‹ Les artistes littérairesChapitre 61 sur 160 · Ernest Renan, l'Antéchrist, ch. vu · texte numérisé non relu

Ernest Renan, l'Antéchrist, ch. vu

nouvelles d'épouvantables sensations et 'contribuer à l'asseoir clans nos mœurs. Pour le croyant, accoupler l'idée d'une jouissance essentiellement fugitive et l'idée de douleurs atroces et sans fin, c'était réaliser l'antithèse la mieux déterminée qui se puisse concevoir. M. J.-K. Huysmans l'a si bien compris qu'il a fait tenir le sadisme entier dans ce mode unique ', ce qui est une erreur d'une façon générale, ce que dément d'une manière complète l'étude historique et philosophique de notre siècle.

Chez le maître des Fleurs du Mal en particulier — et nous aurons pourlant à examiner sa doctrine du satanisme — la théorie de M. Huysuians ne se justifie qu'imparfaitement. Si le souci des peines infernales l'occupe quelquefois, ce n'est guère aux heures du plaisir. Son sadisme, dont M. Paul Bourget a montré çà et là les marques indéniables^, n'est que superficiellement mélangé de foi religieuse et de théologie. Il en donnait luimême un jour une définition plus rationnelle et plus large, en disant : « Cruauté et volupté, sensations identiques, comme l'extrême chaud et l'extrême froid ^. i>

Ce qu'il faut admettre, c'est qu'il a cherché

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