‹ Les artistes français à l'étrangerChapitre 23 sur 202 · AUTRICHE · texte numérisé non relu

AUTRICHE

EIGAUD /Htacwtm), peûilre de portrait*, né a Perpignan, le tt |wUet Ifl», mort le 27 décembre 1743, A Paris. Élève dé son père Mathias Rigaud, de Pesât ei

de Rue. — Rigeud est le premier artiste français que nous trouvions en relations directes avec l'Autriche ; il peignit à Paris les portraits de deux personnages autrichiens. En 1698, il fit celui du comte de Ilarrach, ambassadeur d'Autriche à Madrid ; en 1701, il peignit Philippe-Louis, comte de Zinzendorf, pendant le premier séjour que ce seigneur fit en France en qualité d'envoyé de l'Empereur. (Ce portrait a été gravé par B. Picart). En 1729, Rigaud fit un nouveau portrait du comte de Zinzendorf, figure jusqu'aux genoux, avec l'habit de cérémonie de l'ordre de la Toison (Gravé par Cl. Drevet, 1730 1).

DE COTTE (Romurr), premier architecte de Roi, directeur de l'Académie d'erehitecture, ne* a Paris en 1*56, mort à Parie le 15 juillet 1735. Élève et beau -frère

de J.-H. VanserL — Le comte de Zinzendorf nous parait être le premier personnage autrichien qui ait fait connaître et propagé en Autriche l'art français. Ainsi deux fois il se fait peindre par Rigaud \ pendant ses deux séjours à Paris; nous le trouvons aussi demandant

1 Mémoire* inédits sur la pis et les ouvrages du membres de t Académie royal* de peinture el de seul/4*re, publiés d'après les manuscrits de culte Académie, conservés à l'École des beaux-arts, par MM. L. Dussieux, E. Soulié, Ph. de Chennevières, P. Mantz. A. de Montaiglem. 2 vol. in-8*. 1854. — T. II. p. 168. 182. 197.

* Il s'est ûut peindre aussi par Largillière ; os portrait est à la paierie- de Dartnstadt.

des plans à Robert de Cotte pour un château. On lit dans « l'inventaire des dessins et autres papiers renfermés dans les portefeuilles de M. Robert de Cotte ' » l'indication, sans autre détail, de trois plans d'un château pour le comte de Zinzendorf, sous les numéros 1204, 1205, 1206.

HERBEL (Charles), peintre, né à Nancy, mort & Nancy en 1703. — Charles

Herbel suivit le duc Charles V de Lorraine dans ses campagnes (contre Louis XIV) et peignit sur le lieu même quelques-unes de ses batailles. L'empereur Léopold le retint quelque temps à Vienne, où il le fit travailler. De retour dans son pays avec le duc Léopold, Herbel acheva les autres batailles, et les dix-huit qui étaient peintes, furent exposées, pour la première fois, à Nancy, le 10 novembre 1698, pour rentrée du duc Léopold. Ces vingt-cinq grands tableaux, et douze autres qui représentaient les Mois, furent copiés en tapisseries, dans une manufacture que le duc Léopold avait fait établir près de son palais et où il avait attiré des ouvriers des Gobelins. Les originaux furent brûlés dans l'incendie du château de Lunéville en 1719, et les tapisseries, à la suite de la cession de la Lorraine faite à la France, par François III, en 1736, furent transportées à Florence, et sans doute ensuite à Vienne *.

CHABRY (Marc), peintre et sculpteur, né à Barbentane en 1660, mort à Lyon, le A août 1727. Élève de Puget. — L'empereur Léopold 1«r Pavait appelé auprès de lui en 1705 ; mais la mort de ce prince l'obligea de revenir à Lyon. Il fit en passant à Mayence le portrait de rélecteur •.

DORIGNY (Louise peintre d'histoire et de portraits, né à Paris en 1654, mort à Vérone en 1742. Élève de Lebrun. — Nous croyons que Dorigny est le premier artiste français qui ait travaillé en Autriche. En 1711, le prince Eugène, ami et protecteur des arts, appela Dorigny à Vienne *; il se trouvait alors à Paris et avait acquis beaucoup de réputation par les grands ouvrages qu'il venait de faire en Italie. Le prince Eugène le chargea de décorer son palais, et Dorigny employa treize mois à ce travail. Il représenta l'histoire d'Icare au plafond du grand escalier; il peignit les plafonds des deux chambres suivantes, ainsi que celui de la grande galerie, représentant l'Enlèvement d'Orythie par Borée. On lui doit encore le Conseil des Dieux, grande peinture exécutée à la salle de la chancellerie de Bohême. Dorigny a peint aussi à Prague un plafond dont le sujet est Junon dans son char suivie de

1 Cet inventaire est au Cabinet des es lampes de la Bibliothèque nationale (Yc. 29). % Ph. de Chennevières, Les peintres provinciaux*, t. II, p. 337. — Dom Calmet, Bibliothèque Lorraine, p. 494.

