‹ Les artistes français à l'étrangerChapitre 90 sur 202 · TABLEAUX FRANÇAIS ACHETÉS PAR L'ANGLETERRE EN · texte numérisé non relu

TABLEAUX FRANÇAIS ACHETÉS PAR L'ANGLETERRE EN

La Revue universelle des Arts (t. VII, p. 171), constate, d'après le relevé des douanes anglaises, que l'Angleterre a acheté à l'étranger, en 1856, 66,766 tableaux, dont 50,441 français.

CRESSINET, architecte. — Il a obtenu, vers 1858, le premier prix au concours ouvert à Londres pour l'embellissement du quartier de Westminster; mais son projet n'a pas été suivi d'exécution1.

LAGRETELLE (Jean-Édouard), peintre. — M. Lacretelle réside à Londres depuis 1861; il expose au salon de 1868, deux tableaux appartenant à M. Robert Chance et représentant une Sainte famille et l'Odorat*.

DIDRON, (Edouard- Ahedéb), peintre-verrier à Paris, né à Paris le 13 octobre 183«; élève de Léon Gaucherel. — Il a fait en 1862, plusieurs verrières à médaillons historiés pour la cathédrale d'Ely '.

TRIQUETI (Hbnri de), sculpteur, né à Conflans (Loiret), en 1802; mort à Paris

le il mai 1874. Élève de Hersent. — Les œuvres principales de Triqueti en Angleterre sont : la chapelle et le tombeau du prince Albert à Windsor, et la décoration de l'University-College de Londres.

La chapelle du prince Albert, à Windsor, est décorée d'une manière très-nouvelle et très-riche, par 24 peintures sur marbre obtenues à l'aide de l'émail et par des procédés nouveaux 4 ; elles représentent des scènes empruntées à la vie des Prophètes et sont séparées les unes des autres par des bas-reliefs en marbre blanc. Au centre de la chapelle, est le tombeau du prince Albert surmonté de sa statue couchée. Les peintures sont encadrées au milieu d'une ornementation splendide, composée d'entrelacs, de rinceaux, de grecques, de palmettes et de tresses, exécutées à l'aide de marbres très-beaux, de jaspes, de lapis, d'améthystes, etc.

1 Gazette des Beauo-ArU, t. I, p. 362.

- Livrets des salons de 1861 et 1868.

1 Renseignements pa rticuliers.

- Décrits dans la Chronique des Beaux- Arts et de la Curiosité, 1867, p. 35.

A nJniversity-College, Triqueti a exécuté un grand travail de marbre, représentant diverses scènes de l'Iliade et de l'Odyssée. Au centre, Homère à Delos chante la douleur d'Andromaque; — à gauche : la querelle d'Achille et d'Àgamemnon; Priam redemandant à Achille le corps de son fils ; Hélène admirant le voile que Vénus a brodé ; — à droite : Ulysse quittant Galypso; Ulysse mettant à mort les prétendants ; Minerve; Pénélope détruisant la nuit la trame qu'elle a tissée le jour. Ce (fend travail a été terminé en 1865 '.

Triqueti a fait aussi plusieurs bustes pour des Anglais'.

ARMAND-CALLIAT, orfèvre (voir page 158) . — Il a fait, en 1 865, l'ostensoir

du Carmel, à Londres ; — en 1866, un ostensoir en argent, acquis par sir James Hope, à Galashiels ; — en 1 867, divers objets en argent pour le célèbre amateur M. Harrisson et placés par lui dans sa galeîie comme spécimens de l'orfèvrerie religieuse française ; — en 1869, un calice et des burettes pour la chapelle du marquis de Bute, à Gardiff; — de 1870 à 1873, l'ostensoir de la cathédrale d'York, le reliquaire de la sainte croix pour le couvent de Sainte-Marie à York, la crosse de l'évoque de Beverley *, un ciboire et un calice pour le cardinal Manning.

GRATTA (Louis-Charles), peintre, né à Rambervilliers en 1815. — Élève de Decaisne. — D résidait à Londres en 1865, et exposait cette année, au salon, le portrait au pastel de lady Morreys.

LOISON (Pierre), sculpteur, né à Mer (Loir-et-Cher), en 1816. Élève de David

d'Angers. — H a exposé, au salon de 1865,une statue en marbre de Psyché, appartenant à M. Mac Henry de Londres.

DUR Y, peintre verrier à Warwick. Elève de Picot. — Il expose en 1867*

plusieurs médaillons très-réussis, mais dans le goût et le style anglais.

FROMENT-MEURICE (Éiulb), orfèvre (voir page 156). — Il a exécuté en 1874, un service de table, style Louis XVI, offert par le gouvernement anglais et le gouvernement américain réunis à la suite d'une médiation diplomatique, à M. le comte Gorti, ministre d'Italie à Washington. Ce beau service, exécuté sur le dessin d'Henri Camère et d'après les modèles d'Emile Carlibr, se compose d'une corbeille de milieu de table décorée d'un groupe d'enfants, de deux candélabres ornés chacun d'un groupe de figures, de porte-assiettes, de couverts et d'un service à thé.

1 Chronique de* Beaux- Arts et delà Curiosité', 1865, p. 181. 3 Livret du salon de 1857.

3 Ces deux dernières pièces ont été exécutées sur les dessins de sir Georges Goldie, architecte de Londres.

* A l'Exposition universelle.

En 1874, M. Froment-Meurice a aussi exécuté un encrier d'argent pour lord Lytton, ambassadeur d'Angleterre en Portugal. Cet encrier a pour ornements: une figure couchée, la Poésie, qjii occupe le milieu, et deux petits amours musiciens sur les deux flacons. Il a été exécuté sur le dessin de Louis Audouard.

