‹ Les arts au Moyen Age (volume 2)Chapitre 34 sur 271 · CÔTÉ DU NORD · texte numérisé non relu

CÔTÉ DU NORD

Voir atlas, chap. iv, pl. vu.

4e SÉRIE, PL. VI.

cathédrale de bayeux.

Cette cathédrale est une des églises des plus remarquables de la Normandie -, bâtie en forme de croix, elle est surmontée à son centre, entre le chœur et la nef, d’une coupole colossale du XVIIIe siècle et d’une lanterne à jour. Le style de constructions de l'édifice est ogival. L’origine de cette église est très reculée : ce serait saint Exupère qui, au IIIe siècle, aurait construit là , comme évêque de Bayeux, un oratoire consacré à la V ierge -, depuis, saint Regnobert, son successeur, aurait fait construire aux lieu et place de cette petite chapelle un édifice plus vaste qui fut détruit au IXe siècle par les Normands. Rebâtie peu de temps après , l’église fut confondue au XIe siècle dans l incendie qui mit en ruines toute la ville de Bayeux. Hugues , évêque de Bayeux , voulut faire reconstruire l’édifice religieux, et il entreprit ce travail qui fut terminé, et de plus l’église fut dotée magnifiquement par Odon de Couteville, son successeur. Peu de temps après, la cathédrale de Bayeux devint encore la proiedestroupes anglaises sous le commandement de Henri Ier-, mais elle fut définitivement rétablie par Philippe de Harcourt , alors évêque.

Le portail méridional est flanqué de deux grandes tours carrées surmontées chacune d’une flèche aiguë. En général, la décoration, tant extérieure qu’intérieure, de cette cathédrale porte dans ses divers styles le cachet de ses nombreuses vicissitudes.

Çct édifice n’en est pas moins un des plus brillans de la Normandie.

Y il C H I ï E CT L K £ .

4e SLHIE, PL. VU.

ROUEN AU XVIe SIÈCLE.

Celte vue générale de la ville de Rouen, restituée sur des docuniens précis et inédits, est un des meilleurs aperçus que nous puissions donner sur la construction générale et l’ensemble d’une ville du XVe siècle. Rouen est une des villes de France qui ait eu le plus d’assauts à soutenir à différentes époques-, sans parler de ceux que lui livrèrent les Normands , il faut remarquer le siège de q4c) Par fempereur d’Allemagne Othon, et le roi Louis IV, celui de 1204 de Philippe-Auguste, celui de >4 18 d’Henri V d’Angleterre, celui de 1 449 » clu‘ rentrer Rouen sous la bannière de Charles VII qui en chassa les Anglais-, enfin plus tard, en 1 5qi , elle eut encore à se défendre contre Henri IV • aussi cette ville nous présente-t-elle au XVIe siècle, l'aspect d’une place hérissée de murailles, couverte par des châteaux formidables , défendue tout à l’entour par des bastions, des tourelles, des fortifications de tout genre-, sans parler de la rivière qui baigne ses murailles. Cette position de place forte, Rouen la garda jusqu’à nos troubles révolutionnaires-, alors seulement elle vit abattre un à un ses remparts et ses bastions pour les remplacer par des quais et des maisons, et pour devenir en peu d’années une des villes les plus riches de France par son commerce, comme elle était une des plus puissantes et l’une des plus splendides en constructions de défenses , en églises et en chapelles de tout genre.

Ici nous comptons au XVIe siècle jusqu’à soixante édifices religieux tous cl’un style gothique ; tous se disputant des splendeurs architecturales , tous églises , abbayes , paroisses , chapelles , portes principales , forts et tourelles de premier ordre, formant dans les airs une foret de flèches que domine de si haut la pyramide de Robert Becquet, construite en 1 5 5 4 ? la flèche de Saiut-Maclou , la tour de Beurre , la tour Saint-Romain , Saint-Ouen, Saint-Laurent, et tant d’autres, tout cela défendu d’un côté par le vieux palais, et de l’autre par le fort Sainte-Catherine.

Aujourd’hui, Rouen compte six églises principales et de plus huit succursales -, aujourd’hui, de ces soixante monumens, sans en compter tant d’autres moins importans, sans compter les maisons des finances,

architecture.

les hôtels Bourgtheroulde et autres, les maisons de bois si finement sculptées, que reste-t-il? huit églises, le palais de justice, les anciens hôtels du Bourgtheroulde, des finances, quelques débris de l’abbaye de Saint-Amand , et deux ou trois maisons sculptées en bois, et cependant Rouen est encore une des villes de France, et peut-être celle de toutes, la plus riche en souvenirs encore existans du temps passé, celle peut-être dont les monumens ont été le plus ménagés dans nos crises révolutionnaires.

Combien de beaux monumens de sculpture elle cache encore dans l’intérieur de quelques maisons 1 cette belle cheminée de pierre que nous donnons aux sculptures, la fontaine de la croix de pierre, et le beau mausolée d’Amboise, terminé en 1622, etc. Quelles ravissantes compositions et quelle fécondité inouie dans nos artistes du moyen-âge!

4e SÉRIE, PL. VIII.

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