3 Abbé Fontenai, ÏHctionnaire des artistes.

4 D'Argens, Eœamen critique des différentes écoles de peinture, 1 vol. petit in-8°, Berlin, 1768, p. 387.

ses nymphes l. « La partie de ce peintre étoit l'invention. Il avoit un génie extrêmement facile, et il réussissoit principalement dans les

grandes compositions Il étoit devenu si grand praticien qu'il n'a-

voit presque jamais besoin de faire des desseins pour les ouvrages qu'il avoit à peindre, même ceux qui étoient les plus composés. La plus légère esquisse lui suffisoit. De là il par toit, et, le pinceau à la main, il composoit et rédigeoit sur le mur ce qu'il vouloit exprimer. Ce qu'il a peint à Vienne chez le prince Eugène n'est pas ce qu'il a fait de plus beau ; il y a toujours du feu, mais le ton de couleur en est d'une fadeur insupportable et est entièrement faux8. »

PAUHOCEL (Ignace), peintre de batailles, né à Avignon vers 1888, mort 4 lions en 1722. Elève de son oncle Joseph Parrocel. — « Ignace PaiTOcel, neveu

de Joseph et son élève, a suivi de près sa manière de peindre les batailles; il a beaucoup travaillé en Italie où il a fait plusieurs voyages, à Vienne en Autriche pour le prince Eugène, et, pour le prince d'Aremberg, à Mons dans les Pays-Bas, où il est mort en 1722*. • Il a travaillé à Vienne pour l'Empereur, mais surtout pour le prince Eugène. On voyait en 1784, dans l'ancien palais du prince, six grands tableaux de batailles placés dans la salle à gauche de la principale entrée du Belvédère inférieur. Ils représentaient les batailles de Zentha, de Hochstett, de Cassano ; la levée du siège de Turin (20 pieds six pouces), qui est indiquée comme le morceau capital de cette suite par la grandeur, l'immense quantité de figures et les détails infinis du terrain ; la bataille d'Oudenarde et celle de Malplaquet*. Le musée du Belvédère possède deux tableaux de Parrocel : un grand camp et une bataille contre les Turcs. Nous ignorons les dates qui fixent le séjour de Parrocel à Vienne ; nous savons seulement par Mariette qu'il était dans cette ville en 1719. « Je l'ai connu, dit-il, à Vienne, en 1719. C'était un bon homme, mais il s'en faut beaucoup qu'il eût les talents de son oncle5. »

BAXLEV (Claude II) orfèvre, né à Paris en 1661, mort le 18 mars 1754. Elève

de son oncle Claude I. — Bailin travailla pour le prince Eugène, nous

1 D'Argenville, Abrégé de la vie des plus fameux peintres, etc., 4 vol. in-8°, 1762.

1 Mariette, Abecedarto et autres notés inédites, ouvrage publié par MM. Ph. de Chennevières et A. de Montaiglon, t. II, p. 115. — Nous avons rectifié, d'après le manuscrit de ce précieux ouvrage, conservé au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, la dernière ligne de notre citation.

3 Mémoires sur Us membres de V Académie de peinture et de sculpture, t. II, p. 45. — D'Argenville.

4 Chrétien de Mechel, Catalogue des tableaux de la galerie impériale de Vienne, Bâle, 1784, 1 vol. in 8°. — Cette galerie est établie dans l'ancien palais du prince Eugène ; mais la date de 1724 assignée par Mechel i la construction de ce palais n'est pas exacte.

5 Abecedario. — Mariette ajoute que ces tableaux avaient été peinte pQUT la grande salle du palais.

disent se» biographes, mais sans donner aucun détail. Il fit aussi, en 1726, pour le maréchal Daun, un célèbre service d'argenterie et un surtout de table représentant la fête de Cornus.

VAN SCHUPPEN (Jacques)» peintre d'histoire et de portraits, fils de Pierre Van Schuppen, graveur flamand, établi a Paris et élève de Nauteuil; né 4 Paria en 1669 !v mort à Vienne le 28 janvier 1751. Élève de l«argilli*re. — « Van Schuppen

se consacra principalement au genre du portrait; il y acquit quelque réputation, mais pas assez pour effacer ni pour aller de pair avec ses maîtres. Aussi il ne lui fut pas difficile d'accepter l'offre qui lui fut faite de passer en Lorraine, où le Duc le prit à son service1 et le déclara son premier peintre. Après être demeuré plusieurs années à cette cour, las de s'y morfondre, il passa à celle de Vienne* et il fit si bien par ses pratiques et par le moyen du comte d'Althan, qui gouvernoit l'esprit et les bâtiments de l'Empereur, qu'il fut admis à peindre les portraits de Leurs Majestés Impériales. J'ignore si l'on en fut content; je sais seulement que le peintre se plaignoit hautement de la récompense. Il se retourna d'un autre côté, et, profitant toujours de la faveur du comte d'Althan, il proposa, comme le moyen le plus sûr de faire fleurir les arts à Vienne, d'y établir une académie à l'instar de celle de Paris; ce qui ayant été fait, il en fut établi le chef*. * Ce fut le 20 avril 1716 que l'empereur Charles VI nomma par décret Van Schuppen son premier peintre et directeur de l'Académie aulique de peinture et de sculpture6.

