ÉTAT DES ARTS SOUS CHARLES II
« II n'est pas facile d'expliquer comment une nation, si en avance sur ses voisines, dans la science, resta tellement en arrière d'elles pour les beaux-arts. C'est cependant ce qui eut lieu... En architecture, il est vrai..., notre pays pouvait citer avec orgueil un grand homme, Christophe Wren...; d'un autre côté, à la fin du règne de Charles II, nous n'avions pas un seul peintre ou un seul sculpteur dont le nom
1 Traduit de Nagler.
1 Est-ce le môme dont il vient d'être question ?
1 Décrites par Peacham, dans : Complète gentleman.
4 On lui attribue le monument de la duchesse de Lenox ; mais il n'est pas certain qu'il soit l'œuvre de Le Sueur ; on lui attribue aussi l'Enlèvement d'une Sabine, à Houghton.
3 M. A. de Montaiglon me fait remarquer que cette date est douteuse, et qu'un certain poôte Waller parle déjà, en 1674, de la statue do Charing-Cross.
6 Walpole, t. Il, p. 392. — Pichot, Voyage en Angleterre, t. I, p. 112. — Dallaway, Les beaux arts en Angleterre, trad. par Millin, t. Il, p. 150. —Patte, p. 91.
méritât d'être conservé. Quelque chose de mystérieux se cache sous cette pénurie, car les statuaires et les peintres étaient bien loin d'être méprisés et mal payés ; leur position sociale égalait au moins celle qu'ils occupent à présent, et leurs bénéfices, comparés à la richesse nationale d'alors et à la rémunération des autres travaux intellectuels, étaient plus considérables que de nos jours. La munificence du patronage anglais pour les artistes, les attirait môme chez nous de tous les côtés1.» En effet, les graveurs de monnaies étaient français. Lely et Godfrey Kneller étaient westphaliens ; les deux Van de Velde et Simon Varelst, peintre de fleurs, hollandais; Verrio, peintre d'histoire, napolitain ; Louis Laguerre, français ; Cibber, sculpteur, danois; Grinling Gibbons, sculpteur, hollandais. Gibbons était élève de Simon Guillain et se rendit célèbre comme statuaire, comme sculpteur en bois et comme ornemaniste; il introduisit en Angleterre les principes et le goût de l'école française, en même temps que le goût et les modes de Versailles étaient adoptés par les Stuarts, alliés de Louis XIV.
BLONDEAU (Pierre) et VIOLET (Thomas), graveurs de monnaies. — «Ces
deux artistes furent employés par la République à la gravure de ses monnoyes ; et si l'on est curieux d'être informé des disputes que ce choix occasionna, il faut recourir à ce qui a été écrit sur ce siyet par Vertue, dans son histoire des ouvrages de Thomas Simon ■, p. 47. Blondeau, peu de temps après que le roi Charles second eut recouvré la couronne , le 3 novembre 166Î, obtint des lettres de naturalité et le brevet d'ingénieur de la Monnoye, dans la Tour de Londres, avec la faculté d'y fabriquer à la presse et au moulin des espèces d'or et d'argent, en usant d'une nouvelle pratique de son invention, le tout . aux gages de cent livres sterling par an *. »
BRU AND (Libéral), architecte, mort vers 1697. — Le château de Richmond, bâti pour le duc d'York, a été construit en 1662, sur les dessins de Bruand*.
CAHBERT (Robert), compositeur de musique, né à Paris vers 1628, mort à Londres en 1677. — Cambert, créateur de l'opéra en France . ayant été dépouillé de son privilège par Lulli, passa en Angleterre en 1673, et
1 Macaulay, Histoire d'Angleterre depuis V avènement de Jacques II, traduite par M. de Peyronnet, t. I, p. 307.
8 « Autre graveur de monnoyes qui s'est rendu célèbre en Angleterre. » (Note de Mariette dans le mss. indiqué dans ta note suivante.)
3 Walpole, Traduction manuscrite par Mariette; Bibliothèque nationale, Mss. S. F., 1846: t. II, p. 243.
4 Registres manuscrits de l'ancienne Académie royale d'architecture , séance du 28 novembre 1707. Ces registres, si précieux pour l'histoire de l'architecture en France, sont conservés au secrétariat de l'Institut national de France.
2S6 LES ARTISTES F&tNÇATS A L'ÉTRANGER
devint maître de la seconde compagnie des musiciens de Charles H ; il fit représenter à Londres son opéra & Ariane, joué en France en 1661 '.
LEFÈVRE (Claude, Roland et Jacques). — D'Argenville, et d'après lui le marquis d'Argens et Walpole, disent que Claude Lefèvre all^ en Angleterre, qu'il y fit beaucoup de portraits et y fut déclaré un, second Van Dyck. Il est bien positif, d'après le témoignage de Mariette * et d'après la notice sur Claude Lefèvre inséréedans les Mémoires sur les membres de l'Académie', que Claude Lefèvre n'a pas été en Angleterre, et que c'est Roland Lefèvre, dit de Venise, qui, après avoir été reçu à l'Académie de peinture de Paris, pour le portrait, passa à Londres en 1676, un an après la mort de Claude Lefèvre. Mariette parle d'un frère ajné de Claude Lefèvre, appelé Jacques, peintre d'nistoire et de portraits, qui peut-être a travaillé en Angleterre, où P. Lombard a gravé d'après lui.
GASCAR (Henri), peintre de portraits (voir page 166). — Gascar vint à
Londres* avec le graveur Van der Bank ; il y fit beaucoup de portraits et fut patroné par la duebesse de Portsmoutb ; il gagna en Angleterre 10,000 livres sterling. Sa plus belle œuyre est le portrait de Lafond, gazetier hollandais, peint en 1667, et si bien gravé par P. Lombard, a On peut assurer, dit Mariette, que si ce peintre avoit toujours composé ses portraits comme il a fait celui-ci, on pourvoit le ranger parmi les meilleurs peintres du, genre. Il ne devoit pourtant alors avoir que 23 ans, supposé que les dates que Reynez m'a fournies soient exactes, mais je commence à en dputer8.» En effet, Gascar avait alors 32 ou 33 ans.
Gascar a fait les portraits du roi Charles II, gravé par Van der Bank; — d'Edmund Verney ; — de Philippe, comte de Pembroke ; — de Bulkeley, madame Sophie, femme du maître de la maison du roi Charles II, gravé par Dunkarton, in-4°, et in-folio sans nom 4e graveur 6; — de Françoise Stuard, duchesse de Richmond, morte eu 1702, gravé in-folio 7; — de Georges Fitzroy, duc de Northumberland, mort en 1716, gravé par Tooker 8; — de Charles Lenox, duc de Richmond, mort en 1723°.
1 Fétis, Dictionnaire des musiciens.
* Abecedario, t. III, p. 115 ; — et note de la p. 34 du t. III, de la traduction mss. de Walpole.
4 Heinecken dit en 1674; mais il a tort, puisque Gascar y a fait un portrait en 1667.
5 M. G. Duplessis a publié les listes de Reynez.
* Evan's Catalogue, n" lo34 et 13,333.
7 Idem, n° 20,747, et Catalogue de H. Bromley.
* H. Bromley. Catalogue ofengraved british portraits, \ vol. in-4°, 1793. London. 9 Idem.
ANGLETEïlR£ 267
Gascar, s'apercevant qrç'il ne jouirait pas toujours 4e sa. réputation en Angleterre et qu'on reviendrait bientôt de la faveur dai*s laquelle étaient ses ouvrages, quitta Londres vers 1680 et se retira à Rome *.
DU VAL (pHrLTPPE) et SOUVILLE (Alexandre), peintres. Duval, né en France, mort à Londres vers 1709. Elève de Le Brun et de l'école vénitienne. — :
Philippe Duval vint en Angleterre, sous le règne de Charles II, et parmi ses œuvres, on cite un tableau qu'il fit pour la duchesse de Richmond : il représente Vénus recevant de Vulcain les armes d'Enée; sur l'enclume est le nom du peintre et la date de 1672. Il mourut fort misérable3. On trouve aussi à la même époque un peintre, Robert Duval, au seryice du roi Guillaume. Robert Duval avait été chargé par le Roi de l'inspection sur les ouvrages du château de Lpo, et plus tard du classement des cartons de Raphaël à Hampton-Court. Descamps (t. III, p. 172) a écrit la vie de ce Robert Duval ; mais Mariette remarque que ce pourrait bien être le même artiste que Philippe Duval, et que Descamps pourrait bien s'être trompé 3.
Alexandre Souyille est peu connu ; « il étoit François, et ce qui seul peut lui faire trouver place ici, est un article que Vertue a copié dans un compte étant au dépôt du Temple ; il y est porté, au 17 octobre 1685, que les huit figures sur le côté du nord des bâtiments des titres dans les galeries du banc du Roi, à Inner-Temple, ont été peintes par Monsieur Alexandre Souville *. »
LENOTRE (voir page 197). — Le parc de Kensington a été dessiné par Le Nôtre*. Le goût des jardins chinois, dits anglais, n'était pas encore de mode en Angleterre; il ne s'y répandit que vers 1720, date des premiers travaux de Kent45.
POUGET ou POUGHET, architecte. — Pendant le séjour à Paris du duc de Montagu, ambassadeur d'Angleterre en France, son hôtel à Londres fut incendié. Louis XIV s'engagea à supporter la moitié des frais de la reconstruction, à la condition que des architectes et des peintres français y seraient seuls employés7. Pouget éleva l'hôtel; De la Fosse, Baptiste et Rousseau l'ornèrent de leurs peintures.
« Cet architecte françois, dit Walpole, conduisit le bâtiment de l'hôtel de Montagu, en 1678. Ce qui y manque en grâce et en élé-
« Walpole, t. II. p. 464 ; Mariette, t. II, p. 284. * Walpole, t. II, p. 517.
