‹ Les arts au Moyen Age (volume 2)Chapitre 24 sur 271 · ÉGLISE DE BERG AME . — SAINTE-MARIE-MAJEURE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE BERG AME . — SAINTE-MARIE-MAJEURE

Ancienne église, comme le prouve son abside romane, mais refaite dans l’époque florissante de la renaissance. L’exécution du portail participe beaucoup de celle de la façade de la Chartreuse de Pavie. Ce portail est de marbre de diverses couleurs ; la partie qui constitue le porche doit être ancienne et dater du XIVe ou du XVe siècle. Ce porche, dont l’entrée est garnie de colonnettes enroulées, est supporté par deux colonnes de marbre rougeâtre appuyées sur deux lions en marbre analogue, mais tacheté de bleu, ce qui donne un fort bel aspect à leur robe. Ils ont des lionceaux de même matière entre les jambes; et en outre, à l’une des colonnes, celle de gauche, sont deux autres lions formant support , et à celle de droite deux esclaves, un genou en terre, faisant même office 1 .

Indépendamment des médaillons des douze empereurs, en marbre blanc, incrustés sur diverses parties de la grande façade et alternés avec d’autres têtes, on voit saillir en pendant deux grands et beaux bustes de marbre blanc avec ces inscriptions :

Imperavit annis V. Imperavit annis XVIII.

Divus Julius Cæsar. Divus Trajanus Augustus.

Cette église contient deux tombeaux remarquables: l’un, placé

i Ces lions, qu'on trouve même en France dans les portails de nos vieilles villes (inter Icônes), paraîtraient avec raison , si l’on en juge par leur multiplication dans tous les édifices compris entre Bergameet Venise, et plus bas sur les bords de l’Adriatique jusqu’à P.imini et Foligno, constituer un témoignage de la longue dépendance de ces villes de la république vénitienne dont on sait que le lion était l’emblème.

ARCHITECTURE

à droite dans la nef, est une espèce de sarcophage supporté par deux lions-, sur le devant sont, de chaque côté, des lions debout (d’armoiries), et au milieu, enmédaillon, l’agneau crucifié. L’évêque couché, qui formait le couvercle du sarcophage, est vêtu de son surplis de dentelle et autres ornemens pontificaux, mitre, etc. -, à sa tête et à ses pieds est un diacre en ornemens sacerdotaux, une longue inscription à demi-effacée porte la date MCCCXV1II.

L’autre, est le monument Colleoni, célèbre guerrier dont lastatue équestre en bois doré surmonte un beau mausolée de marbre, couvert de bas-reliefs du premier stylede la renaissance, dus à un artiste Pavesan du XVe siècle 1 . Ce tombeau est soutenu, à hauteur d’environ quatre pieds , par des pilastres renaissance supportés par quatre lions.

Les chaires ou pulpiti placés à l’entrée du chœur, sont en marbre vert et noir -, on y monte par des rampes en fer d’un beau travail.

Presque toutes les parois de cette église sont garnies de tapisseries à sujetsde grand style, et dont les couleurs sont éteintes -, il faut en excepter quelques petites et une grande d’époque plus reculée, représentant le crucifiement et sur laquelle on lit : L. van Schoot inven. et pinx. , et plus bas Bruges.

La place, qui de l’hôtel municipal conduit par un portique d’un genre gothique à S. Maria Maggiore et au dôme, est très curieuse. La décoration de la fontaine placée au milieu se compose de lions alternés avec des serpens enroulés sur un arbre , sorte de monument mytriotique; cette place est une des plus jolies et des plus pittoresques de l’Italie du nord.

ALBUM, 3e série, pl. i.

ABBAYE DE JUM1EGES.

Cette planche de l’abbaye de Jumièges, restituée d’après un dessin de 1702, dessin faisant partie des collections de la Bibliothèque Royale, donne l’idée juste de la splendeur des constructions de cette

' C’est Colleoni, ou autrement Bartolomeo Coglionc, à qui le sénat de Venise fit élever la belle statue équestre en bronze que l’on voit sur la place San-Giovanni et Paolo à Venise; c'est à lui, dit-on, que l’on doit l’innovation de l’artillerie de campagne, dont le premier il lit usage.

ARCHITECTURE

abbaye, si célèbre, surtout par scs traditions historiques remontant aux premiers âges de notre monarchie , de cette abbaye , pénitentiaire des fils de Clovis, et dont les hauts clochers restent seuls debout , dont toutes les richesses de sculptures de diverses époques sont aujourd’hui éparses de tous côtés et surtout au-delà de la Manche.

De toute cette splendeur de constructions, de chapelles, d’enceintes fortifiées, plus rien que ces hautes tours, puis quelques murs, et là rien ne rappelle ni les premiers beaux temps de la monarchie, ni la mort d’Agnès Sorel , tant a été grande l’ardeur de la dévastation.

5e SÉRIE, PL. II.

TOUR DE SAINT-CYB, A NEVERS, ET DE SAINT-J ACQUES-L A-BOUCH ERIE, A PARIS.

A côté de la jolie tour de Saint-Cyr encore subsistant à Nevers, au milieu d’un pâté de maisons modernes et formant l’une des constructions les plus élégantes du XVe siècle, nous avons dû placer l’un des restes les plus brillans et les mieux conservés du vieux Paris, la tour Saint- Jacques-la-Boucherie, seul débris aujourd’hui de l’église de ce nom, démolie pendant nos troubles révolutionnaires. Cette église, dont l’origine remontait au XII siècle , n’avait reçu sa consécration qu’en l’an 1 4 1 4 ? par Gérard de Montaigu, évêque de Turin. Ce ne fut que plus tard encore , sous le règne de François Ier, (pie, grâce aux dons des fidèles, elle put être entièrement achevée. C’était là qu’était la tombe de Nicolas Flamel , mort en 1 4 ■ 7 - La tour, dont nous donnons le dessin, fut commencée en i5o8 et terminée en iôaa.Sa hauteur est de 1 5 5 pieds, et sa construction est carrée. Aujourd’hui, grâce aux soins de la ville de Paris, celle tour, l’un des débris les plus curieux de notre architecture gothique, n’a plus rien à craindre du marteau des démolisseurs.

3e SÉRIE , PL. III.

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