‹ Les arts au Moyen Age (volume 3)Chapitre 18 sur 41 · I.E PALAIS ROMAIN · texte numérisé non relu

I.E PALAIS ROMAIN

Ci>

mantls, sacrifia et dut sacrifier le palais des rois ses prédécesseurs, au besoin de préserver sa capitale.

Philippe-Auguste , en traçant sa nouvelle ^enceinte de manière à former une ligne de défense hérissée de tours aboutissant par un circuit de la pointe orientale à celle occidentale de file de la Cité, divisait nécessairement l'ancien enclos du vieux Palais , et celte circonvallation , qui garantissait de toute alerte la population de la partie du faubourg enclavée dans l’enceinte, devait naturellement créer dans cet espace une nouvelle ville. De là le don qu’il fit en i2i 8 à Henri, concierge et chambellan , du palais isole et sans autre dépendance que le pressoir qui y était 1 . L’enclos attenant, qui appartenait en grande partie à l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, fut exploité comme terrain libre. Désigné longtemps sous le nom de clos de Lias ou de Laas (par corruption du mot arx , palais) 2 , il se garnit successivement d’habitations, qui , pour la plupart , tombent aujourd’hui de vétusté.

1 Ce don fut à peu près gratuit, le roi, qui voulait récompenser son serviteur , ne lui ayant imposé qu'un cens de douze deniers, petite monnaie composée de quatre parties et demie d’argent et de sept et demie de billon ( voy . Le Blanc).

Voici l’extrait de la lettre de Philippe-Auguste qui se trouvait au Trésor des Chartres :

« Philippus, etnoveritisquod nosconsergio Parisiensi, cambellanonostro, propter ejus lidele » servicium, et hæredibus suis de uxore sua desponsata donamus in perpetuum Palacium de » Tlierminis; quod fuit Simonis de Pissiaco, cum pressorio quod erat in codem Palacio; » ita quod idem Henricus et hæredes sui de uxore sua desponsata tenebunt prædicta de » nobis et hæredibus nostris in perpetuum ad duodecim denarios censuales reddendos an- » nuatim, in festo sancti Rcmigii. — Actum apud pontem Arch. , an 1218, mense Martio. »

2 Ce qui prouve que cet enclos, borné à l’ouest, comme nous l’avons dit, par l’abbaye Saint-Germain, au nord par la Seine , à l’est par la voie romaine qui suivait la rue Saint- Jacques, s’étendait assez avant au sud, c’est la possession par saint Louis des terrains et maisons qu’il donna ou échangea avec Robert Sorbon pour faciliter la création de son collège (voy. note Z).

On retrouve encore la tradition du clos de XArx ou de Laas dans le nom de la paroisse Saint-André-des-Arcs , dont le terrain appartenait à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés (Jaillot, t. V , Saint-André); les terrains sur lesquels furent construites diverses rues situées entre le palais et l'église Saint-Vincent faisaient partie du clos de Lias, cité dans divers titres du XIIIe siècle comme en partie couvert de vignes, et dont plusieurs portions furent aliénées en 1179 par Hugues V, abbé de Saint-Germain-des-Prés.

Sous Louis VII, toutes les parties non construites de Paris étaient divisées en clos ou emplacemensde terre cultivés pour les besoins de la ville, environnés de murs. On en comptait plus de vingt dans la partie méridionale seulement, tels que les clos Pruneau, des Arènes , des Viynes, etc., etc .

LE PALAIS ROMAIN

Page 1