3 Mariette, traduction manuscrite do Walpole, t. III, p. 179.
4 Mariette, traduction manuscrite de Walpole, t. III, p. 62.
5 Souvenirs d'u* sexagena**'!, t. III, p. 29/.
6 D'Argenville, Voyage pittoresque des environs de Paris ; la préface contient une très-bonne histoire des j* rains.
7 Walpole, t. II, p. 559.
gance est racheté par la grandeur et la sublime magnificence des appartements. Cet hôtel est devenu depuis le Muséum britannique '. »
« Seroit-il question ici de M. Puget? dit Mariette. Milord duc de Montaigu se seroit-il adressé à ce fameux sculpteur et architecte, pour les dessins de l'hôtel magnifique que ce seigneur avoit résolu de faire construire à Londres ? Si Ton veut faire attention qu'il aimoit les artistes françois et qu'il n'eut point recours à d'autres, lorsqu'il se détermina à faire peindre les appartements de son hôtel, il ne paraîtra point étrange qu'il ait demandé des dessins au célèbre Puget, qui jouissoit pour lors, en France, de toute sa réputation. Cet homme admirable ne pouvoit assurément rien produire qui ne fût exquis, et comment accorder cela avec le jugement que porte M. Walpole du mauvais goût d'architecture qui règne, à ce qu'il dit, dans la décoration de l'hôtel de Montagu s ? »
DE LA FOSSE (Charles), peintre d'histoire, né à Paris en 1636, mort à Paris le 13 décembre 1716. Élève de Le Brun. — a Milord Montagu, qui a voit connu,
pendant son ambassade en France, le mérite de M. de la Fosse, le fit venir à Londres pour y peindre son palais. Il y fit deux voyages ; le premier fut le 4 août 1689, où il n'y resta que quatre mois pour y prendre les mesures de ce grand ouvrage, dont il revint faire les études à Paris, et l'année suivante il y retourna , et en vingt-huit mois il fit les côtés de l'escalier, le plafond de l'escalier, où il a représenté l'apothéose d'Isis ; la chute de Phaéton, au plafond du vestibule ; la naissance de Minerve en présence de l'assemblée des Dieux, au plafond du salon. Le sujet de ce plafond se trouve soutenu par un ordre d'architecture de Rousseau, qui enferme les quatre faces du salon, à prendre du plancher, où M. de la Fosse a peint aussi les Termes en clair-obscur*. » Tout ce que la poésie, la magie du coloris, la belle intelligence et la grande ordonnance peuvent produire de meilleur est employé dans ces ouvrages *. Guillaume m vint deux fois voir les peintures de De la Fosse, fut frappé de leur beauté et voulut engager le peintre à rester en Angleterre, lui proposant de peindre à Hampton- Court. De la Fosse refusa et revint en France, en 1692, pour s'y préparer à peindre la coupole des Invalides.
ROUSSEAU (Jacques), peintre de paysages et de perspectives à la fresque, né a Paris en 1630, mort à Londres le 16 décembre 1693. Élève de Herman Van
Svanevelt. - c La révocation de l'édit de Nantes et la crainte d'être
1 Walpole, traduction manuscrite de Mariette, t. III, p. 104.
* Note de Mariette ; dans la traduction manuscrite de Walpole.
3 Mémoires sur les membres de V Académie royale de peinture et de sculpture, t. Il , p. 3 et /j.
* D'Argenville. — Voy. aussi Mariette, et D'Argens\
troublé dans l'exercice de la religion prétendue réformée, qu'il professoit, l'obligèrent à s'expatrier. Il se réfugia en Suisse (refusa de revenir en France malgré les pressantes sollicitations de Louvois1), passa bientôt en Hollande, et tout de suite, sur les sollicitations du duc Ralph de Montagu, il vint à Londres (1690), et non-seulement il enrichit de ses pinceaux le bel hôtel que ce seigneur faisoit construire à Londres, mais il présida aussi à la construction de ce palais, dont plusieurs parties furent élevées sur ses dessins V » Entre autres peintures, il a fait l'architecture du grand escalier et celle du grand salon, qui sont fort estimées. « Plusieurs de ses tableaux, les uns de paysages et les autres d'architecture, servent de dessus de portes, dans le palais de Hamp ton-Court'. »
MONNOYER (J.-B.). dit BAPTISTE, peintre de fleurs, né à Lille en 1635.
mort à Londres le 16 février 1699. — Ce grand peintre de fleurs, comme l'appelle Walpole, fut amené en Angleterre par milord Montagu ; il orna de fleurs et de fruits les peintures du grand salon, de l'escalier et des appartements. « Cet ouvrage, que j'ai vu sur les lieux, dit D'Argenville, est bien digne de Monnoyer, qu'on peut dire s'y être surpassé. » Baptiste a travaillé à l'hôtel de Montagu, à Hampton- Court, chez le duc de Saint-Albans, à Windsor, à Kensington, chez le lord Carlisle, à l'hôtel de Burlington et ailleurs. Toutefois son plus curieux ouvrage est l'entourage d'une glace, au palais de Kensington, qu'il orna de fleurs pour la reine Marie 4. Cette princesse le tenait en si haute estime et avait tant de plaisir à le voir travailler, qu'elle assista constamment à l'exécution de son œuvre, jusqu'à son entier achèvement. Monnoyer vint plusieurs fois en Angleterre et finit par s'y fixer ; il travailla avec Kneller, peintre de portraits alors très à la mode ; Kneller composait des fonds dans lesquels il faisait entrer des fleurs que Baptiste exécutait. Son fils, Antoine Monnoyer, dit le jeune Baptiste, peignit dans la manière de son père et eut du mérite5.
LARGILLIERE (Nicolas), peintre de portraits, né a Paris en 1656, mort le 20 mars 1746. Élève d'Antoine Goebouw, d'Anvers. — En 1674, à l'âge de
dix-huit ans, Largillière fit son premier voyage en Angleterre et y travailla pendant quatre ans. Pierre Lely , premier peintre de Charles IT, l'accueillit et le fit occuper par le surintendant des bâtiments à restaurer plusieurs tableaux de grands maîtres, et à en agrandir d'autres
1 Mariette, traduction mss. de Walpole.
1 Mariette, A becedario. — Voy. aussi: Walpole, t. II, p. 574.— Graham's English School. — D'Argenville.
3 Mariette, traduction mss. de Walpole.
4 Walpole lui attribue un portrait de la reine Marie, assise devant un miroir, tableau placé à Hampton-Gourt ; nous n'avons pas retrouvé la trace de ce tableau, qui pourrait bien n'être que cette glace de Kensington. '
* Walpole, t. II, p. 599. — Arlh. Dinaux, Iconographie lilloise.
pour les placer dans les appartements du château de Windsor. Le Roi, charmé d'une restauration faite dans une figure d'Amour endormi, demanda à voir l'artiste qui s'était montré si habile et voulut avoir des ouvrages de sa maih. Quelque temps aprèé, Làrgillière lui en présenta trois qui méritèrent ses suffrages ; mais à ce moment, 11 fut obligé dfe quitter Londres, parce que les catholiques eurent l'ordre de sortir dé la ville dans les vingt-quatre heures. Il vint & Paris où il se fit la plus brillante réputation. En 1685; à l'avènement de Jacques II, il se décida à retourner en Angleterre pour peindre les por traita du Roi et de la Reine. Malgt-é ies récompense^ du Roi et les prix énormes que les seigneurs anglais proposèrent à Làrgillière pour le décider à faire leurs portraits, les tracasseries des peintres anglais le déterminèrent à revenir en France. On connaît de Largiilière : les portraits de Jacques II, gravés par Smith, par Becket et par le chevalier Edelinck ;
— de Marie d'Esté, femme de Jacques II, gravé par Smith ; — du prince de Galles, Jacques-François, gravé par Van Schuppen et par P. Drevet (ce portrait a été peint en France) ; — du prince de Galles et de la princesse sa sœur, gravé par Smith ; — de sir John Warner, de sa fille, de sa petite-fille ; — enfin le portrait du peintre Sybrecht1.
BOtT (Jean de) (voir page 199).
BAUDOIN, dessinateur pour étoffes. — L'industrie des soieries fut apportée en Angleterre par les réfugiés de l'édit de Nantes et y devint très-florissante. L'artiste qui fournissait les dessins aux fabricants français de Londres était aussi un réfugié nommé Baudoin *.
BERCOETÎ (Pierre), peintre d'histoire, né en franco en Î659, mort à Marylebone en janvier 1720. Élève de De la Fosse. — Berchett vint en Angleterre
en 1681 et travailla sous Raà£bour, peintre d'architecture et français qui vivait encore en 1721. Berchett ne resta qu'un an à Londres et revint à Marly ; mais il retourna plus tard en Angleterre et y fit plusieurs peintures pour des personnes de qualité. Le roi Guillaume III, restaurant son beau château de Loo, en Hollande, engagea Berchett pour quinze mois, au bout desquels il revint en Angleterre où il trouva autant de travaux qu'il en pouvait faire. Berchett a peint le plafond de la chapelle du collège de la Trinité, à Oxford; l'escalier de la maison du duc de Schomberg à Pallmall ; la maison d'été au Ranelagh. I. Smith a gravé d'après lui, une Diane surprise par Actéon. De-
* tValpole, t. II, p. 577. — D'Argenville. — Villot, Notice des tableaux du Loutre,
— Catologues d'Evan et de Bromley.
» Gh. Weiss. Histoire des réfugia protestants de France, t. I, p. 324.
venu malade, il se retira à Marylebone, et peignit de petits sujets mythologiques l.
CHERON (Louis), né à Paris en 1660, mort à Londres en 1723, à 63 ans. Elève
de son père Henri Chéron. — Louis Chéron, protestant, se retira à Londres en 1695 et trouva dans milord Montagu un protecteur; il fit quelques grands ouvrages pour lui au château de Boùghton. Au, plafond du salon, il peignit l'Assemblée des Dieux ; au plafond de l'escalier, le Jugement de Paris, et deux autres plafonds que Ton ne désigne pas. Il travailla aussi dans les châteaux de Burleigh, de Chatsworth, où il fit les côtés d'une galerie. Mais il tomba en discrédit quand il peignit à Montagu-House à côté de Rousseau, de Baptiste et de De la Fosse. En effet, malgré son génie, il n'a jamais su peindre de bon goût de couleur, dit Mariette. « Les ordonnances de ses grandes peintures sont belles, ajoute d'Argenville ; la correction et le grand caractère satisfont Tahiateur, mais le défaut de couleur et le manque de grâce se font remarquer partout. » Il se mit alors à dessiner pour les graveurs, et ses dessins sont préférables à ses peintures. Il a gravé lui-même à Teau-forte Quelques-uns de ses dessins, entre autres les Travaux d'Hercule et une suite de 32 planches stlr la vie de David, dont Giffart, libraire de Paris, illustra une traduction des Psaumes de David, que Sbphie Chéron; sœur du peintre, publia eii 1713*. C. Dubosc é gravé d'après un dessin de Chéron, le Couronnement du roi Georges Ior. Lépicié, Dupuis, Chereau jeune, ont gravé 10 planches, d'après ses dessins, représentant des sujets de l'histoire de Charles premier \
HEUDE (Nicolas), peintre. — Heude, membre de l'Académie de peinture, fut exclu de cette compagnie, eil 1673, pour s'être établi en Angleterre sans la permission du Roi4; il y fut réadmis le 15 avril 1673, mais chassé par ordre du Roi, comme protestant, le 31 janvier 1682, il retourna alors à Londres. Heude travailla dans la manière de Verrio, qui l'employa dans plusieurs de ses ouvrages. « L'escalier de l'hôtel de lord Tyrconnel, dans Arlington-Street, aujourd'hui démoli, était orné de ses peintures, et, dans cet ouvrage, ainsi que dans un plafond qu'il a peint à Bulstrode, il s'était représenté lui-même et y avait ajouté son nom. C'est de lui qu'a appris à dessiner M. Carpenter, le sculpteur 5.
MICHËLtft (Jean), peintre d'histoire, né à Lttngres, mort à Londres le 1er mars
i Walpole, t. II, p. 604.
« Walpole, t II, p. 604. — D'Argenville. — Mariette, t. I,p. 368. — D'Argens, p. 433.