ANDRE (Edouard-François)! dessinateur de jaidios. Né à Bourges le 17 juillet 1840. — La ville de Liverpool ayant décidé d'ajouter up nouveau parc à ceux qu'elle avait déjà, acheta au comte de Sefton un terrain de 156 hectares, au prix de 6,873,000 francs et ouvrit un concours international, en 1866, pour désigner l'architecte paysagiste qui serait chargé d'exécuter le Sefton-Park. Le jury ayant à juger les projets de 20 concurrents, décerna à l'unanimité le prix, le 16 avril 4867, à If. André, jardinier principal de la ville de Paris, et à son associé, M. L. Hornblower, architecte à Liverpool, chargé plus spécialement des constructions du parc. Le 20 mai 4872, on faisait l'inauguration de Sefton-Park, l'un des plus beaux de l'Angleterre. Il renferme des pelouses, des massifs, dont la plantation, avec celle des allées, a exigé 200,000 pieds d'arbres, des massifs de fleurs et de plantes au feuillage éclatant, un champ de manœuvre pour les volontaires ds Liverpool, un terrain pour les jeux de crickett, une rivière et un lac où Ton se livre à l'exercice du canotage, des allées pour les piétons, des voies carrossables ferrées de granit concassé, un Rotten-row ou promenade pour les cavaliers, un jardin botanique, une cascade et des rochers construits par M. Combattues entrées monumentales, grilles, maisons d'habitation, restaurants, abris pour les bateaux et les cavaliers, cabanes en bois rustiques pour les daims, bergeries, volières, ponts, pavillon destiné à un orchestre, etc., construits par M. Hornblower*.

M. André a encore créé en Angleterre les parcs de M. Grant Morris, à Liverpool; de M. de Saumarez, à Guernesey ; de M. Mac Grégor, à Guernesey ; de M. Smith, è Worcester ; de M. Corbett, à Impney, près de Droitwich ; il a aussi fourni à la ville de Leeds le dessin du parc de Wood-House,

BE8SON (Faustin) (voir page 224). — M. Besson a peint un plafond, à Ligtoack, près de Manchester, chez M. Lyoude, un des premiers banquiers de la ville.

BRUNNER-LACOSTE (Henri-Emile), peintre. Élève de Lepoitteviu, Bru*ner et Faure. — Il a décoré l'hôtel du duc Hamilton, à Londres.

LEGROS (Alphonse), peintre et graveur, né à Dijon en 1837. Elève de Lecoq

1 L'habile artiste qui a fait tous les travaux de roche des buttes Chaumont, de Longchamp et des bois de Boulogne et de Vincennes. * Revue horticole de 1868 et 1872, — et renseignements particuliers.

de Boisbaudran. — M. Legros habite Londres depuis 1865 ; il y fait des tableaux et aussi des gravures (portraits, paysages, scènes religieuses), pour la librairie fylloway.

MM. FAIfNIÉRE, orfèvres (voir page 255). — Ils ont exécuté un vase d'argent en style renaissance, offert par l'Empereur, en 4870, au vainqueur des courses de Paris, et qui a été gagné par le marquis d'Hastings.

BERR E-BELLECOUR, peintre. Élève de Picot et Barrias. — H a exposé

au salon de 1870, deux aquarelles: le tribunal révolutionnaire (à M. Holloway) et Inscription d'amour (à M. J. Stebbins).

BROWNE (Madame Henriette), peintre, née à Paris h 16 juin 1820. Élève de

Chaplin. — Madame Browne a exposé au salon de 1 872, l'Alsace en 1 870, tableau appartenant à MM. Pilgeram et Lefèvre de Londres.

LIÈVRE (Justin), graveur et dessinateur, né à Blamont le 22 septembre 1828. —

n expose, en 1872, un bassin persan, gravé pour Works ofart, in tke collections ofBngland*

RICARD (Lootb-Gustavb), peintre de portraits, né à Marseille en 1824, mort à Paris le 23 janvier 1873. — Ricard était un portraitiste très estimé, qui a fait un assez grand nombre de portraits en Angleterre.

DALT (Mademoiselle Mina-Marcellà-Marie), peintre en miniature. Élève

de madame de Cool. — Elle résidait en 1874, en Irlande, à Gasteltown- Cong-to-Mayo, et exposait au salon de cette année le portrait en miniature de la princesse de Galles.

BARRIAS (Fkux-Josbph\ peintre, né à Paria le 13 septembre 1832, Elève de Léon Cogniet. Grand prix de Rome en 1844, — M. Barrias a beaucoup travaillé en Angleterre. En 1868, il a exécuté à l'hôtel Hoare, à Londres: la mort poétique de Byron, l'Heure annonçant à Prométbée la délivrance de la terre, la mortdu roi Lear, un ange dictant à Miiton le Paradis perdu (dans l'escalier), — l'histoire de Psycbé (au grand salon), — les arts, la poésie et la musique (dessus de portes au grand salon), — les cinq sens et les saisons (au petit salon), — les portraits en pied de M. et de Mmo Hoare et 4 médaillons en terre cuite (dans la salle à manger).

