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ORIGINES DE LA GRAVURE EN ANGLETERRE

Jaloux de profiter des avantages que le commerce français retirait de la vente des estampes, les Anglais résolurent d'établir chez eux Fart du graveur en taille-douce, que l'on connaissait à peine en Angleterre, presque tous les graveurs anglais de ce temps ne s'occupant que de la manière noire. On fit venir un certain nombre de graveurs de France, où la gravure avait atteint, sous Louis XIV, une perfection qui n'a pas été dépassée, et où les grandes traditions de François

1 Le Figaro, 9 janvier 1873.

1 Le nombre des graveurs français en Angleterre est si irrand, que nous avons cru devoir les grouper tous ensemble, ne plus tenir compte de 1 ordre cnionologicrue, mais les placer au contraire par ordre alphabétique.

Poilly, d'Etienne Baudet, de Claude? Stella, dTSdelinck, de Nanteuil, de Pierre Drevet et de Gérard Audraa, le chef de l'école française, étaient encore vivantes '.

DORIGNY (Nicolas), graveur; né è Pjjs en 1657, mort à Paris en 1746. Élève

de Gérard Audran. — Dorigny avait été étudier en Italie les grands maîtres ; il y resta 28 ans et y fit de belles et nombreuses estampes *. En 1711, il se lia avec plusieurs Anglais de distinction qui le persuadèrent de venir dans leur pays ; il y arriva en juin 1711 '. « La feue reine d'Angleterre (la reine Anne), ayant souhaité de voir gravés les célèbres cartons de Raphaël, que Ton conserve dans le palais de Hampton-Gourt, elle fit proposer à Dorigny de passer à Londres. Il exécuta ce que souhaitoit S. M., et en récompense d'un si grand travail, Ton pourroit ajouter en faveur de son mérite personnel, le roy d'Angleterre à présent régnant (Georges Ier), luy fit l'honneur de le créer chevalier 4.» En 1 71 9, Dorigny avait en effet présenté à Georges Ier deux suites complètes des cartons de Hampton-Gourt. Dorigny est le premier qui ait fait de la gravure d'histoire en Angleterre ; il peignit aussi quelques portraits, mais sans succès pour la ressemblance. Ses yeux devenant faibles, il revint en France en 1724. En 1725, il fut chargé par les Anglais de faire dessiner par des peintres français une suite assez considérable de compositions allégoriques en l'honneur des grands hommes de l'Angleterre. Ges dessins, de format grand in-folio, furent exécutés par Carie Vanloo et Boucher. Dorigny en a gravé deux d'après Vanloo, en 1736 et 1737; les autres furent gravés par Beauvais, Larmessin, Cochin père, Philippe Le Bas et Aubert.

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