« Je l'ai fort connu, dit Mariette, dans le séjour que j'ai fait à Vienne ; c'étoit un esprit pesant et son pinceau n'étoit pas plus léger. Il dessinoit mal, et c'est ce qui faisoit que ses tètes n'étoient jamais ensemble; mais ce n'est pas ce qui fait les portraits ressemblants aux yeux de la multitude ; pourvu qu'on y trouve certains traits caractéristiques qui fassent dire : voilà le portrait d'un tel, cela lui suffit. Dans ce cas là Van Schuppen aura fait beaucoup de portraits ressemblants. »

On cite parmi les œuvres de Van Schuppen: le tableau d'autel dans l'église de Saint-Charles Borromée, à Vienne, représentant sairt Luc qui fait le portrait de la Vierge * ; deux portraits, à la galerie du Bel-

1 Mariette et Janneck font naître Van Schuppen à Paris. — Janneck, Lettré à un amateur de la peinture avec des éclaircissement* historiques fur un cabinet et le* auteur* de» tableaux qui le composent, etc. (sans nota d'auteur), i vol. petit in-8", Dresde, 1755: aux additions.

* Après 1704 ; ce fut en cette année que Van Schuppen fut reçu académicien, et probablement il n'alla en Lorraine qu'après sa réception à l'Académie.

* Il fut appelé à Vienne par l'Empereur en 1710. Janneck, loc. cit., p. 320.

* Mariette, Abecedario.

5 Registres manuscrits de V ancienne Académie de peinture et de sculpture, conservés à l'Ëcole nationale des beaux-arts.

* Janneck, loc. cit., aux additions, et Nouveau guide par Vienne, 1702, p. 156 Bibliothèque nationale. M. 985. c. a. 1).

ALLKMÀGNfc 151

yédère (voy. p. 100)4 inn d'Ignace Parrocel, l'antre d'un inconnu \ un portrait du prince Eugène, qui se trouve au musée d'Amsterdam.

Il est intéressant de savoir comment se conduisaient nos artistes à l'étranger et quels rapports ils continuaient avec l'Académie de Paris; la lettre suivante adressée de Vienne, le 9 janvier 173*, par Yan Schuppen à l'Académie* est à ce point de vue un document assetf précieux * :

« Messieurs, l'honneur que j'ai d'être membre de votre illustre Académie me fait un devoir de vous informer de l'avancement de celle de Vienne. J'ai été exact à vous apprendre que S. M. 1., dans la vue de contribuer au progrès des arts libéraux , ayant résolu de rétablir l'Académie publique de peinture et de sculpture, telle qu'elle étoit du temps de l'empereur Joseph •, m'avoit honoré de la place de directeur, avec les attributions des privilèges, prérogatives et immunitez y annexés,

» J'ai depuis conduit cette Académie avec succès ; mais elle n'avoit point encore de forme et manquoit debien des choses. Cependant l'Empereur qui aime les Beaux-Arts et qui en connoit l'agrément et l'utilité, s'en étant déclaré le Protecteur, j'ai fait de très-humbles remontrances pour obtenir un logement et des augmentations qui m'ont été accordés. L'Académie occupe présentement une maison convenable, qu'il m'a été permis de choisir dans le plus beau quartier de la ville, et pour laquelle on paye cinq mille livres ; elle en a autant pour son entretien, avec quarante voyes de bois pour le chauffage; eh sorte que la dépense de notre Académie passe quatorze mille francs, sans comprendre les appointements du directeur qui ont été augmentés jusqu'à cinq mille livres, non plus que ceux du secrétaire 1 qui sont aujourd'hui de dix-huit cents livres. Il a aussi été frappé de» médailles pour les prix ; elles ont d'un côté la tête de l'Empereur, avec cette légende, IMP. CAES. GAROLVS VI P. FEL. AUŒ PATER. ARTIUM, et au revers, Minerve assise, tenant une corne d'abondance , d'où il sort des médailles pour récompenser la Peinture et la Sculpture désignées par deux enfants, dont l'un tient des pinceaux avec une palette, et l'autre un compas mesurant une statue ; on lit autour AVGVSTjE DONA MINERVE. En voici l'empreinte en taille-douce.

