LXXXIX. LES GLACES SEMBLANT SUPPRIMER LA MU
RAILLE, IL IMPORTE, lorsqu’on LES APPLIQUE CONTRE UNE PAROI, OU lorsqu’on LES ENCHASSE DANS UN LAM- BRIS, DE LES ENCADRER SOLIDEMENT. ON DOIT AVOIR SOIN, EN OUTRE, DE NE PAS LES MULTIPLIER INUTILEMENT, ET SURTOUT DE NE JAMAIS LES PLACER DANS LES ANGLES, CAR, AINSI DISPOSÉES, ELLES ENLÈVENT AU PLAFOND TOUT POINT d’appui apparent.
Les glaces produisant, nous l’avons dit, l’illusion d’une fenêtre ouverte sur une pièce voisine, la jilus élémentaire jirudence nous enseigne qu’il faut s’alistenir de les enchâsser dans les parties de muraille où les exigences de l’arclii-
lecture nécessitent la présence d’un plein. Si l'on commettait cette faute, la construction semblerait manquer de la solidité indispensable. Lorsqu’une cheminée, comme cela arrive souvent, se trouve placée entre deux portes ouvrantes ou simulées (ce qui, au ])oint de vue décoratif, revient au méme'i, on doit avoir grand soin de conserver entre la glace qui surmonte cette cheminée et chacune des portes voisines un espace suffisant pour que l’œil y découvre un point d’appui capable de porter la corniche. Pour la même raison, il faut éviter d’appliquer des glaces dans les trumeaux disposés entre les fenêtres, ou si, pour la gaieté delà pièce ou pour tout autre motif, la présence d’une glace s’impose à cet endroit, il faut, soit ])ar une inclinaison légère, soit en la détachant franchement de la paroi, accentuer son caractère de simple miroir accroché à la muraille, de façon que l’existence de cette dernière reste bien apparente. Toujours pour la même raison, on doit se garder de pla- ([uer des glaces dans les angles des pièces, car le plafond, semblant alors suspendu sans aucune masse portante ca- ])able de le soutenir , constitue une sorte de plancher de Damoclès, qui inquiète perpétuellement notre œil, et laisse notre esprit sans repos.
Ces observations sont d’autant plus utiles à méditer, ([ue les précédents fâcheux ne manquent pas en la matière. A la fin du xvii® siècle, quand la fabrication des glaces commença de prendre en France une notable extension, on en ap})liqua jiartout. C’était la grande nouveauté du moment, le grand luxe, la grande mode. de la Yallière fut la ])remière (1(308) à })Osséder un cabinet entièrement tapissé de glaces. En 1694 on en dis})osa un dans l’appartement de la duchesse de Bouillon L Le Régent, en 1726, lit décorer de même sou alcôve. L’abbé Terrât, vers ce temps, se fit construire « un cabinet de glaces », que Germain Brice