‹ Les arts au Moyen Age (volume 3)Chapitre 10 sur 41 · PORTRAITS · texte numérisé non relu

PORTRAITS

XXX. Notices biographiques : Julien, maison d’Amboise, Louis XII, François Ier, etc.;

grands artistes, tels que les frères délia Robbia, Benvenuto Celini, Bernard de Palissy, et autres.

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Aitres enfin des Gaules , par l’habileté plus encore cpie par la valeur de César et de ses légions , combien les Romains ne durent - ils pas s’enorgueillir leur conquête, surtout

d’après l’éclatante justice rendue aux vaincus par le vainqueur dans ses mémorables Bulletins (^/)? C’était pour le peuple-roi un surcroît de ressources et de sécurité, et une satisfaction complète de la vieille

fORRET.

LE PALAIS ROMAIN

injure faite à sa capitale par le général Senonois, qui l’occupa sept mois et la mit à rançon ( B ).

César, en complétant l’œuvre de Marius 1 , n'avait comme lui vaincu que des Barbares (C) aux yeux des superbes Romains, qui cependant laissaient voir dès lors leurs dispositions à s’entendre avec leurs nouveaux tributaires, par les acclamations dont ils couvraient chaque jour un artiste gaulois honoré de l’amitié de Cicéron ( D ) -, bientôt aussi cette souche dédaignée, frappée du commun anathème, produit les plus nobles rejetons ( E ), et les fds des barbares Gaulois, plus heureux que les descendans des lettrés d Égypte, figurent confondus avec leurs vainqueurs à la tête des provinces et des légions, et jusque dans le sénat de Rome (jF).

Celte fusion des deux peuples , préparée par les bienfaits qu’ Auguste répandit dans les Gaules ( G ) en les parcourant dans ce but 2 , fut complètement opérée par le patriotisme de Claude ( H ) et par la générosité de Galba 3 . Dès lors la civilisation gauloise , concentrée

j Les victoires de Marius assurèrent la souveraineté de Rome sur la Lombardie , appelée Gaule Cisalpine ou Cilérieure , depuis les conquêtes de Bellovèse , antérieures de deux siècles à l'expédition de Brennus. Nos aïeux n'attendirent donc pas l’aiguillon romain pour faire preuve de valeur et d’audace. Que ce fût soif de conquêtes ou , selon Tite-Live , besoin de déplacer l’excédant de la population de la Gaule , toujours est-il que la fondation de Milan cl le concours prêté aux Phocéens par Bellovèse pour la création de Marseille, témoignent qu'en ces temps reculés les Gaulois n’étaient pas absolument étrangers aux idées de civilisation.

La tournée administrative d’Auguste , dans notre Gaule , dura deux ans. Ce n’est que de cette époque que peut réellement dater la transformation en province romaine des parties de la Gaule autres que celles considérées depuis longtemps comme colonies de l’empire.

L ’ oppidum surgit de la station légionnaire , nommée par Cicéron castra slaliva ; et les nouveaux hôtes de la Gaule, assurés désormais de leur conquête par l’entière soumission des populations, y implantèrent leurs mœurs , leur organisation , leurs jeux sanglans , dits augustaux , et leurs habitudes de luxe et de sensualité devenus des besoins par l’usage.

C’est ainsi que, sans égard à la différence des climats, Trêves, cette seconde Rome, selon 1 expression d’Ammien-Marcellin , et plusieurs villes intermédiaires du nord de la Gaule, virent bientôt leurs fleuves, souvent glacés, alimenter, comme le Tibre, en toute saison, des naumachies et des thermes.

3 Tacite parle, au livre Iei de ses Histoires, § vm , du dévouement des Gaules pour Galba , qui venait d'accorder aux Gaulois le titre de citoyens romains , et l’exemption à l’avenir de tous tributs ; Obligeai reccnti dono romance civitatis , et in poslerum tribxai levamcrdo.

LE PALUS ROMAIN

jusque là dans les. parties méridionales, en raison de leur contact avec les Romains, s’infiltre graduellement avec les arts communs aux deux nations , selon l’expression de Claude lui-même , dans le centre de nos provinces r. Leur développement suivit de loin la marche progressive des études, et surtout celle du langage emplové par les Romains comme moyen civilisateur 1 2 : cependant il est difficile de supposer (comme l a fait Raoul de Presle, cité par Ducliesnc) , qu’il existât dès lors dans le centre de notre pays un palais comme celui dont nous traitons, que Jules-César aurait fait construire avec bains, aqueducs, souterrains, etc., «pour recevoir les termes des tributs de la Gaule. »

Aucune cause sérieuse et prolongée de perturbation ne parut s’opposer à ce développement jusqu’à la fin du IIe siècle (/) •, les troubles qui agitèrent la Gaule 3 4 , à diverses reprises , dans cet intervalle de temps, n’ayant eu , pour ce pays , que des conséquences purement locales ou de courte durée , comme la révolte de Vindex , qui frappa Néron de terreur et détermina son lâche suicide; la vengeance de Galba, assouvie sur les fortifications de Trêves et de Langres 4- la promotion de Vitellius, l’usurpation de Sabinius, etc. On peut même ajouter que , par un privilège qui tenait à sa situation excentrique , la Gaule put jouir, plus complètement encore que toutes les autres provinces romaines , des quarante-trois années de paix dues aux An-

1 Les longs et beaux travaux que Zénodorc exécuta en Auvergne , sous le patronage de Vibius Avilus, préfet de cette province ( F. chap. v), avant d’être mandé à Rome par Néron , constatent bien cette infiltration.