» La première distribution de ces médailles, au nombre de quatref savoir, deux d'or et deux d'argent, se fit publiquement le jour de

1 Cette lettre se trouve dans le Mercure de France, avril 1732, p. 772-74* La gravure de le médaille dont parle Van Schuppen y est jointe.

* Raczynski, EiUtoire de l'art moderne en Allemagne, 3 vol. în-4*, avec gravures, Par», 1836-39-41 ; avec un Dictionnaire d'artistes, 1 vol. in-8», Berlin, 1842. — Raczynski (t. II, p. 543) et -d'autres auteurs disent que Van Schuppen fut le fondateur et le premier directeur de l'Académie de Vienne ; ils se trompent. Cette académie fut créée en 1704 par l'empereur Léopold Ier et ouverte le 18 décembre 4705 par son successeur Joseph !•' ; elle fut réorganisée par Charles VI, en 1726.

l'octave de Saint-Charles, patron de l'Empereur, au bruit des trompettes et des timballes. L'assemblée fut très-nombreuse ; notre viceprotecteur M. le comte d'Althan, surintendant des bâtiments, et M. le comte de Zinzendorf, grand chancelier, s'y trouvèrent avec les ministres et les personnes les plus considérables de la Cour. L'Empereur a voulu voir les ouvrages de peinture et de sculpture qui ont remporté ces prix, et j'ai eu l'honneur de présenter à S. M. I. les élèves qui les ont faits.

» Je vous dois, Messieurs, ce détail, puisque c'est dans votre savante école que j'ai puisé les principes de la peinture, et que c'est l'honneur d'être d'une académie aussi célèbre qui m'a fait connoitre à la cour de Vienne, et qui m'a procuré la direction de la nouvelle Académie impériale de peinture et de sculpture. Je vous demande la continuation de votre affection, et j'espère que vous voudrez bien me l'accorder, personne n'étant avec plus de respect et de vénération, Messieurs, votre très-humble et très-obéissant serviteur. »

DETROY (Jban-Frahçois), peintre d'histoire, Dé à Paris en 1679, mort à Rome le 24 janvier 1752. Elève de son père F. Detroy. — « En 1735, il fit pour le

duc de Lorraine, aujourd'hui empereur, quatre tableaux : l'un, Psyché qui découvre l'Amour ou Psyché indiscrète, Psyché dans le désert, Psyché chez Plu ton, Psyché reçue au nombre des Dieux, figures grandeur naturelle, plus finies qu'il n'avoit accoutumé '. »

VERNET (Claude- Joseph), peintre de marines, né à Avignon le 14 août 1714, mort à Rome le 3 décembre 1789. Elève de Manglard. — Pendant son séjour à

Rome (1738-53), Joseph Yernet a peint six tableaux pour le comte d'Harrach.

8CHMUZER, graveur, né à Vienne en 1733, mort à Vienne en 1811. Elève de

Wille. — «Le 19 novembre 1762, aborda chez moi vers le soir, M. Schmuzer, graveur de Vienne. Il m'apporta sept ou huit lettres de recommandation tant de personnes qui me sont connues que d'inconnues pour moi. lime fit en entrant bien des révérences gothiques, me voulant baiser le bas de ma robe de chambre, me nommant tantôt Votre Excellence, tantôt Jhre Gnaden*. J'en étois honteux de toutes ces civilités. Il étoit accompagné d'un jeune peintre de Francfort qu'il avoit rencontré à Strasbourg et qui m'apportoit aussi une lettre de recommandation de M. Tischbein, peintre du landgrave de Hesse-Cassel , mon ancien ami. Ce peintre me paroi t un jeune homme fort découplé; il se nomme Krauss. Le graveur est un homme marié ; il a laissé sa femme et quatre enfants à Vienne. Il doit étudier une couple d'années sous moi. 11 a été envoyé à Paris pour cet effet par le grand chance-

1 Mémoires sur Us membres de V Académie de peinture et de sculpture, t. II, p. 277. * Votre Grâce.

lier, comte de Kaunitz; môme l'argent quïl a annuellement à dépenser me sera délivré par ordre du grand chancelier1. »

Après avoir fini, en 1765, le portrait du comte de Kaunitz, sous la direction de Wille, Schmuzer fut rappelé à Vienne par l'impératrice Marie-Thérèse, qui le nomma directeur de la classe de gravure qu'elle fonda à l'Académie de Vienne en 1771 *.

LE VACHER, imprimeur français. — LAIVDEREIl, imprimeur viennois. —

L'Autriche envoyait ses graveurs se perfectionner à Paris; elle demandait aussi à la France des imprimeurs en taille-douce et envoyait les siens à Paris étudier nos procédés.