3 Voy. au Cabinet des estampes.
4 Registres de l'Académie, séance du 31 janvier 1673.
5 Mariette, trad. mss. de Walpole, t. III,. p. 117.
16M, à 73 ans. — Michelin, reçu à l'Académie en 1660, en fut exclu par ordre du Roi, le 10 octobre 1681, comme protestant. Reynez nous apprend qu'il mourut à Londres, où il s'était retiré ' .
GHAUVEAU (Louis), peintre, né à Paris en 1657 ou 1658, vivait encore en 1695.
— Louis Ghauveau, fils aîné de François Ghauveau le graveur, s'adonna à la peinture et alla s'établir avantageusement en Angleterre*.
RIGAUD (Hyacinthe) (voir page 147). — Rigaud fit : en 1693, le portrait de milord Montcassel et deux copies de ce portrait; — en 1695, le portrait du marquis de Jersey ; — en 1698, les portraits de milord Portland et de son fils; — en 1700, le portrait de Prior, gravé par Cl. Duflos, en W\îK
DE8GOT8 (Claude), architecte, mort en 1734.— Blondel * cite DesgotS
parmi les architectes qui ont excellé dans la décoration des jardins ; il le met sur la même ligne que Le Nôtre, dont il était le neveu, et l'appelle le célèbre Desgots. En 1700, il succéda à son oncle, dans la charge de contrôleur général des bâtiments, dont le Roi lui avait accordé la survivance avant la mort de Le Nôtre. « Il est aussi dessinateur des jardins de S. M., qui luy vient de donner 2000 livres de pension. Il est fort habile et fort estimé. Il n'y a pas longtemps qu'il a fait un voyage en Angleterre, où il a fait travailler aux jardins de S. M. Britannique, qui l'a renvoyé avec beaucoup de louanges et de présents*. »
COYZEVOX (Charles-Antoine), sculpteur, né à Lyon le 29 septembre 1640, mort à Paris le 10 avril 1720. Elève de Lerambert. — Coyzevox fit lebuste dePrior,
secrétaire de l'ambassade d'Angleterre en France,en 1699 et 1700, auquel Louis XIV fit présent de ce beau buste, qui est aujourd'hui sur le tombeau du poëte, à Westminster.
MIGNARD (Paul), peintre. — « Paul Mignard, qui quitta la France pour venir augmenter le nombre de nos artistes, était fils de Nicolas Mignard d'Avignon, et neveu du célèbre Mignard. L'on voit une estampe gravée par Paul Vansomer, d'après un portrait de la comtesse de Meath, peint par Mignard, et l'on trouve aussi, exécutées par les
1 Voy. la liste des académiciens par Reynez, publiée par M. G. Duplessis. — Voir aussi la liste des académiciens publiée dans les Archives de l'art français.
* Vie de F. Chauveau, etc., par Papillon, réimprimée par MM. Arnauldet, Chéron, et de Montaiglon ; broch. in-8°, 1854, Paris, Jeannet, p. 15.
3 Mémoires sur les membres de V Académie royale de peinture et de sculpture* p. 156, 157,160, 167.
* On écrit encore ce nom Desgotz, des Gots, desGotz, d'Egos.
5 Architecture françoise, 1. 1, p. 45 et 238.
6 Mercure galant, septembre 1700, p. 280.
deux mêmes mains, les deux filles aînées du duc de Marlborough, les ladies Henriette et Anne l. »
BENOIST (Antoine), premier sculpteur en cire de Louis XIV, né à Paris,
mort le 9 avril 1717, à 86 ans. — Benoist travailla quelque temps en Angleterre et y fit plusieurs bustes en cire1.
LE MARCHAND (David), sculpteur en ivoire, né à Dieppe, mort en 1726. —
Le Marchand passa quelques années en Angleterre, sous le règne de Guillaume III, et sculpta un grand nombre de têtes en bas-relief et quelques figures entières en ivoire. Il a fait aussi le médaillon dé M. West en ovale ; — le buste de lord Somers, qui appartient à lord Oxford ; — le buste d'Isaac Newton ; — le médaillon de Charles Marbury. Il a signé quelquefois ses ouvrages : D. L. M *.
PRELLEUR (Pierre), compositeur de musique. — Prelleur se fixa à Londres, dans les premières années du xviii0 siècle ; en 1728, il était organiste à l'église de Saint- Alban. Il fut ensuite claveciniste du théâtre de Goodmanfield ; pendant plusieurs années, il composa la musique des ballets qu'on y représentait. En 1736, il était organiste de l'église du Christ, à Middlesex \
PARMENTIER (Jacques), peintre d'histoire à fresque, né en 1658, mort le 2 décembre 1730, à Londres, âgé de 72 ans. Elève et neveu de Sébastien Bourdon. —
Parmentier avait déjà produit quelques tableaux estimables, lorsque la révocation de l'édit de Nantes le força de se rendre en Angleterre. Il fut employé à Montagu-House par De la Fosse, pour l'aider dans des travaux secondaires. Il fit aussi des ouvrages pour des églises et pour quelques édifices publics, mais sans faire fortune. Guillaume III l'envoya ensuite à Loo, en Hollande, où il fit trois plafonds ; mais il se brouilla avec l'architecte Marot, directeur des travaux, dont il avait fait le portrait (gravé par J. Gole), et se rendit à La Haye. Il y peignit le plafond de la salle d'Assemblée de l'ancien château, et fit aussi pour cette salle deux tableaux, placés sur les cheminées et représentant la Constance et la Prudence 5. Parmentier revint à Londres, mais n'y trouvant pas d'occupation, il alla dans le comté d'York, où il fit, pendant plusieurs années, des portraits et de la peinture d'histoire. On voyait de lui, dans l'église de Hull, un tableau d'autel ; dans l'église de Saint-Pierre, à Leeds, Moïse recevant la loi, tableau fort vanté
1 Mariette, traduction manuscrite de Walpole, t. III, p. 144. * Nagler. — Fussli. — Liste des académiciens, publiée par M. Duvivier et par nous, dans le L I des Archives de Vorl fronçait. » Walpole, t. II, p. 625.
4 Fétis, Dictionnaire universel des musiciens.
5 Guide ou nouvelle description de La Haye et de ses environs , 1 Vol. in-8*. La Haye, 1785; p. 128.
par Thoresby ; à Painter's-Hall, l'histoire de Diane et Endymion. Son meilleur ouvrage est un escalier à Worksop. En 1721, il revint à Londres, dans l'espérance de succéder à Laguerre, qui venait de mourir ; mais il ne réussit pas à le remplacer, et il allait partir pour Amsterdam, quand il mourut. P. Yan Gunst et B. Audran ont gravé d'après Parmentier le portrait de Saint-Evremont1.
DK8PQRTES (François), peintre d'animaux, né le 24 février 1661, & Champi-
gneul \ mort le 15 avril 1743, à Paris, — Desportes avait une grande réputation en Angleterre, où ses œuvres étaient fortrecherchées et ornaient les hôtels de lord Stanhope, du duc de Rjchmond, de lord Bolingbrokç et de lord Yidvoot, lorsqu'en 1713 il se rendit à Londres à la suite du duc d'Aumont, que Louis XIV y envoyait en qualité d'ambassadeur auprès de la reine Anne, Pendant les six mois que Desportes passa en Angleterre, il fit un grand nombre de tableaux et en vendit beaucoup qu'il avait apportés de France 8.
LAGUERRE (Louis'), peintre d'histoire, né à Paris en 16*3, mort le 20 avril 1721, à Londres. Elève de Le Brun et filleul de Louis XIV. — Laguerre vint en
Angleterre en 1683 avec Ricard, peintre d'architecture, et tous les deux furent employés par Verrio ; Laguerre fit pour lui une grande peinture à l'hôpital de Saint-Barthélémy. Depuis il exécuta un grand nombre de plafonds de salons et d'escaliers, surtout ohei lord Exe ter, à Burleigh. Il a peint l'escalier de Old-Devonshire-House, dans Piccadilly ; — l'escalier de la maison de sir Godfrey Kneller, à Witton j — l'escalier et le salon de Buckingham-House ; — l'escalier à Petworth ; le sujet est la vie d'Elisabeth, duchesse de Somerset ; — plusieurs appartements à Burleigh-on-the-Hill, où il a représenté les Césars ; — de grandes peintures à Marlborough-House, au parc de Saint- James 4. — Le salon du château de Bienheim est son meilleur ou* vrage ; il y a peint, au plafond, la figure allégorique du duc de Marlborough, dans un char triomphal, arrêté par la Paix, au milieu de ses victoires, et par le Temps qui l'avertit de la rapidité de sa course ; sur les murs de ce salon il a représenté en six eompartiments les nations de la terre : Français, Anglais, Écossais ; — Espagnols ; —
1 Walpole, t. II, p. 631. — Nagler.
* En Champagne.
9 Mémoires sur les membres de l'académie royale de peinture et de sculpture, t. II. p. 105. — Mariette, t. II, p. 99.
4 En faisant des réparations, en 1861, à Marlborough-House, on a découvert que les murailles du grand escalier, celles d'un autre escalier et d'un salon, étaient couvertes de peintures représentant les principaux exploits de Marlborough. L'œuvre de Laguerre avait été couverte de papier collé ou de boiseries. On l'a mise à découvert, et MM. Henry Merritt et Ponti ont été chargés de la restauration de ces belles peintures, si importantes au point de vue de l'histoire et de l'art : on y trouve en effet les portraits les plus précieux de Marlborough et de ses lieutenants. {Moniteur universel, 11 octobre
Maures et Nègres ; — Chinois et Tartares; — Turcs; — Hollandais et Suédois.
Laguerre fit pour le roi Guillaume, à Hampton-Court, les Travaux d'Hercule. Il fut choisi pour décorer la coupole de Saint-Paul, mais il fut mis de côté par les intrigues de ThornhiU. Laguerre fit ensuite pour sir Godfrey Kneller de belles peintures à l'escalier de sa maison à Witton. Au moment de l'union de l'Angleterre et de l'Ecosse, la reine Anne lui fit faire les cartons d'une suite de tapisseries, dans lesquelles il mit les portraits de Sa Majesté et des principaux ministres, mais ces cartons n'ont pas été exécutés. Laguerre fit aussi quelques dessins pour les graveurs. Simon a gravé d'après un tableau de lui le portrait de W. comte de Gadogan, in-folio 1. A une taverne, & Drury-Lane, où était un club d'artistes, Laguerre a peint, en clair obscur, une bacchanale.
En 1711, il fut nommé directeur de l'Académie de peinture établie à Londres. ThornhiU lui doit beaucoup, et il fut aussi imité par Riario, Johnson, Brown et plusieurs autres peintres '.
