‹ Les arts au Moyen Age (volume 2)Chapitre 15 sur 271 · GRANDE ÉGLISE ABBATIALE DE VEZELAY · texte numérisé non relu

GRANDE ÉGLISE ABBATIALE DE VEZELAY

L’abbaye de Yézelay fut fondée au IXe siècle , par Gérard de Roussillon -, c’est dans l’église de la Madeleine , dont nous donnons ici la vue générale, que saint Bernard prêcha la croisade et que se tint le concile de 1 1 4C» qui la décida et d’où partit l’expédition de Louis-le-Jeune.

La façade offre une maladroite restitution grossièrement ajoutée sur les bases romanes. Des deux tours qui la flanquaient, l’une subsiste encore, l’autre a été renversée en 1669. Ces deux tours qui surmontaient trois portes du même style , et se réunissaient par une galerie de pleins cintres, se sont vues au XllLsiècle exhaussées d’un étage pendant que la façade romane faisait place, au XIVe siècle, a une grande face percée à jour de fenêtres en ogives trilobées de hauteur inégale et comprenant entre elles des statues d’une grandeur démesurée-, le même système se représente au-dessus , et forme l’étage supérieur de ce fronton \ les statues seulement se trouvent placées dans des niches qui remplacent les fenêtres , ce qui produit un effet un peu lourd, la légèreté se trouvant à la base.

Après avoir franchi le seuil de la porte romane, on arrive dans une sorte de vestibule, ou porche intérieur , dit porche des Catc chumèncs , celte place étant réservée hors du sanctuaire aux indi-

VRCHITECTURE.

gnes à qui l’entrée du temple était interdite. Là on se trouve au milieu d’une infinité de cintres et d’ogives, tous du syle roman, et d’un effet vraiment magnifique.

{V oir la description et la planche, 3e série, pl. 22).

Trois portes correspondant à celles de la façade s’ouvrent sur la nef de l’église -, les tympans en sont d’un travail exquis.

M. Mérimée a fait un travail aussi savant que recherché sur cette magnifique église -, nous citerons la description qu’il donne de l’intérieur du temple.

« La nef, qui est immense, indique évidemment deux construc-' » lions successives -, la première partie, celle qui touche au narthex, » a une voûte cintrée en berceau, renforcée d’arcs doubleaux, ornée » d’entrelacs ou de rosaces. La voûte de l'autre partie est plus élevée » et en ogive, avec des nervures croisées. Dans les deux partiesde » l’église , les arcs en plein cintre ou en ogive sont sensiblement » surbaissés, probablement par suite de l’affaissement des voûtes , » peut-être aussi par l’ignorance des architectes , ou l’insuffisance » des moyens qu’ils employaient pour assurer l’exactitude de leurs v courbes. La voûte des collatéraux est d’ arêtes avec des arcs doun bleaux qui partant des piliers se réunissent aux contreforts inté- » rieurs des murailles latérales.

w Les arcades et les fenêtres de la nef sont toutes en plein cintre. » Dans les collatéraux, ces dernières s’évasent considérablement à )) l’intérieur.

» Les piliers formés par des espèces de pilastres appliqués les )> uns sur les autres, et augmentant de diamètre à mesure qu’ils se » rapprochent du centre du massif, portent une colonne engagée sur m chacune de leurs faces. Du côté de la nef, celte colonne s’élève jus- )> qu’aux retombées des arcs doubleaux, mais elle est interrompue » deux fois : d’abord par une moulure saillante, à la hauteur des im- » postes des arcades, puis par une corniche qui règne entre ces arw cades et les fenêtres de la nef ; tous les chapiteaux sont historiés et » ciselés avec un soin infini » l.

Le chœur, qui est exhaussé de trois marches, a sa voûte en ogive, ainsi que ses arcades. Il est entouré par neuf forts piliers ronds, dont

* P. Mérimée, Notes d'un voyage dans le midi de la France, 1835, Vézelay.

ARCHITECTURE

huit sont monolithes, et au-dessus règne une galerie à arcades géminées en ogive, galerie qui se prolonge au-dessus des transsepts -, du côté du chœur, les arcades sont en plein cintre. Cinq apsides terminent l’église à l’Orient.

Du transsept de droite on descend dans la salle des moines de Vézelay, dite salle Capitulaire. La voûte d’arètes à- nervures croisées est appuyée sur deux forts piliers ronds. La longueur totale de l’église estde ia3 m. 4o c., celle des transsepts de 29 m. 45c., la hauteur de la nef sousclé, partie ancienne, 17 m. g5 c., partie ogivale 20 m. 80 c. Quelques restes de l’ancienne abbaye subsistent à peine pour marquer, s’il se peut, l’emplacement présumé de ses bâtimens, dont on découvre à peine quelques ruines.

L’aspect de la petite ville de Vézelay est des plus pittoresques-, elle est bâtie sur un rocher calcaire à pic, sur de belles vallées et d’où l’on domine tous les environs-, les rues sont étroites et d’une pente des plus inaccessibles. Au milieu de cet ensemble de maisons, l’église s’élève majestueuse et produit un aspect aussi beau qu’insolite.

lre SÉRIE, PL. V.

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