ATLAS, CIIAP. III, PL. H
XIe SIECLE. — ÉGLISE DE NOTRE-D AME-DU-PORT A CLERMONT-PERR AND, TORTA1L BYZANTIN ET VUE LATERALE DE LA BASILIQUE.
La porte méridionale de T église, dont la façade occidentale est presque nue, est surmontée d’un large tympan sculpté, représentant le Christ entre deux chérubins ayant chacun six ailes -, au-dessous , sur le bandeau d’imposte, on voit d’un côté l’adoration des mages, et de l'autre, le baptême de Jésus. Deux espèces de pendentifs accompagnent le tympan : à droite paraît la Vierge couchée, et deux anges soutenant le Sauveur nouveau-né; à gauche, un évêque, peutêtre saint Austremoine, recevant sa crosse des mains d’un ange. Enfin sur les piédroits de la porte sont sculptées deux grandes figures de saints dont les noms sont devenus illisibles. L’un, dit-on, est saint Jean, l’autre saint Mathieu (P. Mérimée, Notes d'un voyage en Auvergne, 1 83 8) . Voyez chap. îv.
i P. Mérimée, Notes d'un Voyage dans l’ouest delà France, 183G.
ARCHITECTURE
ARCHITECTURE
Ici, après avoir usé de la latitude que nous donnait notre titre pour suivre les transformations successives de ce bel art pendant la série des siècles, sous les influences latine, justinienne, romane, byzantine, gothique et renaissance -, après avoir suppléé par toutes les recherches possibles aux monumens de certaines de ces époques, il nous reste à développer dans nos planches le panorama de toutes ces constructions, c’est-à-dire, à tracer maintenant une histoire graphique de l’art, par ses monumens.
C’est pour cette histoire de l’architecture, pour cette série de types des divers caractères architectoniques, que nous nous appuyons sur la critique si éclairée, sur les recherches si consciencieuses d’archéologues tels que MM. Vitet, Mérimée, Ch. Lenormant , Aug. Le Prévost, Taylor, et sur les publications aussi distinguées que celles de MM. Hittorf, Albert Le Noir, César Daly, de La Borde, de Caumont, Didron, etc.
ATLAS, ciiap. iv, pl. i.
VUE DE l’intérieur DE LA SAINTE-CHAPELLE DE PARIS.
Ce monument, dont nousdonnons ici le dessin restitué par M. Albert Le Noir, fut élevé en 1248 pour recevoir la couronne d’épines. On trouve sa description dans les Souvenirs du vieux Paris '. « Dans l’intérieur étincelle un magnifique vitrage composé d’une longue suite de médaillons nuancés des plus riches teintes. Il enveloppe tout le tour de la nef comme un réseau transparent -, au-dessous des croisées règne une plinthe qu’un ancien auteur dit avoir vue ornée de
* Notice de Mme la princesse de Craon,
ARCHITECTURE
peintures, d'émail et de cristal. De cette plinthe partent de longues et délicates colonnettes qui séparent seules le vitrage, et soutiennent les arceaux de la voûte autrefois peinte d’azur et d’or. Cette voûte, d’une hardiesse presque inexplicable, s’élève, s’abaisse, se relève encore sans aucun soutien. Aussi, disent les anciens auteurs, quand les cloches étaient en branle pour annoncer quelque fête, la flèche aiguë qui montait dans les airs et l’édifice tout entier semblait remuer. »
La scène de figures représente l’arrivée des reliques apportées d’Orient; Beaudouin, dont l’empire s’ébranlait de toutes parts, avait offert au roi saint Louis la couronne d’épines restée dans la chapelle des empereurs; mais les Vénitiens avaient déjà prêté sur ce gage des sommes considérables quand les ambassadeurs de saint Louis arrivèrent à Constantinople; force alors leur fut de racheter cette sainte relique, que le doge leur remit à regret.
« Les Français, dit Mme de Craon, livrèrent joyeusement en re- » tour les sacs d’or qu’ils avaient rassemblés, pour posséder la frêle » et muette dépouille de celui cpii fut vendu trente pièces d’argent. » En ce jour l’Orient céda à l’Occident le diadème de cruauté et » d’ironie dont la main impie des soldats du Calvaire tressa les » épines et ceignit la tête du Sauveur. »
C’est pour placer dignement cette relique et diverses autres, énumérées dans une lettre de Beaudouin existant encore aux archives de l Etat, que saint Louis chargea l’architecte Pierre de Montereau de construire la Sainte-Chapelle, ce délicieux type du style ogival que nous admirons encore, bien que relativement à sa splendeur passée il n’offre plus qu’un squelette décharné et sans animation.
V oyez ch. iv, pl. iii.
ATLAS, ciiap. iv, pe. H.
CATHÉDRALE d’aMIENS.
Celte cathédrale, commencée en 1222 et terminée en 1 269, est un des édifices gothiques de style ogival les plus beaux que possède la France. Elle fut construite par Robert de Luzarches, Thomas et Renault de Cormont son fils. Sa longueur dans œuvre est de \ 1 5
ARCHITECTURE
pieds, la largeur de la croisée est de i5o p.- la voûte a une hauteur de 84 p- > et la lanterne de 160. L’ancienne flèche était élevée de 896 pieds, la nouvelle en a 436.
Cette cathédrale est décorée de deux rangs de stalles gothiques en bois sculpté d'une rare beauté , et qui garnissent parallèlement les deux côtés du chœur.
Voyez cliap. iv, pl. x.
( V oir l'Histoire de M. Rivoire et autres écrivains.)
ATLAS, chap. iv, pl. m.
extérieur de la sainte-chapelle de paris et du palais de la chambre