D'AGAR (Jacques), peintre de portraits, né à Paria eq 1940, mort à Copenhague en I7i6s). — Jacques d'Agar peignit d'abord l'histoire, puis se consacra exclusivement au portrait. Reçu à V Académie en 1675, il en fut exclu le 31 janvier 1682 comme protestant. Il alla à Copenhague et fut nommé peintre de la cour par Christian Y, titre qu'il conserva sous le successeur de ce roi, Frédéric IV. D'Agar se rendit à Londres avee la permission de Frédéric IV, au commencement du xvm' siècle ; il y fit plusieurs portraits pendant le règne de la reine Anne, puis il retourna en Danemark. Voici les portraits gravés, d'après d'Agar : lady Carteret, depuis comtesse de Granville, in-folio, Simon ; — Marie Lane, comtesse de Macclesfield 4, in-folio, Faber; — Marie Churchill, duchesse de Montagu ■ , in-folio, Simon ; — Fr. Page, gravé par Vertue; — Bessy Savage, comtesse de Rochford, in-fol., Smith; — Thomas, comte de Stafford, gravé par J. Simon ; — Anne Churchill, comtesse de Sunderland, morte en 1715, in-fol., gravé par Simon; — "Watson, gravé en 1708, par Smith • ; — le roi de Danemark, Christian V, en habit de l'ordre de l'Éléphant, gravé par Hub. Schaten T.
D'AGAR, (C), fils du précédent, peintre de portraits, mort en mai 1723,
à 54 ans. — D'Agar vint jeune en Angleterre et eut beaucoup de
1 Catalogue d'Evan, n* 1707.
* Walpoie, t. II, p. 645. — Voir aussi le Dictionnaire de Pilkington. 3 Heinecken le dit élève de Ferdinand Voet.
* Morte en 1753.
5 Morte en 1751.
6 Evan's Catalogue, n". 11,005, 10,139, 21,863, 8959, 19,407, 6748, 4575. — Walpole. t. II, p. 651 .
7 Heinecken.
27G t LES ARTISTES FRANÇAIS A L'ÉTRANGER
travaux, quoique ayant peu de mérite. Peut-être quelques-uns des portraits attribués à son père sont-ils de lui. Il laissa un fils qui suivit la même profession1.
RAOUX (Jhan), peintre de portraits (voir page 194). — Après avoir refusé
au cardinal Dubois d'aller en Espagne, le désir de voyager et peut-être l'appâ t du gain décidèrent Raoux à passer en Angleterre ; il s'y rendit au mois de septembre 1720, et fit en ce pays quelques portraits. Sa mauvaise santé l'obligea de revenir à Paris après huit mois d'absence \ S. Cousins a gravé un tableau de Raoux, faisant partie de la collection William Lake et intitulé le lever du soleil de V Amour ; le sujet est une fort jolie fille lisant une lettre ; l'effet de lumière est bien entendu.
WATTEAU (Antoine), peintre de fêtes galantes, né à Valenciennes en 1684,
mort à Nogent le 18 juillet 1721. — Watteau vint en Angleterre en 1720, afin de consulter le docteur Meade, pour lequel il fit deux tableaux : une conversation pastorale et une compagnie de comédiens italiens. Selon Gersaint, il fut très-occupé pendant le séjour qu'il fit à Londres; ses ouvrages étaient fort recherchés et bien payés ; c'est là où il commença à prendre du goût pour l'argent, dont il n'avait fait jusqu'alors aucun cas. Le mauvais air de Londres ayant achevé de déranger sa santé, il revint à Paris en 1721 et mourut peu après*. Longtemps méconnues en France, les œuvres de Watteau ont été achetées en grand nombre par les Anglais. Il est évident que notre grand artiste a exercé par sa fantaisie, son originalité, son humour et sa couleur } une grande influence sur l'école anglaise moderne.
MEUSNIER (Philippe). — Ce peintre était fils aine de Philippe Meusnier et élève de Largillière ; il se fixa en Angleterre et y mourut4.
PESNE (Antoinb) (voir page 200).
DELATOUR (Quentin), peintre de portraits au pastel (voir page 232). —
Pendant le congrès de Cambrai (1725), Delà tour se rendit dans cette ville où le beau portrait qu'il fit d'un ambassadeur d'Espagne, décida l'ambassadeur d'Angleterre à amener à Londres le jeune portraitiste; il y séjourna jusqu'en 1727, qu'il revint à Paris 5.
1 Walpole, t. II, p. 653.
1 Lablbé Fontenai, Dictionnaire des artistes. — D'Argen ville.
3 Welpole, t. II, p. 679. » Gersaint, Vie de Watteau, dans le Catalogue de Quentin de Lorangère, Paris, 1744.
4 Nagler.
5 Notice sûr Delatow, par l'abbé Pluquet, broch. in-8°; 1789, Saint-Quentin.
ROUBILLAC ! (Louis -François}, sculpteur, né à Lyon en 1605, mort à Londres le 11 janvier 1762. Elève de Balthazar, de Dresde, sculpteur de l'électeur de Saxe, et
de N. Goustou. — 2e grand prix en 1730. — Roubillac n'a pu venir à Londres en 1720, comme on le dit dans ses biographies anglaises, puisqu'il était encore en France en 1730, et qu'il y remportait le second grand prix de sculpture. D'ailleurs, ce n'est que vers 1744, qu'on commence à parler de lui en Angleterre *. Vers cette époque, il exécuta la statue de Haendel, pour le jardin du Vauxhall ; Haendel, plein de vie, est représenté dans la méditation extatique du compositeur ; cette belle statue fonda la réputation de son auteur, qui alla sans cesse en augmentant.
Roubillac introduisit en Angleterre la sculpture monumentale et historique. Ce fut un réformateur qui donna un grand élan à la sculpture, en sortant cet art de l'imitation servile de la nature pour le lancer dans la réprésentation poétique des sentiments et de l'expression. On en était encore en Angleterre, avant Roubillac, au goût et aux procédés de la sculpture gothique ; il changea tout, et y apporta le goût de l'antiquité qu'il connaissait parfaitement*. C'était un homme d'un grand sentiment poétique, d'un enthousiasme sans limite, d'une ardeur incroyable au travail, d'un grand désintéressement, ne travaillant que pour la gloire et sa réputation. Il mourut pauvre. Les œuvres de Roubillac sont :
La statue de Haendel pour le jardin du Vauxhall.
Le monument du duc John d'Argyle, à Westminster; le noble guerrier et orateur est étendu expirant au pied d'une pyramide, sur laquelle l'Histoire écrit ses actions, tandis que Minerve le regarde avec tristesse et que l'Éloquence déplore sa mort. Walpole regardait la statue du duc d'Argyle comme parfaite et pleine de beauté ; Ganova la reconnaissait pour une des plus belles qu'il eût vues en Angleterre.
Les monuments du duc et de la duchesse de Montagu, à Boughton 4, dans le Northamptonshire ; c'est une des plus belles créations du ciseau de Roubillac.
La statue du célèbre Duncan Forbes, président du collège de justice à Edimbourg.
La statue de Georges Ier, à Senate-House, à Cambridge.
La statue du duc Charles de Somerset, dit l'Orgueilleux, chancelier de Cambridge, dans la maison de Van Dick, à Cambridge.
1 C'est ainsi que son nom est écrit dans les registres de l'Académie et non pas Roubiliac.
* On ne peut s'expliquer comment un tel homme serait resté 24 ans en Angleterre sans y faire quelque œuvre qui ait attiré l'attention sur lui.
3 II n'alla pourtant à Rome qu'à cinquante ans, en 1745.
« Walpole dit : à Warton.
Le monument de sir Peter Warren. à Westminster !.
Le monument du général Marshall Wade, à Westminster. Ces deux derniers ouvrages, faits par ordre du gouvernement, ont coûté plus d'argent que d'invention, dit Walpole, et ne sont admirés que par la multitude ignorante.
La statue de Newton, au collège de la Trinité, à Cambridge, regardée comme la plus belle statue qui existe en Angleterre.
La statue de Shakespeare, achevée en 1758 pour David Garrick, et placée depuis au British-Museum.
Les six bustes du collège de la Trinité, à Cambridge, qui sont placés parmi ses plus beaux ouvrages ; nous ne connaissons que trois des personnages qu'ils représentent : Newton, Ray, Willoughby.
Il fit pour le prince de Galles, Frédéric, quatre beaux bustes de Spencer, de Shakespeare, de Milton et de Dryden ; le prince les donna à Pope, et ils sont aujourd'hui placés à Hagley, dans le Worcestershire.
Un buste de Pope, qui se trouvait en 1855 dans la collection de M. Watson Taylor.
Le buste de sir Robert Walpole à Haughton.
Le buste du docteur Frewer, à la bibliothèque de Christ-Church, à Oxford.
Le modèle en plâtre du buste du comte de Leicester, sculpté en marbre par Chantrey, et placé dans la galerie de M. Coke, à Holkham.
Le monument de mistress Nightingale, à Westminster '.
Le monument de Haendel, à Westminster (son dernier ouvrage).
Le monument de lord et de lady Bolingbroke, à Battersea.
Le monument de l'évèque Hough, dans la cathédrale de Worcester.
On cite encore comme étant de Roubillac, une statue de lady Middelton; une statue de Locke, à Christ-Church ; la Religion, à Gopsal; le buste du docteur Mead 8.
, On a gravé d'après Roubillac plusieurs planches : nous connaissons les portraits ; d'Edouard Capell, gravé par A. Smith ; — du général James Flemming, gravé par A. Walker, d'après le médaillon qui est sur son monument à Westminster ; — d'Isaac Ware, architecte, d'après un buste ; in-4°, sans nom de graveur; — d'Edmond Warren, gravé par Jones, 1778 4.
1 Exécuté en 1758.
* Son mari essaie de la défendre contre la Mort, représentée par un squelette d'une exactitude anatomique assez laide.
1 Walpole, t. III. p. 759. — Allan Cunningham, The lives oftkê moêt «minent brûtisk pat nt ers, sculptors and architcets, t. III, p. 31-67 ; 1830, London, petit in-8° ; [The family library). — Voy. aussi Dallaway, les Beaux- Arts en Angleterre» — Waagen t. III. p. 226.
* Evan's Catalogue, n°* 1809, 15,946, 10,936, 10,961.
Le portrait de Roubillac a été fait à Londres par un peintre français nommé Adrien Carpentier ; il est représenté modelant la statue de Shakespeare ; ce portrait a été gravé en 1765 par Martin !.
CHATELAIN, peintre de paysage. — Il vivait en Angleterre du temps de Gravelot, qui travailla avec lui de 1*738 à 1745*
VANLOO (Jean-Baptisté), peintre de portraits, né à Aiz le 11 janvier 1684» y mourut le 19 septembre 1745. Elève de son père L. Yanloo. — J.-B. Vanloo vint
en 1737 * en Angleterre. Ses premiers ouvrages furent les portraits de Colley Gibber " et d'Owen Mac Swinney, qui lui donnèrent beaucoup de réputation et de travaux; il fut bientôt le plus occupé de tous les peintres, surtout après avoir fait le portrait de Walpole (1739) ; dès que les courtisans eurent vu cette belle peinture, ils se firent inscrire sur le catalogue de Vanloo. La vogue qu'eut cet artiste, dit le marquis d'Argens4, lui fit gagner 300,000 livres. « Il fit un grand nombre de portraits qui lui valurent beaucoup, dit Mariette sans préciser le chiffre, car l'Angleterre est le pays où il se fait le plus de portraits et où ils sont mieux payés •. » Ses ressemblances étaient très-vraies, mais peu favorables, et ses têtes colorées avec vigueur. Il ne faisait guère que les tètes de ses portraits ; les draperies étaient confiées à Vanaken et à deux élèves de Vanloo, à l'Allemand Eccardt et à Root. Vanloo introduisit en Angleterre une nouvelle manière dépeindre le portrait. Ses peintures étaient très-finies, naturelles et soignées partout. Il était laborieux et demandait cinq séances pour chaque personne qu'il peignait fi. Le climat de Londres l'ayant rendu malade, Vanloo revint en France en 1742.