« 1764, 15 janvier. Depuis le 15jusqu'au 20, j'étois fort occupé àfaire la convention avec un jeune imprimeur en taille-douce que je dois envoyer à Vienne en Autriche, et dont M. Wachtler, secrétaire du comte de Kaunitz, m'a voit donné la commission. Il doit rester trois ans. Il aura chaque année 1 ,500 livres, le logement, et tout ce qui est nécessaire pour imprimer lui sera fourni ; 350 livres pour faire le voyage et autant pour son retour, au bout des trois années. Il doit partir demain 21 avec le coche de Strasbourg. Il a déjà été en Saxe, se nomme M. Le Vacher, et il est très-habile*. »

En juillet 1775, l'Impératrice envoya à Paris, pour se perfectionner dans son art, un imprimeur de Vienne, nommé Landerbr. L'Impératrice le recommanda à Wille, qui fut chargé de le placer chez un habile imprimeur. S. M. I. envoya à Wille une médaille d'or, qui devait être donnée à l'imprimeur parisien qu'il désignerait pour instruire Landerer. Wille choisit Beauvais l'ainé, qui travaillait pour lui depuis plus de trente ans et qui avait une grande capacité dans l'art d'imprimer4.

TOCQUÉ (Louis), peintre de portraits, né en 1696, mort à Paris le 10 février 1772. Elève de M. Nicolas Bertin. — « M. Tocqué, dont les portraits ont une si grande réputation, a exposé (1753) celui de M. le comte de Kaunitz5 », qui était alors ambassadeur d' Au tricha à la cour de Versailles. En 1758, étant à Saint-Pétersbourg, Tocqué fit le portrait du comte Nicolas Esterhazy de Galantha, ambassadeur d'Autriche en Russie. Ce portrait a été gravé, en 1759, par Schmidt, à Saint-Pétersbourg.

MANUFACTURE DE SÈVRES*

1766, 6 octobre. Le duc de Choiseul donna au prince de Starem-

» Journal de Wille.

* Najrler. Neve* allgemeines Kûnstler lexicon, 22 vol. in-8°, Munich.

» Journal de Wille.

« Journal de Wille.

5 Correspondance de Grimm, 1753, t. I, p. 60.

6 Renseignements donnés en 1855 par M. Riocreux, conservateur du musée céramique de Sèvres, d'après les registres de cette manufacture.

berg tin service de table avec surtout, en porcelaine de Sèvres, valant

30,824 livres.

1777, avril. Le Roi donna à l'empereur d'Allemagne un grand service de table, fond vert avec fleurs et fruits, et on surtout en sculpture ; — un déjeuner et deux vases ornés du portrait du Roi ; le tout d'une valeur de 43,464 livres.

1786, 28 août. Le Roi donna au duc de Saxe-Teschen un service de table avec surtout, un cabaret, des vases, une table où était représentée l'histoire de Renaud et d'Armide, les bustes du Roi, de la Reine et de l'Empereur; le tout valant 26,084 livres.

1786. Le Roi donna à l'archiduc Ferdinand un service de table, fond bleu-céleste orné de marguerites et de roses, un surtout en sculpture, un cabaret bleu à miniatures, les bustes du Roi et de la Reine; le tout valant 26,748 livres.

PILLEMENT (Jban), peintre et demineieitr de paysage» et de marine», graveur à Peau-forteH né à Lyon en 1/27, mort à Lyon en 1801. — Pillement, dont

l'histoire est fort peu connue, a séjourné longtemps à Vienne; il s'y trouvait en 1767. Un de ses paysages, le Retour au hameau, a été gravé par Godefroi, de Vienne. Sur cette estampe, Pillement prend le titre de peintre du roi de Pologne et de la reine de France Marie- Antoinette. La galerie du prince de Liechtenstein, à Vienne, possède dix ouvrages de. Pillement : le Matin et le Soir, paysages peints au pastel sur parchemin ; deux paysages avec figures et animaux, peints en détrempe; deux marines, également en détrempe; deux paysages au crayon; deux autres paysages peints sur parchemin en détrempe1.

C H AMANT (Joseph), peintre, architecte et graveur, artiste lorrain, né i Harancoùrt en 1760, mort i Vienne en 1768. Elève de Claude Charte». — Chaînant,

peignit beaucoup pour le prince Charles de Lorraine, et fut plus tard architecte et peintre de l'empereur François Ier, à Vienne. On a de Chamant, des eaux-fortes composées et gravées par lui ou d'après lui ; ce sont des scènes d'opéras, des arcs de triomphe, des mausolées, etc. Ses tableaux représentent des sujets d'architecture *.

DUCHEUX (Joseph), peintre de portraits à l'huile et au pastel, né à Nancy en 1737, mort le 24 juillet 1802, à Parie. Élève de Delatour. — Ducreux, peintre

estimé de son temps, se rendit à Vienne, en 1769, par ordre du comte de Choiseul, ministre de Louis XV, pour faire le portrait de la jeune

1 Description des tableaux, etc. de la galerie de S. A. Franç.-Jos.) prince de Lieth* ten.strin. Vienne, 1 vol. in-8°, 1780.

