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XIII. ON DONNE, DANS LES ARTS DE LA DÉCORATION

LE NOM DE CONVENANCES AUX RAPPORTS EXACTS QUI DOIVENT EXISTER ENTRE LA DISPOSITION GÉNÉRALE DE LA DÉCORATION ET LES PROPORTIONS DE l’oBJET OU DE LA SURFACE DÉCORÉS; ENTRE LA NATURE ET LA DESTI- NATION DE CET OBJET OU DE CETTE SURFACE ET LA FAÇON DONT LA DÉCORATION EST EXÉCUTÉE.

La mission du décorateur étant de se renfermer dans les limites exactes qui lui sont imposées, il est de toute évidence, ainsi que nous l’avons déjà expliqué, qu’il doit harmoniser sa décoration avec la forme et les dimensions de l’objet ou de la surface qu’il est chargé d’embellir. Il lui

faut, de plus, disposer son ornementation de façon qu’elle en souligne les principaux contours, qu’elle mette bien en évidence les grandes lignes, les divisions essentielles, les dispositions caractéristiques. Il est encore obligé de bien choisir avec soin ses procédés et ses moyens de décoration, et de tenir compte, dans leur emploi, de la nature de l’objet ou de la surface confiés à son talent. En un mot, il doit s’efforcer de créer un lien tel entre le décor et la chose décorée, que ceux-ci paraissent former non seulement un ensemble harmonieux, mais un tout homogène, irréductible et tel que l’esprit ne songe jamais à les concevoir séparément. Ces devoirs délicats et variés constituent ce qu’on est acoutumé de désigner sous le nom de Convenances.

XIV. — lorsqu’un objet comporte une destination précise; lorsqu’il a été conçu et exécuté dans un BUT d’utilité ; SURTOUT LORSQUE SA PRINCIPALE RAISON d’être RÉSULTE DE l’uSAGE QU’oN EN FAIT, LE DÉSIR DE l’eMRELLIR NE DOIT JAMAIS CONTRARIER CE BUT NI DÉGUISER CETTE RAISON d’ÊTRE.

Indépendamment des devoirs que nous venons d’énumérer, il en est d’autres encore qui incombent au décorateur. Celui-ci doit, notamment, tenir le plus grand compte de l’emploi habituel, de l’usage, de la destination de l’objet ou de la surface dont l’ornementation lui est confiée. Rien, dans l’invention et la disposition de son ornementation, ne doit déguiser, dissimuler, faire oublier cette destination ou cet usage; surtout lorsqu’ils sont la raison d’étre de l’objet décoré. Ainsi l’artiste qui, chargé de la composition d’une pendule ou de la décoration d’un cadran d’horloge, dispose son modèle de telle manière que les indications de l’aiguille soient difficilement visibles ou que la constatation de l’heure nécessite une recherche, un effort.

cet artiste commet un contresens. Dans quel but, en effet, et pour quel usage construit-on les pendules et les horloges? C’est pour connaître la marche du temps. L’unique raison d’être de ces appareils est de nous permettre de suivre et de contrôler facilement cette marche. Tout ce qui vient à l’encontre est donc fâcheux et condamnable, même lorsque l’artiste, comme dans notre figure 13, est parvenu à composer un groupe charmant, qu’il a exécuté ensuite dans les matières les plus rares et les plus précieuses.

Prenons un autre exemple. Nous demandons à un sculpteur en bois de confectionner un tabouret de salon. Il fait ce talmuret carré, à quatre pieds, suivant les principes de son art ; et pour plus de solidité, il relie les quatre pieds par un croisillon ; puis il dispose sur ce croisillon — dans l’entrejambe par conséquent de son tabouret — le motif principal de son ornementation. Eh bien! notre sculpteur commet, lui aussi, une hérésie contre le bon sens, car il perd de vue l’usage et la destination du meuble qu’on lui demande. Celui-ci, étant construit pour servir de siège, ne peut être |)lacé que sur le sol; il sera, par suite, considéré de haut, et dès lors sa partie décorée, si elle est disposée entre les pieds, demeurera forcément invisible.

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