Nous ne connaissons des portraits de Vanloo que ceux qui ont été gravés ; en voici la liste 7 :
Lord John Hervey, comte de Bristol ; in-folio, gravé par Faber.
L'acteur et poëte Colley Gibber, peint en 1740 ; gravé par Hopwood et G. v. Qucht.
Le môme avec sa fille, gravé par E. Fischer ; in-folio.
Frédéric-Louis, prince de Galles ; gravé par Baron (à Hampton- Court).
Augusta de Saxe, princesse de Galles, sa femme ; gravé par Baron 8.
1 Paiffnon-Dijonval, p. 318.
* Walpole et Mariette. Les manuscrits de l'école des Beaux- Arts disent 1738, et D'Argen ville 1735.
9 Cest une erreur de Walpole ; Vanloo n'a peint ce portrait qu'en 1740.
* Page 201 .
5 Page 238 du manuscrit de VAbeeedario. « Walpole, t. II, p. 714.
7 Dressée d'après les Catalogues <TEvan et de Bromley, et aussi d'après les estampes.
8 Ces deux portraits sont dans le t. III de BoydelL
Lord John Gower ; in-folio, gravé par Faber.
Ch. Fitzroy, duc de Grafton, peint en 1739; gravé par Faber.
John James Heiddeger; gravé par Faber.
William Murray, comte de Mansfield; gravé par Basireet par A.
Baillie.
Ch. duc de Marlborough ; gravé par W. James. Owen Mac Swinney ; gravé par /. Faber. Stephen Poyntz, précepteur du duc de Gumheriand ; gravé par
Faber.
Ch. duc de Richmond, Auhigny et Lenox ; gravé par Faber.
Richard Lumley, comte de Scarborough ; gravé par Hall.
Thomas Sherlock, évoque de Bangor, peint en 1740; gravé par Ardell et Ravenet.
La signora Spilleta ; gravé par Corbutt et par Spooner.
James, comte de Stanhope (mort en 1721) ; gravé par Hall '.
Richard Temple, vicomte Cobham ; gravé par Bichham.
Le même, d'après une peinture de Vanloo, à Stove ; gravé par Knight.
Ethelreda Harrison, vicomtesse de Townshend; gravé par Faber.
Horace Walpole, peint en 1739; gravé par /. Simon, par G. Duchange et par Dupuis.
Robert Walpole ; gravé par Faber et par Watson.
Gérard Van Neck, marchand de Londres ; gravé par Ardell*.
CLERMONT. — Clermont, français, resta plusieurs années en Angleterre ; il peignit des grotesques avec des feuillages, des oiseaux et des singes, et exécuta plusieurs plafonds et beaucoup d'ornements de bâtiments dans les jardins, particulièrement :
Une galerie pour Frédéric, prince de Galles, à Kew. — Deux temples dans Tile des Singes, près Windsor, pour le duc de Marlborough- — Le plafond de la galerie de lord Radnor. — « Celui de ma bibliothèque gothique • », à Twickenham. — Les côtés de la salle à manger de lord Strafford, dans Saint-Jame's square, d'après les loges de Raphaël. — Un plafond pour lord Northumberland, à Sion. — Clermont revint en France en 1754 *.
CHALLE (Charlbb-Michbl-Anob), peintre (voir page 215). — Il a peint pour l'Angleterre : Agrippine frappée par Anicetus ; Cléopâtre expirant au milieu de ses femmes ; la mort de Sénèque ; Diogène visité par Alexandre ; Didon sur le bûcher; plusieurs paysages *.
1 Ce portrait a sans doute été peint à Paris.
* Dandré-Bardon, Vie de J.-B. Vanloo, in-12, Paris, 1779.
1 C'est Walpole qui parle.
- Walpole, t. IL p. 716.
3 Revue universelle des Beaux- Arts, t, XII, p. 405-6.
VERNET (Joseph), peintre de marines et de paysages (voir page 152). — Joseph Vernet eut, dès 1738, une grande vogue en Angleterre. De 1738 à 1753, pendant son séjour à Rome, il fit de nombreux tableaux1 pour Robert Wood, l'archéologue (1749), Gavin Hamilton, le peintre, milord Hamilton, le chevalier Featherston-Haugh, Gabriel Mathias, le peintre1, milord Saint-Jean (1748), lord Straflbrd, etc. Revenu à Paris définitivement en 1753, et travaillant pour le Roi à la suite des ports de France, il continua à faire de nombreux tableaux pour milord Pembroke (1754), milord Darmouth, lady Walpole, duc de Bridgewater (1757-58), milord Themistocle, fils du duc de Bedford (1764), M. Thornhill, le fils du peintre (1764), Garrick (1765), M. Sargent, membre du Parlement (1766), M. Chambers, négociant, Golebrooke, M. Foley, banquier à Paris, qui était le correspondant d'une foule d'amateurs, entre autres M. Henry Hoare (1767), milord King (1768), M. Boyd, milord Arundel (1771), M. Grawford (1772), lord Egremont (1773), milord Shelburn, marquis de Lansdowne (1774)*, lord Bruce, lord Clive, le conquérant de Tlnde, M. Norris. — A partir de 1776, l'Angleterre n'achète plus un seul tableau à Vernet ; sa verve s'était épuisée, et la vogue l'avait abandonné 4.
LABELYE (Chàrlbs), architecte, né en Bourgogne ou à Vevay en Suisse, mort
à Paris en 4792. — « Charles Labelye, artiste célèbre en son temps, fonda sa gloire en Angleterre par une construction grandiose, le pont de Westminster à Londres 5. » Il l'acheva en 1750 et fut remercié. Mariette dit en parlant de Labelye : « Il a été un excellent ingénieur que les Anglois avoient attiré chez eux et qui leur a bâti le pont de Westminster en se servant de moyens qui ont rendu facile une opération qui avoit enrayé jusqu'alors et qu'on avoit môme regardée comme impraticable, vu l'extrême largeur de la Tamise dans l'endroit où ce pont est assis, et les inconvénients de la marée qui s'y fait sentir. Il est venu mourir à Paris, se plaignant beaucoup des Anglois6... » Il passe pour avoir écrit \xA livre sur cette construction qui dura douze ans, et qui avait affaibli considérablement sa santé.
1 Tempêtes, naufrages, calmes, brouillards, levers et couchers de soleil, cascades, bains de femmes (baigneuses), clairs de lune, vues de Home, ports, etc. 1 Mathias achetait beaucoup de tableaux à Vernot pour les revendre.
3 Le tableau fait pour le marquis de Lansdowne, qui représentait un paysage montueux avec le commencement d'un orage, fut exposé au salon de 1775.
4 Voir dans la Mev. univ. des Beaux-Arts, U V, VI. VII, les excellents articles de M. Léon Lagrange sur J. Vernet. Sa principale source a été les Livres de raison de Joe. Vernet sur lesquels il a inscrit tous les tableaux qu'il a faits. De 1735 à 1788, on compte 526 tableaux, dont la plus grande partie a été peinte pour des étrangers.
5 Nagler.
6 Mariette, Abccedario, t. III, p. 29.
L'aRCHITBCÏURE EN ANGLETERRE.
Dès le xyii6 siècle, les architectes anglais imitaient l'architecture française. Toutes les œuvres de Ch. Wren, de Nicolas Hawksmoor, de Riply et de Kent, offrent les traces les plus évidentes de l'étude de nos monuments. Christophe Wren avait surtout étudié notre architecture, comme on s'en aperçoit à Saint-Paul, au palais de Hampton-Court, à l'hôpital de Greenwich; aussi Walpole dit que malheureusement Wren n'avait voyagé qu'en France. — Le collège de la reine, à Oxford, bâti par Hawksmoor, architecte médiocre, est un si remarquable monument et ressemble tellement au Luxembourg, que Dallaway croit qu'il a été élevé d'après des dessins rapportés de France par Wren, le maître de Hawksmoor. — Le jardin de la cour à New- College, autre œuvre de Hawksmoor, est une pure imitation de Versailles. — Les châteaux de Houghton et de Holkam, construits par Riply et par Kent, et qui ont eu tant d'influence sur l'architecture en Angleterre, sont entièrement dans le style français *.
SULLIVAN (Louis), peintre de paysage et graveur à l'eau-forte, né à Troyes
«m 1698. — Sullivan a beaucoup travaillé à Londres. On cite de lui : une vue de l'intérieur d'un parc, dessinée et gravée en 1751 ; -=- six vues de maisons de plaisance en Angleterre, dessinées et gravées à Londres en 1759 ".
TOCQUÉ, peintre de portraits (voir page 153). — Tocqué exposa en 1753 le
portrait de milord Albemarle.
ACADÉMIES ROYALES D'ÉDIMBOt!RGt ET DE LONDRES.
Leduc Hamilton fonda, en 1754, l'Académie d'Edimbourg sur le modèle de celle de Paris *. En 1769, le roi Georges III créa l'Académie royale, en prenant aussi celle de Paris pour modèle.
VANLOO (Louis-Michel), peintre de portrait*, né à Toulon le 2 mars 1707, mort à Paris le 20 mars 1771. Fils et élève de J.-B. Vanloo. — Louis-Michel Vanloo
avait accompagné son père, en 1737, lorsqu'il était venu en Angles terre 4, et retourna à Londres en 1764. « Il a cru, dit Mariette, travailler plus lucrativement à Londres, et il y est allé en 1 764. J'entends dire que ses espérances n'ont pas été absolument remplies. Il y a trouvé des peintres de portraits qui sont Anglois et qui ont les vœux de la
1 Dallavay, t. I, p. lit, 112, 162. — Aubry, Oxonii dm poeticus, in-8<>, 1795.
' Paignon-Dijonval, p. 290.
3 Janneck, p. 326.
* Walpole, t. II, p. 714.
nation. Il est difficile de surmonter un pareil obstacle, surtout dans un pays où nos artistes ne jouissent pas d'une assez grande réputation, même ceux qui le méritent le plus. Il est revenu à Paris en 1765. »
YANLOO (Caiilb) (voir page 2i«). — Nous trouvons dans le catalogue de Bromley , que Carie Vanloo fit le portrait, sans nul doute en France, de John comte Gower, mort en 4754, et que ce portrait a été gravé en 1743 par J. Faber.