* Najçler. — Dom Galmet [Bibliothèque lorraine, p. 257)*— Heinecken (ir, 16).- — Son portrait a été gravé par C. (Jregori ; on y Ut s JosephiU Chamant Lotharingus, S. M. Imp. Archit et Pictor,

archiduchesse Marie-Antoinette ' ; il s'acquitta avec tant d'habileté de sa mission, que la princesse le nomma son premier peintre et que l'Académie de Vienne s'empressa de l'admettre au nombre de ses membres. Ducreux fit aussi les portraits de Joseph II et de Marie- Thérèse, gravés par Gathelin et Schmutzler \

BERTRAND (Gabrielle), peintre en pastel, née à Lunéville en 1737, morte

en 1790. — Gabrielle Bertrand fit beaucoup de pastels à Vienne et épousa dans cette ville, le sculpteur Beyer. Elle travailla aussi à Naples et à Bruxelles. Bile peignit pour la reine de Naples une Marie-Thérèse au moment où elle laisse le deuil pour prendre les rênes du pouvoir 3.

MONOT (Martin- Cl au de), sculpteur, né en 1733, mort en 1806. Membre de l'ancienne Académie. — Monot exposa au salon de 1785 le modèle d'un jeune amour lançant des traits, qu'il devait sculpter pour le comte de Metternicb, plénipotentiaire de l'Empereur en France.

MADABttë LE BHtKV (LotJi«-ELi«A*BTH Vigée), peintre de portrsJto. née en 1735, morte en 1842. Élève de son père et de Briard. — Madame Le Brun

résida à Vienne, de 1793 à 1795; elle y fit 31 portraits à l'huile et U au pastel. Les personnes qu'elle peignit étaient en général des émi-. grés français et des étrangers de toutes nations, qui formaient la brillante société au milieu de laquelle elle vivait. Parmi les personnages autrichiens dont madame Le Brun fit le portrait, nous citerons les princesse Esterhazy et de Liechtenstein *.

LEGROS (Sauveur) grtvauf à l'etfu-forte, né à Versailles en f 7S4, mort à

Enghien en 1834. — En 1797, Legros était à Vienne, où il gravait et rédigeait, dans le Peintre-graveur de Bartsch, le catalogue de l'œuvre de Rembrandt. Son œuvre est à la Bibliothèque impériale de Vienne*,

GERARD (le- baron François), peintre d'histoire et de portraits, né à Rome le 4 mai 1770, de parents français, mort à Paris le 18 janvier 1837. Elève de Pajou,

Brenet et David. — En 1803, Gérard fit le portrait en pied de la princesse de Gyarac, née Esterhazy ; en 1814, celui de Charles-Philippe, prince de Schwartzenberg. Ces deux portraits ont été gravés, le premier par P. Adam et le second par Potrelle. Les esquisses de la plupart des

1 Ce portrait a été gravé par Ch. Duponchel.

« Nagler. — Revue universelle des Beaux- Arts, t. XX, p. 119. On y trouve l'indication de nombreux portraits d'étrangers illustres peints par Ducreux.

3 Nagler. Ce compilateur dit que quelques-uns des tableaux de Gabrielle Bertrand se voient au musée de Vienne ; noua n'en avons trouvé la trace dans aucun catalogue.

♦ Souvenirs de madame Le Brun, 3 vol, in-8», 1835 ; t. II, p. 200-240, 371-374. Dans ces dernière» pages se trouve la liste complète des portraits peinte à Vienne*

5 Revue universelle des B eaux- Arts % t. VI, p. 14 ré.

portraits en pied de Gérard, sont au musée de Versailles ;on y trouve celles des deux portraits ci-dessus. En 4804, Gérard fit le portrait du comte et de la comtesse de Frise (gravé par Adam ; esquisse à Versailles). On lui doit aussi un portrait en buste du même prince de Schwartzenberg; celui delà princesse de Schwartzenberg, qui périt brûlée à Paris ; le buste du prince de Metternich; le buste de la comtesse Esterhazy avec sa fille1.

I8ABEY (Jean-Baptiste), peintre en miniature, né a Nancy le H avril 1767, mort à Paris le 18 avril 1855. Elève de David. — Isabey fit, en 1811, un premier voyage à Vienne *. L'empereur François l'accueillit avec une bienveillance toute particulière et le logea au palais impérial, dans l'appartement même du prince Charles. Isabey fit à Vienne le portrait de tous les membres de la nombreuse famille impériale, du grandduc de Wurtzbourg, de l'archiduc Palatin frère de l'Empereur, de l'empereur François Ier, de l'impératrice Béatrix, du prince Charles, de l'archiduc Jean, de l'évêque Rodolphe et des sœurs de Marie-Louise. Isabey fit aussi les portraits des principaux personnages de la cour, du prince de Metternich, du prince et de la princesse Esterhazy, du prince Schwartzenberg, du prince de Ligne, du prince Rasoumofski. En 1815, il alla une seconde fois à Vienne ; ce fut alors qu'il fit le célèbre dessin du congrès de Vienne, qui a été acheté par le duc de Wellington et se conserve à Apsley-House. Ce dessin a été gravé.

