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INFLUENCE FRANÇAISE EN SAXE

Les deux électeurs de Saxe et rois de Pologne, Auguste II et Auguste III, furent amateurs passionriés des beaux-arts et eurent à leur service un grand nombre de Français. Auguste II avait séjourné en France avant la rupture de la trêve de Ratisbonne ; c'est auprès de

1 T. III, p. 368-9.

1 P. 16 de la Notice par Lussault, broch. in-g°, de 1801 ; et p. 6 de la Notice par Renou.

Louis XIV qu'il avait puisé le goût des arts qui rendit sa cour la plus brillante de l'Europe, après celle de Versailles.

« Ce fut Auguste II qui tira d'une espèce d'assoupissement la peinture, la gravure, la sculpture et l'architecture, en formant le premier établissement d'une académie de ces arts. Ses augustes successeurs, également connaisseurs et amateurs, ont suivi les tracer de ce grand Roi1. »

AIQAUD (voir pagt Mf). — En 1715, Rigaud fit à Paris le portrait en pied d'Auguste III, toi de Pologne, étant prince royal et électoral. Ge tableau est à la galerie de Dresde. Il a été gravé par Balechou.

COUDRA Y (François), «culpteurf né à VilUcerf, en Champagne, mort à Dresde, le 29 avril 1727, à 49 ans *. — François Coudray, élève de Girardon, reçu à l'Académie en 1712, fut, après sa réception, appelé par Auguste II à Dresde, où il devint sculpteur de la cour. Il était déjà à Dresde, en 1717*. Il y a fait plusieurs ouvrages, entre autres le groupe de Zéphyr et Flore, gravé par Lindemann*.

COUDRAY (Pierrh), sculpteur, fils du précédent, né à Paris en 1713, mort à

Dresde en 1770. — Coudray travailla à Rome, en Angleterre, puis à Varsovie. Plus tard il fut nommé professeur de l'Académie de Dresde. Il y a plusieurs de ses ouvrages dans le grand jardin ; on m trouve les gravures dans le Recueil des antiques du baron Le Plat *.

VETACHE (Jsaw- Joseph), sculpteur, né en 1WG, mort le 1er décembre 1754. — Vinache fat ehargé de foire le modèle d'une statue équestre du roi de Pologne, destinée à décorer l'orangerie de Dresde*.

8ILVESTRE (Louis de), peintre d'histoire et de portraits, né à Paris le 23 juin

1675, mort à Paris le 12 avril 1760.— Louis de Silvestre, troisième fils d'Israël Silvestre, naquit à Paris, en 1675, où Ch. Le Brun et Bon Boulogne en avaient déjà fait un bon peintre, lorsqu'il partit pour Rome afin d'y terminer ses études. Il y fut très-bien accueilli par C. Maratte, dont la manière a eu beaucoup d'influence sur Silvestre qui, à partir de ce moment, s'adonna exclusivement au style italien. Après son retour à Paris, il entra à l'Académie en 1702, et fut nommé professeur en 1706. Les principales œuvres qu'il exécuta à cette époque sont : la Guérison du paralytique à la porte du Temple, placée en 1703 à Notre-

f J.-Aug, de Lehninger : Description de la tille, de Dresde % i toI. in-8°, Dresde, * Registres manuscrits de l'Académie royale de. peinture et de sculpta» de Pari».

3 Registres de l'Académie, première séance de 1718.

4 Hemecken.

s De Lehninger, loc. cit. p. 133, et Nouvelle Bibliothèque des beU#-lettresy t. VIII, p. 128.

6 Mercure, octobre 1728.

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Dame S et le portrait de Louis XV, peint en 1715, et maintenant dans la galerie de Dresde, a Le prince électoral de Saxe, aujourd'hui roi de Pologne, étant venu en France, le connut et lui proposa de passer en Saxe, au service du roi Auguste II, son père. Silvestre accepta l'offre*,* et partit pour Dresde, où il était déjà en 1718*. Auguste II et Auguste m, électeurs de Saxe et rois de Pologne,furent très-admirateurs du talent de leur premier peintre et lui prodiguèrent, dans l'espace de trente ans, tous les honneurs imaginables : il fut nommé premier peintre de la cour, puis directeur de l'Académie de Dresde, en 17f7\ Auguste in l'anoblit en 1741, et étendit même cette faveur à son frère Charles-François. Pendant ce temps, Silvestre exécuta soit à Dresde, soit à Varsovie, de nombreux ouvrages, à fresque ou à l'huile, travaux auxquels sa femme, Mori$-Oat*$rine Hérault, a pris part. Il fit les portraits du Roi et de la Reine, ainsi que ceux d'une foule de. grands personnages. Vous donnons ici la liste des oeuvres do Sifcrestte; la plus grande partie se trouve dans la galerie de Dresde.