En 1869, il a peint un grand plafond pour la corporation des drapiers, représentant Jason et Médée; — deux autres plafonds représentant Bacchus et Ariane, et Apollon arrivant cbez Thétis1. — En 1871, il a décoré la coupole de la chapelle des Jésuites, à Rocbampton (Manresa-House); il a peint aussi la petite coupole de la chapelle de la Vierge. — En 1872, il a exécuté à Grosvenor-House, pour le duc de

1 J'ignore malheureusement où sont placées ces deux peintures.

Westminster, une grande toile de 462 pieds anglais-, divisée par des médaillons et des enfants en grisaille en plusieurs compartiments, dans lesquels sont représentées la Peinture, la Sculpture, la Musique, F Architecture, la Poésie, la Comédie et la Tragédie '.

MALEMFRÉ, sculpteur. Élève de Triqueti. — On a inauguré à Drury-

Lane^à Londres), en 1874, la statue du compositeur Balfe, exécutée par M. Malemfré.

CARPE AUX (Jean-Baptiste), sculpteur, né à Valenciennes en 1627; mort à Gourberoiele 12 octobre 1875. Élève de RudeetDuret. — Il a exposé chez lui

en 1874, un groupe de grandeur naturelle représentant Daphnis et Ghloé, destiné à l'Angleterre.

§ 3. — DU GOUT FRANÇAIS ET DES ARTISTES FRANÇAIS DANS LES ARTS INDUSTRIELS EN ANGLETERRE

Déjà en 1855, M. L. Reybaud écrivait * : o L'art étranger, à vrai dire n'est que la contre-épreuve de l'art français. L'Angleterre même, qui se défend avec tant de soin de l'imitation, nous a emprunté trois orfèvres, MM. Veghte, Morbl et Bisson; les deux premiers sont des émigrés volontaires ; le troisième est un réfugié politique. L'exposition anglaise est ainsi une suite et un complément de la nôtre. Nous y retrouvons les principaux travaux de M. Vechte, artiste véritable et de grande valeur. t>

L'ébénisterie, la céramique s'adressent aussi à nos dessinateurs et à nos sculpteurs, et depuis l'époque où écrivait M. Reybaud le nombre des artistes français qui travaillent pour les grands manufacturiers de l'Angleterre n'a fait que s'accroître.

YECHTE (Antoiwr), sculpteur-ciseleur né en 1800àVire-sous-Bil (Côte-d'Or),

mortle30aoûti868,àAvallon. — Vecbte, sculpteur-ciseleur d'une incomparable habileté et grand artiste, travailla d'abord à l'atelier de Froment- Meurice, et rétablit la pratique du repoussé. Il fallait à cette époque relever l'art des ruines qu'avait amoncelées l'école et l'influence

1 Renseignements communiqués par M. Barrias.

* Dans le Journal des Dfèats du 15 novembre 1855 : L'orfèvrerie à l'Exposition universelle de 4835.

de David, et Vechte est un des principaux auteurs de cette bienfaisante réaction. Il exposa au salon de 1847, un grand vase d'argent repoussé, dont la décoration représentait le combat des dieux contre les Titans. L'œuvre était admirable autant pour la composition que pour l'exécution ; M. Mortimer, orfèvre de Londres, Tacheta ; ses successeurs MM. Hunt et Roskell, l'exposèrent à l'exposition universelle de Londres de 1851, et y gagnèrent une grande médaille. En 1848, Vechte était allé se fixer à Londres et travailla pour MM. Hunt et Roskell; il releva et transforma l'orfèvrerie anglaise ; il forma de nombreux élèves, entre autres M. Armstead et produisit plusieurs œuvres demeurées célèbres, parmi lesquelles nous citerons : le vase de l'Amour et Psyché1, pour lord Ellesmere ;— le vase des Centaures et des Lapithes, pour le prince Albert; — un bouclier célèbre, pour la reine Victoria * ; — un vase ayant pour texte les jeux des Néréides et des Zéphirs, pour la reine Victoria: — la statuette de Daphné, pour la reine Victoria (exposée en 1855). En 1861, Vechte quitta l'Angleterre et vint s'établir à Dieppe, où il fit encore pour MM. Hunt et Raskell, une plaque sur laquelle est représentée la Vierge au milieu des quatre Évangélistes. Il a gravé aussi la belle médaille des écoles de dessin de Brompton *.

MOREL (Jban-Yalentin), orfèvre-joaillier, né à Paria le 5 avril 1704, mort à

Passy en 1860. Élève de Vachette. — Vachette, le maître de Morel, était un bijoutier fort célèbre à la fin du xviii0 siècle ; il était lui-môme l'élève de Dret, le joaillier de Louis XV et l'auteur de ces charmantes pièces, tabatières et joyaux de toute sorte, que nos artistes prennent pour modèles sans arriver encore à les pouvoir reproduire. Vachette avait continué sous Louis XVI les traditions si élégantes et si capricieuses du goût français; son élève hérita de son talent et de sa prédilection pour cette belle joaillerie émaillée et gemmée des xvi6 et xviie siècles, dont les chefs-d'œuvre se conservent dans les vitrines du musée du Louvre. Faire de l'orfèvrerie semblable, retrouver les* anciens procédés et les perfectionner, tel fut le but constant de toute la vie de Morel.

Il était fâcheux pour un artiste doué de convictions énergiques, d'avoir un tel idéal et de pareils goûts, et de se trouver en pleine époque de David, dans un temps où l'angle droit et la surface plane étaient les ornements à la mode. Aussi Morel, sans fortune, sans

1 Ce vase, comme toutes les œuvres de Vechte, est au repoussé.

* Ce bouclier a été exposé en 1855. Le centre est occupé par le Génie des Sciences et des Arts ; autour du Génie sont disposés trois médaillons ovales où l'on voit Shakespeare, Milton et Newton, placés tous trois au milieu de leurs créations.

