Baudelaire a dit de lui: « Théodore de Banville n'est pas
Quels que soient l'heure ou l'aspect de sa carrière que l'on envisage, aussi bien dans ses productions d'art que dans ses souvenirs personnels, dans ses comédies en vers comme dans ses contes en prose, on aboutira toujours à des conclusions sereines, à une conception de l'univers naturellement épicurienne. On se sentira en face d'une âme qui aime la vie pour la vie, sans arrière-pensée, sans regrets et sans désirs d'un mieux irréalisable, satisfaite du présent et insoucieuse de l'avenir, devant la possession assurée de « cet enchantement virtuel qui est dans le Verbe ^ ». Jamais un cri d'angoisse ou de désespoir, jamais même une parole de lassitude ou de mélancolie : à peine au début, dans les Cariatides, relèverait-on quelques accents d'un byronisme atténué; encore faut-il y voir un sacrifice aux goûts de l'époque et le résultat d'un entraînement juvénile, plutôt que la vraie et sincère image d'un état psychologique. Quand l'auteur laisse parler son inspiration franche et libre, sans essayer de pasticher ses prédécesseurs, ou bien il écrit les Ballades joyeuses et les Odes funambulesques, ou bien il cisèle ses poésies néo-helléniques et ses courtes nouvelles pseudo-modernes, plus
précisément matérialiste; il est lumineux. Sa poésie représente les heures heureuses. » Fiisces, § 13 (dans le volume de M. Eugène Crépet).