Ibid., p
arrivent à peu près à une conclusion semblable, quand ils se déclarent gênés « devant la végétation des forets, comme devant l'ennemi, devant Yœuvrc de Dieu^ ». Notons d'ailleurs que, dans le passage cité plus haut : « Ce qu'on appelle la .Nature m'apparaît comme un bourreau et un torlureur», la version primitive et non imprimée d'abord, contenait ces mots : « Dieu m'apparaît comme un bourreau et un tortureur. »
Si l'acuité des sensations leur a révélé aussi profondément quelques mystérieux aspects de l'univers, ils ont deviné, avec une perspicacité non moins extraordinaire, les règles qui conduisent les évolutions des sociétés civilisées. Là encore, sans savoir, sans raisonner, sans étudier, ils voient juste et loin. Ils ont vu. dès 1860, les approches de ce socialisme d'État qui semble aujourd'hui sourdre de toutes parts en Europe, et qui nous prépare peut-être pour l'avenir a une tyrannie bien autre que celle d'un Louis \W •' » . Ils ont vu les dangers de l'instruction universelle *, et, sur ce point, où on les accuserait volontiers de parti pris rétrograde, ils se rencontrent, par une coïncidence bizarre, avec un des philosophes économistes les plus avancés et les
1. Journal des Goncowt, t. I" (23 mai 1857^. % Ibid., t. II (19 juin 1863).