5 Rapport du duc de Luynes. — Qatette des Beauw-Artsy t. XIII, 327, et XIV, 544. — Chronique de* Arts et de la Curiosité', 1868, 27 septembre. — Renseignements communiqués par M. Froment-Meurice.

appui, demeura-tril simple ouvrier dans les ateliers d'orfèvrerie de M. Fossin, travaillant le jour pro famé et la nuit pro famâ. A l'atelier, il faisait de l'orfèvrerie d'après les dessins de son patron; et chez lui il passait une partie des nuits à étudier et à dessiner les formes des objets d'art de la Renaissance, à tâcher de retrouver les procédés des ciseleurs du xvne siècle, à rôver le moment où la tradition française serait reprise, et où Ton cesserait de faire de ce prétendu grec, inspiré ou imité d'un art qui n'avait jamais existé.

Bn attendant cette renaissance française, qui s'est accomplie de nos jours dans toutes les branches de l'art, Morel se préparait par de fortes études à être l'un des artisans les plus puissants de cette renaissance. Mais, en attendant aussi, il n'y avait plus d'orfèvrerie en France, quoique l'on y fabriquât toujours certaines pièces, dont l'admirable exécution ne peut compenser la sécheresse et la raideur des formes.

Dès le moment où le prétendu style gréco-antique du xvma siècle prévalut dans les ateliers de nos orfèvres, les nations étrangères cessèrent de s'adresser à nous, et firent leurs commandes à l'Angleterre, où continuait à dominer ce qu'on appelle le style Louis XVI, mélange de goût français et d'un peu d'antique. C'est donc en Angleterre que s'est maintenu le style de notre ancienne orfèvrerie pendant le premier tiers de ce siècle ; et c'est parce que les orfèvres anglais avaient conservé nos traditions, qu'ils purent s'emparer de notre clientèle à l'étranger, en Russie surtout. Les choses étaient arrivées à ce point, qu'en 184î, comme on le dira un peu plus loin, le prince de Radziwill commandait un service d'argenterie à Londres et non pas à Paris, parce que son acquisition, disait-il, ne lui ferait aucun honneur si elle venait de France.

En 1840, Morel s'associa avec M. Duponchel, ancien directeur de TOpéra. La nouvelle maison, sous l'influence de Morel, contribua puissamment à recréer l'orfèvrerie française, et devant ses œuvres le style grec acheva de disparaître. Morel appliqua les procédés qu'il avait imaginés pour repousser en ronde bosse les plus grandes pièces d'or et d'argent ; il reprit les traditions de l'émaillerie des xvi* et xvn» siècles, et il parvint à émailler de très-grosses pièces repoussées, qu'il eût été impossible de décorer d'émaux si elles eussent été fondues. Il refit de l'orfèvrerie repoussée, émaillée et gemmée, comme aux beaux temps de François Ier et d'Anne d'Autriche. D'autres orfèvres intelligents, Lefournier, Wagner1, Froment-Meurice, travaillaient de leur côté à trouver une nouvelle voie, et l'opinion des gens de goût aidant, une vraie révolution se fit dans l'art de l'orfèvre, qui est un sculpteur en or et en argent.

1 Wagner était un prussien établi à Paru, qui connaissait las procédés russes pour la fabrication des nielles.

Gomme il s'agit seulement d'écrire ici ce que Morel a fait pour l'étranger, j'arrête donc à ce point la biographie de l'artiste , regrettant de ne pas pouvoir donner plus de détail* sur cet homme si remarquable, Benvenuto par l'audace du talent, Bernard Palissy par la patience, la persévérance des efforts et l'honnêteté du caractère.

Le premier grand ouvrage de More! pour l'étranger a été fait en 1842 ; c'est le service du prince Radxrwill. On sait combien alors notre orfèvrerie était décriée, et à juste titre, à cause de ses formes; car l'exécution, la ciselure, la finesse des détails conservaient toujours une grande perfection. Le prince Raduwill, qui avait acheté plusieurs ni* joux à Morel, dont il aimait le talent, lui avait parlé de son désir d'avoir un grand service d'orfèvrerie ; huit jours avant son départ pourla Russie, le prince annonça à l'orfèvre français qu'il avait traité avec M. Mortimer de Londres, au prix de 150,000 francs, et lui montra les dessins qu'il avait reçus d'Angleterre. Morel se récria sur leur mauvais goût, sur le peu de parti que l'on avait su tirer de la légende qu'il s'agissait de reproduire, et pria le prince de lui confier cette entreprise. On lui objecta que le marché était conclu et que d'ailleurs, ferait-il mieux que M. Mortimer, l'opinion à Saint-Pétersbourg était trop prononcée contre le goût de l'orfèvrerie française pour que personne osât confier à un orfèvre parisien un travail aussi important ; le prince ajouta que si son service venait de France, quelque beau fût-il, il ne lui ferait aucun honneur. Le style David et Percier était enfin arrivé à ce point de considération en Europe.

L'occasion semblait si belle à Morel de mettre à exécution ses idées et ses procédés, qu'il pria le prince Radziwill de lui permettre 4e faire les maquettes d'un service tel qu'il le comprenait ; il parvint à triompher de la résistance du prince, et s'engagea à lui soumettre son projet quatre jours après ; le prince lui promit de le revenir voir.

