SA1NT-MACLOU DE ROUEN
Cette belle église, dont nous pouvons donner ici une vue restituée avec le plus grand soin , est d’une origine primitive fort reculée. Vers 1’ an 5(ii, un saint homme, contemporain de Justinien , vivait retiré non loin de la ville de Rouen ( Rothomagus ), dans un lieu marécageux et boisé, où il occupait les loisirs de sa pieuse solitude à construire une petite chapelle qui devint bientôt le rendez -vous des chréliensdes campagnes voisines, et qui maintenantconserve encore le nom de son premier fondateur. Cet homme était saint Maclou, et l’église légère et dentelée que nous admirons aujourd'hui fut élevée sur les débris de la construction primitive.
Les chroniqueurs normands rapportent quaprès avoir été incendiée en iao3 et 121 1 , elle lut érigée en paroisse en 1228:, mais à cette époque elle n’était pas comprise dans l’enceinte de la ville.
Devenue trop petite en raison de l’accroissement des fidèles, sous l'épiscopat de Hugues, on commença à la reeons'ruirc en entier sur
architecture.
un plan régulier et dans les proportions des plus harmonieuses qui en font un type complet du XVe siècle '.
En parcourant les annales historiques de la ville de Rouen , nous apprenons que l’archevêque Hugues accorde, le ibseptembre 1/P2, quarante jours d’indulgence plénière aux bienfaiteurs et donataires de cette église -, puis ce sont tous les jours de nouvelles offrandes-, le 28 novembre de la même année, Nicolas Roussel, vicaire, abandonne aux trésoriers une maison et un jardin , moyennant onze livres de rente viagère, afin d’agrandir le cimetière-, puis, le 6 mars i452, Guillaume d’Estouteville, archevêque, renouvelle l’octroi de quarante jours d’indulgence, et le 24 décembre 147 G Pierre Dufour, bourgeois, donne, pour l’achèvement des combles de la nef et du chœur, son jardin , son cellier et une partie de sa maison ; enfin , le 2 avril i5oo, messire Guillaume Robillard , curé, assisté de vingt cardinaux, promet cent jours de rémission et de grâce à tous ceux qui s’y confesseraient et aumosneraient.
En i5o5, Jehan Dufour lègue sa maison.
1 5 1 1 , élévation de la plate-forme servant de base à la pyramide.
1 55g , dévastation de l’église par les huguenots iconoclastes et mutilation des figures et emblèmesdu culte catholique.
1612. Le 3o novembre, jour de Saint-André, un vent violent renversa une partie du grand portail.
1734, 20 décembre. M. Lepigny, en l’absence de M. le maire, a dit que MM. les curés et trésoriers de Saint-Maclou avaient présenté une requête à la ville pour avoir le consentement des maires et eschevins , suivant le renvoi de M. l’intendant du i3c de ce mois, pour la démolition du clocher de ladite paroisse et le réduire à la ligne courbe pour éviter les accidens que pourrait causer sa chûte ,
< Longueur de la nef . 23 mètres.
Id. du chœur . . 13
Profondeur des chapelles de l’abside . . 9,40
Longueur totale intérieure . 45,40
Longueur de la croix . 27
Hauteur de la voûte dans la lanterne . 42
Hauteur de la plate-forme qui servait de base à la pyramide. . . . 44,15
Quant à la pyramide, on croit généralement quelle était d’une hauteur de 33 mètres, ce qui donne en hauteur totale 77'" 15, ou 237 pieds 4 pouces.
ARCHITECTURE
estant de présent très dérangé et menaçant ruine, et a prié la court de statuer dessus.
Ladite requeste lue et les pièces y jointes , et ouï le procureur du roy en ses conclusions :
Il a esté arresté à la pluralité des voix, que pour répondre à ladite requeste, MM. du bureau sont autorisez à faire valoir au nom de la ville, qu’il convient peu de démolir un clocher qui en fait l’orneinent par sa construction, qui a mérité l’attention des curieux et des étrangers-, que le trésor ayant des fonds considérables, et ceux qui en ont 1 administration, offrant déjà une somme de cent mille livres pour contribuer à la réédification dont la dépense ira suivant l’estimation des experts à une somme de soixante-quatre dix livres -, le surplus de la dépense sera pris sur tous les propriétaires de ladite paroisse, dépense d’autant plus aisée à supporter que la paroisse est d’une grande étendue. ( Extrait des assemblées générales , 1732 à 1740, cote 29.)
{Bureau des archives à la Mairie de Rouen).
Outre la belle façade de l’ensemble extérieure de cette église, on ne saurait passer sous silence le charmant escalier sculpté à jour qui mène à l’orgue-, de plus, ses portes admirables attribuées au ciseau de Jean Goujon (voir ch. sculpture ), et toute l’ancienne série de vitraux qui garnit encore ses fenêtres , malgré les mutilations que le temps y a nécessairement amenées.
5e SÉRIE, PL. IV.