2 Les préceptes ne se transmettent que par les langues. Les Romains puisèrent tous leurs élémens de prospérité dans l'étude de la langue grecque, dont les traditions écrites offrirent encore aux Arabes, dans les Xe et XIe siècles, les secrets de leur grandeur temporaire.

3 C’est-à-dire pour notre texte la partie des Gaules comprise entre les Pyrénées , les Alpes , le Rhin et la mer.

4 Le changement de dispositions de cet empereur envers ces parties de la Gaule, et ses édits contre les murailles de nos villes , portèrent au comble l’irritation des populations atteintes dans leur honneur. Tacite convient que lors de la proclamation de Vitellius, Cologne, Trêves, Langres montrèrent autant d’ardeur que les troupes : Ardorem exercituum Agrippinenses , Treveri , Lingones œquabant , auxilia, equos , arma , pecunias afferentes, ut quisque corpore, opibus, ingenio validas ( llist., lib. i, cap. lvii ). D après ce que dit le même historien au chap. lvj , les Langrais auraient même préparé cette révolte, et se seraient ménagé l’appui des troupes, en envoyant aux légions deux mains entrelacées , symbole d’hospitalité, dextras hospitii insigno.

T.F. r A F A 1 S KOMA1N.

lonins, el tin calme parfaÎL qui régna dans l’empire , de la mort de Domitien à V avènement de Commode r.

Des désordres que suscita en 187 l’ambition du soldat Materne datent les continuelles perplexités de la Gaule -, ce pays ne prit cependant aucune part aux séditions militaires qu’excitèrent en Bretagne, en Syrie et en Pannonie le meurtre de Pertinax et le double encan du trône à la folle-enclière de Didius Julien 2-, mais bientôt Albinas vint y soulever de violentes tempêtes en faisant de nos plus belles provinces le théâtre de sa lutte avec Scptime-Sévère.

La sanglante bataille du 19 février 197, où trois cent mille combattans inondèrent de sang les plaines de Trévoux, près de Lyon, et les cruelles réactions qui suivent toujours ces compétitions de pouvoirs, propagèrent les dissensions intestines et perpétuèrent l’ébranlement de la Gaule , dont l’essor progressif fut longtemps suspendu.

Rien 11c semblait devoir mieux seconder cet essor que l’avénement au trône du fds de Septime-Sévère : né à Lyon en 188 et Gaulois d’origine, Caracalla apparaissait d’abord à ses compatriotes comme l’héritier naturel des sentimens patriotiques de Claude et d’Antonin ;

> Les principaux nionumens romains , dont les restes , plus ou moins intacts , font encore l’illustration et l’orgueil de nos provinces méridionales , appartiennent , en général , à ces périodes el au règne des grands princes qui excitèrent au plus haut degré les sympathies même de nos populations, remarque qui n'est pas à négliger, ainsi que nous le rappellerons plus tard , dans la question qui nous occupe. Nous nous garderons bien toutefois de nous arrêter à ces règnes pour y chercher l’époque de la fondation du palais romain de Lutèce; car bien que diverses circonstances, et notamment le voyage fait dans nos provinces (en 120) par le grand constructeur Adrien ( V. note I) , puissent ouvrir une large carrière aux conjectures sur l’origine inconnue d’un édifice gallo-romain, les caractères architectoniques de ces belles époques sont si connus et diffèrent tellement de ceux de notre Palais, que nous aurions quelque honte de commencer un travail sur les arts, en supposant qu’un monument qui nous semble, par les comparaisons que nous avons faites, ne devoir remonter au-delà de la lin du IIP siècle, pourrait appartenir au commencement du IP.

2 On sait que les gardes prétoriennes adjugèrent la pourpre moyennant G, 500 drachmes ( A G 00 fr.) par tête de soldat, à ce riche ambitieux, sans capacité, qui fut bientôt réduit à la payer en outre de sa tête. Scptime-Sévère surenchérit du double; mais ses nombreux soldats de Pannonie se montrèrent, dit-on, moins exigeons en définitive que les dix mille prétoriens. Pertinax, dont le meurtre fit celte vacance , avait sans doute donné l’idée de ce trafic de souveraineté, dont il fut la victime, en distribuant aux soldats l’or provenant de la fonte des statues de Commode, et les richesses trouvées dans ses palais.

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