Aussitôt Morel, son fils, MM. Constant Sévin, Schœnewerck et Jacquemard se mirent au travail. Morel les excitait au nom de la gloire de la France ; il s'agissait, leur disait-il dans sa patriotique ardeur, de faire une belle œuvre et de reconquérir à l'orfèvrerie française sa vieille réputation à l'étranger. En quatre jours et quatre nuits, les maquettes furent achevées, et, lorsque le prince et la princesse Radiiwill vinrent visiter l'œuvre de nos artistes, ils la trouvèrent si supérieure au projet de M. Mortimer, qu'ils chargèrent Morel de faire le service. On paya 1000 écus à l'orfèvre de Londres pour ses dessins. Morel, par ses nouveaux procédés de repoussage, pouvait d'ailleurs exécuter le service 40,000 fr. moins cher que n'avait demandé son compétiteur. Une partie de la victoire était gagnée, mais elle fut entièrement pour nous, en 1 845, lorsque l'artiste arriva avec son ouvrage à Saint-Pétersbourg ; ce fut un véritable triomphe ; l'empereur Nicolas et toute la noblesse déclarèrent à l'envi que le service

du prince Radziwill était la plus belle œuvre d'orfèvrerie qui fût à Saint-Pétersbourg. L'orfèvrerie française avait repris sa place, reconquis sa vieille renommée en Russie.

Le service du prince Radzivill, dont les pièces ont été gravées dans l'Illustration de 4845, est en argent, et se compose d'un surtout, ou pièce de milieu, de 1 mètre de baut ; de deux candélabres bauts de 5 pieds ; de quatre seaux à glace et de huit salières.

Le sujet du service représente une légende relative au prince Alexis, qui gouvernait le grand-duché de Lithuanie au milieu du xine siècle. Un jour que le prince chassait le sanglier dans la forêt de Troski, la bète, blessée et furieuse, s'était jetée sur lui, l'avait renversé de cheval et l'eût tué sans le courage de son garde de vénerie, Jean Radziwill. Pour récompenser ce dévoué serviteur, le prince Alexis le fit monter sur un tertre, lui ordonna de sonner trois fois du cor et lui donna toute l'étendue de terrain qu'allait couvrir le son de sa trompe.

L'épisode principal est le motif du surtout ; le prince Alexis, culbuté de son cheval, va être tué par le sanglier, lorsque Jean Radziwill, à cheval, perce de son épieu le monstrueux animal à peine arrêté par les chiens. Chacun des candélabres représente un sapin, au pied duquel sont le prince et le garde-chasse qui sonne du cor. Les seaux à rafraîchir sont composés de rochers de glace, sur lesquels on chasse à l'ours blanc.

En 1844, Morel fit, pour le marquis de Rascali, à Milan, un grand service de table en argent dans le style Louis XV.

En 1848, Morel, séparé de M. Duponchel, alla s'établir à Londres et y demeura jusqu'en 1852. Il revint en France, à Sèvres, après avoir reçu de la reine Victoria, le titre de son orfèvre-joail- * lier.

Morel a fait pendant son séjour, en Angleterre, un grand nombre de pièces importantes, desquelles vingt-six ont été vues à Londres, en 1851, à l'exposition universelle, où leur auteur obtint une récompense extraordinaire et spéciale *. Voici quelques détails sur ces ouvrages.

La reine Elisabeth représentée au moment où elle va rendre grâce à Dieu de la destruction de l'Armada espagnole ; la Reine, à cheval sur un genêt d'Espagne, a été reproduite d'après le grand sceau d'Angleterre sous son règne. Le modèle de cette pièce en argent est de Gavblier; elle a 4 pieds 1/2 de haut et est repoussée au marteau. Cette pièce est restée en Angleterre.

Une coupe en agate orientale, supportée par un balustre, qui se

1 Voir le rapport de M. le duc de Luynes sur l'orfèvrerie à l'exposition de Londres.

compose d'une figure de femme sur un Triton, dont les pi^ds chimériques foulent des herbes marines et reposent sur un fond de sable; le pied se termine par des moulures ornées d'arabesqttes émaillées en relief. Une figure de femme assise sur un dauphin, tient une écharpe flottante qui forme l'anse de cette coupe, dont les extrémités sont tenues par des Amours ailés qui portent des guirlandes de fleurs. Cette magnifique pièce , dont j'ai pu admirer le dessin chez M. Morel, a été achetée 5000 francs par l'école de dessin de Londres.

Une coupe en agate orientale, de la plus belle espèce et de la plus grande dimension ; le balustre et le pied sont aussi en agate orientale. La garniture en or se compose,pour les anses, d'ornements enlacés les uns dans les autres, enrichis d'émaux opaques et transparents ; sur chacune d'elles repose un oiseau tout d'or. Le balustre est accompagné de chimères et d'ornements émaillés en relief, au milieu desquels se placent les armes émaillées de S. À. I. la grande duchesse héritière de Russie (régnante en 4855). Des arabesques répandues sur le pied d'agate et sur les moulures, également émaillées en relief, terminent cette monture. Cette coupe appartient à S. M. l'impératrice de Russie.

Douze zarfs, en or émaillé, ornés chacun de trois vues de Constantinople entourées de diamants. Ces douze pièces ont été faites pour l'ambassadeur de Turquie à Londres, qui les a offertes en présent au Sultan.

Un vase en argent doré et oxydé, entouré d'un bas-relief en repoussé, représentant une chasse du moyen âge au sanglier. Le couvercle de ce vase est surmonté d'un groupe qui représente un chasseur frappant un sanglier. Cette pièce appartient à M. Braine, en Angleterre.

Un sucrier en vermeil, d'un beau travail d'ornementation et de ciselure, fait pour le prince Kotschoubey , grand maître des cérémonies à Saint-Pétersbourg.

