‹ Les artistes littérairesChapitre 62 sur 160 · A Rebours, eh. xii · texte numérisé non relu

A Rebours, eh. xii

2. Essais de psychologie contemporaine, Charles Baudelaire, ch. i".

3. Eugène Crépet, Charles Baudelaire : Mon cœur mis à nu, § 17.

l'idéal dans l'amour, comme il l'avait cherché dans l'art, hors do la nature, hors de la réalité. Nous avons vu déjà sa pilic indulgente pour les Fcmines damnées. Hanté par l'obsession d'une plastique absolue, et surtout adversaire acharné de l'utilitarisme, nous le verrons plein d'horreur devant l'amour considéré , selon les lois éternollement banales du monde, comme un agent de reproduction. La maternité, loin de l'attendrir, lui répugne; l'enfant le dégoûte, il n'y voit que les « hideurs de la fécondité' ». Il songe que « tout rêve, quelque idéal qu'il soit, se retrouve avec un poupard glouton suspendu au seiji '^ ». Quand, dans la Fanfarlo, il se peint sous le nom de Samuel Cramer, c'est par des aversions de ce genre qu'il se caractérise : « Ses sens se satisfaisaient surtout ]jar l'admiration et l'appétit du Beau ; il considérait la rcproduclion comme un vice de l'amour, la grossesse comme une maladie d'araignée. Il a écrit quelque part : ie? anges sont hermaphrodiles et stériles. »

Aussi, de même qu'il avait appliqué son système des contrastes à aiguiser les sensations artistiques, il l'emploiera comme excitant des sensations amoureuses, et il s'efforcera de joindre aux tableaux du plaisir les tableaux de la douleur, des

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