A ROUEN
L’hôtel du Bourgtheroukle , l1 un des produits encore vivans des plus saillans et des plus précieux des artistes de la renaissance, doit sa fondation, à la fin du XVe siècle, à Guillaume Leroux, dont le fils, abbé d’Aumale, seigneur de Bourgtheroulde, eut la gloire de terminer cette brillante construction. Les faces de cette belle production des architectes et des sculpteurs du règnede François Ier sont, pour ainsi dire, criblées des insignes, armoiries et portraits du grand roi , des monogrammes du fondateur et des devises d’Eléonore d’Autriche. La galerie attenant à la façade de l’hôtel est une des pages des plus éloquentes delà sculpture de la fin du XVe siècle.
L’entrevue de François Ier avec Henri VIII au camp du Drapd’Or, en iÔ2o , entre Ardres et Guines, se trouve là développée dans toute sa splendeur. Les arabesques, les ornemens de tous genres accompagnent admirablement la reproduction de cette scène, où les portraits des deux rois sont encore conservés malgré les injures du temps et les mutilations. La porte d’entrée elle -même de l’hôtel a conservé à l’intérieur les médaillons avec les mêmes portraits sculptés sur les pilastres.
C’est là, entre autres édifices subsistant à Rouen, l’un des témoignages encore vivans de la finesse de détail que nous accordons à juste titre, dans notre chapitre iv, aux nombreux artistes de la renaissance , qui cherchaient à suppléer ainsi à l’effet, alors perdu, des grandes masses et des admirables ensembles de constructions des trois siècles précédens.
2e SÉRIE , PL. XI.
CHATEAU d’ÉcOUEN.
Ce château, dont nous donnons le dessin restitué d’après Du Cerceau, était le plus beau de tous ceux du connétable de Montmorency, qui l’avait fait construire pour lui par l’architecte Jean Bulla nt .
ARC HITE'CTt’RK
Après la mort du petit-fils du connétable, les princes de Gondé en devinrent héritiers, et depuis, après de nombreuses transformations, il nous est arrivé à peu près entier , mais après être devenu, pendant nos troubles révolutionnaires , d’abord un hôpital militaire , puis un grand pensionnat de jeunes filles; aussi a-t-il subi une série de mutilations et de détails qui l’ont privé de tout son luxe d’ornemens, en sculpture, pavages, faïences émaillées, vitraux, ferrures, etc., spoliation dont se sont enrichies toutes les collections, et notamment celle de l’hôtel de Clunv.
2e SÉRIE , PL. XIII.