MONT S AIN T -MICHEL
Pour cette planche, dans laquelle nous donnons l’ensemble et les vues diverses de cette belle forteresse du mont Saint-Michel, si curieuse par l’agglomération et la superposition d’édifices de styles tous différens, nous renverrons aux détails des Annales bénédictines , t. IV, p. 69.
L’église qui couronne le mont fut fondée en 70g par l’évêque d’Avranches saint Aubert. Le monastère (aujourd’hui prison d’état), après avoir été brûlé en 991, fut reconstruit en 1022 par le duc Richard , puis par Philippe-Auguste après l’incendie des Anglais. La nef de l’église est romane , le chœur est du style ogival, et le cloître est du XIII siècle. C’est un des rnonumens les plus curieux et les plus pittoresques de la France. Il n’appartient pas à notre cadre de nous y étendre longuement, aussi renvoyons-nous aux auteurs qui s’eu sont occupés spécialement.
. Voici cette inscription entière telle qu’on peut la lire aujourd’hui après de nombreuses mutilations :
« Pu'cra es et décora | tola pulchra es ami j ca mea et macula non | . . . alia Jérusalem terr | ibilis castrorum | . Ave regina cœlorum | ave Domina angelorum | salve radix sancta | Ex qua mundo lux | est orta ave gloriosa | super omnes spcciosa | vale valde décora | Gloriosa dicta sunt | de te civitas Dei | quoniam elevala est | magnificensia tua 1 super cœlos Maria j quasi cedrus exalta. . . | Ave regina celorum | O mater Dei memento | mei ave oujus cor. |
ARCHITECTURE
Oe SÉRIE, TL. VU.
VUE DE l’aBBAYE DE TOURNUS.
Voir tom. iy.
La célèbre abbaye royale de Tournus, dont nous donnons ici le dessin avec ses fortifications restituées, fut fondée en 870, sous le règne de Charles-le-Chauve -, la construction de ces fortifications, dont il ne reste plus vestige , remonte à 960, et l’église elle-même à 1019.
Des anciens bâtimens de l’abbaye il ne reste rien plus que des fortifications elles-mêmes. L’église (Saint-Philibert ) est fort remarquable ; elle a la forme d’une croix latine terminée par trois apsides-, de chaque côté du portail s’élève une tour carrée, et une troisième tour, également carrée , surgit à l’interjection des transsepts et de la nef • cette dernière est précédée par une sorte de vestibule divisé comme elle par deux rangs de piliers. Sous le chœur est une chapelle souterraine à trois apsides. Le portail de la façade du XVIIIe siècle , fait tache au milieu de ces beaux produits de notre architecture des Xe et XIIe siècles.
M. Mérimée, dans ses Notes de voyage dans le Midi , page y3, donne une description parfaitement détaillée de cette ancienne église, description à laquelle nous renverrons pour les recherches particulières à cette royale abbaye.
Jîe SÉRIE, rL. VIII.
VUE DE l’extérieur de SAINT-MARC ET DU PALAIS DUCAL A VENISE,
Celte planche, dont le dessin est pris du bas du campanile de Saint-Marc , représente une partie de la façade de la basilique si célèbre par les cinq cent six colonnes de vert antique , de porphyre, de serpentin, etc., qui tapissent les parois extérieures , la façade, et toute la partie intérieure de cette basilique aux pavés et aux murs de mosaïques, et dans laquelle l’or, l’argent et le bronze cherclient à lutter d’effet avec les marbres d’Orient. La façade est un composé de plusieurs époques, surtout quant aux couronnemens et aux travaux de mosaïque , le style arabe est celui auquel on pour-
GM
rait l’attribuer en général. Cinq grandes mosaïques couvrent les voussures du premier étage, quatre seulement décorent celles du second, et au milieu, au-dessus du tympan principal, sont debout les quatre chevaux dits de Lysippe, puis dédiés à Néron , et que Dandolo envoya de Constantinople comme un trophée de sa victoire en
A droite de cette belle façade est l’entrée principale , de style gothique , du palais ducal , dite Porta délia Carta , et construite par M. Bartolomeo , puis la façade du palais donnant sur la Piazzetta, façade du style dit arabe et formé e d’une sorte de travail de mosaïque de pierre. Les colonnes de marbre grec qui sont devant l’entrée du palais sont des trophées de victoire des beaux temps de la république 2.
Me série , PL. IX.
CHATEAU d’aZAY-LE-RIDEAU.
Cechâteau, construit par Semblançay, habité par Diane de Poitiers, et devenu aujourd’hui la propriété de M.le marquis deBiancourt, est une de ces exquises productions du XVIe siècle qui , grâce aux soins de leurs propriétaires, nous sont parvenues dans un état de fraîcheur et de conservation capables de nous donner l’idée du charme des constructions civiles de ce siècle. De la seconde époque de la renaissance , de celle que nous avons classée sous le titre de Renaissance pure , il est le contemporain de Fontainebleau, Chambord, Ecolien , Chenonçeaux , Ancy - le -Franc , etc. Sans avoir l’importance de toutes ces résidences , la finesse de son architecture et le charme de ses sculptures suffisent pour le faire classer en première ligne parmi les monumens civils les plus remarquables de la Touraine.
Me série , PL. x.