DES COMPTES
Bâtie par Pierre deMonlereau ou Eudes de Montreuil , car il y a discussion sur le nom et meme sur le prénom de cet artiste (Millin est d’avis du second, compagnon de saint Louis en Terre Sainte, où il fortifia Jaffa), cette chapelle fut commencée en 1242 et achevée en 1248, pour le placement de la couronne d’épines ( voy . chapitre iv, pl. 11). Sa longueur dans œuvre est de 110 pieds, sa largeur de 27, et sa hauteur sous voûte de 1 10.
On s’efforça de déployer dans la décoration de ce pieux monument tout le luxe emprunté aux arts d’ornementation : « Et croit- » on , dit l’auteur de la vie de saint Louis , que les aournemenz des » dites reliques valent bien cent mille livres de tournois et plus. »
Félibien évaluait la dépense de la Sainte-Chapelle à trois millions, à une époque où le marc d’argent ne valait guère que trente francs. Les vitraux du X1ÎP siècle qui la décorent sont au-dessus de tout éloge par leur effet et leur style.
Pour la Chambre des Comptes, voyez ch. iv, pl. vi.
ATLAS, cii ap. iv, PLANCne iv.
Palais de justice de rouen.
Ce palais, construit au commencement du XVIe siècle, porte l’empreinte toute spéciale du caractère d’architecture de cette époque de transition avec les modifications successives résultant de la
ARCHITECTURE
présence en France d’habiles artistes étrangers venus à la fin du XVe siècle. Il se compose de deux parties principales : celle où se trouve la grande salle des pas perdus dite salle des procureurs , et celle en retour d’équerre où se trouve la salle des assises , autrefois la salle du Parlement . Ce fut en 1 49^ > un an avant que Georges d’Amboise eût pris en personne possession du siège archiépiscopal de Rouen, que les devis et plans de la première partie de l'édifice affectée à une destination particulière, furent dressés. Ce premier bâtiment devait servir de lieu de réunion aux marchands , qui , à l’imitation de tant d’autres corporations et confréries, tenaient leurs assemblées dans la cathédrale.
Au mois de janvier 1 499 ? Louis XII, à l’instigation du cardinal d’Amboise, rendit une ordonnance pour l’érection de la seconde partie du palais actuel, afin d’y placer l’échiquier de Normandie (l’échiquier ne prit le nom de parlement qu’en i5i5, sous François Ier). Cet édifice devait être élevé aux frais de la ville , et, dit l’ordonnance, de la manière la plus somptueuse possible.
L’exécution en fut confiée à Roger Ango, maître des ouvrages et rèparacions de la ville de Rouen. Cet habile architecte mourut au commencement de l’ail 1609, avant que son ouvrage fût complètement achevé. La ville compta à ses deux fils , Robert et Richard Ango, au mois de mai delà même année, la somme de 1 583 livres 9 sous 4 deniers tournois , pour les travaux exécutés par leur père, du mois d’octobre i5o8au mois d’avril 1 609.
Le savant M. Deville , qui a bien voulu nous fournir ces détails précis et qui réfutent d’eux-mêmes toutes les fausses attributions de ce somptueux palais, a trouvé et placé au Musée d’antiquités de Rouen, une verrière où l’un des fils du maître des ouvrages et reparacions de la ville de Rouen, Richard Ango, est représenté en habit de moine de saint Ouen de Rouen, donnant sa vitre votive à une église de campagne.
Dans la vue que nous donnons, on remarque la façade principale flanquée d’une tour octogone, couverte d’ornemens gothiques fleuris, qui partage quatre hautes lucarnes accompagnées de tourelles ou piliers sculptés et couvertes de figures •, de ces piliers part au niveau du bas de la lucarne une arcature de deux arcades surbaissées et surmontées d’une figure. Du haut de la lucarne sortent des espèces
in
ARCHITECTURE
d’arcs-boutans dentelés comme les arcalures -, la galerie qui sépare l’entablement de la toiture est à rosaces-, les deux lucarnes de droite sont détruites, ainsi que la galerie.
La scène de figures représente Louis XII sortant d’une des assemblées de l’échiquier.
ATLAS, cn.4p. iv, pl. v.