PlLLEMEflT (Jeak), peintre (voir page 154). — Pillement, peintre, dessinateur et graveur, né à Lyon, reçut les premières notions de son art dans sa ville natale, vint se perfectionner à Paris, et alla ensuite à Londres, où ses ouvrages obtinrent un grand succès. Fttssli, qui parle de son séjour à Londres, ne dit rien de son voyage en Autriche, et il est difficile de savoir s'il a été en Angleterre, avant ou après son séjour à Vienne. Quoi quïl en soit, ses paysages, ses marines, ses tableaux de genre et de fleurs, à l'huile ou au pastel, furent trèsrecherchés. Pillement aimait les couleurs brillantes et les contrastes d'ombre et de lumière, et ses tableaux faisaient reflet de décors éclairés sur le théâtre, genre très à la mode à Londres, à cette époque, et Pillement y trouva son compte, plus que dans le titre qui lui avait été conféré de peintre de la cour de Pologne1. J. Mason, Woollett, Canot, W. Elliot, Ravenet, Norton, J. Peak, Anne Allen, Godefroi, Lempereur, Liger, Roberts, Sherlock, Vjspré, Benazech, Aveline et W. Smith ont gravé un grand nombre de planches d'après Pillement.
FALCONËT (Pœrre-Etibnnb\ peintre de portraits. Élève de Reynolds. — Il
a peint, en Angleterre, les portraits de lady Hucham (en pied, 1769), de mistress Green (1 770), d'Elisabeth, comtesse d'Ancram (1 774), de miss Brusby, du duc de Northumberland, du vicomte Neuneham, d'Horace Walpole, de G. W. Ryland, de Kirby, professeur de perspective, de W. Chambers, architecte, de F. Cote, peintre de portraits, de Reynolds, le célèbre peintre, de J. Mayer et d'O. Humphry, miniaturistes. La plupart de ces portraits ont été gravés par Yalentin Green et autres artistes1.
CLÉRISSEAU (Charles-Louis), peintre et architecte, ne* en 1722 * à Paris,
mort en 1820. — Clérisseau, déjà connu en Angleterre par les dessins de ruines qu'il faisait à Paris, d'après ses propres compositions, et qui se vendaient très-cher en Angleterre, se décida à passer à Londres,
1 Nagler.
1 Gazette des Beau* Arts, t. II, p. 443.
* Mariette dit en 1718 ; nous prenons la date de 1722, qui est dans les registres de l'Académie.
en 1771. « C'est ce qu'il pouvoit faire de mieux, dit Mariette; il n'y restera pas, comme à Paris, les bras croisés f. »
PITHOU jaune, peintre sur porcelaine. — Pithou copia SUT porcelaine,
en 1787, le tableau de Brenet représentant la mort de Duguesclin. Cette pièce remarquable et très-grande, en porcelaine tendre, est l'une des plus belles de l'ancien Sèvres; elle a été achetée, en 1802, par le capitaine anglais Phifolds, au prix de 3,600 livres \
SERRES (Dominique), peintre de marines, né à Auch en 1730, mort en 1810 ' —
Dominique Serres se forma à Paris et se rendit en Angleterre, où il occupa, pendant quelques années, la même place dans l'école anglaise que Joseph Yernet occupait dans l'école française. Il vint à Londres en 1765, et, en 1771 , il fut nommé professeur à l'Académie royale. Serres a fait de nombreuses marines, dont quelques-unes ont de très-grandes dimensions. L'un de ses premiers tableaux représente le retour du Roi d'un voyage maritime, avec une foule de vaisseaux pavoises et montés par leurs matelots. Une autre toile représente la baie de Gibraltar et la flotte anglaise à l'ancre, avec les vaisseaux pris aux Espagnols. Un troisième tableau représente le Médiateur prenant deux vaisseaux français, en 1782*. Ces trois grands tableaux ont été gravés par Pollard. En 1797, Serres dessina, pour être gravé par F. Jukes, la captivité de sir Sidney Smith. En 1804, son panorama de Boulogne fit une grande sensation. Serres peignit aussi une grande quantité de petites marines qui obtinrent un tel succès, que le Roi, le duc de Clarence et l'Amirauté le nommèrent leur peintre de marines. Plusieurs de ces peintures ont été gravées, toutes en grand format : par Canot, la vue du port de la Trinité, à la Martinique ; la vue de Sainte-Lucie ; — par Picot, un clair de lune et un coucher de soleil; — par Fittler, la victoire de la flotte anglaise, commandée par Rodney, sur la flotte française, en 1782; — par Wilkinson, la destruction des batteries flottantes à Gibraltar, en 1782; — par Vivarês, un coucher de soleil; — par Ziegler, une vue de la Tamise, en deux feuilles ; — par Mason, des vues de Halifax et de Belle-Isle ; — par Picof, six marines.
Serres a traduit du français un ouvrage de Bougard, sous le titre de : « The Utile sea torch or the Guide for coastings Pilote », 1 vol. in-folio, contenant plus de 100 vues de promontoires et de phares*.
1 Mariette, Alecedario, t. I, p. 380,
3 Communiqué par M. Riocreux.
•n Pilkington se trompe quand il donne la date de 1793 pour la mort de Serres.
4 Nous regrettons ô/avoir à signaler un pareil fait, et de trouver des Français qui mettent leur pinceau au service de l'ennemi pour célébrer nos défaites.
5 Traduit âe Nagler. — Voir aussi Bryatïs dictionary.
SERRES (T.-T.), peintre et graveur. — T.-T. Serres, probablement le fils de Dominique Serres, vécut également à Londres. Il peignit des vues de villes anglaises, des ports, etc. On a, gravées par lui, quatre vues qui parurent coloriées l.
LOUTHERBOURG (Philippe-Jacques), peintre, né à Strasbourg le 31 octobre
1740, mort à Chiswick en 1812. — Loutherbourg, élève de C. Vanloo et de Casanova, fut un peintre de batailles et de marines, de paysages, de cbasses et de sujets champêtres. Ses débuts furent très-brillants. Le bon Wille, dans son journal, à la date du 25 juin 1763, nous dit : « Fut agréé à l'Académie royale M. Louterburg, de Strasbourg, d'une voix unanime. Ses paysages, au nombre de trois, qu'il présenta furent trouvés charmants, bien composés, dessinés et coloriés. C'est effectivement surprenant pour un jeune homme de %% ans. Je me levai de ma place pour courir l'embrasser et l'introduire dans l'assemblée.» En 1767, Diderot confirmait ce jugement avec son enthousiasme ordinaire : « Grand, très-grand artiste presque en tout genre ; il a fait un chemin immense et l'on ne sait jusqu'où il peut aller. » En 1771 , Loutherbourg vint en Angleterre : « Il est passé à Londres, dans l'espérance d'y trouver de l'occupation et d'y remplir ses poches de guinées, et l'on dit qu'il ne s'est pas trompé1. » En effet, en 1771, Garrick l'engagea, à 25,000 francs d'appointements, pour composer les dessins des décorations du théâtre de Drury-Lane ; ces décorations, d'un goût nouveau et d'un grand style, eurent beaucoup de succès. En 1781, il fut nommé membre de l'Académie royale des arts de Londres, revint ensuite à Paris, alla en Suisse et retourna en Angleterre. Il peignit alors une revue dans le camp de Worley (collection du roi d'Angleterre), et la victoire de lord Howe sur la flotte française devant Brest le 1er juin 1794.
Il est honteux pour un Français d'avoir fait un tel tableau, lorsque ses concitoyens, qui montaient le Vengeur, à cette bataille, s'engloutissaient enchantant la Marseillaise plutôt que d'amener leur pavillon.
Loutherbourg exécuta aussi un tableau représentant le célèbre siège de Valenciennes, en 1793, par les Anglo-Autrichiens. — L'impératrice de Russie lui fit faire le passage du Danube par les Russes, sous le général Romanzow*.
On a gravé d'après Loutherbourg : l'apothéose du capitaine Cook, in-4°, sans nom de graveur ; — une Apollina contenant les médaillons de 27 musiciens célèbres, gr. in-fol., par Landseer ; — Ossian, gravé
1 Traduit de Nagler.
* Mariette, Abeeedario.
3 Notice sur Loutherbourg, dans : Galerie du Belvédère, 4 vol. in-8» (voir p. 160). — Magasin encyclopédique t 1809, t, IV, p. 39. — Bncycloptdia ofLondon,
par Middiman et Hall; — l'exhibition de l'académie dç tableaux, très-jolie caricature ; — plusieurs scènes de genre. (Voir son œuvre au Cabinet des estampes.)
DUPARC (Françoise), peintre, née à Marseille, y mourut le 17 octobre 177S.
Élève de son père, Ant. Duparc. — « Après la mort de J.*B. Yanloo, Françoise Duparc passa en Angleterre ; Londres fut le théâtre de sa gloire ; on y admira ses talents; on y enleva ses productions, et sa fortune s'y accrut en fort peu de temps ; elle revint alors à Paris1. » Evan nous indique qu'elle a peint le portrait de "W. Stanhope Harrington, comte de Northampton, mort en 1756, gravé par Ford, grand infolio.
PA8QUIER (Pierre), peintre en émail, né à VillefVanche, mort en 18C6. —
Pasquier, exposa, en 1773, le portrait en émail de Georges ni, roi d'Angleterre.
LAGRETfÉE (Lovu-Jean-François), peintre d'histoire (voir page 239). —
Lagrenée exposa, en 1775, deux tableaux représentant la Candeur et la Douceur, faits pour milord Sbelburn.
YEBN, peint** (voir page 233). — Après 1789, Vien a fait pour M. Becfort (siç)% une suite de vingt dessins des Jeux de Nymphes et d'Amours, et une seconde suite de vingt dessins des Vicissitudes de la guerre ■.
DUCREUX, peintre de portraits (voir page 154). — Il était à Londres, eh
1791 ; il y gravait et publiait trois eaux-fortes : le Joueur éploré, le Discret, le Rieur '.
ANTOINE (Jacques-Denis), architecte (voir page 225). — Antoine a fourni
les plans d'une maison de plaisance près de Londres pour le comte de Findelater *.
DUMAREST (Rambbrt), graveur de médailles et ciseleur, né à Saint- Etienne
en 1750, mort en 1806, — Dumarest passa en Angleterre comme ciseleur de la belle manufacture fondée à Soho, près de Birmingham, par M. Boulton. Il revint en France au commencement de la Révolution, après un séjour de deux ans en Angleterre '.
BROS (J*an-Pierre), graveur de médailles, né en 1745, à la Cbaux-^e-Fonds,
mort en 1823. — Droz alla en Angleterre vers 1789; il fut chargé de la
1 Achard, Histoire des hommes illustres de la Provence.
* Gazette des Beaux-Arts, 1867. t. XXIII. Etude sur Vien, par Francis Aubert.
* P. de Baudicour, Le peintre graveur français, continu^ t. I.
4 Renou, Notice sur Antoine, p. 6.
5 Gabet, Dictionnaire des artistes.
fabrication des monnaies de cuivre et revint en France sous le Directoire.
