu bistre, et d'une frise hiéroglyphique çn or ; ce service exécuté pour la table de Napoléon Ier, fut trouvé très-beau par l'empereur Alexandre, à Tilsit, et Napoléon lui en fit cadeau*.
CIOR (Pierre-Charles), peintre en miniature, né à Paris en 1769. Elève de
Bauzil. — Cior a peint les portraits du prince Kourakin, du prince Nourakin et de son fils, du prince Inoupof et de son fils, de l'empereur Paul Ier à cheval et de l'impératrice douairière de Russie 5.
BOIELDIEU (François-Adrien), compositeur de musique, né à Rouen le 15 décembre 1775, mort le 8 octobre 1834. — Boïeldieu fut appelé en Russie en 1803 par l'empereur Alexandre, qui le nomma maître de sa chapelle. A l'arrivée de Boïeldieu, on exécuta à l'Ermitage, devant toute la cour, le Calife de Bagdad ; cette délicieuse musique produisit un en-
1 Traduit de Nagler.
1 Livret du Musée de l'Ermitage.
3 La manufacture de Saint-Pétersbourg a eu deux tourneurs venus de Sèvres ; Pun Davianon, vers 1800, l'autre Derimère, vers 1852. Tous les deux, fort habiles ouvriers, ont dirigé la fabrication de la manufacture impériale de Russie.
4 Communiqué par M. Riocreux.
* Gabet.
thousiasme considérable, qui augmenta la magnificence de la réception que l'on fit à Boïeldieu. Il resta en Russie jusqu'en 181t. Pendant ce temps, Boïeldieu composa pour le théâtre de la cour plusieurs opéras qui presque tous ont été joués depuis à Paris, savoir : Mine reine de Qolconde, Abderkan, Calypso, le» Voiture* versées, ta Jeune Femme colère, les deux Paravents, un Tour de Soubrette, la Dame invisible, Amour et Mystère. Ce fut en Russie que Boïeldieu composa la musique des chœurs à'Athalie. Il a aussi écrit un assez grand nombre de marches et de morceaux militaires pour la garde impériale russe '.
GUICHARD, sculpteur, né à Paris. Elève de Pejon et Vincent. — Il se rendit en Russie vers le commencement de ce siècle, y resta jusqu'en 1814, et revint à Paris. Il a fait les bustes de l'Empereur et de l'impératrice Elisabeth Atexéievna, ceux de presque tous les membres de la famille impériale, et celui de Krusenstern ; plusieurs se trouvent à l'E
ltlESEIYJER (Hkkri-Frahçoib), peintre de portraits, n6 a Paria le 1» octobre 1TS7, mort à Parie la 7 février itss. — Ricscner a résidé à Saint-Pétersbourg et à Moscou de 1816 a 1833; il a fait les portraits de l'empereur Alexandre et des personnages les plus importants de l'Empire '.