« CAUCIG (François), peintre, et IlODAKOWSKI (Henri), peintre de portraits. — Un artiste autrichien contemporain a été tout particulièrement inspiré par l'école française ; c'est François Caucig, né à Gœrz en 1762, mort en 1828.11 fut professeur à l'Académie de Vienne en 1799, et depuis il en devint le directeur; Caucig avait complètement adopté les principes et le style de David1. — Henri Rodakowski, né à Lemberg, l'un des meilleurs peintres de portraits de notre temps, est élève de LéonCogniet. Il a exposé de fort belles œuvres à nos salons et a été décoré de la Légion d'honneur en 1 861 .

FROMENT-MEUBICE (Désiré-François), orfèvre, né à Paris le 31 décembre 1802, mort à Paris le 17 février 1855. Elève de Wagner. — Il a fait pour le duc de

Frias, qui l'a offert au prince de Metternich, un coffre de cristal destiné à contenir un fragment du sarcophage de Charles-Quint. Le pied du coffre est formé par un aigle à deux têtes en or émaillé

1 Ch. Lenormant, François-Gérard, peintre d'histoire, essai de biographie et de critioue. 1847, grand in-12.

' Renseignements communiqués par M. Isabey et extraits de ses Mémoires manuscrits .

3 Raczynski, t. II, p. 548. — Raczynski, t. II, p. 569, parle aussi de Jean Schœdlberger, peintre ae paysages, né à Vienne, en 1779, et imitant de son mieux la manière de Claude Lorrain.

noir, tenant dans Tune de ses serres le sceptre impérial, et dans l'autre le globe surmonté de la croix, et portant sur sa poitrine, d'un côté les armes héréditaires de Charles-Quint, et de l'autre les armoiries composées de toutes les provinces de son empire. L'aigle est surmonté de la couronne impériale d'Autriche. Aux deux extrémités du socle, qui est supporté par des chimères, sont assis quatre enfants portant sur leurs bras : la couronne impériale d'Autriche, la couronne royale d'Espagne, un casque et la boule du monde. Sur ce socle repose un coffre octogone , composé de huit morceaux de cristal de roche, dont les jointures sont recouvertes par des branches de cyprès et des rinceaux en émail noir. Sur les deux faces principales du coffre sont gravées, dans le cristal, les armes des Flandres et de la Franche- Comté. Le couvercle, de même forme, se compose aussi de huit morceaux de cristal de roche ; il est surmonté de deux lions qui servent de supports à un écusson, sur lequel est émaiilé l'emblème de Charles-Quint : deux colonnes surmontées de la couronne impériale, sortant des flots de la mer et reliées entre elles par une banderole portant d'un côté la devise, et de l'autre le chiffre enlacé de Charles-Quint '.

DELAROCHE (Paul), peintre de genre historique, né à Paris le 17 Juillet 1797, mort à Paris le 4 novembre 1856. Elève <Je Gros. — Il a peint, en 1843, pour le

comte Ratzinski, à Vienne, les Pèlerins sur la place Saint-Pierre à Rome (gravé par Jules François)".

RAFFET (Alexis- Augustb-Marib), dessinateur et lithographe, né à Paris le 1er mars 1804, mort à Gênes le 16 février 1860. Elève de Charlet et de Gros. —

lia fait, en 1855, pour l'archiduchesse Sophie, de belles aquarelles représentant le régiment d'infanterie autrichien Don Miguel : en marche, repos, feu de file, grenadiers, etc.

BARILLET * (Jbak-Pibrrb), dessinateur de jardins, né en 1824; mort le 12 septembre 1873 à Vichy. — C'est lui qui a créé, à Vienne, peu de temps après l'exposition universelle de 1867, les beaux jardins du Prater. Son successeur est M. Gondouin4.

FROMENT-MEURIGE (Emile), orfèvre, né à Paris en 1837. Fils et élève de François- Désiré Froment-Meurice. — En 1857, il a exécuté un triptyque d'argent, orné d'émaux et de pierreries, offert par la ville d'Arad (Hongrie) à Timpératrice d'Autriche.

1 Renseignements particuliers. '

* Voir la liste des œuvres de Paul Dalaroche, dans la notice publiée par l'Ecole des beaux-arts au moment de sa mort, et l'article de M. Saglio dans la Vorrespondance littéraire du 5 novembre 1856.

3 On ajoute toujours au nom de Barillet celui de Deschamps. Barillet signait toujours Barillet et disait ne savoir pourquoi on l'appelait Barillet-Deschamps.

* Alfred d'Aunay, dans le Figaro du 22 septembre 1873.