Une pièce de milieu en argent. Son plateau est orné de larges moulures, dont les contours brunis sont interrompus par des ornements ciselés, et porte à ses extrémités deux vases pour des fleurs, et, dans sa partie la plus large, des montants composés d'ornements qui s'élèvent et que relient des guirlandes de vigne pour supporter une corbeille qui porte aussi des fleurs. Ces ornements forment une espèce de dais sous lequel s'abrite un groupe d'enfants enlacés de pampres et jouant avec une panthère; ils sont sur un rocher qu'entoure une partie d'eau. Les lumières aussi sont portées par des enfants. Cette pièce est gravée dans l'Illustration anglaise et est restée en Angleterre.

Un coffre, de style byzantin, pour renfermer un manuscrit précieux.

Pour l'exécution de cette fort belle pièce, on a suivi le plan indiqué par son propriétaire, M. Libri.

Une aiguière en cristal de roche et son plateau. — Un plateau rond en pierre. — Un vase en cristal de roche. — Une buire en cristal de roche. — Un zarf en or émaillé et orné de six vues de Gonstantinople.

— Deux serre-papier en argent avec une cigogne et un marabout. — Deux étagères en argent doré. — Une glace de toilette en argent, style Louis XV. — Un riche service à thé en argent doré, style Louis XIV. — Trois services en argent, de style turc, chinois et Louis XV. — Deux bouts de table, pour salières, en repoussé, représentant chacun une figure conduisant un âne portant des paniers.

— Quatre figures en vermeil pour salières, portant aussi des paniers, style Louis XV ; elles appartiennent au major Martins. Toutes ces pièces sont restées en Angleterre.

Après l'exposition, M. Morel fit un prix de course que gagna le duc de Richmond aux courses deGoodwood, en 1852. C'est une grande coupe en argent repoussé. Le balustre représente Apollon conduisant le char du Soleil au milieu d'un nuage ; la coupe repose sur la draperie du dieu agitée par les vents. Ce motif est d'une inconcevable légèreté et d'une véritable beauté. Les deux anses de la coupe sont formées par deux Renommées qui portent des couronnes. Le dessin de cette composition est de M. Névillé ; l'ouvrage a été repoussé et ciselé par Morel lui-même.

Revenu en France en 1852, Morel a surtout travaillé pour les amateurs étrangers, qui se disputaient sesœuvres.Tout le monde a vu à Paris, pendant l'exposition universelle (1855), la magnifique coupe en jaspe oriental faite pour M. Hope de Londres. Le pied de cette coupe, haute de plus d'un demi-mètre, est en argent doré recouvert de riches ornements émaillés et de style Renaissance, représentant des arabesques et des mascarons émaillés sur or fin. Le balustre de la coupe, en jaspe, est un rocher sur lequel est enchaînée Andromède ; au pied du rocher sont les Néréides qui s'ébattent au milieu de plantes marines en insultant à l'infortune d'Andromède. Toutes ces figures et les plantes sont en or repoussé et émaillé, à la façon du xvie siècle. La coupe est tirée d'un bloc de jaspe qui pesait quatrevingt livres ; c'est la plus grosse pièce de jaspe oriental que l'on connaisse ; sa taille a demandé trois ans de travail et l'invention de nombreux procédés. La coupe est décorée d'enroulements en saillie. L'anse de la coupe représente Persée combattant le dragon ; ces figures, aux riches couleurs, sont en or repoussé et émaillé. Il est permis de louer sans restriction les tons bleus des ailes du dragon et le rouge qui recouvre le corps de ce monstre. Sur le bord de la coupe est la figure d'un génie qui porte les armes de M. Hope, l'heureux propriétaire de ce chef-d'œuvre. Enfin, le bec de la coupe est formé

par un cartouche en or émaillé qui enveloppe tout le devant de la pièce, et au milieu duquel est un grand camée, en jaspe, représentant une tête de Méduse à la chevelure de serpents en or émaillé.

La composition générale de la coupe est de M. Constant Sivis ; la sculpture est de M. Schœnkwerck ; la peinture des émaux est de M. Richard, peintre de la manufacture de Sèvres. Le camée a été gravé par Morel, qui a fait aussi tous les repoussés. La ciselure est de M. Dalberoue.

En 1855, Morel a exécuté pour le roi de Portugal, une coupe en onyx avec monture en or émaillé, et, pour l'Angleterre, une douzaine de coupes en cristaux anciens, également montées en or émaillé !.

MAYER (Maurice), orfèvre. — Il a exposé en 1849 les vases allégoriques des Saisons et une cafetière dans le goût oriental, fabriqués pour lord Seymour *.

JOYAN, sculpteur, mort en 1874. — Le sculpteur Joyan, artiste de grand talent, était établi à Londres, vers 1855, et faisait les modèles et dessins des meubles et ameublements du célèbre tapissier de Londres, M. Jackson. Il a travaillé pendant plus de vingt ans en Angleterre.

ACLIN, décorateur. — À la même époque nous trouvons aussi à Londres, Àclin, décorateur, qui faisait les dessins de M. Grâce, décorateur du Parlement.

