CATHÉDRALE, BAPTISTERE ET TOUR PENCHEE DE PISE
Celte cathédrale, qui forme avec les divers monumens qui l’entourent, le baptistère, la tour et le campo santo, l’un des ensembles d’architecture moyen-âge les plus curieux et les plus insolites que présente aucune des villes de l’Italie, fut commencée en 1064 et fut achevée en x i 1 8 . La façade est ornée de cinq rangs de colonnes au nombre de 54 , toutes de divers marbres orientaux et provenant évidemment, à en juger par leur irrégularité, des ruines de quelque ancien temple païen.
L’intérieur offre la forme d’une croix latine et présente encore une grande variété de colonnes de marbres orientaux de tous les genres.
Une immense coupole recouverte en plomb sert de calotte a
ARCHITECTURE
cette vaste construction dont les portes en bronze, représentant les mystères de la passion du Christ, sont un des plus beaux travaux de Jean Bologne.
A côté , le baptistère qui fait premier plan dans notre dessin , construit au XIIe siècle, sous la direction de rarchitecte Diotisalvi , eji l’honneur de saint Jean, et dont la vaste coupole à arêtes couvre l’ensemble , présente un nouvel échantillon des infinités de marbres orientaux dans les galeries de colonnes qui l’entourent, et dont la première , celle qui sert de base, est composée de vingt colonnes de marbres divers , supportant sur leurs chapiteaux des pleins cintres , sur lesquels pose une corniche qui fait le tourde l'édifice. La galerie supérieure est formée de cinquante-huit colonnes s’appuyant inégalement sur l’étage inférieur-, au-dessus des petits cintres, qui réunissent ces colonnes, montent des clochetons en forme pyramidale, portant des figures d’une grossière exécution-, puis vient la coupole couronnée par une statue de saint Jean.
Quatre portes donnent entrée dans ce baptistère, toutes ornées de sculptures.
L’intérieur présente un aspect peu agréable parson manque d’harmonie , sauf quelques beaux travaux de Nicolas de Pise. Le reste de l’ensemble et des détails est médiocre et d’une mauvaise époque.
Quant à la tour, cette fameuse tour penchée , qui a fourni matière aux discussions de tous les savans de l’Europe , elle est un des monumens les plus singuliers de l’Italie. Sa forme est cylindrique , sa hauteur est de 56 mètres italiens, et son diamère de 17 mètres. Sept rangs de colonnes rentourent jusqu’à son sommet qui se trouve écarté de la base de 17 pieds dans sa ligne perpendiculaire.
Cette inclinaison a donné lieu à toutes les discussions possibles. Toujours est-il que l’œil le plus exercé 11e voit dans la coupe des pierres, dans leur superposition et dans les fondations apparentes, aucun indice d’une intention marquée de la part de rarchitecte -, cette inclinaison étonnante semble raisonnablement provenir d'un affaissement presque insensible par sa lenteur plutôt que subit du sol qui supporte les constructions , et non de toute autre cause.
Le terrain à l’entour n’indique, du reste, par lui-mêmeaucun mouvement qui ait pu correspondre à celui qui s’opérait en même temps dans la fondation de la tour. Quoi qu’il en soit , l’opinion raisonna-
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ble, la seule plausible , est celle qui attribue cette singulière déviation à l’affaissement du sol, et non à tout autre motif. Ce qui est bien positif, c’est que cette construction fut commencée en 1174 par Guillaume d’Inspruek et Buonanno de Pise, et qu’elle fut terminée au XIVe siècle par Thomas de Pise, et que rien dans sa construction n’indique un manque de solidité même le plus léger, à en juger par le branle continuel des cloches quelle contient et qui s’y meuvent bruyamment tous les jours.
Campo santo de Pise (voir 9e série, pl. 7).
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lre SÉRIE, I*L. III.
VUE DE l’akEAYE DE CLUjS'Y.
V oyez ehap. 11.
l,e SÉRIE, PL. IV.