Idées et Sensatiuiis, p
182 LES AUTISTES LITTERAIRES.
La Nature pour moi est ennemie... Ce qu'on appelle la nature m'apparaît comme un bourreau et un tortureur... Rien n'est moins poétique que la Nature i.
Et à ce dernier arlicle, d'aspect si paradoxal pour des artistes, ils ajoutent aussitôt l'explication philosophique sans doute exacte :
C'est l'homme qui a mis, sur toute cette misère et ce cynisme de matière, le voile, l'image, le symbole, la spiritualité ennoblissante -.
Dès lors, on comprend qu'ils n'admirent un paysage que dans sa représentation estlicti(jue. par la plume de l'écrivain ou par le pinceau du peintre, et pour l'amour seul des formes et des couleurs ; dès qu'ils se trouvent en présence de la réalité, ils perçoivent d'instinct, sous la surface harmonieuse, l'irréconciliable adversaire contre lequel l'humanité entre en lutte dès qu'elle commence à sortir de la barbarie la plus bestiale, et dont elle s'éloigne progressivement en raison directe de sa civilisation. M3I. de Concourt, à plusieurs reprises, et sans qu'ils s'en doutent peut-être, côtoient la singulière doctrine métaphysique qu'a développée Proudhon sur l'antithèse absolue de l'homme et de la nature ; s'ils n'assimilent pas ce dernier terme à la divinité, comme l'a fait l'auteur des Contradiciions économiques, ils