Les arts au moyen âge et à l'époque de la renaissance
o us avons publié, il y a plus de vingt ans , avec l'aide de notre ami Ferdinand Séré, de regrettable mémoire , avec le concours des érudits , des écrivains et des artistes les plus éminents , un grand ouvrage intitulé : Le Moyen Age et la Renaissance. Cet ouvrage, qui ne comprend pas moins de cinq énormes volumes in-quarto , traite avec détails des mœurs et des usages, des sciences, des lettres et des arts pendant ces deux grandes époques; sujet immense autant qu intéressant et instructif. Grâce à l’érudition dont il est rempli , à son mérite littéraire et à son admirable exécution , il eut le rare bonheur de fixer aussitôt l attention publique , et de soutenir jusqu'à ce jour l’intérêt qu il avait inspiré dès son apparition. lia pris place dans toutes les bibliothèques d amateurs , non-seulement en France, mais à l étranger ; il est devenu célèbre.
Cette fortune exceptionnelle, surtout pour une publication aussi considérable, nous fait croire que notre œuvre, ainsi connue et appréciée par tout le monde savant, peut et doit obtenir désormais un succès plus complet, en s'adressant à un plus grand nombre de lecteurs.
Dans cette persuasion, nous offrons aujourd’hui au public une des par-
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tics principales de notre grand ouvrage, la plus intéressante peut-être , sous une forme plus simple, plus facile , plus agréable; à la portée de la jeunesse qui veut apprendre sans fatigue et sans ennui; des femmes qui s intéressent aux lectures sérieuses ; de la famille qui aime à se réunir autour d’un livre instructif et attrayant à la fois. Nous voulons parler des Arts au Moyen Age et à l’époque de la Renaissance. Apres avoir réuni les matériaux épars sur ce sujet, nous les avons coordonnés, en ayant soin de faire disparaître les aspérités de l’ érudition, et de conserver à notre œuvre les brillantes couleurs dont elle était primitivement revêtue.
1 ous les arts intéressent par eux-mêmes. Leurs productions éveillent l attention et piquent la curiosité. Or, ici , il ne s’agit pas seulement d'un art; nous passons en revue tous les arts, à partir du quatrième siècle de l ère moderne jusqu à la seconde moitié du seizième : V architecture , élevant les églises et les abbayes , les palais et les monuments publics , les châteaux forts et les remparts des villes; la sculpture, ornant et complétant tous les arts par ses ouvrages en pierre, en marbre , en bronze, en bois, en ivoire; la peinture, commençant parla mosaïque et les émaux, concourant à la décoration des édifices par les vitraux et par les fresques , historiant et enluminant les manuscrits avant d'arriver à sa plus haute perfection , à l art des Giotto et des Raphaël , des Frà Angelico et des Albert Dilrer; la gravure sur bois et métal , à laquelle se rattachent la gravure en médailles et V orfèvrerie , et qui , après s’être essayée à tailler des cartes à jouer et à buriner des nielles, évoque tout à coup cette invention sublime destinée à changer la face du monde : l'imprimerie. Tels sont, en résumé, les traits principaux de ce tableau splendide. On devine quelle abondance, quelle variété et quelle richesse de détails il doit contenir.
Notre sujet présente , en même temps , un autre genre d’intérêt plus élevé et non moins attachant. Ici chaque art apparaît dans ses phases successives, dans ses progrès divers. C’est une histoire : histoire nonseulement des arts, mais de l'époque même où ils se sont développés , car les arts, considérés dans leur ensemble, sont l’expression la plus intime delà société : ils nous disent ses goûts, ses idées, son caractère; ils nous la montrent dans ses œuvres. De tout ce qu’une époque peut laisser d’ ellemême aux âges suivants, ce qui la représente le plus vivement, c’est l'art : les arts d'une époque la font revivre et la replacent devant nous.
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