ET LA TOUR DE BOIS
Ces deux vues de Paris, restituées d’après Israël Sylvestre, ont trouvé ici leur place pour donner une idée de ce qu étaient à cette
ARCHITECTURE
époque les palais du vieux Paris. Le n° i oll're dans son développement tout le château et la tour de Nesle , le n° 2 nous donne le vieux Louvre, la tour de Bois, puis à gauche c’est le Pré-aux- Clercs.
L’hôtel de Nesle était construit sur les lieux où sont aujourd’hui l’Institut, la Monnaie et le quai Conti. A l’extrémité du terrain, formé par le cours de la Seine et le fossé de Philippe-Auguste, étaient la tour de Nesle et la porte de ce nom. La tour de Nesle avait pour vis-à-vis, sur la rive opposée de la Seine, une autre tour qui fermait avec elle l’entrée de la ville de Paris au moyen d’une chaîne en fer.
Le château de Nesle, propriété d’Amauri de Nesle, passa dans les biens de la couronne, et ce fut le roi Henri II qui le vendit en i5Ô2. Son territoire, qui s’était accru d’immenses jardins et de vastes terrains situés hors de l’enceinte de Paris, fut divisé, morcelé et vendu pour la construction d’hôtels particuliers. La tour de Nesle, si célèbre par les débauches et les galanteries de plusieurs reines ( voir Brantôme, Femmes galantes, dise. 2e, art. 1 ), disparut pour la construction en son lieu et place du collège Mazarin.
Quant au Louvre fondé en 1204 par Philippe-Auguste (la tour de bois qui l’avoisine faisait face presque à la tour de Nesle) , nous renverrons pour sa partie historique aux nombreux auteurs qui s’en sont longuement occupés, nous contentant de citer à son sujet un passage d’ Androuet Du Cerceau : « Ce chasteau royal, renommé par toute l’Europe, auquel les roys de France ont de tout temps fait leur principale demeure, estans en leur ville de Paris, capitale de ce royaume. Il est assis, joignant les murailles de la ville, du costé d’occident : au long duquel passe la rivière de Seine et servait anciennement plustost de forteresse que de logis royal. Au milieu de la court, il y avait autrefois une grosse tour ronde, pareille à celle qui est en la conciergerie du palais de la ditte ville, destinée entre autres choses pour mettre et serrer les deniers et finances du roy. Mais d’autant qu’elle occupait partie d’icelle court, et offusquait l’intérieur du logis, par le commandement du roy François Ier elle fut démolie et rasée, et peu après commencé le bastiment de la face où de présent sont les grandes salles du premier et deuxiesme
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estage, regardant la porte et entrée : au coing duquel est le grand escalier servant de passage pour aller aux offices de cuisine hors le chasteau. Cette face de maçonnerie est tellement enrichie de colonnes, frises, architraves et toute sorte d1 architecture, avec symmetrie et beauté si excellente qu’à peine en toute l’Europe se trouvera sa seconde. A l’antre bout, du côté de la rivière, y a un fort grand pavillon, merveilleusement beau et commode pour le logis de sa majesté. Le tout, commencé ainsi que j’ai dit, du vivant du feu roy François et parachevé par le roy Henry, son fds , soubs l’ordonnance et conduite du seigneur de Clagny. Ce que le roy Henry se trouvant grandement satisfait de la veüe d’une œuvre si parfaite, délibéra la faire continuer es trois austres eostés pour rendre cette court non pareille. Et ainsi par son commandement fut commencé l’austre corps de bastiment depuis le susdit pavillon, tirant le long de la rivière : lequel a esté poursuivi par les roys François second, et Charles neuviesme, dernier décédé, ses enfans, ou plustost par la revne, leur mère, jusques à l’endroict où sera assis un austre escalier pour servir au dict corps de logis. Davantage ont été par la dite dame encoinmencés quelques accroissemens de galeries et terraces, du costé du pavillon, pour aller de là au palais qu elle a fait construire et édifier au lieu appelé les Tuileries. Quant au vieil édifice, il est demeuré en ce qui reste, en son entier jusqu’à présent. » *
7e SÉRIE, PL. VII, VIII ET IX.