BARTHELEMON (François-Hippoltte), compositeur, né à Bordeaux en 1731, mort à Londres en 1808. — «En 1766, Barthélemon alla à Londres, où il fit représenter son opéra de Pélopidas, qui eut un si grand succès, que Garrick vint trouver Fauteur sur le champ et lui proposa de travailler pour son théâtre ; mais craignant qu'il ne pût composer sur des paroles anglaises, il prit une plume et se mit à écrire des vers pour un air, afin que Barthélemon s'y exerçât. Celui-ci regardait par-dessus l'épaule de Garrick, et écrivait en môme temps la musique de l'air, Le grand acteur s'étant levé, remit le papier à Barthélemon en lui disant: a Tenez, monsieur, voilà mes paroles, » à quoi le musicien répondit : « Tenez, monsieur, voilà ma musique. »
De 1770 à 1774, Barthélemon fut chef d'orchestre du Wauxhall. Il composa pendant cette période le Jugement de Paris, la Ceinture enchantée et la Fille des Chênes '. En 1784, nous le retrouvons à Duhlin.
DAPHjQUX (Pjbrrb), peintre d'histoire et de portraits, né* k Paris en 1745, y mourut le 3 janvier 1809. Élève de Lépicié et Yien. — DanlOUX fit SOS études
en Italie et s'était, déjà acquis de la réputation dans sa patrie, lorsqu'il se rendit eu Angleterre pour fuir la Révolution. Il y résida de 1791 à 1800 et s'y distingua par ses tableaux d'histoire et ses portraits. Nous connaissons les suivants qui ont été gravés : C.-W.-H. duc de Buccleugh, par Au dinet, in-folio; — l'amiral Adam Duncan, par Smith ; — lord Adam Gordon, par Audinet, in-folio ; — l'amiral G. Keith, par Audinet, in-folio ; — Henry-James Montagu~Scott, baron de Montagu, par Mitchell, in-folio * ; — le graveur Smith, par Smith, lui-môme. En France, Danloux fit le portrait de Delille et il exposa en 180), une Vestale condamnée à mort, tableau dont parle Delille dans la « Pitié. » Beljambe a gravé d'après lui, un petit sujet : un vieillard menaçant une jeune fille qui lui résiste a. — Le portrait du comte d'Artois par Danloux se trouve à Cambridge, au musée Fitz-Willianh
MADAME LE BRUN (voir page 155). — Madame Le Brun séjourna à Londres de 1802 à 1805 et y fit les portraits du prince de Galles, de madame Bering et de lord Byron. Elle avait peint à Naples trois portraits de lady Hamilton qui ont été apportés en Angleterre. Madame Le Brun avait aussi peint à Rome miss Pitt en Hébé; on dit que c'est son chef-d'œuvre.
1 Fétifl, Dictionnaire universel des musiciens ^ * Evan's Catalogue.
3 Nagier. — Biographie universelle. — ' Revue universelle des Beaux^ArU, 1. XIX, p. 364.
MANUFACTURE DE SÈVRES
Le ministre des affaires étrangères donna le 10 frimaire an xi (1802), au négociateur anglais pour le traité d'Amiens, lord Malmesbury, un service de table, en porcelaine de Sèvres, fond écaille, d'une valeur de 17,640 francs *.
HUET (Villibrs), peintre de genre et de miniature, né à Paris, mort & Londres
en 1813. Elève de son père J.-B. -Marie Huet*. — Huet se fit, au commencement de ce siècle, une réputation assez considérable par ses portraits et ses tableaux, représentant des scènes de famille, dans lesquels on remarquait l'air de vérité des tètes et la bonne exécution. Il a peint en Angleterre*.
DAVID, peintre d'histoire (voir page 170). — Le marquis de Douglas possédait le portrait en pied de l'empereur Napoléon Ier dans son cabinet; ce tableau a été acheté à David 25,000 francs ; il en a fait plusieurs répétitions. — Le Bélisaire de David était en 1855 dans la collection du comte de Shrewsbury, à Alton-Towers.
ODIOT (Jeàn-Baptistb-Clàudb), orfèvre, né à Paris, le 8 juin 1763; mort à Paris le 23 mai 1850. Elève de son père. — Sous l'Empire et la Restauration, Odiot fit plusieurs services pour l'Angleterre 4. Sa réputation fut européenne pendant cette époque. Ses collaborateurs étaient Prud'hon, Moreau, Garneray et Cuvillier, comme dessinateurs, Chaudet, Dumont et Roguier, comme modeleurs.
GÉRARD (François) (voir page 155). — Gérard a fait un grand nombre de portraits de personnages anglais. En 1814, il a peint le duc de Wellington (gr. par Forster, 1818) ; — 1815-25, trois portraits de lady Jersey (l'un gravé par P. Adam, 1 81 9) ; — 1 820, lord Egerton ; — Glarke, officier anglais (portrait à mi-corps) ; — Canning; — Seymour ; — Laboucbère ; — lady Jefford (buste) ; — le général O'Gonnor ; — lady Elgin ; — le feld-maréchal Beresford; — le chevalier Stuard, ambassadeur d'Angleterre. — En 1829, il a peint aussi l'Espérance pour le marquis de Lansdowne5.
ISABEY (voir page 15«). — Isabey a fait les portraits de lord Steward, du comte Cathcart, de lord Castelreagh et du duc de Wellington 6,
1 Renseignements communiqués par M. Riocreux.
* Catalogue de la collection de Bruun Neergaard. â Nagler. — Fiorillo. — Annales de Landon.
* Duc de Luynes, Rapport sur V orfèvrerie à V Exposition de 1851. 5 Lenormand.
* Ce dernier gravé par Cochrane.
pendant ^ son voyage à Londres en 1816. Le palais des rois d'Angleterre possède de cet artiste le fameux tableau du congrès de Vienne ; — un autre tableau appelé la revue du Consul * ; — les portraits de l'empereur Napoléon Ier et de Marie-Louise, en costume du sacre *.
VERNET (Emile- Jean-Horace), peintre, né à Paris le 30 juin 1789 ; mort à
Parie le 18 janvier 1863. — Il a fait en 1815, pour lord Kinnaird, le portrait de Napoléon ; —en 1833, pour lord Pembroke, des Arabes dans leur camp écoutant une histoire.
FRANCIA (François-Louis-Thou as), peintre de marines & l'aquarelle, né à Calais le 21 décembre 1772, y mourut le 0 février 1839. — Francia alla se fixer à
Londres, et devint membre et secrétaire perpétuel de la société des aquarellistes ; c'était un très-habile aquarelliste, et ses ouvrages ont été fort recherchés. Il a beaucoup et longtemps travaillé pour le duc d'York dont il était le peintre. Francia est revenu en France en 1817*.
CICERI (Pierre -Luc-Charlib), peintre décorateur (voir page 177). — M. Ci-
céri a fait plusieurs décorations pour les théâtres de Londres \
LEFOURNIER, orfèvre (voir page 217). — Cet habile orfèvre retrouva vers la fin de la Restauration les procédés de l'émail sur or fin ; ses œuvres exquises ont fait ou font encore l'orgueil des collections de la reine Victoria et de MM. Webb, Barker et Rotschild de Londres. Nous citerons partni les plus belles pièces émaillées de Lefournier, une buire en cristal de roche avec son plateau de même matière. Ces deux pièces ont leurs bords garnis d'une bande d'or fin repercé et émaillé, dans le style du xvi6 siècle. L'anse de la buire est formée par une sirène également émaillée (appartient à M. Webb).
M. Lefournier a également émaillé : le pendant de cou, Saint-Georges , l'épingle vérité, l'épingle Saint-Michel, l'épingle amazone, achetés à M. Froment-Meurice par la reine Victoria ; — il a aussi orné d'émaux blancs et roses une coupe en lapis, avec son pied, la tige, la vasque et le couvercle, exécutée par M. Duponchel% orfèvre, et offerte à la reine Victoria par la duchesse d'Orléans B.
LEGUA Y (Etienne-Charles), peintre sur porcelaine, né à Sèvres le 25 avril 1702, mort le ior septembre 1846. — Cet habile artiste, attaché à la manufacture de Sèvres, est l'auteur des peintures qui décorent un vase de
1 Les chevaux ont été peints par Carie Vernet, et le tableau a été plusieurs fois gravé.
* Renseignements donnés par M. Isabey.
1 Ernest Le beau, Notice sur L. Francia,
* Gabet
s Renseignements donnés par M. Froment-Meurice fils.
porcelaine, de six pieds de circonférence, et qui représentent Diane triomphant des Amours. Ce beau vase, exposé au salon de 1815, fut donné au duc de Northumherland, par Charles X, au moment de son sacre '*
HALEVY (J*açuRft-Fiuicgoi8-FROifttNTAL-EE»i>), compositeur» né I Paria le 27 mai 1790, mort le 17 mare 1»». Elève de Cherubini. — Halévy a fait en 1850,
pour le théâtre de la Reine, à Londres, la musique de Topera italien
la Tempesia, en trois actes 2.
ADAJE (Adolphe-Charles), compositeur, né le 24 juillet 1803, à Paris* mort à
Paria la 3 mai i«66. Élève de Bo^eldieu. — Adam se rendit à Londres, en 1832, et y composa la musique d'un grand ballet pour le théâtre de Covent-Garden \
LANGLÀCÉ (Jban-Bjlpïib te- Gabriel), peintre sur porcelaine, né i Paris, le 12 décembre 1786, mort à Versailles en 1854. — Langlacé a peint sur porcelaine, en 1838, le coup de soleil de Ruysdaël (H. 0,85. L. 1 m.). — Cette peinture a été donnée à la reine d'Angleterre, en 1855.
MARHEL (EtJGè&B) et 1HA1UIEL(àuou8tb}, orfèvres. — Les frères Mar> rel *■ qui, avec Morel, Vechte et Fauconnier, sont au nombre des meilleurs orfèvres du temps de Louis-Philippe, avaient une maison à Londres. Le musée d'Edimbourg possède une aiguière d'argent faite par eux ; elle est en style Renaissance et décorée de camaïeux d'émail bleu.
FUOMKNT-MEURICE (Db8îr*Frjl*ç0ib), orfèvre (voir page 156). •— Froment-Meurice a beaucoup travaillé pour l'Angleterre ; il a fait :
Quatre salières appartenant à M. le comte Williner de Bathes, de Londres. — Ces salières en argent ciselé sont couronnées de quatre groupes représentant les chasses des quatre parties du monde : pour l'Europe, un chasseur d'ours ; pour l'Asie, une femme surprenant ua couple de gazelles ; pour l'Amérique, un indien monté sur un buffle et se défendant contre des tigres ; pour l'Afrique, une négresse à cheval attaquée par un lion.
Un briquet appartenant & S. M. la reine d'Angleterre. — La boite émaillée bleu de ciel, est octogone ; sur la face elle est ornée d'un petit bas-relief en argent repoussé représentant Apollon conduisant son char; sur le revers d'un autre bas-relief, une vestale entretenant le feu sacré. Sur les anses sont perchés deux phénix. La boite est supportée par quatre salamandres et surmontée d'un globe sur lequel se tient debout l'Amour, une torche à la main.
1 Gabet.
* Renseignements particuliers.
3 Fétis.
4 L'homme de talent, l'artiste, était Eugène Marrel.
Un verre d'eau, offert par madame la duchesse d'Orléans à S. M. la reine d'Angleterre, à l'occasion du baptême d'un des enfants de celle-ci, dont madame la duchesse d'Orléans était marraine. — Ce verre d'eau, dont l'ornementation est dans le style oriental, se compose d'une carafe, d'un flacon, d'un sucrier, d'un verre et d'un plateau. Toutes les pièces sont en argent niellé et incrustées d'agates et de cornalines.