KLAGMAPflf (Jban~Bapti8tb- Jules), sculpteur, né à Paris le 1er avril 1810; mort à Paris le 18 janvier 1867. Élève de Feuchère et Ramey fils. — Il a fait les

modèles d'un grand nombre de pièces d'orfèvrerie anglaise envoyées à l'exposition universelle de Paris, en 1855 \

LIEIf ARD (MiamtL-JofiKPH-NAPOLÉow), sculpteur en bois, né à la Bouille (près de Rouen) le 17 septembre 1810 ; mort en .... Elève de Planter. — Liénard

était à la fois sculpteur en bois et dessinateur ; il a fait une trèsgrande quantité de dessins pour l'industrie anglaise, et il obtint une grande médaille à l'exposition universelle de Londres en 1 851 \

MULE R ET (Louis- Augustin), ciselenr, né à Paris le 1er novembre 1803 ;

mort à Paris le 11 mai 1874. — Ce célèbre ciseleur travailla d'abord pour les maisons Denière et Froment-Meurice,et y fit de fort belles œuvres.

1 Renseignements particuliers.

* La cafetière a été gravée dans la Gazette des Beaux~Artt% XIV, 541.

3 Renseignements particuliers.

4 VAmi de la Mats on, n° 1.

Il passa, en 1848, à Londres et y travailla pendant deux ans pour MM. Hunt et Roskell ; il fut le collaborateur de Vechte au bouclier d'argent de la reine Victoria. Revenu en France, il dirigea l'atelier de ciselure à la manufacture de Sèvres *.

. ALEXANDRE, éventailliste.— M. Alexandre, genre de M. Desrochers, qui avait commencé à faire des éventails de style sous Louis-Philippe, reprit cette jolie fabrication au commencement du second empire; les artistes les plus à la mode travaillèrent pour lui, et dès 1857, l'éventail Alexandre était devenu une œuvre d'art recherchée partout. Alexandre, en effet, a fourni d'éventails la reine et la cour d'Angleterre, la cour et la noblesse de Saint-Pétersbourg, l'Allemagne, la Hollande et l'Espagne *. MM. Fannière avaient fait les montants en argent sculpté d'un éventail ravissant exposé en 1867.

MOREV (Edmond), graveur à Peau forte, né au Havre en 1824. — Il a fait de

nombreux travaux pour l'Angleterre, de 1851 à 1858 : dessins pour les journaux illustrés suivants : Illustrated London News, Illustrated Times, CasseîVs Illustrated Paper \ Home-Companion, London Journal; — livres illustrés : Œuvres de Byron, Histoire de Napoléon, Livres d'enfants, par Noél, etc.; — lithographies : planches et vues de l'exhibition de Hyde-Park (1 851 ), siège de Sébastopol, etc.;— aquarelles pour la Société annuelle de New-Water-Color et pour la reine d'Angleterre; celles-ci représentent des sujets de la guerre de Crimée *.

RÉQUELLARD, ROUSSEL et CHOCQUEEL, fabricants de tapis et de tapisseries à Aubusson et a Tourcoing. — Ces messieurs exposent à Londres, à l'exposition universelle de 1862, un écran fait pour la reine d'Angleterre. On admirait le goût, la couleur, la fabrication et la beauté des laines de cette charmante pièce de tapisserie4.

DURON (Charles), émailleur, né à Pont-à-Mousson en 1814, mort à Paris

en 1872. — Duron terminait, en 1870, pour l'Angleterre, la monture en or émaillé d'une grande coupe en cristal de roche du xvi° siècle ; il y avait ajouté une anse formée d'un dragon ailé en or repoussé et émaillé 5.

ROULMIER (Axtoxin), miniaturiste. — M. Boulmier est attaché, comme peintre de figures à la maison Minton 8 (Stoke-upon-Trent), depuis

1 Notice sur Mulleret par Froment-Meurice dans la Chronique des Arts et de la Curiosité, 1874, 20 juin.

* L 'Illustration, 1862, t. XXXIX, p. 329. 1 Renseignements particuliers.

4 L 'Illustration, t. XL, p. 400, avec gravure.

5 Chronique des BeauahArts et de la Curiosité, 1,870, 10 avril.

6 Célèbre fabrique de poterieB et de faïences d'art.

CARRIER-RELLEUSE (Albekt-Ehmbstj, sculpteur (voir page 248). — M. Carrier-Belleuse a été attaché pendant quelques années à la maison Minton et lui a fourni beaucoup de modèles. Parmi ses œuvres, nous citerons un beau vase, gravé dans la Gazette des Beaux-Arts (1870-71).

DECK (ThBODOhb), fabricant de poteries d'srt à Parie. — Ses poteries Ont

eu un très-grand succès à l'exposition de Vienne en 1873, et un de ses plats a été acheté par le musée d'Edimbourg.

DORÉ (Gustave-Paul), dessinateur et peintre, aé a Strasbourg en 1832. — M. G. Doré a illustré le Paradis perdu, les Polmes de Tennyson et Londres, trois ouvrages publiés à Londres par Peter et Galpin. — Les dessins du Paradis et de Londres ont été gravés par Pisan, Zaplante, Jonnard, Monvoiiin, etc. Ceux des Po&nesàe Tennyson ont été exécutés sur acier par des graveurs anglais.

GIACOHELU (Hector), dessinateur, ni à Paris le 1" avril 18». - M. Gin- ' comelli a illustré, pour la librairie T. Nelson and Sons, à Londres, les ouvrages suivants :

Nature. OfthepottryofEarthandSea, from tke frenchofMme Miehelet ; 1874. — Les gravures sont de Rouget, Méaulle. Jonnard, Benéiller.

Thr insbct, oy Jules Michelet, 1875. — Ce volume lustrations gravées parles mêmes artistes.

Birds and Flowers. Of laps and Iprics of rural life, 1873. — Mêmes graveurs.

Sketches op natural histort, of songe of anima Bowitt, 1873. — Mômes graveurs.

The History of the Robins, ly Misiress Trimmer, graveurs.