Le fond est occupé par un émail représentant le calvaire; les deux volets, à l'intérieur, sont décorés par deux émaux représentant Jésus au Jardin des oliviers, et Jésus montré au peuple avec le roseau pour sceptre et les épines pour couronne. A l'extérieur, le plan a quatre panneaux, sur lesquels sont placés quatre bas-reliefs d'argent ciselé : Jésus enseignant dans le temple, Jésus enseignant sur la montagne, Jésus remettant les clefs à saint Pierre, la sainte Cène. Sur le pied, quatre statuettes assises représentent les Bvangélistes. ' L'architecture est faite de sarments et de feuillages, dans le style gothique allemand, avec grappes de perles noires. — - Le dessin est de Liénari) ; les émaux et les bas-reliefs sont de Rahbert ; la direction du travail d'orfèvrerie et de bijouterie appartient à Jules Wiese.

En 1864, M. Froment-Meurice a fait un pendant de cou décoré d'une miniature d'après Jalabert, représentant le portrait de la comtesse Edmond de Pourtalès, entouré de perles et d'émaux. Au dessus, les armes de la famille de Pourtalès ; au-dessous, une poire de perles. Ce bijou appartient à la princesse de Metternich. — Le dessin est de Louis Audouard1.

manufacture de sèvres.

L'Empereur a donné, en 1868, à l'empereur d'Autriche, deux vasesbalustre, fond sous-couverte, décorés d'oiseaux, papillons , cerises et roses en pâte d'application par Gélt.

En 1874, le Gouvernement français a offert à l'impératrice d'Autriche : 1° deux vases-œuf, fond bleu, décorés de paysages peints par Jules André ; — 2° deux vases-Glodion, fond sous-couverte, décorés d'enfants en pâte d'application par Solon; — 3° un service à thé, fond blanc, décoré de paysages, genre Watteau, peints par Abel Schilt. — La même année, le Gouvernement français a donné à l'empereur d'Autriche une grande jardinière, fond blanc, décorée d'une ronde de femmes peinte par Croneau d'après Gendron. En même temps il offrait à l'archiduc Reinier un vase-Diéterle, fond blanc, décoré de vigne-vierge.

ARM AIJÏD-C ALLIAT (Thomas- Joseph), orfèvre de Lyon, né aux Abrets (Isère)

le 24 octobre 18». — M. Armand-Cal liât a fait, entre 1870 et 1873, un ciboire pour l'archevêque d'Olmutz.

A VISSE AU (Edouard), sculpteur en terre cuite émaillée. — Il expose, en 1871, à Londres, un rustique, en faïence émaillée. avec plantes et bestioles sur le marly, et avec des armoiries en émail sur fond bleu au centre. Ce beau travail a été fait pour le prince de Metternich.

LEIDENFROST (Philippe- Alexandre), architecte, né a Péris le fl mira 1844. 1 Renseignements communiqués par If. Froment-Meurice.

Btere <U l'Ecole des kMn-irtk — M. Leidenfrost esta Vienne depuis 1 S72, où il construit de grande hôtels pour de riches propriétaires de cette ville*.

GRUYÈRE (TséoDORB-CHABLBs), sculpteur, né 4 Parte. Elève de Dament et Ramey. — PASCAL (Jean-Louis), architecte, né à Paris. Elève de Ch. QuosteL

— Ces deux artistes exposent, eu 1873, à Paris, la projet et le modèle en plâtre du monument élevé, à Vienne, à la mémoire de l'amiral Tegetthof*.

LORIZf (CaAJtLBa), peintre-verrier de Chartres. — On a placé, en 4674, au musée national de Vienne, une belle reproduction de la Visitation de Sébastien del Piombo, exécutée par M. Charles Lorio» à la demande de l'empereur d'Autriche \

SERRES (WaezrmMBKi Atxrom »■), ingénieur, né a Bayonne. Elève de l'Ecole des ponte- et-chausséea et de Léonce Raynaud. — • M. de Serres est depuis longtemps l'ingénieur de la société autrichienne des chemins de fer ; il expose, au salon de 4875, cinq dessins représentant une grande gare pour les voyageurs à Bude-Pesth.

WALTNER (Charles- Albert), graveur à l'eau forte, né à Paris le 23 œars 1848. Sève de Gértae, Henriqual ai Martinet. — Il a gravé, en 1874, Suzanqg au

bain, d'après Henner, pour la Gazette des Bcaux-Ârtt de Vienne.

BW (Jsjjt-BAPTUfS-EDXB-PBKUPPB), peintre, né à Paris le 10 février 1823. Elève

de L. Cogniet. — M. Bin, qui a fait toutes les peintures qui décorent le théâtre de Reims, vient d'être chargé d'exécuter celles du Grand-Opéra de Vienne, splendide monument dont la construction a été récemment terminée.

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