‹ Les arts au Moyen Age (volume 2)Chapitre 35 sur 271 · PORTERIE DU PALAIS DUCAL DE NANCY · texte numérisé non relu

PORTERIE DU PALAIS DUCAL DE NANCY

Ce palais qui est, dit l’abbé Lyonnais d’après les Mémoires de M. Renne], « le principal bâtiment de Nancy et celui où demeurent les ducs et souverains de Lorraine, est autant accompli que palais qui fût en Europe pourcequ’il contient. Le premier qui l'a commencé et rendu commode pour y loger fut le duc de Raoul, qui y fit sa résidence , et fit faire semblablement et presqu’en même temps Saint-Georges, sa chapelle ducale, où Jean, son fils, etCharlesII ont aussi résidé : mais principalement Réné II, qui, comme héritier du patrimoine à cause de sa mère Jolande, y a établi du tout sa demeure et disposé le palais pour lui et ses successeurs. De fait, il ruina tout ce qui était fait auparavant pour bâtir superbement et avec beaucoup plus grande commodité que n’avaient fait ses prédécesseurs. Le duc Antoine, son fils, y fit faire la galerie des Cerfs avec le porterie. » 1 Et plus bas, il dit : « Ce ne fut qu’en i5o2 que le duc Réné, pour soulager son peuple pendant la famine qui s’était fait sentir l’année précédente, commença cette belle et grande maison. 2 » Dans la niche qui surmonte immédiatement la porte était la statue

Histoire de Nancy, tom. 1, p. 43.

Idem ib., p. 48.

ARCHITECTURE

équestre dubon due Antoine. Il tenait l’épée nue et avait le bras élevé-, sa tunique richement brodée, était aux armes de Lorraine avec la devise : « T espère avoir » . Le cheval au galop, harnaché et caparaçonné aux armes de son maître, avait entre les jambes de devant le chardon « tige et feuille » de la ville de Nancy. Au-dessus de la niche était l’écu de Lorraine aux armes du duc Antoine.

Cette statue et cet écusson ont disparu en 1793 : reste encore le monument tout entier qui est un chef-d’œuvre de l’art de la renaissance en France ; la finesse de F ornementation des pilastres et Farrangement des figures et des attributs en font un desplus beaux débris arrachés aux troubles révolutionnaires.

4e série , PL. x.

CHATEAU DES PAPES A AVIGNON. — PORTAIL d’aüXERRE.

Ce château, du commencement du XIVe siècle, peut être regardé à bon droit comme un type à cette époque de l’architecture militaire dans le midi. Son aspect est plutôt celui d’une citadelle âprement fortifiée, élevée sur un rocher à pic, que celui de la résidence du chef de la chrétienté. C’est un amas de murailles épaisses , d’une grande hauteur et flanquées de tours crénelées \ il présente en somme l’ensemble le plus irrégulier et le plus massivement fortifié qui se puisse voir.

Dans l’intérieur, le système est le meme quant au peu de régularité dans la construction -, seulement la défense y semble mieux calculée encore s’il se peut. La cour est dominée de tous côtés par des tourelles qui l’avoisinent, et tous les artifices d’une résistance invincible y ont été déployés : aussi jamais la force n’a-t-elle pu triompher d’une semblable construction.

Ce vaste château est devenu de nos jours une caserne, et c’est miracle que d’y avoir pu conserver quelques belles peintures à fresque, attribuées au Giotto, et que l’on trouve dans une tour et dans une partie de l’église devenue un dortoir.

La cathédrale de Saint-Étienne, à Auxerre, estun des chefs-d’œuvre des artistes du moyen-âge, surtout des artistes sculpteurs. Ils ont déployé là dans les porches d’entrée de la façade et des côtés, toute une richesse d’ornementation et de figures qu’il est difficile de s’imaginer.

ARCHITECTURE

La planche que nous en donnons reproduit fidèlement un de ses porches -, les autres ne sont pas tous de la même époque , mais sans être moins remarquables -, l’église elle-même est digne d’attention par ses piliers en faisceaux et ses fenêtres à double arcade encadrant une rosace -, un clocher seul a été terminé.

4e SÉRIE, PL. xi.

ÉGLISE NOTRE-DAME DE l’ÉPINE.

Cette charmante église, l’un des restes les plus intacts de notre architecture gothique, fut fondée au XIVe siècle par les artistes qui venaient de construire la cathédrale de Reims. Elle fut élevée en l’honneur de la Vierge au buisson lumineux. Ce ne fut que dans le courant du siècle suivant, en l’an i5a^, que le champenois Antoine Guichard la termina, comme en fait foi l’un des piliers du sanctuaire qui porte avec cette date le nom de son constructeur, tels que nous les avons reproduits au haut de la planche.

La flèche élancée est un des travaux d’architecture les plus fins et les plus exquis du XVe siècle, grâce à la combinaison des montans à jour réunis par la couronne et soutenus si élégamment par ces arcsboutans avec leurs clochetons. La tour voisine est surmontée d’une couronne sculptée d’un style fleuri et dont les galeries à jour sont d’un dessin exquis. Toute la façade est d’un accord qu’il n’est pas rare de trouver dans nos églises gothiques, mais qui, vu l’époquedéjà avancée où celle-ci a été achevée, en font un des produits les plus remarquables de cette architecture de deux siècles.

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