Journal des Concourt, t. 1°' (2 septembre
LES FRKUFS DE OOXCOlîRT. ISri
Nous ne pouvons multiplier les exemples ; un quart du Journal ou presque tout Idées et Sensations y passeraient et devraient être cités encore. 11 ne faut que feuilleter au hasard ces volumes : presque à chaque page on y rencontrera des aperçus d'une vérité intense ou d'une merveilleuse finesse sur tout ce qui peut attirer i'allonlion d'intelligences élevées, les questions de la destinée humaine, les problèmes psychologiques de notre époque, l'amour, les femmes, mille autres sujets divers, sauf toutefois ceux qui concernent la politique, et qui, soit par mépris, soit par ignorance, ne sont pas môme indiqués.
Si d'ailleurs nous nous sommes arrêtés devant quelques fragments, c'est moins encore pour leur importance intrinsèque que pour la démonslralion de la thèse que nous avons posée sur la manière dont s'effectue le travail de la pensée chez les deux frères. Intentionnellement, nous avons choisi nos preuves dans un ordre d'idées qui ne leur était pas habituel, afin qu'apparut avec plus de netteté ce phénomène d'une sensitivité divinatoire, indépendante de toute science, de toute logique, de tout labeur cérébral, et qui semble, en somme, le seul trait caractéristique de leur nature.