GRISET (Ehttest), dessinateur.— M. Griset a illustré le publiées pour les étrennes de 4875, par MM. Cassel, I les premiers éditeurs de l'Angleterre.

JACQUEMART (Jules;, graveur à l'eau forte (voir page ÎM). — M. Jacquemart a fait les gravures de l'ouvrage suivant, publié à Londres, en 1871, par Colmaghi, et intitulé : Stchings ofPidures in themttropolitan muséum of New-Yori.

LAXAUZE (Adolphe), graveur à l'eau forte. Eleva de L. Qaucherel. — M. Lolauzea'gravé les planches qui ornent la traduction des œuvres de Molière faite par M. Henri Van Laun, éditée chea W. Paterson, a Edimbourg, 1873. On ne saurait trop féliciter les éditeurs écossais d'avoir reproduit le vrai portrait de Molière, d'après Nolin, ce qu'il a été impossible jusqu'ici d'obtenir des éditeurs français, parce que, disait l'un d'eux, sur ce portrait Molière n'a pas une figure agréable.

LESSORE (Emile-Aubebt), peintre, né à Paris en 1805. Élève de Hersent. —

M. Lessore, ancien peintre de la manufacture de Sèvres, est attaché depuis longtemps, comme peintre-décorateur, à la fabrique de Wedgwood, dont les faïences d'art sont célèbres.

LORMIER (Atfrbd), dessinateur. Élève de Cambon. — M. Lormîer, qui est

à Londres depuis vingt-cinq ans, a remplacé M. Prignot comme dessinateur de la maison Graham et Jackson, grands fabricants d'ébénisterie de luxe à Londres. Un meuble en ébène incrusté d'ivoire , dessiné par MM. Owen Jones et Lormier, a été exposé à Paris, en 1867, par la maison Graham et Jackson.

MOREL-LADEUIL (Léonard), sculpteur-ciseleur, né à Clermont-Ferrand.

— « MM. Elkington, orfèvres de Birmingham, ont un très-précieux auxiliaire en M. Morel-Ladeuil, qui a fait le beau bouclier ciselé et émaillé que Ton admirait à l'exposition universelle de 1867, à Paris1.» M. Morel-Ladeuil est aussi Fauteur du vase d'Hélicon et du beau bouclier de Milton en argent et acier repoussés, exposés à Vienne en 1873; - d'un vase en argent et fer repoussés représentant la Musique et la Poésie, exposé au salon de Paris de 1874 et appartenant à M. Elkington ; — d'un bas-relief en argent repoussé représentant la Charité et exposé au salon de Paris en 1875.

PRIGNOT (Eugène), dessinateur, né à Paris en 1822. Élève de Gicéri. —

M. Prignot, dessinateur de beaucoup de talent, a passé douze ans en Angleterre, attaché à la maison Graham et Jackson (1848-1855 et 1870- 75). Il a travaillé beaucoup aussi pour Paris, les États-Unis, la Belgique, FAllemagne, la Russie et l'Espagne. Il a publié deux grands ouvrages d'ornementation et d'ameublement à Paris et à Liège.— Un beau meuble exécuté sur les dessins de M. Prignot et exposé à Paris, en 1 855, par MM. Graham et Jackson, a valu à ces messieurs une médaille de premier ordre et a été acquis par le musée de Kensington1.

PROTAT (Hugues), sculpteur. — M. Protat a remplacé M. Carrier-Belleuse à la maison Minton. Il a travaillé aussi à la décoration des ministères (Parliament street).

RE&AMEY (Guillaume), peintre de batailles, né à Paris en 1837 ; mort à Londres en 1875. Elève de Lecoq de Boisbaudran. — Il a envoyé au journal anglais Tk$ Qrap/tic, pendant la guerre de 1870-71, de très-beaux bois.—

1 Romberg, Rapports belges sur l'Exposition de 1867, t. II, p. 146.

* M. Bombera-, que j'ai déjà cité, dit en parlant des grands fabricants d'ébénisterie de Londres : < Ce sont des fabricants de premier ordre, dont les efforts intelligents, aidés par le savoir d'ouvriers français, ont produit des ouvrages remarquables », t. II, p. 8.

MM. Solon et L.E0ROS, ont aussi fait beaucoup de dessins pour ce journal J. — Régamey a travaillé également pour le journal The Illuêtrated London News.

SOLON (Louis'), dessinateur. — M. Solon, artiste de la manufacture de Sèvres, est depuis 1870, employé à la maison Minton. Cette maison a exposé à Londres, en 1871 : deux vases noirs et céladon avec peintures, par Solon; l'un représente des Nymphes au milieu d'Amours; l'autre l'Amour pris dans une toile d'araignée; — deux sujets chinois, par Proùat; — trois majoliques sur les modèles de Carrier- Bellevse; — le buste en parian de la marquise de Westminster, par Carrier-Belleuse.

CAVAILLÉ-COLL (Aristide), facteur d'orgues à Paris. — M. Cavaillô- Goll a fait les orgues de la salle Golston, à Bristol, de Willis, du grand salon de musique au château de Bracewell (résidence de M» Hopwood) et enfin le grand orgue de la nouvelle salle de concert de Sheffield. En Angleterre, il existe à peu près partout de grandes salles de concert pour deux ou trois mille personnes, dans lesquelles un orgue est un instrument indispensable pour exécuter Bach ou Hœndel, et dont le buffet sert d'ornement à la salle. Le grand orgue de Sheffield est un merveilleux instrument, dont le buffet a été dessiné par Alph. Simil, architecte à Paris, dans le style de la Renaissance, et richement sculpté.

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