Louis XIV reçoit à Fontainebleau le prince électoral de Saxe, CT septembre 1714 ». — Ce tableau a été exécuté en tapisserie à Dresde par Mercier.

Entrevue de l'impératrice Amélie, veuve de l'empereur Joseph Ier, avec son gendre Auguste Ill^roi de Pologne, et sa famille, à Néuhaus, en Bohême, le 24 mai 1737, avec une infinité de portraits de personnages du temps ; grand tableau de 17 pieds 6 pouces de haut, sur 23 pieds 9 pouces de longueur. Gravé par Zucchi *.

Portrait de la femme d'Auguste III, en princesse électorale.

Hercule poursuit Nessus, qui s'enfuit avec Déjanire.

Auguste II, roi de Pologne, donnant la main à Frédéric-Guillaume I", avec lequel il s'allia en 1715.

Portrait de Christian V, roi de Danemark.

Portrait de son frère Georges, mari de la reine Anne,

Portrait de Georges, fils de la princesse Lubomirska, plus tard princesse de Teschen, appelé le chevalier de Saxe.

Portrait du comte Kosel, fils de la baronne de Hoymb.

1 Gravé* par Tardieu.

• Mariette. — Le rescrit par lequel il fut attaché* att service 4e l'Electeur est daté du 28 janvier 1716.

* Voy. Regiati

4 L'Académie avait été établie

Christophe Fehling r r ..

demie. — Lehninger, p. 124 ; Janneck, p. 323.

5 Un tableau semblable et de môme dimension se trouve au musée de Versailles (n« 4344).

6 Le duc de Luynes [Mémoires, t. II, p. 429, à la date du 29 février 1192), parie de ce tableau. Il noua apprend 91e Mademoiselle Silveetre apporta à Madame la D*uphine une copie du tableau de son père qu'elle avait faite a Dresde.

Portrait du comte Rudoffsky, général en chef de l'armée saxonne.

Portrait du général comté Gastelli.

Portrait d'Antoine Rosdraziewsky, référendaire de la couronne de Pologne.

Portrait du général comte de Eœnigseck.

Portrait d'Auguste II, roi de Pologne.

Le même à cheval.

Portrait d'Auguste III, roi de Pologne.

Portrait de MarieJosèphe, femme du roi de Pologne Auguste II; figure jusqu'aux genoux. Gravé par Schmidt.— A la galerie de M. Von Marrées, à Berlin.

Un cavalier de la cour d'Auguste II, en masque avec une cornemuse (probablement un comte de Lynar). — A la galerie de M. Yon Marrées, à Berlin.

. Allégorie sur l'éducation d'un prince de Saxe. — A l'Ermitage.

Allégorie sur la naissance d'un prince de la maison de Saxe. — A l'Ermitage.

Silvestre a peint dans le palais électoral de Dresde, aux chambres de parade: quelques métamorphoses d'Ovide; le Prince électoral prenant congé d'Auguste II en partant pour les pays étrangers, et un beau plafond '. Au Zwinger, palais construit en 1711, il a peint également quelques plafonds*.

Silvestre a formé en Saxe plusieurs élèves, entre autres Jean- Éléazar Schœnau, peintre, qui devint plus tard directeur de l'Académie et directeur de la manufacture de porcelaine de Meissen •.

« Pendant tout le temps qu'il demeura à la cour de Dresde, Louis de Silvestre se fit estimer autant par ses talents, que par la douceur dé ses mœurs et la noblesse de ses sentiments. Il se fit des amis distingués. Le grand nombre d'ouvrages qui occupèrent son pinceau, les libéralités de ses maîtres lui firent une fortune considérable, et lorsqu'il se vit en état de vivre sans le secours de son travail4, il demanda sa retraite, et, l'ayant obtenue, il revint en France8... » En 175*, il fut nommé directeur de l'Académie de Paris. « Quant à l'art, dit Mariette, ce n'étoit pas un peintre sans mérite; mais sa manière n'avoit rien de neuf ni de trop piquant ; on ne voyoit guère en lui qu'un bon disciple de Bon Boulogne. »

Quelques-unes des œuvres faites par Silvestre à l'étranger ont été gravées : nous pouvons signaler le portrait d'Auguste III, peint en

1 Lehninger, p. 16.

»Id., p. 21.