Une broche appartenant à S. M. la reine d'Angleterre. — Cette broche en platine ciselé a pour centre un groupe qui représente Saint-Georges terrassant le dragon. Le groupe est encadré dans un motif d'architecture gothique, autour duquel serpente une brindille de lierre d'or, et qui se divise en trois petites niches; chacune d'elles est occupée par un page, tenant l'un une bannière, l'autre une couronne, le troisième un casque.
Une montre appartenant à M. Min ton, de Londres. — Sur la boite de cette montre se trouve un petit bas-relief en argent repoussé représentant une chasse sous Louis XIII. Il est encadré d'un ruban niellé et divisé en quatre parties par des trophées de chasse, de musique, d'astronomie et de peinture en argent repoussé.
Une montre appartenant à la duchesse de Sutherland, à Londres. — La boite est pavée de diamants au milieu desquels sont incrustées des turquoises, de manière à former une mosaïque bleue et blanche, dans un goût moresque.
Une broche appartenant à M. le duc d'IIamilton, à Londres. — Le centre du bijou est un médaillon, composé, d'un côté, de tables de diamants, et de l'autre, d'émaux de couleur figurant des fleurs ; ce médaillon, qui se retourne à volonté, est encadré dans une bordure émaillée.
Un cachet appartenant à S. M. la reine d'Angleterre. — Un croisé, vêtu d'une cotte de mailles et montant à l'assaut en protégeant sa tête de son écu, forme le cachet qui est tout en fer forgé et damasquiné d'or.
Un couteau de chasse appartenant à S. A. R. le prince Albert. — Un braconnier, le pied pris dans un traquenard, s'arrachant les cheveux de douleur et laissant échapper de ses poches des pièces de gibier, forme la poignée du couteau ; la garde est faite de branches de chône entrelacées et de trophées de chasse. (Exposition de Londres en 1 851 .)
Toutes les pièces dont suit l'énumération, se trouvent dans le musée particulier de la reine d'Angleterre, où sont réunis les objets d'art choisis par S. M. aux expositions universelles de Londres et de Paris (1851 et 1855).
Un pendant de cou : Saint-Georges, terrassant le dragon, forme le centre de ce bijou, qui est tout entier en or émaillé.
Une épingle en or émaillé représentant une amazone à cheval combattant un tigre.
Une épingle en or émaillé : la Vérité nue tenant à la main un miroir formé d'un diamant.
Une bonbonnière en agate arborisée ; elle est encadrée d'ornements d'émail bleu de ciel parsemé de rubis ; le bouton est formé par trois petits pages en argent ciselé, qui n'ont pas plus d'un centimètre de hauteur.
Un bracelet : la tresse est formée de petits génies ailés, en platine ciselé, et enlacés dans des branches de lierre émaillées et à fruits de rubis.
Une bague, dont le corps en acier ciselé est repercé à jour; sur l'acier se détachent trois figurines d'or : sainte Cécile et deux petits anges musiciens.
Une firoche en or, formée d'une guirlande fenestrée et rehaussée d'émaux blancs, noirs et roses; le cœur de la broche et les pendeloques sont en émeraudes, grenats, perles et diamants.
Un bracelet en fer ciselé, composé d'une branche de lierre à baies d'or; dans les entrelacs se détachent des oiseaux en argent et des fleurs en or de diverses couleurs.
Un cachet en fer ciselé ; la pomme est formée par une salamandre qui se débat au milieu des flammes ; le support est orné de branches de houx en fer se détachant sur un fond d'or '.
DAYID (d' Angers) (voir page 217). — L'Angleterre doit à David : le buste colossal en marbre de Jérémie . Bentham, à Londres ; — le buste en marbre de mistress Amélie Opie, femme de lettres, à Norwich.
DELAROGHE (Paul), peintre (voir page 157). — Paul Delaroche a peint :
en 1840, Napoléon dans son cabinet, pour lady Sandwich (gravé par Louis) ; — en 1843, la Vierge au camélia, pour M. Bering de Londres' (gravé par Jesi ;) — en 1843-44, la Vierge au lézard, pour le marquis d'Herford (gravé par Martinet) ; — en 1848, la Leçon de lecture (petit tableau rond) pour le marquis d'Herford ; — la môme année, Napoléon passant le Saint-Bernard, pour lord Onslow ; — la môme année, deux reproductions de l'abdication de Napoléon à Fontainebleau, du musée de Leipzig (à Liverpool) ; — en 1851, les enfants d'Edouard (à Liver-
1 Renseignements communiqués par M. Mahler, neveu de Froment-Meurice.
Les artistes employés par Froment-Meurice étaient nombreux : Nous connaissons : MM. Vechte, Muter et. Alexandre Dauber g us Fanniêres, Pottse, ciseleurs. — Sol lier, émailleur. — Liénard, dessinateur sculpteur. — Duban et Jean Feuchère, dessinateurs. — Jean Feuchère, Rouillard, Justin, Jules Cavelier, Pradier, Schœncwerck. Pascal, Préault, pour les cires et modèles. — On aurait tort de ne pas citer aussi l'habile fondeur Êichard.
» Ce tableau a été brûlé.
pool); — eu 1854, Sainte-Cécile (à Manchester). — Paul Delaroche avait fait aussi pour lord Seymour deux dessins représentant : Âmbroise Paré visitant le camp abandonné par Charles-Quint devant Metz, — et une Conversati on.
FORSTER (voir page 163). — Forster a gravé, en 1846, le portrait de la reine Victoria d'après Winterhalter. La reine d'Angleterre voulut avoir la gravure de son portrait faite par Forster, après avoir admiré sa belle estampe des trois Grâces.
LOUIS (Aristide), graveur, né à Toul. Elève de Heoriquel-Dupont. — M.Louis
a gravé le portrait du prince Albert, d'après Winterhalter; cette estampe fait pendant à celle de Forster.
BERANGER (Antoine), peintre sur porcelaine, né à Paris le 19 mai 1785. —
Béranger a fait la copie du portrait du prince Albert, par Winterhalter, grandeur de l'original (H. 1m,30, L. 1m), donnée, en 4846, par le roi Louis-Philippe à la reine d'Angleterre.
DUCLUZEAU (Marie- Adélaïde, née Durand), peintre sur porcelaine, née "a Paris le 10 mai 1787, morte en «B49, le 2 août. — Madame Ducluzeau a tait la
copie du portrait de la reine d'Angleterre par Winterhalter, donnée en 1846 par Louis-Philippe à la reine Victoria.
ORSAY (le comte Alfred d'), sculpteur. — Le comte d'Orsay a fait un Napoléon équestre en statuette1, dont les répétitons en or, en argent et en bronze sont très-nombreuses en Angleterre. Il en est de même pour une statuette équestre de Wellington f .
PRADIER (voir page 246). — Pradier a exécuté, pour la reine d'Angleterre, Sapho et Médée, deux statues en bronze de demi-grandeur a.
A YI88E AU (Charles-Jean), sculpteur en terre cuite' émaillée (voir page 218).
— Notre moderne Palissy a beaucoup travaillé pour l'Angleterre : il a fait pour lord Normanby un grand plat rustique, 1848; — pour M. Walter Brottesley, de Londres, une aiguière et un plateau rustique, 1849; — pour miss Watkins, de Londres, une coupe byzantine, 1849; — pour M. Marryat, de Londres, un pot à bière avec ses armes, 1853 ; — pour M. Drummond, du Perthshire, en Ecosse, une aiguière, en style renaissance, 1855 ; — pour le comte de Warwick, une vasque ou jet d'eau de salon rustique, 1855 v.
• Illustration, t. VIII. p. 385.
* lllustrated London News, août 1852. p. 120.
J Renseignements communiqués par M. Pradier.
4 Renseignements communiqués par M. Avisseau.
29 i LES ARTISTES FRANÇAIS A L ETRANGER
HOREAU (Hector), architecte, né en 1801, le 4 octobre, à Versailles; mort en 187*, en exil. Elève de M- Debret. — Horeau a obtenu, en 1850, le prix au concours qui avait été ouvert en Angleterre pour la construction du bâtiment de l'exposition universelle de l'industrie à Londres. Mais la commission des Beaux-Arts, chargée du concours, au lieu de faire exécuter le projet Horeau, a fait construire- le fameux palais de cristal proposé par M. Paxton l, jardinier du duc de Devonshire.
BONNARDEL (Hippolyte) , sculpteur, né à Chassignol. Elève de MM. Ramey et Dumont. — M. Bonnardel a obtenu au concours, en 1850, le prix proposé par la Commission anglaise de l'exposition universelle pour le dessin des médailles à donner en récompense aux exposants.
La commission ayant décidé que les médailles seraient gravées en France, M. Domard (Joseph-François), graveur en médailles et en pierres fines, né à Paris en 1792, élève de Cartellier, a été chargé de l'exécution, de concert avec M. Bonnardel.
M. Gayrard, sculpteur et graveur de médailles, membre de l'Institut, a obtenu à ce même concours une mention honorable.
GERENTE (Alfred), peintre-verrier (voir page J 87). — Alfred Géren te a fait
des verrières pour Londres, Cantorbéry, Scarborough, Oxford, Preston, Filby, Birmingham, Norfolk, Ely, Buiy, Wellington et Stafford.
DANTAN jeune (Jean-Pierre), sculpteur, né à Paria le 26 décembre 1800; mort
à Bade le o septembre 1869. Elève de Bosio. — La société des mines et fonderies de zinc de la Vieille^Montagne ayant voulu prouver la possibilité d'appliquer le zinc à la statuaire, a fait exécuter et fondre en zinc bronzé une statue de la reine Victoria, pour l'exposition de Londres. M.Dantan a fait la statue de la Reine, assise et couverte des ornements royaux. Le piédestal, d'un goût nouveau, a été fait sur les dessins de l'architecte Louis I^enormand, et les ornements sont dus à MM. Hardouin père et fils, ornemanistes. La fonte et la ciselure ont été dirigées par M. Victor Paillard, fabricant de bronzes de Paris \
LOBIN (Julien-Lbopold), peintre et directeur de la manufacture de vitraux de Tours, né à Loches, le 8 février 1814; mort à Tours en mai 1864. Élève de Steuben et
d'HIppolyte Flandrin. — M. Lobin a fait pour une église de la banlieue de Londres des verrières représentant le Christ et les quatre Évangélistes*.
RE MON (Henri- Alphonse), peintre-décorateur (voir page 165). — M. Rémona
exécuté en Angleterre différents travaux importants : 1° la décora-
1 Né en 1802, mort en 1865.
* V Illustration, 5 juillet 1851.
1 Ph. de Cheunevières. Notes de voyage sur l'état actuel des arts en province, dans YAthenaum français, 2* année.
Uon de tout l'intérieur du château de la duchesse de Sutherland, CUveden-House, ai tué près de Windsor (1853-54); — *° à Londres, la décoration des salons réservés à la Reine à la station du chemin de fer de Faddington conduisant à Windsor (1856) '.