‹ Les arts au Moyen Age (volume 2)Chapitre 38 sur 271 · CATHÉDRALE DE BOURGES · texte numérisé non relu

CATHÉDRALE DE BOURGES

Cette cathédrale, une des plus renommées de France, l’est à juste titre en raison de son architecture, qui , quoique de styles fort variés par suite de la longue série d’années employées à sa construction, ne manque pas d’une grandeur peu usitée, et aussi grâce a son ornementation, et surtout à ses vitraux qui, par leur suite aussi complète qu intacte, forment une véritable histoire de 1 art du peintreverrier en France.

La façade, qui se compose de cinq portails d un beau travail, quoique d’époques différentes, est fort alourdie par les constructions supérieures d’une époque encore bien postérieure, et surtout par une

ARCHITECTURE

sorte de bâtisse accolée , on ne sait à quelle époque, sur un de ses côtés , et qui produit l’effet le plus déplaisant. Le travail des figures sculptées dans les portails est d une grande finesse , et les ajustetemens en sont du plus beau style.

A l’intérieur de l’église, les yeux sont frappés de l’élévation prodigieuse des arcades en raison des galeries supérieures et surtout des fenêtres qui les surmontent , et qui , sous une voûte d’une élévation aussi hardie *, paraissent lourdes et écrasées. L’église a cinq nefs, représentant toutes le même système architectural. Cet édifice est si connu par les publications spéciales, dont elle a fait et fait encore l’objet en ce moment , qu il serait superflu d’en donner une définition plus étendue. Citons cependant les deux portes latérales de style byzantin qui contrastent tant avec le reste de l’architecture de cette église si vantée.

i>e SÉRIE, PL. V.

église de caudebec.

La construction de cette église a été commencée en 1426, d’après l’inscription qu’on voit sur la porte de la tour, et qui est ainsi conçue :

L’an Mil CCCCXXYI Fut cette nef cy commencée Santé, Dieu, biens ctbônevie A bns faicteurs et paradis.

Les travaux furent souvent interrompus pendant l'occupation anglaise, et l’on trouve dans les archives de la fabrique un document qui montre qu’en i5oo le portail n’était pas encore terminé; aussi remarque-t-on sur la partie supérieure le style de la renaissance déjà adopté à cette époque.

On ne connaît pas les noms des donateurs qui ont concouru à la construction de ce beau monument. On trouve dans les archives le nom d’un seul monarque, IlenriVcLAngleterre, qui a alloué unesomme de 60 livres ou plutôt pour la valeur de Cofrancs déboisa prendre dans les forêts du Trait et autres. Tout porte à croire que Charles Vil, Louis XII , François Ier, les uns comme rois, les autres comme dauphins, ont été les premiers bienfaiteurs de celte église. On remarque

1 La hauteur de la nef est de 1 10 pieds.

architecture.

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sur le portail principal plusieurs figures de dauphins reproduites aussi sur les balustrades des galeries. A côté de la porte latérale méridionale , on voit encore un chapeau de cardinal avec ses accessoires , porté par une figure à moitié détruite , le tout sculpté dans la pierre , ce qui ferait présumer qu’un des d'Amboise aurait étendu jusque-là son patronage.

L’église entière est couronnée par une balustrade en grandes lettres gothiques jadis dorées qui composent une inscription tout entière , et traite des antiennes de Tassomption de la Vierge : « Pulchra es et décora ... . » 1 .

V oir 5e série , pl. xxxvi.

i>e SÉRIE , PL. VI.

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