3 Id.fp. 147.

4 Mais il perdit toute sa fortune pendant la guerre de Sept Ans (1756-63).

5 Mariette.

4743, gravé par Schmidt '. — Un autre portrait du même souverain, très-différent du précédent, gravé par Zucchi, 2 feuilles gr. in-fol. — Le portrait de Marie-Josèphe, reine de Pologne, femme d'Auguste III, peint en 1743, gravé gar Schmidt en 1753, et par Daullé en 1750 *. — Le portrait de Henri, comte de Brùnl, premier ministre d'Auguste III, gravé par Balechou en 1750, grand in-folio.

MERCIER (P.). — P. Mercier, inspecteur des tapisseries à Dresde, entré au service de la cour de Saxe par rescrit du 15 mai 1714, a exécuté en 1719 le tableau de Silvestre dont nous avons parlé plus haut (page 227; 8.

WILBAULT (Nicolas), peintre, ne" à Chflt*au-Porcien le 20 juillet 1688, mort à Château- Porcien le 4 mai 1763. Élève de Jean Jouvenet. — Wilbault travaillait

encore sous Jouvenet, en 1717, lorsqu'à cette époque « il fut choisi par M. de Silvestre pour passer à Dresde, sur la demande de l'ambassadeur de Frédéric-Auguste II, roi de Pologne et électeur de Saxe.

» Pendant un séjour de sept ans qu'il fit dans ce pays, il peignit, tant à Dresde qu'à Leipzig, un grand nombre de portraits des personnages les plus illustres, et enrichit les galeries de Dresde de plusieurs plafonds, qui excitent encore aujourd'hui l'admiration des connaisseurs. L'Académie de cette ville l'avait admis dans son sein, et sa réputation allait croissant, lorsque, désiré par ses parents qu'il chérissait, il quitta la Saxe en 1724 et revint dans sa patrie4. » Wilbault a beaucoup travaillé dans les abbayes de Champagne, de Picardie et de Lorraine, à Reims et à Rethel.

BODT (Jean de) (voir page m). — Jean de Bodt, architecte et ingénieur, entra en 1728 au service de l'électeur de Saxe, Auguste II, qui le nomma lieutenant général et chef du corps du génie. Il a construit plusieurs édifices à Dresde; on cite les casernes, bâties en 1732, où l'on a établi depuis l'Académie de chirurgie et l'École d'artillerie, et surtout le grand portail du palais de Hollande, l'un des plus beaux édifices de Dresde. Ce palais est appelé quelquefois le palais Japon, parce qu'autrefois il renfermait d'immenses quantités de porcelaines du Japon et de la Chine. Le portail ou frontispice, bâti par de Bodt, est extrêmement remarquable8. On lui doit encore les ornements d'architecture du pont de Dresde. Il a aussi beaucoup

1 Une répétition de ce tableau est au Musée de Versailles.

1 Une répétition da ce tableau est au Musée de Versailles ; la tête a été peinte d'après nature. Voy. le Catalogue de ce musée par M. Soulié.

3 Notice du Musée de Versailles, par E. Soulié, 3« partie, p. 354 (éd. 1861).

* Biographie ardtnnaise par l'abbé Bouilliot, Pans, 1$30, 2 vol. in-8° ; t. II, p. 443.

5 H a élé lithographie par l'Institut lithographique de Berlin (voir au Cabinet des estampes : Topographie-Dresde).

travaillé aux fortifications de Kœnigstein, et mourut à Dresde, le % janvier 1745*.

DUBUT (CiUfusa-CiAUDE), sculpteur (voir page 168). — Dubut a beaucoup travaillé à Dresde jusqu'en 1716, époque à laquelle il passa au service de rélecteur de Bavière. Nous n'avons pu trouver l'indication des œuvres qu'il a faites en Saxe *.

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