‹ Les arts de l'ameublement; la décorationChapitre 13 sur 118 · IX. LA PLUPART DES DECORATIONS AYANT UN CARAC · texte numérisé non relu

IX. LA PLUPART DES DECORATIONS AYANT UN CARAC

TERE PERMANENT, ET PAR CONSEQUENT ETANT DESTINEES A ÊTRE CONTEMPLÉES SOUVENT ET PAR LES MEMES PER- SONNES, ON DOIT, AUTANT QUE POSSIBLE, DANS LEUR COM- POSITION, ÉVITER LA REPRÉSENTATION d’aTTITUDES PÉNI- RLES, DONT LA VUE NE SAURAIT MANQUER DE PRODUIRE, A LA LONGUE, UNE IMPRESSION DE GÊNE ET MÊME DE FATIGUE.

Nous avons dit que le rôle d’une décoration bien comprise était, avant tout, de créer un plaisir pour les yeux en même temps qu’un repos pour l’esprit. Il faut, par conséquent, renoncer en principe à ces figurations qui simulent un effort persistant, et dont la contemplation ne man- ({uerait pas de devenir fatigante à la longue. Le sculpteur habile n’usera donc ({u’avec modération de ces cariatides musclées à l’excès, qui paraissent à moitié écrasées par la

1. Œuvres complètes du chevalier Josiie Repnolds j Paris, 180(3, tome l'L p. 305.

charge effroyable que soutiennent leurs épaules. Il se souviendra toujours avec admiration des merveilleuses figures du tem2')le d’Erechtée, à Athènes, vierges errhéphores qui portent allègrement leur pesant fardeau, et dont le mouvement, rythmé dans un ordre alternatif, associe gracieusement le sentiment de la vie à l’inéluctable immobilité de l’architecture.

Le peintre, de son côté, évitera ces poursuites désordonnées, qui semblent devoir projeter en dehors de leur cadre les personnages lancés dans une course imaginaire. Le premier devoir d’un spectacle destiné à durer, est de ne représenter que des faits durables. Toutes les actions violentes dont le caractère transitoire est trop accentué, conviennent mal à des décorations fixées pour une relative éternité à la place qui leur a été dévolue.

Page 1