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XGIII. DANS LA DÉCORATION MOBILIÈRE, ON DOIT EGA

LEMENT ÉVITER AVEC SOIN DE CRÉER, PAR UNE ORNE- MENTATION MAL ENTENDUE, DES RELIEFS APPARENTS EN CONTRADICTION AVEC LA FORME DU MEUBLE.

Ce que nous venons de dire des décorations murales s’applique également à l’ornementation des meubles. Les ébénistes, cependant, oublient trop souvent ces sages recommandations, et dans la comliinaison de leurs mosaïques <le Ijois, cherchent des effets qui, ])Our être ingénieux, ne s’en trouvent jias moins en contradiction avec la forme et la destination des surfaces qu’ils ont à orner. C’est ainsi ([lie, sur l’abatant d’un secrétaire ou sur le cylindre d’un bureau, ils simulent des culies, des pointes de diamant, des étoiles saillantes. De même ils gondolent le chevet d’un lit, les [)ortes d’une armoire, en les couvrant d’un [ilacage

1. Voir ce que nous disons à ce sujet dans notre volume sur la Menuiserie^ p. 31.

assemblé en bois frisé d’onglet. Toute décoration plane doit conserver son aspect plan, et l’artiste hal)ile a soin de se garder de ces accidents plus ou moins décoratifs, qui produisent toujours des simulations regrettables.

Fig. 98. — Carrelage simulant une surface mouvementée (exemple condamnable.)

XCiy. DANS LES PAVEMENTS, PLUS ENCORE QUE DANS LES

REVÊTEMENTS ET DANS l’oRNEMENTATION DES MEUBLES, LES EFFETS DE PERSPECTIVE DOIVENT ETRE SÉVÈREMENT PROSCRITS. DANS LES TAPIS COMME DANS LES CARRE- LAGES, TOUTE DISPOSITION EXPRIMANT UNE IDEE DE RE- LIEF EST MALSÉANTE, ET DOIT ETRE EVITEE AVEC SOIN.

Ce qui vient d’être dit des murailles et des meubles s’applique avec plus de raison encore aux pavements et aux tissus qui recouvrent le sol. Il est clair, en effet, que la

figuration de reliefs plus ou moins accentués, si elle semble déjà déplacée sur des murs dont nous pouvons nous tenir à distance, ou sur des meubles que nous pouvons éviter de toucher, est moins acceptable encore lorsqu’elle a})paraît

Fig. 99. — Carrelage à dessin plan.

(exkmi'le a imiter.)

SOUS nos pieds. Rien n’est plus désagréable, assurément, que de marcher sur une série d’aspérités apparentes, qui risqueraient de provoquer des chutes dangereuses, si elles n’étaient un mensonge malséant et ridicule. On fera donc bien de renoncer, dans les pavements, à ces dispositions troublantes, et, i)our la même raison, d’user modérément de tapis décorés de guirlandes, de bouquets et autres motifs j)lus ou moins modelés. Le goût, en elfet, trouve une légitime satisfaction dans cette abstention, toute de bon sens.

En outre, les dessins et les combinaisons consistant en une ornementation plane permettent à la fois plus de discrétion et plus de liberté dans l’emploi des couleurs, et de la sorte on peut mieux conserver aux tapis leur véritable rôle décoratif, lequel est de servir de point de départ à la gamme colorée qui doit envelopper la pièce (voir proposition LXXV).

Fig. 100. — Plat en faïence; décor avec repos.

XGV. — lorsqu’un espace est décoré d’ornements

PLUS ou MOINS RICHES, PLUS OU MOINS COMPLIQUÉS, IL IMPORTE, POUR METTRE CES ORNEMENTS EN VALEUR, QUE LES PARTIES AVOISINANTES CONSERVENT UNE SIMPLICITÉ RELATIVE.

« Rien ne contribue tant à fatiguer les yeux et l’esprit, a dit Reynolds, que la profusion... Le juste degré dans les ornements doit être réglé jiar le style même de l’ouvrage; mais il ne faut jamais oublier cette vérité, que le

Style qui exige le plus d’apparat doit offrir des repos, pour donner plus d’effet aux ornements eux-mêmes ^ »

C’est là une précaution que l’artiste expérimenté ne perd jamais de vue. Désireux de prévenir toute confusion, d’éviter tout désordre , et soucieux surtout d’introduire dans sa composition cette méthode et cette clarté grâce auxquelles

Fig. 101. — Plat en faïence; décor sans repos.

on peut bien saisir le caractère des oeuvres décoratives, il aura soin de laisser entre les différentes parties chargées d’ornements, un espace libre et presque nu, permettant à l’œil de se reposer et d’apprécier séparément l’ornementation de chacune des fractions dont l’ensemble se compose. Ces espaces, qu’on nomme des repos, font, par le contraste , ressortir la richesse et la beauté des parties ornées, et établissent entre les principales divisions de l’œuvre une subordination indispensable.

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